Romain Rolland - Jean-Christophe Tome I
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Ô délicieux souvenirs, bienfaisantes images, qui bourdonneront, comme un vol harmonieux, pendant toute la vie!… Les voyages qu’on fait plus tard, les grandes villes, les mers mouvantes, les paysages de rêves, les figures aimées, ne se gravent pas dans l’âme avec la justesse infaillible de ces promenades d’enfance, ou du simple coin de jardin tous les jours entrevu par la fenêtre, à travers la buée de vapeur que fait sur la vitre la petite bouche collée de l’enfant désœuvré…
Maintenant, c’est le soir dans la maison close. La maison… le refuge contre tout ce qui est effrayant: l’ombre, la nuit, la peur, les choses inconnues. Rien d’ennemi ne saurait passer le seuil… Le feu flambe. Une oie dorée tourne mollement à la broche. Une délicieuse odeur de graisse et de chair croustillante embaume la chambre. Joie de manger, bonheur incomparable, enthousiasme religieux, trépignements de joie! Le corps s’engourdit de la douce chaleur, des fatigues du jour, du bruit des voix familières. La digestion le plonge en une extase, où les figures, les ombres, l’abat-jour de la lampe, les langues de flammes qui dansent avec une pluie d’étoiles dans la cheminée noire, tout prend une apparence réjouissante et magique. Christophe appuie sa joue sur son assiette pour mieux jouir de tout ce bonheur…
Il est dans son lit tiède. Comment y est-il venu? La bonne fatigue l’écrase. Le bourdonnement des voix dans la chambre et des images de la journée se mêle dans son cerveau. Le père prend son violon; les sons aigus et doux se plaignent dans la nuit. Mais le suprême bonheur est lorsque maman vient, qu’elle prend la main de Christophe assoupi, et que, penchée sur lui, à sa demande, elle chante à mi-voix une vieille chanson, dont les mots ne veulent rien dire. Le père trouve cette musique stupide; mais Christophe ne s’en lasse pas. Il retient son souffle; il a envie de rire et de pleurer; son cœur est ivre. Il ne sait pas où il est, il déborde de tendresse; il passe ses petits bras autour du cou de sa mère et l’embrasse de toutes ses forces. Elle lui dit en riant:
– Tu veux donc m’étrangler?
Il la serre plus fort. Comme il l’aime, comme il aime tout! Toutes les personnes, toutes les choses! Tout est bon, tout est beau… Il s’endort. Le grillon crie dans l’âtre. Les récits de grand-père, les figures héroïques flottent dans la nuit heureuse… Être un héros comme eux!… Oui, il le sera!… il l’est… Ah! que c’est bon de vivre!…
Quelle surabondance de force, de joie, d’orgueil, en ce petit être! Quel trop-plein d’énergie! Son corps et son esprit sont toujours en mouvement, emportés dans une ronde qui tourne à perdre haleine. Comme une petite salamandre, il danse jour et nuit dans la flamme. Un enthousiasme que rien ne lasse, et que tout alimente. Un rêve délirant, une source jaillissante, un trésor d’inépuisable espoir, un rire, un chant, une ivresse perpétuelle. La vie ne le tient pas encore; à tout instant, il s’en échappe: il nage dans l’infini. Qu’il est heureux! qu’il est fait pour être heureux! Rien en lui qui ne croie au bonheur, qui n’y tende de toutes ses petites forces passionnées!…
La vie se chargera vite de le mettre à la raison.
II.
L’alba vinceva l’ora mattutina
Che fuggia innanzi, si che di lontano
Conobbi il tremolar della marina…
PURG. I.
