Romain Rolland - Jean-Christophe Tome I
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Ce furent des hurlements. Les enfants se sauvèrent à la maison, avec des cris aigus. On entendit les portes battre, et des exclamations de colère. La dame accourut, aussi vite que la traîne de sa robe pouvait le lui permettre. Christophe la voyait venir, et il ne cherchait pas à fuir; il était terrifié de ce qu’il avait fait: c’était une chose inouïe, un crime; mais il ne regrettait rien. Il attendait. Il était perdu. Tant mieux! Il était réduit au désespoir.
La dame fondit sur lui. Il se sentit frapper. Il entendit qu’elle lui parlait d’une voix furieuse, avec un flot de paroles; mais il ne distinguait rien. Ses deux petits ennemis étaient revenus pour assister à sa honte, et piaillaient à tue-tête. Des domestiques étaient là: c’était une confusion de voix. Pour achever de l’accabler, Louisa, qu’on avait appelée, parut; et, au lieu de le défendre, elle commença par le claquer, elle aussi, avant de rien savoir, et voulut qu’il demandât pardon. Il s’y refusa avec rage. Elle le secoua plus fort et le traîna par la main vers la dame et les enfants, pour qu’il se mît à genoux. Mais il trépigna, hurla, et mordit la main de sa mère. Il se sauva enfin au milieu des domestiques qui riaient.
Il s’en allait, le cœur gonflé, la figure brûlante de colère et des tapes qu’il avait reçues. Il tâchait de ne pas penser, et il hâtait le pas, parce qu’il ne voulait pas pleurer dans la rue. Il aurait voulu être rentré, pour se soulager de ses larmes; il avait la gorge serrée, le sang à la tête: il éclatait.
Enfin, il arriva; il monta en courant le vieil escalier noir, jusqu’à sa niche habituelle dans l’embrasure d’une fenêtre, au-dessus du fleuve; il s’y jeta hors d’haleine; et ce fut un déluge de pleurs. Il ne savait pas au juste pourquoi il pleurait; mais il fallait qu’il pleurât; et quand le premier flot fut à peu près passé, il pleura encore, parce qu’il voulait pleurer, avec une sorte de rage, pour se faire souffrir, comme s’il punissait ainsi les autres, en même temps que lui. Puis, il pensa que son père allait rentrer, que sa mère raconterait tout et que ses malheurs n’étaient pas près de leur fin. Il résolut de fuir, n’importe où, pour ne plus revenir jamais.
Juste au moment où il descendait, il se heurta à son père qui rentrait.
– Que fais-tu là, gamin? où vas-tu? demanda Melchior.
Il ne répondait pas.
– Tu as fait quelque sottise. Qu’est-ce que tu as fait?
Christophe se taisait obstinément.
– Qu’est-ce que tu as fait? répéta Melchior. Veux-tu répondre?
L’enfant se mit à pleurer, et Melchior à crier, de plus en plus fort l’un et l’autre, jusqu’à ce qu’on entendît le pas précipité de Louisa, qui montait l’escalier. Elle arriva, toute bouleversée encore. Elle commença par de violents reproches, mêlés de nouvelles gifles, auxquelles Melchior joignit, sitôt qu’il eut compris, – et probablement avant, – des claques à assommer un bœuf. Ils criaient tous les deux. L’enfant hurlait. Ils finirent par se disputer l’un l’autre avec la même colère. Tout en rossant son fils, Melchior disait que le petit avait raison, que voilà à quoi on s’exposait en allant servir chez des gens, qui se croient tout permis, parce qu’ils ont de l’argent. Et tout en frappant l’enfant, Louisa criait à son mari qu’il était un brutal, qu’elle ne lui permettait pas de toucher le petit, et qu’il l’avait blessé. En effet, Christophe saignait un peu du nez; mais il n’y pensait guère, et il ne sut aucun gré à sa mère de le lui tamponner rudement avec un linge mouillé, puisqu’elle continuait à le gronder. À la fin, on le poussa dans un recoin obscur, où on l’enferma sans souper.
