Joseph Conrad - Le Frère-De-La-Côte

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Le Frère-De-La-Côte: краткое содержание, описание и аннотация

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Ce roman d'aventures est la dernière oeuvre que Joseph Conrad conduisit à son terme. Peyrol, ancien forban, se retire sur le rivage méditerranéen, non loin de la rade de Toulon, dans une période troublée – l'action se déroule sous la Convention et le Consulat – où la paix à laquelle il aspire va lui être ravie par la force des circonstances. Sur la toile de fond mi-terrestre mi-maritime, se meuvent des personnages fortement individualisés, marqués par les événements de l'époque – rivalités politiques nationales, massacres de la Terreur, etc.

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Au matin pourtant il renonça à remettre le gilet sur lui. Avec un mélange de l’insouciance particulière aux marins et de sa vieille foi en sa chance, il se contenta d’enfoncer le précieux gilet dans le conduit de la cheminée vide. Puis il s’habilla et déjeuna. Une heure après, monté sur une mule de louage, il descendait le chemin, aussi paisible que s’il se fût agi pour lui d’explorer les mystères d’une île déserte.

Il se proposait d’atteindre l’extrémité de la presqu’île qui, avançant dans la mer comme une jetée colossale, sépare la pittoresque rade d’Hyères des caps et des anses de la côte qui forment les approches du port de Toulon. Le chemin sur lequel le pas assuré de la mule le menait (car Peyrol, après lui avoir tourné la tête dans la bonne direction, ne s’était plus soucié de la diriger) descendait rapidement vers une plaine à l’aspect aride, où scintillaient de loin les reflets des salines [18], et que bornaient des collines bleuâtres de faible hauteur. Toute trace d’habitation humaine avait bientôt disparu à son regard vagabond. Cette partie de son pays natal lui était plus étrangère que les rivages du détroit de Mozambique, les récifs de corail de l’Inde ou les forêts de Madagascar. Il lui fallut peu de temps pour atteindre la partie resserrée de la presqu’île de Giens, tout imprégnée de sel et où se voyait une lagune bleue, particulièrement bleue, plus foncée et plus calme encore que la surface de la mer dont, à droite et à gauche, elle n’était séparée que par d’étroites langues de terre qui, à certains endroits, n’avaient pas même cent mètres de largeur. On ne distinguait plus le sentier où il n’y avait plus trace d’ornières; par moments, des plaques de sel efflorescent d’une blancheur de neige brillaient entre des touffes d’herbe raide et des buissons paraissant particulièrement dépourvus de vitalité. Toute cette bande de terre était si basse qu’elle semblait n’avoir pas plus d’épaisseur qu’une feuille de papier posée sur la mer. Le citoyen Peyrol aperçut à hauteur des yeux, comme s’il les voyait d’un simple radeau, les voiles de divers bâtiments, blanches ou brunes, tandis que devant lui se dressait Porquerolles, son île natale, robuste et terne de l’autre côté d’un large ruban d’eau. La mule, qui savait plutôt mieux que Peyrol où elle allait, l’eut bientôt porté parmi les molles ondulations situées à l’extrémité de la presqu’île. Les pentes en étaient couvertes d’une herbe maigre; des murs de clôture en pierres sèches serpentaient à travers des champs, et parfois se montrait au-dessus d’eux un toit bas de tuiles rouges qu’abritait la tête délicate de quelques acacias. À un tournant du ravin apparut un village formé de quelques maisons qui, pour la plupart, bordaient le chemin de murs sans fenêtres; d’abord, il n’y vit pas âme qui vive. Trois grands platanes, à l’écorce très déguenillée et au feuillage très pauvre, formaient un bouquet dans un endroit découvert, et Peyrol aperçut avec plaisir un chien qui dormait à leur ombre. Avec beaucoup de résolution, la mule se détourna vers une auge de pierre massive placée sous la fontaine du village. Tandis que la mule buvait, Peyrol, regardant du haut de sa selle autour de lui, n’aperçut aucun indice de l’existence d’une auberge. Puis, en examinant le sol plus près de lui, il remarqua, assis sur une pierre, un homme en haillons. Il portait une large ceinture de cuir, et avait les jambes nues jusqu’aux genoux. Il regardait, figé de stupeur, cet inconnu monté sur la mule. Le teint bruni de son visage contrastait fortement avec sa tignasse grise. Sur un signe de Peyrol il ne fit aucune difficulté pour s’approcher avec empressement, mais sans modifier la fixité de son regard.

