Romain Rolland - Jean-Christophe Tome I
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Il inventait d’attacher une vieille ficelle à son bâton magique, et il la jetait gravement dans le fleuve, attendant que le poisson vînt mordre. Il savait bien que les poissons n’ont pas coutume de manger une ficelle sans appât ni hameçon; mais il pensait que pour une fois, et pour lui, ils pourraient faire une exception; et il en vint, dans son inépuisable confiance, jusqu’à pêcher dans la rue avec un fouet, à travers la fente d’une plaque d’égout. Il retirait son fouet de temps en temps, très ému, s’imaginant que la corde était plus lourde cette fois, et qu’il allait ramener un trésor, ainsi que dans une histoire contée par grand-père…
Au milieu de ces jeux, il avait des instants de rêvasserie étrange et de complet oubli. Tout ce qui l’entourait s’effaçait, il ne savait plus ce qu’il faisait, il ne se souvenait même plus de lui-même. Cela le prenait à l’improviste. En marchant, en montant l’escalier, un vide soudain s’ouvrait… Il semblait qu’il ne pensât plus à rien. Quand il revenait à lui, il avait un étourdissement, en se retrouvant à la même place, dans l’obscur escalier. C’était comme s’il avait vécu toute une vie, – l’espace de quelques marches.
Grand-père le prenait souvent avec lui, dans ses promenades du soir. Le petit trottinait à ses côtés, en lui donnant la main. Ils allaient par les chemins, au travers des champs labourés, qui sentaient bon et fort. Les grillons crépitaient. Des corneilles énormes, posées de profil en travers de la route, les regardaient venir de loin et s’envolaient lourdement à leur approche.
Grand-père toussotait. Christophe savait bien ce que cela voulait dire. Le vieux brûlait d’envie de raconter une histoire; mais il voulait que l’enfant la lui demandât. Christophe n’y manquait pas. Ils s’entendaient ensemble. Le vieux avait une immense affection pour son petit-fils; et ce lui était une joie de trouver en lui un public complaisant. Il aimait à conter des épisodes de sa vie, ou l’histoire des grands hommes antiques et modernes. Sa voix devenait alors emphatique et émue; elle tremblait d’un plaisir enfantin, qu’il tâchait de refouler. On sentait qu’il s’écoutait avec ravissement. Par malheur, les mots lui manquaient, au moment de parler. C’était un désappointement qui lui était coutumier: car il se renouvelait aussi souvent que ses élans d’éloquence. Et comme il l’oubliait après chaque tentative, il ne parvenait pas à en prendre son parti.
Il parlait de Régulus, d’Arminius, des chasseurs de Lützow, de Kœrner et de Frédéric Stabs, celui qui voulait tuer l’empereur Napoléon. Sa figure rayonnait, en rapportant des traits d’héroïsme inouïs. Il disait des mots historiques, d’un ton si solennel qu’il devenait impossible de les comprendre; et il croyait d’un grand art de faire languir l’auditoire aux moments palpitants: il s’arrêtait, feignait de s’étrangler, se mouchait bruyamment; et son cœur jubilait, quand le petit demandait, d’une voix étranglée d’impatience: «Et puis, grand-père?»
Un jour vint, quand Christophe fut plus grand, où il saisit le procédé de grand-père; et il s’appliqua alors méchamment à prendre un air indifférent à la suite de l’histoire: ce qui peinait le pauvre vieux. – Mais pour l’instant, il est tout livré au pouvoir du conteur. Son sang battait plus fort aux passages dramatiques. Il ne savait pas trop de qui il s’agissait, ni où, ni quand ces exploits se passaient, si grand-père connaissait Arminius, et si Régulus n’était pas, – Dieu sait pourquoi? – quelqu’un qu’il avait vu à l’église, dimanche passé. Mais son cœur et celui du vieux se dilataient d’orgueil au récit des actes héroïques, comme si c’étaient eux-mêmes qui les avaient accomplis: car le vieux et l’enfant étaient aussi enfants l’un que l’autre.
