Romain Rolland - Jean-Christophe Tome I
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Mais le plus beau de tout, c’est quand on met deux doigts sur deux touches à la fois. Jamais on ne sait au juste ce qui va se passer. Quelquefois, les deux esprits sont ennemis; ils s’irritent, ils se frappent, ils se haïssent, ils bourdonnent d’un air vexé; leur voix s’enfle; elle crie, tantôt avec colère, tantôt avec douceur. Christophe adore ce jeu: on dirait des monstres enchaînés, qui mordent leurs liens, qui heurtent les murs de leur prison; il semble qu’ils vont les rompre et faire irruption au dehors, comme ceux dont parle le livre de contes, les génies emprisonnés dans des coffrets arabes sous le sceau de Salomon. – D’autres vous flattent: ils tâchent de vous enjôler; mais ils ne demandent qu’à mordre et ils ont la fièvre. Christophe ne sait pas ce qu’ils veulent: ils l’attirent et le troublent; ils le font presque rougir. – Et d’autres fois encore, il y a des notes qui s’aiment: les sons s’enlacent, comme, on fait avec les bras, quand on se baise; ils sont gracieux et doux. Ce sont les bons esprits; ils ont des figures souriantes et sans rides; ils aiment le petit Christophe, et le petit Christophe les aime; il a les larmes aux yeux de les entendre, et il ne se lasse pas de les rappeler. Ils sont ses amis, ses chers, ses tendres amis…
Ainsi l’enfant se promène dans la forêt des sons, et il sent autour de lui des milliers de forces inconnues, qui le guettent et l’appellent, pour le caresser, ou pour le dévorer.
Un jour, Melchior le surprit. Il le fit tressauter de peur avec sa grosse voix. Christophe, se croyant en faute, porta ses mains à ses oreilles pour les préserver des redoutables claques. Mais Melchior ne grondait pas, par extraordinaire; il était de bonne humeur, il riait.
– Cela t’intéresse donc, gamin? demanda-t-il, en lui tapant amicalement la tête. Veux-tu que je t’apprenne à jouer?
S’il le voulait!… Il murmura que oui, ravi. Ils s’assirent tous deux devant le piano, Christophe juché, cette fois, sur une pile de gros livres; et, très attentif, il prit sa première leçon. Il apprit d’abord que ces esprits bourdonnants avaient de singuliers noms, des noms à la chinoise, d’une seule syllabe, ou même d’une seule lettre. Il en fut étonné, il les imaginait autres: de beaux noms caressants, comme les princesses des contes de fées. Il n’aimait pas la familiarité avec laquelle son père en parlait. Du reste, quand Melchior les évoquait, ce n’étaient plus les mêmes êtres; ils prenaient un air indifférent, en se déroulant sous ses doigts. Cependant Christophe fut content d’apprendre les rapports qu’il y avait entre eux, leur hiérarchie, ces gammes qui ressemblent à un roi, commandant une armée, ou à une troupe de nègres attachés à la file. Il vit avec étonnement que chaque soldat, ou chaque nègre, pouvait devenir à son tour monarque, ou tête de colonne d’une troupe semblable, et même qu’on pouvait en dérouler des bataillons entiers, du haut en bas du clavier. Il s’amusait à tenir le fil qui les faisait marcher. Mais tout cela était devenu plus puéril que ce qu’il voyait d’abord: il ne retrouvait plus sa forêt enchantée. Pourtant il s’appliquait: car ce n’était pas ennuyeux, et il était surpris de la patience de son père. Melchior ne se lassait point; il lui faisait recommencer la même chose dix fois. Christophe ne s’expliquait pas qu’il se donnât tant de peine: son père l’aimait donc? Qu’il était bon! L’enfant travaillait, le cœur plein de reconnaissance.
Il eût été moins satisfait, s’il avait su ce qui se passait dans la tête de son maître.
