Joseph Conrad - Le Frère-De-La-Côte
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Peyrol qui avait vu des combats, des massacres sur terre et sur mer, des villes prises d’assaut par de sauvages guerriers, qui avait tué des hommes pour attaquer ou se défendre, fut d’abord frappé de mutisme par cette simple question, puis se sentit enclin à parler avec amertume.
«Non! J’ai entendu des hommes se vanter de l’avoir fait. C’étaient pour la plupart des hâbleurs au cœur de poltron. Mais qu’est-ce que tout cela peut bien vous faire?»
Elle ne l’écoutait pas; du bout de ses dents blanches, elle mordait sa lèvre inférieure et ses yeux ne cessaient d’aller et de venir. Peyrol, soudain, se rappela le sans-culotte, le buveur de sang. Son mari. Était-ce possible?… Oui, c’était bien possible. Il n’en savait rien. Il eut le sentiment d’être d’une ignorance absolue. Quant à arrêter le regard de cette femme, autant aurait valu essayer d’attraper avec les mains un oiseau de mer sauvage. Elle avait d’ailleurs vraiment l’air d’un oiseau de mer, insaisissable. Mais Peyrol avait appris à être patient, de cette patience qui est souvent une forme de courage. Il était connu pour cela. Cela l’avait servi plus d’une fois dans des situations dangereuses. Une fois même cela lui avait carrément sauvé la vie. Rien que de la patience. Il pouvait bien attendre maintenant. Il attendit. Et soudain, comme si cette patience l’eût apprivoisée, cette étrange créature abaissa ses paupières, s’avança tout contre lui et se mit à tripoter le revers de sa veste,… d’un geste qu’aurait pu faire un enfant. La surprise suffoqua presque Peyrol, mais il demeura parfaitement immobile. Il était enclin à retenir sa respiration. Il ressentait une émotion douce et indéfinissable: et comme les paupières de la femme restaient baissées, au point que ses cils noirs étaient posés comme une ombre sur ses joues pâles, il n’eut même pas besoin de se contraindre à sourire. Le premier moment d’étonnement passé, il n’éprouva même plus de surprise. C’était ce que ce geste avait eu de soudain, et non pas la nature de l’action même, qui l’avait étonné.
«Oui. Vous pouvez séjourner ici. Je pense que nous serons bons amis. Je vous parlerai de la Révolution.»
À ces mots, Peyrol, cet homme habitué aux actions violentes, sentit comme un souffle glacé lui passer sur la nuque.
«À quoi bon! fit-il.
– Il le faut», lui dit-elle, et, s’écartant de lui promptement, sans lever les yeux, elle tourna les talons et disparut en un moment, d’un pas si léger qu’on aurait dit que ses pieds n’avaient pas même touché le sol.
Peyrol, les yeux fixés sur la porte de la cuisine, aperçut au bout d’un moment la tête d’une femme d’un certain âge, aux joues brunes et maigres, nouée dans un mouchoir multicolore, et qui le regardait craintivement.
«Une bouteille de vin, s’il vous plaît», cria-t-il à cette tête.
III
L’affectation commune aux marins de ne s’étonner de rien de ce que peut offrir la mer ou la terre était devenue chez Peyrol une seconde nature. Ayant appris, dès l’enfance, à réprimer tout signe d’étonnement en présence de tous les spectacles ou événements extraordinaires, de tous les gens singuliers, de toutes les coutumes singulières, ou des plus redoutables phénomènes de la nature (manifestés par la violence des volcans, par exemple, ou la furie des êtres humains), il était vraiment devenu indifférent, ou peut-être seulement tout à fait inexpressif. Il avait tant vu de bizarreries et d’atrocités, avait entendu tant d’histoires stupéfiantes, qu’en face d’une nouvelle aventure sa réaction mentale habituelle était généralement formulée par ces mots: «J’en ai vu bien d’autres.» La dernière fois qu’il avait éprouvé une sorte de terreur panique du surnaturel, ç’avait été en voyant mourir, sous un tas de haillons, cette femme farouche et décharnée qu’était sa mère: et la dernière chose qui, à l’âge de douze ans, l’avait presque anéanti par une sorte d’épouvante, ç’avait été le tumulte déchaîné et la multitude de la foule sur les quais de Marseille, une chose absolument inconcevable qui l’avait fait chercher refuge derrière une pile de sacs de blé, après qu’on l’eut chassé de la tartane. Il était resté là à trembler, jusqu’au moment où un homme, avec