René Bazin - Le Mariage de Mademoiselle Gimel, Dactylographe

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Le Mariage de Mademoiselle Gimel, Dactylographe: краткое содержание, описание и аннотация

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» – Je vous remercie; je suis bien content.

»Moi, alors, je les lui ai données toutes les deux. Et j'ai ri un peu plus doucement, en répondant:

» – Voulez-vous que nous nous promenions?

»Les trois petites bonnes nous considéraient avec un si vif intérêt, que j'aurais voulu me promener de l'autre côté de la balustrade, en bas, sur la place, et que j'ai esquissé une conversion à gauche. Mais il s'y est opposé, oh! gentiment, mais très nettement:

» – Tout droit, si vous voulez bien.

»Nous avons passé devant le banc, au milieu des gosses. Il m'a dit, tout de suite après, me regardant de nouveau:

» – Mademoiselle, vous riez bien volontiers.

» – Oh! monsieur, c'est impossible à cacher…

» – Je l'avais remarqué déjà, et je vais vous paraître bien singulier: je ne ris de presque rien.

» – Moi, de presque tout.

» – Cependant, vous ne ririez pas, j'espère, si quelqu'un vous disait qu'il vous aime?

»J'étais ravie de ce mot-là, reconnaissante; mais je ne sais quel stupide esprit d'indépendance et de taquinerie, quelque chose qui n'est pas moi, a prévalu sur ce qui est moi; j'ai tourné la tête vers le lointain de l'île, les quais, et une mouche qui remontait la Seine.

» – Ça dépend qui?

» – Si c'était moi?

»Je me suis arrêtée, je lui ai planté dans les yeux mon petit regard décidé, qui ricanait encore, méchamment; j'ai vu qu'il était à moitié blessé, et j'ai continué, comme pour l'achever:

» – Ma foi, monsieur, nous ne nous connaissons guère.

» – En effet, mademoiselle, vous ne me connaissez pas. Je me suis permis de vous demander de venir, précisément pour vous expliquer…

» – Et peut-être aussi pour savoir qui je suis?

» – Ce que vous voudrez bien me dire de vous me fera plaisir, mais m'apprendra peu de chose.

» – Ah! vraiment?

» – Je vous connais, moi.

» – Par madame Mauléon, alors?

» – Un peu, mais surtout par vous-même: je vous ai regardée pendant onze déjeuners.

» – C'est tout au plus un signalement, ce que vous avez; mais, se connaître, c'est plus long.

» – Vous vous trompez: un regard suffit.

»Il disait cela avec tant de passion, tout au bout de la terrasse, près du pont Solférino, que j'ai eu envie de le remercier. Mais, comme j'ai honte des démonstrations, et que je trouve cela faible, j'ai eu l'air incrédule.

» – Un regard pareil, personne ne l'a eu de moi.

» – Vous voyez bien que je vous connais, mademoiselle; j'en étais persuadé. Vous n'avez encore aimé personne.

»Eh bien! il est tout à fait gentil, M. Louis Morand! J'avais beau lui répondre en plaisantant, et peu de mots, quand il aurait tant voulu m'entendre, il ne se lassait pas d'être aimable, de me trouver bien, et de me le dire. Nous arpentions la terrasse, comme disent les poètes, dans la gloire du couchant. Plus de bonnes à l'étage, plus d'enfants; rien que des passants, au-dessous de la terrasse, qui allaient dîner. Je sentais que maman devait s'inquiéter, aller à la fenêtre, répéter:

» – Cette chérie ne rentre pas! Où est Evelyne? Six heures et demie, six heures trente-cinq, même!

»Il racontait sa vie. Il se faisait très simple, très modeste, – un peu, probablement, pour se rapprocher de moi, – et je ne le trouvais cependant pas familier, ce qui me touchait infiniment. Le respect, dans notre monde, c'est presque un rêve. Je n'avais pas l'air de m'étonner de cette politesse parfaite dont il me donnait la preuve; mais je levais moins souvent les yeux de son côté, et j'évitais de le faire quand il s'excusait de ne pas être riche, de ne pas pouvoir me donner, si j'acceptais de devenir sa femme, le luxe qu'il aurait voulu (ce sont ses mots) «mettre à mes pieds». Si nos yeux s'étaient rencontrés, il aurait vu trop clair dans les miens. Il me racontait qu'il est né dans le département de l'Ain, dans un joli endroit qui se nomme Linot, celui qu'il me montrait, sur la carte postale. Il a perdu son père, qui était conducteur des ponts et chaussées. Et, comme j'avais l'air de trouver ce titre-là très beau, sans savoir ce que c'est, il m'a tout de suite expliqué que je me trompais; il s'y est, je puis le dire, acharné, ne sachant comment me persuader qu'il était de famille très modeste. Vraiment, ce M. Morand ne ressemble à aucun des jeunes hommes que j'ai connus jusqu'ici: il ne se flatte pas du tout, il a peur qu'on ne le croie meilleur qu'il n'est, ou plus riche.

