Elsa Triolet - Roses à crédit

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Martine est belle, elle a le rare don d'aimer. Mais à notre âge de nylon, elle est venue su monde dans des conditions de l'âge de pierre. Aussi le confort moderne, le cosy-corner seront-ils son premier idéal, et le métier de manucure parmi les miroirs et les parfums d'un salon de coiffure suffit à ses rêves de beauté. Elle est en cela semblable à des millions d'êtres, car moins on possède de i choses n et plus le désir en est grand. Ainsi est né le crédit malin, l'enchantement des a facilités » qui comble les désirs.
Daniel Donelle, l'amour de Martine, est déjà au-delà de cet idéal électro-ménager. Rosiériste, touché par l'aile de la science, il rêve à une rose nouvelle. La belle Martine, jadis perdue dans les bois, l'avait attiré dans leurs mystérieuses profondeurs, mais le coq a chanté, et Daniel, stupéfait, trouve sa femme installée dans un petit appartement moderne acheté à crédit.
Un jour, Daniel créera la rose parfumée
, mais elle ne sera plus un hommage qu'à la souffrance.

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M. Georges posa sa fourchette et lut la lettre à haute voix. Martine mangeait. M’man Donzert, dans son dos, près de la cuisinière, s’essuyait les yeux sous ses lunettes ; elle faisait des beignets aux pommes.

— Que Dieu ait son âme… — dit M. Georges, et il sortit un mouchoir très blanc, pour le passer sur sa calvitie. — Je ne l’ai pas connue, et c’était m’a-t-on dit une grande pécheresse, mais devant l’Éternel…

— Savez-vous, monsieur Georges, interrompit Martine, qu’on a emporté aujourd’hui mon salon en rotin ?

M. Georges ne broncha pas :

— Comment ça ? dit-il seulement.

— Je n’ai pas pu payer les échéances… Trois traites.

— Mais tu aurais dû nous le dire ! — s’écria M’man Donzert, laissant là ses beignets, — on t’aurait donné le nécessaire, voyons, Martine ! Avec tout ce que tu as donné, mais c’est de la folie ! Une chose après l’autre… Tu tiens à engraisser les commerçants !.. À peine as-tu laissé partir la voiture que tu recommences ! J’en suis malade, malade !..

— Je n’ai pas voulu faire mentir M. Georges. Il m’avait dans le temps prédit que je resterais avec ma lessiveuse rouillée…

— Je n’étais pas pressé de voir ma prédiction s’accomplir… — M. Georges essayait de blaguer.

— Quelle lessiveuse ? grondait M’man Donzert, qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Tu fais exprès de te rendre aussi malheureuse que possible ! Et Cécile et nous on t’aurait donné ce qu’il te fallait… tu n’es qu’une sotte ! Passe-moi ton assiette, tu ne vois pas que les beignets sont à point ?

Martine avait menti : le salon en rotin n’avait pas bougé de son appartement, et ne l’aurait-elle pas payé qu’il serait resté là, bien trop endommagé le jour où elle avait eu sa crise… Le rotin, ça se casse facilement et ça devient très vite dégoûtant. D’ailleurs, Daniel avait payé les dernières échéances et le salon était bien à elle. Elle avait inventé cette phrase par pure méchanceté, elle savait bien que cela ferait de la peine à M. Georges et M’man Donzert…

— C’est vrai… Ils sont à point ! Je n’ai jamais su les réussir comme vous, M’man Donzert. Ce que j’ai pu bouffer ! On prend le café au salon ?

Elle se leva. M’man Donzert s’était arrêtée de remuer ses assiettes et ses casseroles et la regardait avec désapprobation :

— Tu engraisses trop…, dit-elle. Tu devrais faire un peu attention. J’ai fait une tarte, mais peut-être vaudrait-il mieux…

— Vous voulez rire ! Moi, me priver !..

Martine riait, et M’man Donzert ne dit plus rien : elle n’aimait pas cette nouvelle façon qu’elle avait de rire, Martine. Ce rire lui faisait aussitôt penser à la « maison de santé »… Pauvre Martine…

Ils passèrent au salon.

— C’est vrai que j’ai un peu engraissé, reprit Martine, ça plaît aux hommes ! Dans la rue, c’est une véritable meute derrière moi ! Jamais les hommes ne m’ont couru après comme maintenant…

M. Georges et M’man Donzert la laissaient parler… Elles pouvaient être vraies, ces histoires, mais cela lui ressemblait si peu de les raconter et elles sonnaient si faux…

— Vous ne m’avez rien dit sur ma nouvelle coiffure, papotait Martine, n’est-ce pas qu’elle est ravissante ?

Les cheveux de Martine, coupés très court, en chien fou, faisaient des franges de tous les côtés.

— Ça te cache ton joli front, dit M. Georges, je n’aime pas cette nouvelle mode.

