Romain Rolland - Jean-Christophe Tome I

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Vaste roman cyclique, ce roman fleuve est un signe d'amour et d'espoir adressé à la génération suivante. Le héros, un musicien de génie, doit lutter contre la médiocrité du monde. Mêlant réalisme et lyrisme, cette fresque est le tableau du monde de la fin du XIXème siècle au début du vingtième.

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Mais quand il rouvrit les yeux, le jour était venu; et ce jour ne brillait plus avec l’insouciance du matin précédent: quelque chose était changé dans le monde. Christophe connaissait l’injustice.

*

Il y avait des moments de gêne très étroite à la maison. Ils étaient de plus en plus fréquents. On faisait maigre chère, ces jours-là. Nul ne s’en apercevait mieux que Christophe. Le père ne voyait rien; il se servait le premier, et il avait toujours assez pour lui. Il causait bruyamment, riait aux éclats de ce qu’il disait; et il ne remarquait pas le regard de sa femme, qui riait d’un rire forcé, en le surveillant, tandis qu’il se servait. Le plat, quand il passait ensuite, était à moitié vide. Louisa servait les petits: deux pommes de terre à chacun. Lorsque venait le tour de Christophe, souvent il n’en restait que trois sur l’assiette, et sa mère n’était pas servie. Il le savait d’avance, il les avait comptées, avant qu’elles arrivent à lui. Alors il rassemblait son courage, et d’un air dégagé:

– Rien qu’une, maman.

Elle s’inquiétait un peu.

– Deux, comme les autres.

– Non, je t’en prie, une seule.

– Est-ce que tu n’as pas faim?

– Non, je n’ai pas grand’faim.

Mais elle n’en prenait qu’une aussi, et ils la pelaient avec soin, ils la partageaient en tout petits morceaux, ils tâchaient de la manger le plus lentement possible. Sa mère le surveillait. Quand il avait fini:

– Allons, prends-la donc!

– Non, maman.

– Mais tu es malade, alors?

– Je ne suis pas malade, mais j’ai assez mangé.

Il arrivait que son père lui reprochât de faire le difficile, et qu’il s’adjugeât la dernière pomme de terre. Mais Christophe se méfiait maintenant; et il la réservait sur son assiette pour Ernst, le petit frère, toujours vorace, qui la guettait du coin de l’œil depuis le commencement du dîner, et qui finissait par lui demander:

– Tu ne la manges pas? Donne-la-moi, dis, Christophe.

Ah! comme Christophe détestait son père, comme il lui en voulait de ne pas penser à eux, de ne même pas se douter qu’il leur mangeait leur part! Il avait si faim qu’il le haïssait et qu’il aurait voulu le lui dire; mais il pensait, dans son orgueil, qu’il n’en avait pas le droit, tant qu’il ne gagnerait pas sa vie. Ce pain que son père lui prenait, son père l’avait gagné. Lui n’était bon à rien; il était une charge pour tous; il n’avait pas le droit de parler. Plus tard, il parlerait – s’il arrivait à plus tard. Oh! il mourrait de faim, avant!…

Il souffrait plus qu’un autre enfant de ces jeûnes cruels. Son robuste estomac était à la torture; parfois il en tremblait, la tête lui faisait mal; il avait un trou dans la poitrine, un trou qui tournait et qui s’élargissait comme une vrille qu’on enfonce. Mais il ne se plaignait pas; il se sentait observé par sa mère, et il prenait un air indifférent. Louisa, le cœur serré, comprenait vaguement que son petit garçon se privait de manger, pour que les autres eussent davantage; elle repoussait cette pensée; mais elle y revenait toujours. Elle n’osait pas l’éclaircir, demander à Christophe si c’était vrai; car, si ç’avait été vrai, qu’aurait-elle pu faire? Elle-même était habituée aux privations, depuis qu’elle était petite. À quoi sert de se plaindre, quand on ne peut faire autrement? Elle ne se doutait pas, il est vrai, avec sa frêle santé et son peu de besoins, que l’enfant dût souffrir davantage. Elle ne lui disait rien; mais, une ou deux fois, quand les autres étaient sortis, les enfants dans la rue, Melchior à ses affaires, elle priait son aîné de rester, pour lui rendre quelque petit service. Christophe lui tenait sa pelote, tandis qu’elle la dévidait. Brusquement, elle jetait tout, et l’attirait passionnément à elle; elle le mettait sur ses genoux, quoiqu’il fût déjà bien lourd; elle le serrait. Il lui passait avec violence ses bras autour du cou, et ils pleuraient tous deux, en s’embrassant comme des désespérés.

