Joseph Conrad - Le Frère-De-La-Côte
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Le buveur de sang avait écouté intensément. La haute courbure de ses sourcils lui donnait une expression d’étonnement. Il s’avança tout près de la table et se mit à parler d’une voix frémissante:
«Cela se peut. Mais vous êtes peut-être tout de même corrompu. Les marins de la République ont été dévorés par la corruption payée par l’or des tyrans. Qui l’aurait jamais dit? Ils parlaient tous comme des patriotes. Et pourtant les Anglais sont entrés dans le port et ont débarqué dans la ville sans rencontrer d’opposition. Les armées de la République les ont chassés, mais la trahison arpente nos terres, elle monte du sol, elle s’installe dans nos foyers, se tapit dans le sein des représentants du peuple, dans celui de nos pères, de nos frères. Il fut un temps où fleurissait la vertu civique, mais à présent elle doit se cacher la tête. Et je vais vous dire pourquoi: on n’a pas assez tué. C’est à croire qu’on ne pourra jamais tuer assez. C’est décourageant. Voyez où nous en sommes.»
Sa voix s’étrangla dans sa gorge comme s’il avait soudain perdu sa confiance en lui.
«Apportez un autre verre, citoyen! dit Peyrol au bout d’un moment, et buvons ensemble. Nous boirons à la confusion des traîtres. Je déteste la trahison autant que quiconque, mais…»
Il attendit que l’autre fût revenu, puis il versa le vin, et après qu’ils eurent trinqué et à demi vidé leurs verres, il posa le sien et reprit:
«Mais, voyez-vous, je n’ai rien à voir avec votre politique. J’étais à l’autre bout du monde, vous ne pouvez donc pas me soupçonner d’être un traître. Vous n’avez pas eu de merci, vous autres sans-culottes [22], pour les ennemis de la République en France, et moi j’ai tué ses ennemis à l’étranger, au loin. Vous coupiez les têtes sans beaucoup de componction…»
Fort à l’improviste, l’autre ferma les yeux un moment puis les rouvrit tout grands. «Oui, oui», approuva-t-il à voix basse. «La pitié peut être un crime.
– Oui. Et j’ai frappé les ennemis de la République à la tête, partout où je les ai trouvés devant moi, sans m’inquiéter de leur nombre. Il me semble que vous et moi, nous sommes faits pour nous entendre.»
Le maître de la ferme d’Escampobar murmura, toutefois, qu’en des temps pareils on ne pouvait rien considérer comme preuve formelle. Il incombait à tout patriote de nourrir la suspicion dans son sein. Peyrol ne laissa échapper aucun signe d’impatience. Sa maîtrise de soi et l’inaltérable bonne humeur avec laquelle il avait mené la discussion lui valurent d’avoir gain de cause. Le citoyen Scevola Bron [23](car tel se révéla être le nom du maître de la ferme), objet de crainte et d’horreur pour les autres habitants de la presqu’île de Giens, se laissa probablement influencer par le désir d’avoir quelqu’un avec qui échanger de temps à autre quelques paroles. Aucun des villageois ne se souciait de venir jusqu’à la ferme, et aucun ne risquait de le faire, à moins que ce ne fût tous en corps et animés d’intentions hostiles. Sa présence dans leur région leur inspirait une morne animosité.
«D’où venez-vous?» fut la dernière question qu’il posa.
«J’ai quitté Toulon il y a deux jours.»
Le citoyen Scevola frappa la table du poing, mais cette manifestation d’énergie fut très passagère.
«Et dire que c’est la ville dont on avait décrété qu’il ne resterait pas pierre sur pierre! s’écria-t-il d’un air abattu.
– La plus grande partie de la ville est encore debout, assura Peyrol avec calme. Je ne sais si elle méritait le sort auquel d’après vous elle fut vouée par décret. Je viens d’y passer un mois à peu près et je sais qu’on y rencontre de bons patriotes. Je le sais parce que je me suis lié d’amitié avec eux tous.» Et Peyrol cita quelques noms que le sans-culotte en retraite accueillit avec un sourire amer et un inquiétant silence, comme si les gens qui les portaient n’avaient été bons que pour l’échafaud et la guillotine.
«Venez, je vais vous montrer où vous coucherez» dit-il, en poussant un soupir, et Peyrol s’empressa de le suivre. Ils entrèrent ensemble dans la cuisine. Par la porte du fond restée ouverte, un grand carré de soleil tombait sur le dallage. Dehors une troupe de poulets s’agitaient en attendant leur pâture, tandis qu’une poule jaune, juchée [24]sur le seuil, tournait vivement la tête de droite et de gauche avec affectation. Une vieille femme tenant un bol plein de restes de nourriture le posa soudain sur une table et ouvrit de grands yeux. La grandeur et la propreté de la pièce firent sur Peyrol une impression favorable.