La pensée que s’il était resté au pays il eût été probablement semblable à cet homme traversa spontanément l’esprit de Peyrol. Avec cet air de gravité dont il se départait rarement il lui demanda s’il y avait d’autres habitants que lui dans le village. Alors, à la surprise de Peyrol, cet oisif indigent esquissa un sourire aimable et lui répondit que les gens étaient sortis pour s’occuper de leurs lopins de terre.

Peyrol était encore assez proche de ses origines paysannes pour répliquer que depuis des heures il n’avait aperçu ni homme, ni femme, ni enfant, ni quadrupède d’aucune sorte et qu’il n’aurait pas cru qu’il pût y avoir la moindre terre méritant qu’on s’en occupât aux alentours. Mais l’autre insista. Ma foi, ils étaient tout de même sortis pour s’en occuper: du moins ceux qui en avaient.

Au bruit des voix, le chien se leva, donnant l’étrange impression qu’il n’avait rien d’autre que l’échine; s’approchant avec une lugubre fidélité, il resta planté, le museau collé contre les mollets de son maître.

«Alors vous, dit Peyrol, vous n’avez donc pas de terre?»

L’homme prit son temps pour répondre: «J’ai un bateau.»

L’intérêt de Peyrol s’éveilla quand l’homme lui expliqua qu’il avait sa barque sur l’étang salé, cette grande nappe d’eau déserte et opaque qui s’étendait comme morte entre les deux grandes baies de la mer vivante. Peyrol s’étonna à voix haute qu’on pût trouver bon d’avoir un bateau à cet endroit.

«Il y a du poisson là-bas, répondit l’homme.

– Et ce bateau est tout ce que vous possédez ici-bas?» demanda Peyrol.

Les mouches bourdonnaient, la mule baissait la tête, agitant les oreilles et secouant languissamment sa maigre queue.

«J’ai une sorte de cabane du côté de la lagune et quelques filets», dit l’homme, passant pour ainsi dire aux aveux.

Peyrol, abaissant le regard, compléta la liste en disant: «Et aussi ce chien.»

L’homme prit de nouveau son temps pour dire: «Il me tient compagnie.»

Peyrol demeurait sérieux comme un juge. «Vous n’avez pas grand-chose pour vivre», finit-il par énoncer. «Enfin… est-ce qu’il n’y a pas une auberge, un café ou un endroit quelconque où on peut descendre pour un jour? J’ai entendu dire là-haut qu’on pouvait trouver ça par ici.

– Je vais vous l’indiquer», dit l’homme, qui retourna alors à l’endroit où il s’était assis et ramassa un grand panier vide, avant de montrer le chemin.

Le chien le suivait, tête basse, la queue entre les jambes, et derrière venait Peyrol, les jambes brinquebalant contre les flancs de l’intelligente mule qui semblait savoir d’avance tout ce qui allait arriver. Au tournant où finissaient les maisons, une vieille croix de bois était plantée dans un bloc de pierre carré. Le batelier solitaire de la lagune des Pesquiers [19]montra du doigt à Peyrol un chemin bifurquant vers l’endroit où les hauteurs qui terminaient la presqu’île s’affaissaient pour former un col peu élevé. Des pins inclinés marquaient la ligne de faîte, et dans le creux lui-même on apercevait les taches, couleur d’argent terne, d’oliveraies au-dessous d’un long mur jaune derrière lequel apparaissaient de sombres cyprès et les toits rouges de bâtiments semblant appartenir à une ferme.

«Croyez-vous qu’on pourra me loger là? demanda Peyrol.

– Je n’en sais rien. Ils ont de la place, ça, pour sûr. Il ne passe jamais de voyageurs par ici. Mais pour ce qui est d’un lieu d’hébergement, c’en était un autrefois. Vous n’avez qu’à entrer. S’il n’y est pas, la maîtresse y sera à coup sûr pour vous servir. Elle est de la maison. Elle y est née. On la connaît bien.

– Quelle sorte de femme est-ce?» demanda Peyrol, très favorablement impressionné par l’aspect de l’endroit.

«Puisque vous y allez, vous le verrez bientôt. Elle est jeune.

– Et le mari?» demanda Peyrol qui, baissant les yeux vers le regard fixe de l’autre qui levait les siens, avait surpris un léger clignement de ces yeux bruns un peu fanés. «Qu’est-ce que vous avez à me dévisager comme cela? Je n’ai pas la peau noire, je pense?»

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