— Je crois que vous n’aimez que le démodé… Vous êtes un peu comme Daniel. Il cherchait le parfum des roses anciennes.

Il y eut un silence. M’man Donzert fit un effort :

— Où vas-tu pour les vacances ? Tu ne veux pas venir avec Cécile et avec nous, dans le Midi ? Pierre a loué une villa…

— Je crois qu’avec cette lettre du notaire, il me faudra tout d’abord aller au village… Et qui sait, peut-être que je m’y plairai tant que j’y retournerai pour les vacances… C’est ma petite patrie ! Il y a la baignade… Et la cabane, n’oublions pas la cabane ! Une villégiature impeccable. Non, cette histoire de succession… Il y a de quoi mourir de rire !

Martine suçait un sucre. Elle avait déjà mangé presque à elle seule la tarte et tous les sablés que M’man Donzert avait faits avec le restant de la pâte.

SPARGE, PREGOR, ROSAS SUPRA MEA BUSTA, VIATOR

Passant, je t’en supplie, répands des roses sur ma tombe.

(Inscription romaine sur la tombe d’un pauvre des temps impériaux.)

Elle n’y était jamais retournée depuis qu’elle avait suivi M’man Donzert à Paris. Une dizaine d’années… Elle ne reconnaissait pas cette route, presque aussi large que l’autoroute de l’Ouest, elle qui l’avait faite pour venir à Paris, et plus tard pour aller à l’auberge Au coin du bois, pour aller à la ferme. Le paysage ici était un peu comme à la Porte où elle habitait, toutes les sorties de Paris se ressemblent… Des immeubles en construction ou à peine construits, neufs, blancs, très hauts et très plats, rien que l’épaisseur d’une ou deux pièces, sans cours intérieures, sans murs aveugles, ceinturés de balcons de couleurs vives, de vitres luisantes… Ils étaient posés sur tranche comme un jeu de dominos, selon la fantaisie des joueurs autour d’une table, tantôt en désordre, tantôt en rangs réguliers. On ne voyait pas encore où, comment passeraient les rues, s’ouvriraient des places, des squares… C’était un désordre tout neuf, inédit, apparent. Mais constructions et chantiers s’espaçaient et, finalement, les champs prirent le dessus, toute la place.

Le car traversa un joli patelin qui tenait de la petite ville et du village, sur un fond de collines boisées où se montraient, parmi les arbres, les tuiles orange des toits. Il y eut des virages, montées et descentes, et la plaine s’étala à nouveau sans obstacles… On roulait.

Voici l’auberge Au coin du bois, où avait eu lieu sa noce. Martine sortit de son sac un bonbon. L’auberge était toujours aussi pimpante avec ses baquets blancs cerclés de rouge, en rangs, au ras de la route. On ne voyait personne autour. Le car dépassa l’auberge… Ce pavillon, à côté, n’existait pas alors… pas plus que ces autres. Volets verts, toits orange… Le car roulait, grosse bête maladroite, ronflante. Les passagers, des habitués, restaient tranquilles à leurs places, ils savaient où ils en étaient, où ils allaient descendre, les noms des villages que l’on dépassait, le temps, les kilomètres… Martine ne savait rien de tout cela, et elle avait perdu l’habitude de voyager en car, toujours dans sa voiture, avec Daniel ou seule, ou avec des amis et amies… De nos jours, tout le monde a une voiture, Daniel l’avait mise dans la situation exceptionnelle de femme sans voiture. Martine sortit un autre bonbon de son sac.

La route avait depuis longtemps perdu ses airs d’autoroute et coulait modestement, une belle route sans excès, traversant des pays plongeant dans les bois, de plus en plus épais, de plus en plus hauts. C’est en bordure d’une grande forêt, où se tenait la petite ville de R…, que Martine se retrouva en pays de connaissance. L’autobus s’arrêta longuement près de la gare, se vida, et continua son chemin, à travers le centre de la ville. Voici la place avec le château historique… J’aimerais me perdre dans les bois avec toi… D’ici, la baignade était à six kilomètres.

Chaque pierre, chaque arbre, chaque maison, changement, disparition, nouveauté, rien ne pouvait échapper ici à Martine, à sa mémoire infaillible… Elle reconnaissait et remarquait chaque détail, jusqu’aux bornes anciennes et nouvelles, à la couleur du sable d’un chemin par lequel on pouvait aller au village, à l’envergure nouvelle du plus grand tilleul du pays, aux réparations du vieux toit de la maison des Champoiselles avec des tuiles mécaniques, les aménagements de la petite ferme, sans doute achetée par des Parisiens. Le car entrait dans la profondeur humide des grands bois. Ici, on n’avait touché à rien, ici Martine était chez elle. Elle n’aurait pas pu se perdre parmi ces arbres, elle les connaissait presque un à un, les frênes, les chênes et les hêtres, et les sous-bois de fougères…

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