Romain Rolland - Jean-Christophe Tome I
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Il avait peur du mystérieux qui s’abrite dans l’ombre, des puissances mauvaises qui semblent guetter la vie, du grouillement de monstres, que tout cerveau d’enfant porte en lui avec épouvante et mêle à tout ce qu’il voit: derniers restes sans doute d’une faune disparue, des hallucinations des premiers jours près du néant, du sommeil redoutable dans le ventre de la mère, de l’éveil de la larve au fond de la matière.
Il avait peur de la porte du grenier. Elle donnait sur l’escalier, et était presque toujours entre-bâillée. Quand il devait passer devant, il sentait son cœur battre; il prenait son élan, et sautait sans regarder. Il lui semblait qu’il y avait quelqu’un ou quelque chose derrière. Les jours où elle était fermée, il entendait distinctement par la chatière entr’ouverte remuer derrière la porte. Ce n’était pas étonnant, car il y avait de gros rats; mais il imaginait un être monstrueux, des os déchiquetés, des chairs comme des haillons, une tête de cheval, des yeux qui font mourir, des formes incohérentes; il ne voulait pas y penser et y pensait malgré lui. Il s’assurait d’une main tremblante que le loquet était bien mis: ce qui ne l’empêchait pas de se retourner dix fois, en descendant les marches.
Il avait peur de la nuit, au dehors. Il lui arrivait de s’arrêter chez le grand-père, ou d’y être envoyé le soir, pour quelque commission. Le vieux Krafft habitait un peu en dehors de la ville, la dernière maison sur la route de Cologne. Entre cette maison et les premières fenêtres éclairées de la ville, il y avait deux ou trois cents pas, qui paraissaient bien le triple à Christophe. Pendant quelques instants, le chemin faisait un coude, où l’on ne voyait rien. La campagne était déserte, au crépuscule; la terre devenait noire, et le ciel d’une pâleur effrayante. Lorsqu’on sortait des buissons qui entouraient la route, et qu’on grimpait sur le talus, on distinguait encore une lueur jaunâtre au bord de l’horizon; mais cette lueur n’éclairait pas, et elle était plus oppressante que la nuit; elle faisait l’obscurité plus sombre autour d’elle: c’était une lumière de glas. Les nuages descendaient presque au ras du sol. Les buissons devenaient énormes et bougeaient. Les arbres squelettes ressemblaient à des vieillards grotesques. Les bornes du chemin avaient des reflets de linges livides. L’ombre remuait. Il y avait des nains assis dans les fossés, des lumières dans l’herbe, des vols effrayants dans l’air, des cris stridents d’insectes, qui sortaient on ne sait d’où. Christophe était toujours dans l’attente angoissée de quelque excentricité sinistre de la nature. Il courait, et son cœur sautait dans sa poitrine.
Quand il voyait la lumière dans la chambre de grand-père, il se rassurait. Mais le pire était que souvent le vieux Krafft n’était pas rentré. Alors c’était plus effrayant encore. Cette vieille maison, perdue dans la campagne, intimidait l’enfant, même en plein jour. Il oubliait ses craintes, quand le grand-père était là; mais quelquefois, le vieux le laissait seul et sortait sans le prévenir. Christophe n’y avait pas pris garde. La chambre était paisible. Tous les objets étaient familiers et bienveillants. Il y avait un grand lit de bois blanc; au chevet du lit, une grosse Bible sur une planchette, des fleurs artificielles sur la cheminée, avec les photographies des deux femmes et des onze enfants, – le vieux avait écrit au bas de chacune d’elles la date de la naissance et celle de la mort. – Aux murs, des versets encadrés, et de mauvais chromos de Mozart et de Beethoven. Un petit piano dans un coin, un violoncelle dans l’autre; des rayons de livres pêle-mêle, des pipes accrochées, et, sur la fenêtre, des pots de géraniums. On était comme entouré d’amis. Les pas du vieux allaient et venaient dans la chambre à côté; on l’entendait raboter ou clouer; il se parlait tout seul, s’appelait imbécile, ou chantait de sa grosse voix, faisant un pot-pourri de bribes de chorals, de lieder sentimentaux, de marches belliqueuses et de chansons à boire. On se sentait à l’abri. Christophe était assis dans le grand fauteuil, près de la fenêtre, un livre sur les genoux; penché sur les images, il s’absorbait en elles; le jour baissait; ses yeux devenaient troubles; il finissait par ne plus regarder, et tombait dans une songerie vague. La roue d’an chariot grondait au loin sur la route. Une vache mugissait dans les champs. Les cloches de la ville, lasses et endormies, sonnaient l’angélus du soir. Des désirs incertains, d’obscurs pressentiments s’éveillaient dans le cœur de l’enfant qui rêvait.
