Romain Rolland - Jean-Christophe Tome I

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Vaste roman cyclique, ce roman fleuve est un signe d'amour et d'espoir adressé à la génération suivante. Le héros, un musicien de génie, doit lutter contre la médiocrité du monde. Mêlant réalisme et lyrisme, cette fresque est le tableau du monde de la fin du XIXème siècle au début du vingtième.

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– Cet enfant n’a pas de cœur.

Louisa ne répliqua rien; mais un moment après, elle vint doucement soulever le rideau et regarda le petit lit. Christophe n’eut que le temps de fermer les yeux, et d’imiter le souffle régulier qu’il entendait à ses frères quand ils dormaient. Louisa s’éloigna sur la pointe des pieds. Qu’il eût voulu la retenir! Qu’il eût voulu lui dire combien il avait peur, lui demander de le sauver, de le rassurer au moins! Mais il craignait qu’on se moquât de lui, qu’on le traitât de lâche; et puis, il savait trop déjà que tout ce qu’on pourrait dire ne servirait à rien. Et, pendant des heures, il resta plein d’angoisse, croyant sentir le mal qui se glissait en lui, des douleurs dans la tête, une gêne au cœur, et pensant, terrifié: «C’est fini, je suis malade, je vais mourir, je vais mourir!…» Une fois, il se dressa dans son lit, appela sa mère à voix basse; mais ils dormaient, et il n’osa les réveiller.

Depuis ce temps, son enfance fut empoisonnée par l’idée de la mort. Ses nerfs le livraient à toutes sortes de petits maux sans cause, des oppressions, des élancements, des étouffements soudains. Son imagination s’affolait devant ces douleurs, et croyait voir en chacune d’elles la bête meurtrière qui lui prendrait sa vie. Que de fois il souffrit l’agonie, à quelques pas de sa mère, assise tout auprès de lui, sans qu’elle en devinât rien! Car, dans sa lâcheté, il avait le courage de renfermer en lui ses terreurs, par un bizarre mélange de sentiments: la fierté de ne pas recourir aux autres, la honte d’avoir peur, les scrupules d’une affection qui ne veut pas inquiéter. Mais il pensait sans cesse: «Cette fois je suis malade, je suis gravement malade. C’est une angine qui commence…». Il avait retenu ce mot d’angine au hasard… «Mon Dieu! pas cette fois!»

Il avait des idées religieuses: il croyait volontiers ce que lui disait sa mère, que l’âme après la mort montait devant le Seigneur, et que, si elle était pieuse, elle entrait dans le jardin du paradis. Mais il était beaucoup plus effrayé qu’attiré par ce voyage. Il n’enviait pas du tout les enfants que Dieu, par récompense, à ce que disait sa mère, enlevait au milieu de leur sommeil et rappelait à lui, sans les avoir fait souffrir. Il tremblait, au moment de s’endormir, que Dieu n’eût cette fantaisie à son égard. Ce devait être terrible de se sentir soudain détaché de la tiédeur du lit et entraîné dans le vide, mis en présence de Dieu. Il se figurait Dieu comme un soleil énorme, qui parlait avec une voix de tonnerre: quel mal cela devait faire! cela brûlait les yeux, les oreilles, l’âme entière! Puis, Dieu pouvait punir: on ne savait jamais… – D’ailleurs, cela n’empêchait pas toutes les autres horreurs, qu’il ne connaissait pas bien, mais qu’il avait pu deviner par les conversations: le corps dans une boîte, tout seul au fond d’un trou, perdu au milieu de la foule de ces dégoûtants cimetières, où on l’emmenait prier… Dieu! Dieu! quelle tristesse!…

Et pourtant, ce n’était pas gai de vivre, de voir le père ivrogne, d’être brutalisé, de souffrir de tant de façons, des méchancetés des autres enfants, de la pitié insultante des grands, et de n’être compris par personne, même pas par sa mère. Tout le monde vous humilie, personne ne vous aime, on est tout seul, tout seul, et l’on compte si peu! – Oui; mais c’était cela même qui lui donnait envie de vivre. Il sentait en lui une force bouillonnante de colère. Chose étrange que cette force! Elle ne pouvait rien encore; elle était comme lointaine, bâillonnée, emmaillotée, paralysée; il n’avait aucune idée de ce qu’elle voulait, de ce qu’elle serait plus tard. Mais elle était en lui: il en était sûr, elle s’agitait et grondait. Demain, demain, comme elle prendrait sa revanche! Il avait le désir enragé de vivre, pour se venger de tout le mal, de toutes les injustices, pour punir les méchants, pour faire de grandes choses. «Oh! que je vive seulement…» (il réfléchissait un peu) «…seulement jusqu’à dix-huit ans!» – D’autres fois, il allait jusqu’à vingt et un. C’était l’extrême limite. Il croyait que cela lui suffirait pour dominer le monde. Il pensait à ces héros qui lui étaient chers, à Napoléon, à cet autre plus lointain, mais qu’il aimait le mieux, à Alexandre le Grand. Sûrement il serait comme eux, si seulement il vivait encore douze ans… dix ans. Il ne songeait pas à plaindre ceux qui mouraient à trente. Ceux-là étaient des vieux; ils avaient joui de la vie: c’était leur faute, si elle était manquée. Mais mourir maintenant, quel désespoir! C’est trop malheureux de disparaître tout petit, et de rester pour toujours, dans la pensée des gens, un petit garçon à qui chacun se croit le droit de faire des reproches! Il en pleurait de rage, comme s’il était déjà mort.