un tricorne et un sabre au côté (l’enfant n’avait jamais vu de sa vie ni chapeau ni sabre pareils) le saisit par le bras juste au-dessous de l’épaule et l’extirpa de là; un homme qui aurait pu être un ogre (mais Peyrol n’avait jamais entendu parler d’un ogre) et qui, en tout cas, était dans son genre plus effrayant et plus étonnant que tout ce qu’il aurait pu imaginer, s’il avait eu alors la moindre faculté d’imagination. Il y avait assurément dans tout cela de quoi vous faire mourir de frayeur, mais cette possibilité ne lui vint pas un instant à l’esprit. Il ne devint pas fou non plus: comme il n’était qu’un enfant, il s’adapta simplement, par une acceptation passive, à des conditions de vie nouvelles et inexplicables, et ce fut l’affaire de vingt-quatre heures à peu près. Après cette initiation, le reste de son existence, depuis les poissons volants jusqu’aux baleines, puis aux nègres et aux récifs de corail, aux ponts ruisselants de sang et à la torture par la soif dans des embarcations découvertes, avait été relativement simple. À l’époque où il entendit parler d’une révolution en France et de certains immortels principes qui causaient la mort de quantité de gens – ce qu’il apprit de la bouche de marins et de voyageurs, et par des gazettes venues d’Europe et vieilles d’un an -, il était déjà en état d’apprécier à sa manière personnelle l’histoire contemporaine. Une mutinerie où l’on jette les officiers par-dessus bord. Il avait déjà vu pareille chose à deux reprises, en se trouvant tour à tour dans l’un et l’autre camp. Mais dans ce bouleversement-là, il ne choisit pas son camp. C’était une affaire trop lointaine, trop vaste, et trop confuse aussi. Il avait toutefois appris le jargon révolutionnaire assez rapidement et l’employait à l’occasion, avec un secret mépris. Tout ce qu’il avait enduré, depuis un amour insensé pour une petite Jaune jusqu’à la trahison d’un ami intime, un camarade de bord (et Peyrol s’avouait à lui-même qu’il ne pouvait encore s’expliquer ni l’une ni l’autre de ces aventures), sans compter les nuances diverses de son expérience des hommes et des passions dans l’entre-temps, tout cela avait mis un rien de mépris universel – sédatif prodigieux – dans l’étrange mixture qu’on pouvait appeler l’âme de Peyrol à son retour au pays.
Aussi non seulement ne manifesta-t-il aucune surprise, mais encore n’en éprouva-t-il aucune quand il aperçut l’homme qui était devenu, par le mariage, le maître de la ferme d’Escampobar [20]. Peyrol, assis dans cette salle vide, une bouteille de vin devant lui, portait le verre à ses lèvres quand il vit entrer l’homme, l’ex-orateur des sections, le meneur des foules en bonnets rouges, chasseur des ci-devant [21]et des prêtres, fournisseur de la guillotine, bref un buveur de sang. Et le citoyen Peyrol qui n’avait jamais été à moins de six mille milles, à vol d’oiseau, des réalités de la Révolution, posa son verre et de sa voix grave et placide prononça ce seul mot: «Salut!»
L’autre répondit par un «Salut» beaucoup plus hésitant, en regardant fixement cet étranger dont on venait de lui parler. Ses yeux doux en amande étaient remarquablement brillants, comme l’était dans une certaine mesure la peau qui couvrait ses pommettes hautes et rondes, rouges comme dans un masque, où tout le reste n’était qu’une masse de poils châtain coupés court et qui poussaient si dru autour des lèvres qu’ils cachaient entièrement le dessin d’une bouche, laquelle, pour autant que le sût le citoyen Peyrol, avait peut-être un caractère de férocité absolue. Le front ravagé et le nez droit indiquaient une certaine austérité, comme il convient à un ardent patriote. Il tenait à la main un long couteau luisant qu’il posa aussitôt sur l’une des tables. Il ne semblait pas avoir plus de trente ans; il était bien bâti, et de taille moyenne; mais toute son allure trahissait un manque de résolution. La forme de ses épaules donnait l’impression d’une sorte de désillusion. C’était là un effet assez subtil, mais qui n’échappa point à Peyrol tandis qu’il expliquait son cas et achevait son récit en déclarant qu’il était marin de la République et qu’il avait toujours fait son devoir devant l’ennemi.
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