À partir de ce jour, Melchior l’emmena chez un voisin, où l’on avait organisé, trois fois par semaine, des séances de musique de chambre. Melchior tenait le premier violon, Jean-Michel le violoncelle. Les deux autres étaient un employé de banque, et le vieil horloger de la Schillerstrasse. De temps en temps, le pharmacien venait se joindre à eux et apportait sa flûte. On arrivait à cinq heures, et on restait jusqu’à neuf. Après chaque morceau, on absorbait de la bière. Des voisins entraient et sortaient, écoutaient sans mot dire, debout contre le mur, hochaient la tête, remuaient le pied en mesure, et remplissaient la chambre de nuages de tabac. Les pages succédaient aux pages, les morceaux aux morceaux, sans que rien pût lasser la patience des exécutants. Ils ne parlaient pas, contractés d’attention, le front plissé, poussant de loin en loin un grognement de plaisir, parfaitement incapables d’ailleurs non seulement d’exprimer la beauté d’un morceau, mais même de la sentir. Ils ne jouaient ni très juste ni très en mesure; mais ils ne déraillaient jamais, et suivaient fidèlement les nuances qui étaient marquées. Ils avaient cette facilité musicale, qui se contente à peu de frais, cette perfection dans la médiocrité, qui abonde dans la race qu’on dit la plus musicienne du monde. Ils en avaient aussi la voracité de goût, peu difficile sur la qualité des aliments, pourvu que la quantité y soit, ce robuste appétit, pour qui toute musique est bonne, d’autant plus qu’elle est plus substantielle, – et qui ne fait pas de différence entre Brahms et Beethoven, ou, dans l’œuvre d’un même maître, entre un concerto creux et une sonate émouvante, parce qu’ils sont de la même pâte.
Christophe se tenait à l’écart, dans un coin qui lui appartenait, derrière le piano. Nul ne pouvait l’y déranger: car il fallait, pour y entrer, qu’il marchât à quatre pattes. Il y faisait à moitié nuit; et l’enfant avait juste la place de s’y tenir, couché sur le plancher, en se recroquevillant. La fumée du tabac lui entrait dans les yeux et la gorge; et aussi, la poussière: il y en avait de gros flocons, comme des toisons de brebis; mais il n’y prenait pas garde, et écoutait gravement, assis sur ses jambes, à la turque, et élargissant les trous dans la toile du piano avec ses petits doigts sales. Il n’aimait pas tout ce qu’on jouait; mais rien de ce qu’on jouait ne l’ennuyait, et il ne cherchait jamais à formuler ses opinions: car il croyait qu’il était trop petit et qu’il n’y connaissait rien. Tantôt la musique l’endormait, tantôt elle le réveillait; en aucun cas, elle n’était désagréable. Sans qu’il le sût, c’était presque toujours la bonne musique qui l’excitait. Sûr de n’être point vu, il faisait des grimaces avec toute sa figure; il fronçait le nez, il serrait les dents, ou il tendait la langue, il faisait des yeux colères ou langoureux, il avait envie de marcher, de frapper, de réduire le monde en poudre. Il se démenait si bien qu’à la fin une tête se penchait au-dessus du piano, et lui criait: «Eh bien, gamin, est-ce que tu es fou? Veux-tu laisser ce piano? Veux-tu ôter ta main? je vais te tirer les oreilles!» ce qui le rendait penaud et furieux. Pourquoi venait-on lui troubler son plaisir? Il ne faisait pas de mal. Il fallait qu’on le persécutât toujours! Son père faisait chorus. On lui reprochait de faire du bruit, de ne pas aimer la musique. Il finissait par le croire. – On eût bien étonné les honnêtes fonctionnaires, occupés à moudre des concertos, si on leur avait dit que le seul de la société qui sentit vraiment la musique était ce petit garçon.
Si l’on voulait qu’il se tînt tranquille, pourquoi lui jouait-on des airs qui font marcher? Il y avait dans ces pages des chevaux emportés, des épées, les cris de la guerre, l’orgueil du triomphe; et l’on aurait voulu qu’il restât, ainsi qu’eux, à branler la tête et à marquer la mesure avec son pied. On n’avait qu’à lui jouer des rêveries placides, ou de ces pages bavardes, qui parlent pour ne rien dire; il n’en manque pas en musique: ce morceau de Goldmark, par exemple, dont le vieil horloger disait tout à l’heure, avec un sourire ravi: «C’est joli. Il n’y a pas d’aspérités. Tous les angles sont arrondis…» Le petit était bien tranquille alors. Il s’assoupissait. Il ne savait pas ce qu’on jouait; même il finissait par ne plus l’entendre; mais il était heureux, ses membres s’engourdissaient, il rêvassait.
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