Romain Rolland - Jean-Christophe Tome I

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Vaste roman cyclique, ce roman fleuve est un signe d'amour et d'espoir adressé à la génération suivante. Le héros, un musicien de génie, doit lutter contre la médiocrité du monde. Mêlant réalisme et lyrisme, cette fresque est le tableau du monde de la fin du XIXème siècle au début du vingtième.

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Ce jour-là, sa mère lui avait mis ses habits les plus propres, de vieux habits donnés, dont l’ingénieuse patience de Louisa avait su tirer parti. Il alla la rejoindre, comme elle le lui avait dit, dans la maison où elle travaillait. Il était intimidé, à l’idée d’entrer seul. Un valet flânait sous le porche; il arrêta l’enfant et lui demanda d’un ton protecteur ce qu’il venait faire. Christophe balbutia en rougissant qu’il venait voir «madame Krafft», – ainsi qu’on le lui avait recommandé de dire.

– Madame Krafft? Qu’est-ce que tu lui veux, à madame Krafft? – continua le domestique, en appuyant ironiquement sur le mot: madame. – C’est ta mère? Monte là. Tu trouveras Louisa à la cuisine, au fond du corridor.

Il alla, de plus en plus rouge; il avait honte d’entendre appeler sa mère familièrement: Louisa. Il était humilié; il eût voulu se sauver près de son cher fleuve, à l’abri des buissons, où il se contait des histoires.

Dans la cuisine, il tomba au milieu d’autres domestiques, qui l’accueillirent par des exclamations bruyantes. Au fond, près des fourneaux, sa mère lui souriait d’un air tendre et un peu gêné. Il courut à elle et se jeta dans ses jambes. Elle avait un tablier blanc et tenait une cuiller en bois. Elle commença par ajouter à son trouble, en voulant qu’il levât le menton, pour qu’on vît sa figure, et qu’il allât tendre la main à chacune des personnes qui étaient là, en leur disant bonjour. Il n’y consentit pas; il se tourna contre le mur et se cacha la tête dans son bras. Mais peu à peu il s’enhardit, et il risqua hors de sa cachette un petit œil brillant et rieur, qui disparaissait de nouveau, toutes les fois qu’on le regardait. Il observa les gens, à la dérobée. Sa mère avait un air affairé et important, qu’il ne lui connaissait pas; elle allait d’une casserole à l’autre, goûtant, donnant son avis, expliquant d’un ton sûr des recettes, que la cuisinière ordinaire écoutait avec respect. Le cœur de l’enfant se gonflait d’orgueil, en voyant combien on appréciait sa mère, et quel rôle elle jouait dans cette belle pièce, ornée d’objets magnifiques d’or et de cuivre qui brillaient.

Brusquement, les conversations s’arrêtèrent. La porte s’ouvrit. Une dame entra, avec un froissement d’étoffes raides. Elle jeta un regard soupçonneux autour d’elle. Elle n’était plus jeune; et pourtant elle portait une robe claire, avec des manches larges; elle tenait sa traîne à la main, pour ne rien frôler. Cela ne l’empêcha pas de venir près du fourneau, de regarder les plats, et même d’y goûter. Quand elle levait un peu la main, la manche retombait, et le bras était nu jusqu’au-dessus du coude: ce que Christophe trouva laid et malhonnête. De quel ton sec et cassant elle parlait à Louisa! Et comme Louisa lui répondait humblement! Christophe en fut saisi. Il se dissimula dans son coin, pour ne pas être aperçu; mais cela ne servit à rien. La dame demanda qui était ce petit garçon; Louisa vint le prendre et le présenter; elle lui tenait les mains pour l’empêcher de se cacher la figure; et, bien qu’il eût envie de se débattre et de fuir, Christophe sentit d’instinct qu’il fallait cette fois ne faire aucune résistance. La dame regarda la mine effarée de l’enfant; et son premier mouvement, maternel, fut de lui sourire gentiment. Mais elle reprit aussitôt son air protecteur, et lui posa sur sa conduite, sur sa piété, des questions auxquelles il ne répondit rien. Elle regarda aussi comment les vêtements allaient; et Louisa s’empressa de montrer qu’ils étaient superbes. Elle tirait le veston, pour effacer les plis; Christophe avait envie de crier, tant il était serré. Il ne comprenait pas pourquoi sa mère remerciait.

La dame le prit par la main, et dit qu’elle voulait le conduire vers ses enfants. Christophe jeta un regard désespéré sur sa mère; mais elle souriait à la maîtresse d’un air si empressé qu’il vit qu’il n’y avait rien à espérer, et il suivit son guide, comme un mouton qu’on mène à la boucherie.