Il les entendait crier l’un contre l’autre; et il ne savait pas lequel il détestait le plus. Il lui semblait que c’était sa mère; car il n’eût jamais attendu d’elle une pareille méchanceté. Tous ses malheurs de la journée l’accablaient à la fois: tout ce qu’il avait souffert, l’injustice des enfants, l’injustice de la dame, l’injustice de ses parents, et – ce qu’il sentait aussi, comme une blessure vive, sans s’en rendre compte, – l’abaissement de ses parents, dont il était si fier, devant ces autres gens, méchants et méprisables. Cette lâcheté, dont il prenait une vague conscience, pour la première fois, lui paraissait ignoble. Tout en lui était ébranlé: son admiration pour les siens, le respect religieux qu’ils lui inspiraient, sa confiance dans la vie, le besoin naïf qu’il avait d’aimer les autres et d’en être aimé, sa foi morale, aveugle, mais absolue. C’était un écroulement total. Il était écrasé par la force brutale, sans nul moyen de se défendre, de réchapper jamais. Il suffoqua. Il crut mourir. Il se raidit de tout son être, dans une révolte désespérée. Il tapa des poings, des pieds, de la tête, contre le mur, hurla, fut pris de convulsions, et, se meurtrissant aux meubles, tomba par terre.
Ses parents, accourus, le prirent dans leurs bras. C’était à qui des deux, maintenant, serait le plus tendre. Sa mère le déshabilla, le porta dans son lit, s’assit à son chevet et resta auprès de lui, jusqu’à ce qu’il fût plus calme. Mais il ne désarmait point, il ne pardonnait rien, et il fit semblant de dormir, pour ne pas l’embrasser. Sa mère lui semblait mauvaise et lâche. Il ne se doutait pas de tout le mal qu’elle avait pour vivre et le faire vivre, et de ce qu’elle avait souffert de prendre parti contre lui.
Après qu’il eut épuisé jusqu’à la dernière goutte l’incroyable provision de larmes qui tient dans les yeux d’un enfant, il se sentit un peu soulagé. Il était las; mais ses nerfs étaient trop tendus pour qu’il pût dormir. Les images de tantôt recommencèrent à flotter dans sa demi-torpeur. C’était surtout la petite fille qu’il revoyait, avec ses yeux brillants, son petit nez levé d’une façon dédaigneuse, ses cheveux sur ses épaules, ses jambes nues et sa parole enfantine et poseuse. Il tressaillit, en croyant réentendre sa voix. Il se rappelait combien il avait été stupide avec elle; et il se sentait contre elle une haine farouche; il ne lui pardonnait pas de l’avoir humilié, il était dévoré du désir de l’humilier à son tour, de la faire pleurer. Il en chercha les moyens, et n’en trouva aucun. Il n’y avait nulle apparence qu’elle se souciât jamais de lui. Mais, pour se soulager, il supposa que tout fût ainsi qu’il le souhaitait. Il établit donc qu’il était devenu très puissant et glorieux; et il décida en même temps qu’elle était amoureuse de lui. Alors il commença de se raconter une de ces absurdes histoires, qu’il finissait par croire plus réelles que la réalité.
Elle se mourait d’amour; mais il la dédaignait. Quand il passait devant sa maison, elle le regardait passer, cachée derrière les rideaux; et il se savait regardé; mais il feignait de n’y prendre pas garde, et il parlait gaiement. Il quittait même le pays et voyageait, au loin, afin d’augmenter sa peine. Il faisait de grandes choses. – Ici, il introduisait dans son récit certains fragments choisis des récits héroïques de grand-père. – Elle, pendant ce temps, tombait malade de chagrin. Sa mère, l’orgueilleuse dame, venait le supplier: «Ma pauvre fille se meurt. Je vous en prie, venez!» Il venait. Elle était couchée. Elle avait la figure pâle et creusée. Elle lui tendait les bras. Elle ne pouvait parler; mais elle lui prenait les mains et les baisait en pleurant. Alors il la regardait avec une bonté et une douceur admirables. Il lui disait de guérir, et consentait à ce qu’elle l’aimât. Arrivé à ce moment du récit, comme il se plaisait à en prolonger l’agrément, en répétant plusieurs fois les paroles et les attitudes, le sommeil vint le prendre; et il s’endormit consolé.
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