Cette angoisse de la mort tortura des années de son enfance, – seulement corrigée par le dégoût de la vie.

*

Au milieu de ces lourdes ténèbres, dans la nuit étouffante qui semblait s’épaissir d’heure en heure, commença de briller, comme une étoile perdue dans les sombres espaces, la lumière qui devait illuminer sa vie: la divine musique…

Grand-père venait de donner à ses enfants un vieux piano, dont un de ses clients l’avait prié de le débarrasser, et que sa patiente ingéniosité avait remis à peu près en état. Le cadeau n’avait pas été très bien accueilli. Louisa trouvait que la chambre était déjà bien assez petite, sans l’encombrer encore; et Melchior dit que papa Jean-Michel ne s’était pas ruiné: c’était du bois à brûler. Seul, le petit Christophe fut joyeux du nouveau venu, sans bien savoir pourquoi. Il lui semblait que c’était une boîte magique, pleine d’histoires merveilleuses, comme dans ce volume des Mille et une Nuits, dont le grand-père lui lisait de temps en temps quelques pages, qui les enchantaient tous les deux. Il avait entendu son père, pour essayer les notes, en faire sortir une petite pluie d’arpèges, pareille à celle qu’un souffle de vent tiède fait tomber, après une averse, des branches mouillées d’un bois. Il avait battu des mains et crié: «Encore!»; mais Melchior, dédaigneusement, ferma le piano, disant qu’il ne valait rien. Christophe n’insista plus; il rôdait sans cesse autour de l’instrument; et, dès qu’on avait le dos tourné, il soulevait le couvercle et poussait une touche, comme il eût remué du doigt la carapace verte de quelque gros insecte: il voulait faire sortir la bête enfermée là. Quelquefois, dans sa hâte, il frappait un peu trop fort; et sa mère lui criait: «Ne te tiendras-tu pas tranquille? Ne touche pas à tout!»; ou bien, il se pinçait, en refermant la boîte; et il faisait de piteuses grimaces, en suçant son doigt meurtri…

Maintenant, sa plus grande joie est quand sa mère doit passer la journée en service, ou faire une course en ville. Il écoute ses pas descendre dans l’escalier: les voilà dans la rue; ils s’éloignent. Il est seul. Il ouvre le piano, il approche une chaise, il se juche dessus; ses épaules arrivent à hauteur du clavier: c’est assez pour ce qu’il veut. Pourquoi attend-il d’être seul? Personne ne l’empêcherait de jouer, pourvu qu’il ne fît pas trop de bruit. Mais il a honte devant les autres, il n’ose pas. Et puis, on cause, on se remue: cela gâte le plaisir. C’est tellement plus beau, quand on est seul!… Christophe retient son souffle, pour que ce soit plus silencieux encore, et aussi parce qu’il est un peu ému, comme s’il allait tirer un coup de canon. Le cœur lui bat, en appuyant le doigt sur la touche; quelquefois, il le relève, après l’avoir enfoncé à moitié, pour le poser sur une autre. Sait-on ce qui va sortir de celle-ci, plutôt que de celle-là?… Tout à coup, le son monte: il y en a de profonds, il y en a d’aigus, il y en a qui tintent, il y en a d’autres qui grondent. L’enfant les écoute longuement, un à un, diminuer et s’éteindre; ils se balancent comme les cloches, lorsqu’on est dans les champs, et que le vent les apporte et les éloigne tour à tour; puis, quand on prête l’oreille, on entend dans le lointain d’autres voix différentes qui se mêlent et tournent, ainsi que des vols d’insectes; elles ont l’air de vous appeler, de vous attirer loin… loin… de plus en plus loin, dans les retraites mystérieuses, où elles plongent et s’enfoncent… Les voilà disparues!… Non! elles murmurent encore… Un petit battement d’ailes… Que tout cela est étrange! Ce sont comme des esprits. Qu’ils obéissent ainsi, qu’ils soient tenus captifs dans cette vieille caisse, voilà qui ne s’explique point!

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