Brusquement, Christophe se réveillait, pris d’une sourde inquiétude. Il levait les yeux: la nuit. Il écoutait: le silence. Grand-père venait de sortir. Il avait un frisson. Il se penchait à la fenêtre, pour tâcher de le voir encore: la route était déserte; les choses commençaient à prendre un visage menaçant. Dieu! si elle allait venir? – Qui?… Il n’aurait su le dire. La chose d’épouvante… Les portes fermaient mal. L’escalier de bois craquait comme sous un pas. L’enfant bondissait, traînait le fauteuil, les deux chaises et la table au coin le plus abrité de la chambre; il en formait une barrière: le fauteuil, adossé au mur, une chaise à droite, une chaise à gauche, et la table par devant. Au milieu, il installait une double échelle; et, juché sur le sommet, avec son livre et quelques autres volumes, comme munitions en cas de siège, il respirait, ayant décidé, dans son imagination d’enfant, que l’ennemi ne pouvait en aucun cas traverser la barrière: ce n’était pas permis.
Mais l’ennemi surgissait parfois du livre même. – Parmi les vieux bouquins achetés au hasard par le grand-père, il y en avait avec des images, qui faisaient sur l’enfant une impression profonde: elles l’attiraient et l’effrayaient. C’étaient des visions fantastiques, des tentations de saint Antoine où des squelettes d’oiseaux fientent dans des carafes, où des myriades d’œufs s’agitent comme des vers dans des grenouilles éventrées, où des têtes marchent sur des pattes, où des derrières jouent de la trompette, et où des ustensiles de ménage et des cadavres de bêtes s’avancent gravement, enveloppés de grands draps, avec des révérences de vieilles dames. Christophe en avait horreur, et toujours y revenait, ramené par son dégoût. Il les regardait longuement, et jetait de temps en temps un œil furtif autour de lui, pour voir ce qui remuait dans les plis des rideaux. – Une image d’écorché dans un ouvrage d’anatomie lui était plus odieuse encore. Il tremblait de tourner la page, quand il approchait de l’endroit du livre où elle se trouvait. Ces informes bariolages avaient une intensité prodigieuse sur lui. La puissance de création, inhérente au cerveau des enfants, suppléait aux pauvretés de la mise en scène. Il ne voyait pas de différence entre ces barbouillages et la réalité. La nuit, ils agissaient plus fortement sur ses rêves que les images vivantes aperçues dans le jour.
Il avait peur du sommeil. Pendant plusieurs années, les cauchemars empoisonnèrent son repos: – Il errait dans des caves, et il voyait entrer par le soupirail l’écorché grimaçant. – Il était dans une chambre, seul, et il entendait un frôlement de pas dans le corridor; il se jetait sur la porte pour la fermer, il avait juste le temps d’en saisir la poignée; mais on la tirait du dehors; il ne pouvait tourner la clef, il faiblissait, il appelait au secours. Et, de l’autre côté, il savait bien qui voulait entrer. – Il était au milieu des siens; et soudain, leur visage changeait; ils faisaient des choses folles. – Il lisait tranquillement; et il sentait qu’un être invisible était autour de lui. Il voulait fuir, il se sentait lié. Il voulait crier, il était bâillonné. Une étreinte répugnante lui serrait le cou. Il s’éveillait, suffoquant, claquant des dents; et il continuait de trembler, longtemps après s’être réveillé; il ne parvenait pas à chasser son angoisse.
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