– Mon pauvre petit garçon!…

– Maman, chère maman!…

Ils ne disaient rien de plus; mais ils se comprenaient.

*

Christophe fut assez longtemps avant de s’apercevoir que son père buvait. L’intempérance de Melchior ne passait pas certaines limites, au moins dans les commencements. Elle n’était point brutale. Elle se manifestait plutôt par les éclats d’une joie excessive. Il disait des inepties, chantait à tue-tête pendant des heures, en tapant sur la table; et parfois, il voulait à toute force danser avec Louisa et avec les enfants. Christophe voyait bien que sa mère avait l’air triste; elle se retirait à l’écart, et baissait le nez sur son ouvrage; elle évitait de regarder l’ivrogne; et elle tâchait doucement de le faire taire, quand il disait des grossièretés qui la faisaient rougir. Mais Christophe ne comprenait pas; et il avait un tel besoin de gaieté qu’il se faisait presque une fête de ces retours bruyants du père. La maison était triste; et ces folies étaient une détente pour lui. Il riait de tout son cœur des gestes grotesques et des plaisanteries stupides de Melchior; il chantait et dansait avec lui; et il trouvait très mauvais que sa mère, d’une voix fâchée, lui ordonnât de cesser. Comment cela eût-il été mal, puisque son père le faisait? Bien que sa petite observation toujours en éveil, et qui n’oubliait rien, lui eût fait remarquer dans la conduite de son père plusieurs choses qui n’étaient pas conformes à son instinct enfantin et impérieux de justice, il continuait pourtant à l’admirer. C’est un tel besoin chez l’enfant! Sans doute une des formes de l’éternel amour de soi. Quand l’homme se reconnaît trop faible pour réaliser ses désirs et satisfaire son orgueil, il les reporte, enfant, sur ses parents, homme vaincu par la vie, sur ses enfants à son tour. Ils sont, ou ils seront tout ce qu’il a rêvé d’être, ses champions, ses vengeurs; et dans cette abdication orgueilleuse à leur profit, l’amour et l’égoïsme se mêlent avec une force et une douceur enivrantes. Christophe oubliait donc tous ses griefs contre son père, et il s’évertuait à trouver des raisons de l’admirer: il admirait sa taille, ses bras robustes, sa voix, son rire, sa gaieté; et il rayonnait d’orgueil, quand il entendait admirer son talent de virtuose, ou quand Melchior racontait, en les amplifiant, les éloges qu’il avait reçus. Il croyait à ses vantardises; et il regardait son père comme un génie, un des héros de grand-père.

Un soir, vers sept heures, il était seul à la maison. Les petits frères se promenaient avec Jean-Michel. Louisa lavait le linge, au fleuve. La porte s’ouvrit, et Melchior fit irruption. Il était sans chapeau, débraillé; il exécuta pour entrer une sorte d’entrechat, et il alla tomber sur une chaise devant la table. Christophe commença à rire, pensant qu’il s’agissait d’une de ses farces habituelles; et il vint vers lui. Mais dès qu’il le vit de près, il n’eut plus envie de rire. Melchior était assis, les bras pendants, et regardait devant lui, sans voir, avec des yeux qui clignotaient; sa figure était cramoisie; il avait la bouche ouverte; il en sortait de temps en temps un gloussement stupide. Christophe fut saisi. Il crut d’abord que son père plaisantait; mais voyant qu’il ne bougeait pas, il fut pris de peur.

– Papa! papa! criait-il.

Melchior continuait à glousser comme une poule. Christophe lui saisit le bras avec désespoir, et le secoua de toutes ses forces:

– Papa, cher papa, réponds-moi! Je t’en supplie!

Le corps de Melchior vacilla comme une chose molle, faillit tomber; sa tête s’inclina vers celle de Christophe; il le regarda, en gargouillant des syllabes incohérentes et irritées. Quand les yeux de Christophe rencontrèrent ces yeux troubles, une terreur folle s’empara de lui. Il se sauva au fond de la chambre, se jeta à genoux devant le lit, et enfouit sa figure dans les draps. Ils restèrent longtemps ainsi. Melchior se balançait lourdement sur sa chaise, en ricanant. Christophe se bouchait les oreilles, pour ne pas entendre, et il tremblait. Ce qui se passait en lui était inexprimable: c’était un bouleversement affreux, un effroi, une douleur, comme si quelqu’un était mort, quelqu’un de cher et de vénéré.

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