« – Nous sommes presque pauvres, disait-il, ou, plutôt, moi, je puis vivre, à condition que maman se gêne un peu: ma solde ne me suffit pas. Maman la complète. Elle est admirable. Si vous me faites l'honneur de m'écouter…

» – Mais je ne fais pas autre chose!

» – Alors, si vous me faites l'honneur de m'aimer, – ah! comme il prononçait ce mot-là, arrêté, la tête près de la mienne, et cherchant mes yeux qui regardaient au loin, obstinément, méchamment, vers l'Arc de Triomphe! – si vous me faites l'honneur de m'aimer, je veux que vous sachiez bien que ce n'est pas la fortune que vous épouserez. L'armée n'enrichit pas.

» – La dactylographie non plus.

»Nous nous mîmes à rire tous deux ensemble, longuement, sans nous parler, lui me regardant, moi les yeux dans le vague, mais nos deux cœurs si près l'un de l'autre, et si contents, que je ne bougeais pas, pour que cela ne finît pas. Un gros ramier, qui allait se coucher, passa, à me décoiffer, devant nous, et rompit le charme. J'eus un peu honte de ma faiblesse, je demandai:

» – Vous ne m'en voulez pas, monsieur, si je suis prudente. C'est une qualité que la vie d'employée donnerait à celles mêmes qui ne l'auraient pas naturellement. Vous pouvez choisir une jeune fille qui vous apporterait la fortune. Pourquoi une employée? Pourquoi moi?

»Nous avions repris la promenade, et, jusqu'à la place de la Concorde, il me fit sa réponse. Je l'avais peiné. Il fut ardent, rude, passionné, un peu peuple, – j'aime ça, – dans sa façon d'accuser le coup. Il me dit qu'il s'était juré de n'épouser qu'une femme qui ne rougît pas de la modeste famille des Morand, qu'une femme brave, habituée au travail, ingénieuse à vaincre la vie, et, en même temps, jolie, distinguée, pour qu'elle pût faire quelques visites, – les réglementaires, – vive d'esprit, pas embarrassée…

» – C'est donc bien vous que je cherchais, mademoiselle. A présent, si je ne dois pas vous plaire, je préfère le savoir tout de suite; ma demande ou ma personne vous paraît peut-être ridicule… Dites-le-moi.

»J'étais troublée, je ne riais plus. J'ai répondu:

» – Je ne peux pas vous juger en si peu de temps!

» – Est-ce que je vous le demande, mademoiselle?

» – Mais oui!

» – Pas du tout; je demande à vous revoir.

» – Alors, nous sommes d'accord. Voulez-vous venir, demain, chez ma mère? Il faut qu'elle soit avertie.

» – Non!

» – Je ne peux cependant pas…

» – Si, vous pouvez retarder… Je vous supplie de revenir ici, demain, de me connaître avant de consulter une autre personne, fût-ce votre mère. C'est beaucoup vous demander?

»Je l'ai considéré, un moment, de tous mes yeux, de tout mon cœur, de toute ma bonne foi inquiète, et j'ai trouvé, au fond de ce regard, tant de décision, de loyauté et d'amour, que je n'ai plus hésité.

» – Oui, monsieur, c'est beaucoup me demander. Elle est digne de tout savoir. Mais je veux bien. Je ne parlerai pas. Je reviendrai. A demain!

»Je lui ai tendu la main, sérieusement. J'ai cru qu'il allait la baiser. Il l'a serrée légèrement, respectueusement, et je suis partie.

»Je ne sais pas comment j'ai pu avoir encore la présence d'esprit de bien marcher, en descendant la rampe, en traversant la place. Je devinais son âme. J'étais enveloppée dans sa pensée qu'il avait jetée sur moi. Et j'avais envie d'écarter les mailles avec la main. Je ne me suis pas détournée une seule fois. Mais je suis sûre qu'il est resté là, au coin, à côté de l'escalier qui sert d'entrée pendant l'Exposition canine, jusqu'à ce que j'eusse disparu par la rue Royale…

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