«Vous mangerez avec nous ici», lui dit son guide, et sans s’arrêter, il s’engagea dans un étroit couloir qui conduisait au pied d’un escalier raide. Au-dessus du premier palier, un petit escalier en spirale menait à l’étage supérieur de l’habitation, et quand le sans-culotte eut brusquement ouvert l’épaisse porte de bois qui le terminait, Peyrol se trouva dans une grande pièce mansardée qui contenait un lit à colonnes sur lequel étaient posés en tas des couvertures et des oreillers de rechange. Il y avait aussi deux chaises de bois et une grande table ovale.
«On pourrait arranger cette pièce pour vous», dit le maître, qui ajouta: «Mais je ne sais ce que va en penser la maîtresse.»
Peyrol, frappé de l’expression particulière qu’avait prise la figure de l’homme, tourna la tête et vit la jeune femme qui se tenait debout dans l’embrasure de la porte. On eût dit qu’elle était montée derrière eux en flottant dans l’air, car aucun bruit de pas, aucun froufrou, n’avait averti Peyrol de sa présence. Ses lèvres de corail et ses bandeaux de cheveux d’un noir de jais, que couvrait en partie seulement un bonnet de mousseline bordé de dentelle, faisaient brillamment ressortir le teint pur de ses joues blanches. Elle ne fit aucun signe, ne fit pas entendre un son, se comporta exactement comme s’il n’y avait eu personne dans la pièce; et Peyrol soudain détourna son regard de ce visage muet et inconscient, aux yeux vagabonds.
Toutefois, on ne sait comment, le sans-culotte avait dû s’assurer de ce qu’elle pensait, car il déclara d’un ton décisif:
«Alors, ça va.» Et il se fit un bref silence pendant lequel les noirs regards de la femme ne cessèrent de fureter tout autour de la pièce, tandis qu’un demi-sourire se dessinait sur ses lèvres, un sourire moins distrait que totalement dépourvu de raison et que Peyrol observa du coin de l’œil sans pouvoir parvenir à en comprendre le sens. Elle ne semblait pas du tout le connaître.
«Vous avez la vue sur l’eau salée de trois côtés, ici», remarqua le futur hôte de Peyrol.
La ferme était un haut bâtiment et cette grande mansarde à trois fenêtres donnait d’un côté sur la rade d’Hyères au premier plan, avec plus loin les ondulations bleuâtres de la côte jusqu’à Fréjus; de l’autre côté, on avait vue sur le vaste demi-cercle de hautes collines dénudées, que coupait l’entrée du port de Toulon gardé par ses forts et ses batteries et qui s’achevait par le cap Cépet [25], montagne trapue aux sombres replis, avec des rochers bruns à sa base et une tache blanche luisant tout en haut: c’était un ci-devant sanctuaire consacré à Notre-Dame, et ci-devant lieu de pèlerinage. L’éclatante lumière de midi semblait se fondre dans la surface semblable à une pierre précieuse d’une mer absolument parfaite dans l’invincible profondeur de sa couleur.
«On se croirait dans un phare, dit Peyrol. Assez bonne résidence pour un marin.»
La vue des voiles éparses lui réchauffa le cœur. Les terriens, leurs maisons, leurs animaux et leurs faits et gestes ne comptaient pas. Ce qui faisait pour lui la vie de tout rivage nouveau, c’étaient les bateaux qui y étaient attachés: canoës, catamarans, ballahous, praos, lorchas [26], simples pirogues ou même radeaux faits de troncs assemblés, avec un bout de natte comme voile et sur lesquels des hommes de couleur, nus, s’en allaient pêcher le long de bancs de sable blanc, accablés par un ciel tropical, au reflet sinistre, sous la menace d’une nuée d’orage tapie à l’horizon. Mais ici il ne voyait que sérénité parfaite; le rivage n’avait rien de sombre, l’éclat du soleil rien de menaçant. Le ciel reposait légèrement sur les contours distants et vaporeux des collines, et cette immobilité de toutes choses semblait en équilibre dans l’air comme un mirage joyeux. Sur cette mer sans marées, dans la Petite Passe entre Porquerolles et le cap Esterel, plusieurs tartanes étaient encalminées, et pourtant leur inertie n’était pas celle de la mort, mais celle d’un léger sommeil, l’immobilité d’un souriant enchantement, d’un beau jour en Méditerranée, sans un souffle parfois, mais jamais sans vie. Quelque enchantement que Peyrol eût connu au cours de sa vie vagabonde, il n’avait jamais été aussi étranger à toute pensée de combat et de mort, ni si chargé de sécurité souriante à la lumière de laquelle tout son passé lui apparaissait comme une succession de jours sombres et de nuits accablantes. Il eut l’impression qu’il n’aurait plus jamais envie de quitter cet endroit, comme s’il avait obscurément senti que son âme de vieux flibustier n’avait jamais cessé d’y être enracinée. Oui, c’était l’endroit fait pour lui: non pas parce que la commodité l’y contraignait, mais simplement parce que son instinct de repos avait enfin trouvé son gîte.
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