Les Krafft étaient originaires d’Anvers. Le vieux Jean-Michel avait quitté le pays, à la suite de frasques de jeunesse, d’une rixe violente, comme il en avait souvent, – car il était diablement batailleur, – et qui avait eu cette fois un fâcheux dénouement. Il était venu s’établir, presque un demi-siècle avant, dans la petite ville princière, dont les toits rouges aux faites pointus et les jardins ombreux, étagés sur la pente d’une molle colline, se mirent dans les yeux vert pâle du Vater Rhein . Excellent musicien, il s’était fait promptement apprécier dans un pays où tous sont musiciens. Il y avait pris racine en épousant, à quarante ans passés, Clara Sartorius, la fille du maître de chapelle du prince, qui lui transmit sa charge. Clara était une Allemande placide qui avait deux passions: la cuisine et la musique. Elle eut pour son mari un culte qu’égalait seul celui qu’elle avait pour son père. Jean-Michel n’admirait pas moins sa femme. Ils avaient vécu en parfait accord, pendant quinze ans; et ils avaient eu quatre enfants. Puis Clara était morte; et Jean-Michel, après l’avoir beaucoup pleurée, avait épousé cinq mois plus tard Ottilie Schutz, une fille de vingt ans, aux joues rouges, robuste et rieuse. Ottilie avait juste autant de qualités que Clara, et Jean-Michel l’avait aimée juste autant. Après huit ans de mariage, elle mourut à son tour, non sans avoir eu le temps de lui faire sept enfants. Au total, onze enfants, dont un seul avait survécu. Bien qu’il les aimât fort, tant de coups répétés n’avaient pas altéré sa solide bonne humeur. L’épreuve la plus rude avait été la mort d’Ottilie, il y avait trois ans maintenant, à un âge où il est malaisé de se rebâtir une vie et de fonder un nouveau foyer. Mais après un moment de désarroi, le vieux Jean-Michel avait repris son équilibre moral, qu’aucun malheur n’était capable de lui faire perdre.
C’était un homme affectueux; mais la santé chez lui était plus forte que tout. Il avait une répulsion physique pour la tristesse, et un besoin de grosse gaieté à la flamande, un rire énorme et enfantin. Quelque chagrin qu’il eût, il n’en buvait pas une rasade de moins, ni n’en perdait un coup de dent à table; et la musique ne chômait jamais. Sous sa direction, l’orchestre de la Cour acquit une petite célébrité dans les pays rhénans, où Jean-Michel était devenu légendaire par sa stature athlétique et par ses accès de colère. Il ne pouvait se maîtriser malgré tous ses efforts: car cet homme violent était au fond timide et craignait de se compromettre; il aimait le décorum et redoutait l’opinion. Mais son sang l’emportait: il voyait rouge; et il était pris brusquement par des impatiences folles, non seulement aux répétitions de l’orchestre, mais en plein concert, où il lui était arrivé, devant le prince, de jeter son bâton avec rage et de trépigner comme un possédé, en apostrophant un de ses musiciens, d’une voix furieuse et bredouillante. Le prince s’en amusait; mais les artistes mis en cause lui gardaient rancune. En vain, Jean-Michel, honteux de son incartade, s’évertuait, l’instant d’après, à la faire oublier par une obséquiosité exagérée: à la première occasion, il éclatait de plus belle; et cette extrême irritabilité, augmentant avec l’âge, finit par rendre sa position difficile. Il le sentit lui-même; et, un jour qu’une de ses crises de colère avait failli amener une grève de l’orchestre, il offrit sa démission. Il espérait qu’après ses services, on ferait des difficultés pour l’accepter, qu’on le supplierait de rester: il n’en fut rien, et comme il était trop fier pour revenir sur son offre, il partit, navré, accusant l’ingratitude des hommes.
Depuis ce temps, il ne savait comment remplir ses journées. Il avait soixante-dix ans passés; mais il était vigoureux encore; il continuait de travailler et de courir par la ville, du matin au soir, donnant des leçons, discutant, pérorant, se mêlant de tout. Il était ingénieux et cherchait tous les moyens de s’occuper: il se mit à réparer les instruments de musique; il imaginait, essayait, trouvait parfois des perfectionnements. Il composait aussi, il s’évertuait à composer. Il avait écrit jadis une Missa solemnis , dont il parlait souvent, et qui était la gloire de la famille. Elle lui avait demandé tant de peine qu’il avait failli avoir une congestion en l’écrivant. Il tâchait de se persuader que c’était une œuvre de génie; mais il savait très bien dans quel néant de pensée il l’avait écrite; et il n’osait plus revoir le manuscrit, parce qu’à chaque fois il reconnaissait dans les phrases qu’il croyait siennes des lambeaux d’autres auteurs, péniblement mis bout à bout, à coup de volonté. Ce lui était une grande tristesse. Il lui venait parfois des idées qu’il trouvait admirables. Il courait à sa table, avec un frémissement: tenait-il enfin l’inspiration, cette fois? – Mais à peine avait-il la plume en main, qu’il se retrouvait seul, dans le silence; et tous ses efforts pour ranimer les voix disparues n’aboutissaient qu’à lui faire entendre des mélodies connues de Mendelssohn ou de Brahms.
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