Christophe était moins heureux, quand grand-père plaçait au moment pathétique un de ses discours rentrés qui lui tenaient à cœur. C’étaient des considérations morales, pouvant se ramener d’ordinaire à une pensée honnête, mais un peu connue, telle que: «Mieux vaut douceur que violence», – ou: «L’honneur est plus cher que la vie», – ou: «Il vaut mieux être bon que méchant»; – seulement, elles étaient beaucoup plus embrouillées. Grand-père ne redoutait pas la critique de son jeune public, et il s’abandonnait à son emphase ordinaire; il ne craignait pas de répéter les mêmes termes, de ne pas finir les phrases, ou même, quand il était perdu au milieu de son discours, de dire tout ce qui lui passait par la tête, pour boucher les trous de sa pensée; et il ponctuait ses mots, afin de leur donner plus de force, par des gestes à contresens. Le petit écoutait avec un profond respect; et il pensait que grand-père était très éloquent, mais un peu ennuyeux.
Ils aimaient l’un et l’autre à revenir souvent sur la légende fabuleuse de ce conquérant corse qui avait pris l’Europe. Grand-père l’avait connu. Il avait failli se battre contre lui. Mais il savait reconnaître la grandeur de ses adversaires; il l’avait dit vingt fois: il eût donné un de ses bras, pour qu’un tel homme fût né de ce côté du Rhin. Le sort l’avait voulu autrement: il l’admirait, et il l’avait combattu, – c’est-à-dire qu’il avait été sur le point de le combattre. Mais comme Napoléon n’était plus qu’à dix lieues, et qu’ils marchaient à sa rencontre, une subite panique avait dispersé la petite troupe dans une forêt, et chacun s’était enfui en criant: «Nous sommes trahis!» En vain, racontait grand-père, avait-il tâché de rallier les fuyards; il s’était jeté devant eux, menaçant et pleurant; il avait été entraîné par leur flot, et il s’était retrouvé le lendemain à une distance surprenante du champ de bataille: – c’est ainsi qu’il appelait le lieu de déroute. – Mais Christophe le rappelait impatiemment aux exploits du héros; et il était dans l’extase de ces chevauchées merveilleuses par le monde. Il le voyait suivi de peuples innombrables, qui poussaient des cris d’amour, et qu’un geste de lui lançait en tourbillons sur les ennemis toujours en fuite. C’était un conte de fées. Grand-père y ajoutait un peu, pour embellir l’histoire; il conquérait l’Espagne, et presque l’Angleterre, qu’il ne pouvait souffrir.
Il arrivait que le vieux Krafft entremêlât ses récits enthousiastes d’apostrophes indignées à l’adresse de son héros. Le patriote se réveillait en lui, et peut-être davantage au moment des défaites de l’Empereur que de la bataille d’Iéna. Il s’interrompait pour montrer le poing au fleuve, cracher avec mépris, et proférer des injures nobles, – il ne s’abaissait pas aux autres. – Il l’appelait: scélérat, bête féroce, homme sans moralité. Et si ce langage avait pour objet de rétablir dans l’esprit de l’enfant le sens de la justice, il faut avouer qu’il manquait son but; car la logique enfantine risquait fort de conclure: «Si un grand homme comme celui-là n’avait pas de moralité, c’est donc que la moralité n’est pas grand’chose, et que la première affaire, c’est d’être un grand homme.» Mais le vieux était loin de se douter des pensées qui trottinaient à ses côtés.
Ils se taisaient tous deux, ruminant, chacun à sa façon, ces histoires admirables; – à moins que, sur le chemin, grand-père ne rencontrât un de ses nobles clients, faisant une promenade. Il s’arrêtait alors indéfiniment, saluait très bas, et prodiguait les formules d’obséquieuse politesse. L’enfant en rougissait, sans comprendre pourquoi. Mais grand-père avait au fond du cœur le respect des puissances établies, des personnes «arrivées»; et il était possible qu’il n’aimât tant les héros dont il contait l’histoire, que parce qu’il voyait en eux des gens mieux arrivés, et plus haut que les autres.
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