Ils arrivèrent dans un jardin, où deux enfants à l’air maussade, un garçon et une fille, à peu près du même âge que Christophe, semblaient se bouder l’un l’autre. L’arrivée de Christophe fit diversion. Ils se rapprochèrent pour examiner le nouveau venu. Christophe, abandonné par la dame, restait planté dans une allée, sans oser lever les yeux. Les deux autres, immobiles à quelques pas, le regardaient des pieds à la tête, se poussaient du coude, et ricanaient. Enfin, ils se décidèrent. Ils lui demandèrent qui il était, d’où il venait, et ce que faisait son père. Christophe ne répondit rien, pétrifié: il était intimidé jusqu’aux larmes, surtout par la petite fille, qui avait des nattes blondes, une jupe courte, et les jambes nues.

Ils se mirent à jouer. Comme Christophe commençait à se rassurer un peu, le petit bourgeois tomba en arrêt devant lui, et touchant son habit, il dit:

– Tiens, c’est à moi!

Christophe ne comprenait pas. Indigné de cette prétention que son habit fût à un autre, il secoua la tête avec énergie, pour nier.

– Je le reconnais bien peut-être! fit le petit; c’est mon vieux veston bleu: il y a une tache là.

Et il y mit le doigt. Puis, continuant son inspection, il examina les pieds de Christophe, et lui demanda avec quoi étaient faits les bouts de ses souliers rapiécés. Christophe devint cramoisi. La fillette fit la moue et souffla à son frère – Christophe l’entendit, – que c’était un petit pauvre. Christophe en retrouva la parole. Il crut combattre victorieusement cette opinion injurieuse, en bredouillant d’une voix étranglée qu’il était le fils de Melchior Krafft, et que sa mère était Louisa, la cuisinière. Il lui semblait que ce titre était aussi beau que quelque autre que ce fût; et il avait bien raison. Mais les deux autres petits, que d’ailleurs la nouvelle intéressa, ne parurent pas l’en considérer davantage. Ils prirent au contraire un ton de protection. Ils lui demandèrent ce qu’il ferait plus tard, s’il serait aussi cuisinier ou cocher. Christophe retomba dans son mutisme. Il sentait comme une glace qui lui pénétrait le cœur.

Enhardis par son silence, les deux petits riches, qui avaient pris brusquement pour le petit pauvre une de ces antipathies d’enfant, cruelles et sans raison, cherchèrent quelque moyen amusant de le tourmenter. La fillette était particulièrement acharnée. Elle remarqua que Christophe avait peine à courir, à cause de ses vêtements étroits; et elle eut l’idée raffinée de lui faire accomplir des sauts d’obstacle. On fit une barrière avec de petits bancs, et on mit Christophe en demeure de la franchir. Le malheureux garçon n’osa dire ce qui l’empêchait de sauter; il rassembla ses forces, se lança, et s’allongea par terre. Autour de lui, c’étaient des éclats de rire. Il fallut recommencer. Les larmes aux yeux, il fit un effort désespéré, et, cette fois, réussit à sauter. Cela ne satisfit point ses bourreaux, qui décidèrent que la barrière n’était pas assez haute; et ils y ajoutèrent d’autres constructions, jusqu’à ce qu’elle devînt un casse-cou. Christophe essaya de se révolter; il déclara qu’il ne sauterait pas. Alors la petite fille l’appela lâche et dit qu’il avait peur. Christophe ne put le supporter; et, certain de tomber, il sauta, et tomba. Ses pieds se prirent dans l’obstacle: tout s’écroula avec lui. Il s’écorcha les mains, faillit se casser la tête; et, pour comble de malheur, son vêtement éclata aux genoux, et ailleurs. Il était malade de honte; il entendait les deux enfants danser de joie autour de lui; il souffrait d’une façon atroce. Il sentait qu’ils le méprisaient, qu’ils le haïssaient… pourquoi? pourquoi? Il aurait voulu mourir! – Pas de douleur plus cruelle que celle de l’enfant qui découvre pour la première fois la méchanceté des autres: il se croit persécuté par le monde entier, et il n’a rien qui le soutienne: il n’y a plus rien, il n’y a plus rien!… Christophe essaya de se relever; le petit bourgeois le poussa et le fit retomber; la fillette lui donna des coups de pied. Il essaya de nouveau; ils se jetèrent sur lui tous deux, s’asseyant sur son dos, lui appuyant la figure contre terre. Alors une rage le prit: c’était trop de malheurs! Ses mains qui le brûlaient, son bel habit déchiré – une catastrophe pour lui! – la honte, le chagrin, la révolte contre l’injustice, tant de misères à la fois se fondirent en une fureur folle. Il s’arc-bouta sur ses genoux et ses mains, se secoua comme un chien, fit rouler ses persécuteurs; et, comme ils revenaient à la charge, il fonça la tête baissée sur eux, gifla la petite fille, et jeta d’un coup de poing le garçon au milieu d’une plate-bande.

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