Joseph Conrad - Le Frère-De-La-Côte

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Le Frère-De-La-Côte: краткое содержание, описание и аннотация

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Ce roman d'aventures est la dernière oeuvre que Joseph Conrad conduisit à son terme. Peyrol, ancien forban, se retire sur le rivage méditerranéen, non loin de la rade de Toulon, dans une période troublée – l'action se déroule sous la Convention et le Consulat – où la paix à laquelle il aspire va lui être ravie par la force des circonstances. Sur la toile de fond mi-terrestre mi-maritime, se meuvent des personnages fortement individualisés, marqués par les événements de l'époque – rivalités politiques nationales, massacres de la Terreur, etc.

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L’autre se mit à sourire, montrant dans son épaisse barbe poivre et sel une rangée de dents aussi saines que celles du citoyen Peyrol lui-même. Son attitude avait quelque chose d’embarrassé, sans être inamical, et à une phrase qu’il prononça, Peyrol découvrit que l’homme qu’il avait devant lui, ce pauvre diable solitaire, hirsute, brûlé par le soleil, les jambes nues, planté près de son étrier, nourrissait des soupçons patriotiques sur la personne à qui il avait affaire. Cela lui parut scandaleux. Il lui demanda d’un ton sévère s’il ressemblait par hasard à l’un quelconque de ces sacrés terriens et il se mit également à jurer sans rien perdre toutefois de la dignité d’expression inhérente à son genre de traits et au modelé même de sa chair.

«Sûr que vous ne ressemblez pas à un aristocrate, mais vous n’avez pas non plus l’air d’un fermier, d’un colporteur ou d’un patriote. Vous ne ressemblez à personne qu’on ait pu voir ici depuis des années et des années. Vous ressemblez à… j’ose à peine dire quoi. Vous pourriez être un prêtre.»

D’étonnement, Peyrol resta comme pétrifié sur sa mule. «Est-ce que je rêve?» se demanda-t-il mentalement? «Vous n’êtes pas fou?» dit-il à voix haute. «Est-ce que vous savez ce que vous dites? Vous n’avez pas honte?

– Tout de même», insista l’autre innocemment, «il y a bien moins de dix ans que j’en ai vu un, de ceux qu’on appelle des évêques, et qui avait une figure exactement comme la vôtre.»

Peyrol, instinctivement, se passa la main sur la figure. Qu’y avait-il de vrai là-dedans? Il ne se souvenait pas d’avoir jamais vu un évêque. L’autre n’en démordait pas, il fronça les sourcils et murmura:

«D’autres aussi… je me rappelle bien… il n’y a pas tant d’années. Il y en a qui se cachent encore dans les villages, malgré la chasse que leur ont donnée les patriotes.»

Le soleil étincelait sur les rochers, les pierres et les buissons dans le calme absolu de l’air. La mule, dédaignant avec une austérité républicaine le voisinage d’une écurie qu’on apercevait à moins de cent mètres, la tête basse et même les oreilles pendantes, s’était endormie comme si elle eût été en plein désert. Le chien, qui paraissait changé en pierre près des talons de son maître, paraissait somnoler aussi, le nez contre terre. Peyrol s’était abîmé dans une profonde méditation, et le pêcheur de la lagune attendait de voir se dissiper ses doutes, sans impatience et avec une espèce de grand sourire caché dans sa barbe touffue. La figure de Peyrol s’éclaira. Il avait trouvé la solution du problème, mais le ton de sa voix montra qu’il était un peu vexé.

«Ma foi, je n’y peux rien, dit-il. J’ai pris aux Anglais l’habitude de me raser. Je suppose que c’est à cause de ça.»

Au mot d’Anglais, le pêcheur dressa l’oreille.

«On ne peut savoir où ils sont tous partis, murmura-t-il. Il y a encore trois ans, ils fourmillaient le long de la côte sur leurs gros navires. On ne voyait qu’eux, ils se battaient sur terre tout autour de Toulon. Et puis, en l’espace d’une semaine ou deux, crac! plus personne! Disparus, le diable sait où! Mais peut-être que vous, vous le savez?

– Oh! oui, dit Peyrol, je sais tout sur les Anglais, ne vous cassez pas la tête à ce sujet.

– Je ne me fais pas de souci pour ça! C’est à vous de savoir ce qu’il vaudra mieux dire quand vous parlerez avec lui, là-haut. Je veux dire le maître de la ferme.

– Il ne peut pas être meilleur patriote que moi, malgré ma figure rasée, dit Peyrol. Ça ne peut paraître étrange qu’à un sauvage comme vous.»

Poussant un soupir inattendu, l’homme s’assit au pied de la croix et aussitôt son chien, s’éloignant un peu, alla se coucher en rond au milieu des touffes d’herbe.

«Nous sommes tous des sauvages par ici», répondit le pitoyable pêcheur de la lagune. «Mais le maître là-haut, lui, c’est un vrai patriote de la ville. Si jamais vous allez à Toulon et que vous interrogez les gens à son sujet, ils vous le diront. Il s’est d’abord occupé à pourvoir la guillotine quand on épurait la ville de tous les aristocrates. Ça, c’était avant même que les Anglais arrivent. Quand on a eu chassé les Anglais, il y a eu trop de travail de ce genre pour la guillotine. Il a fallu tuer les traîtres dans les rues, dans les caves, dans leurs lits. Il y avait des tas de cadavres d’hommes et de femmes le long des quais. Pas mal de gens comme lui, on les a appelés des buveurs de sang. Pour sûr, lui, c’était un des meilleurs. C’est moi qui vous le dis.»

Peyrol hocha la tête: «Ça fera très bien mon affaire», dit-il.

Et avant qu’il eût rassemblé les rênes et lui eût donné du talon, la mule, comme si elle n’avait attendu que ces mots, s’engagea dans le sentier.

Moins de cinq minutes après, Peyrol mettait pied à terre devant un corps de bâtiment long et bas, attenant à une maison de ferme élevée, percée de quelques fenêtres seulement et flanquée de murs de pierre qui clôturaient non seulement une cour, mais encore apparemment un ou deux champs. Une voûte d’entrée était ouverte à gauche, mais Peyrol mit pied à terre devant la porte par laquelle il pénétra dans une salle dénudée, aux murs rugueux blanchis à la chaux, avec quelques tables et chaises de bois, et qui aurait pu être un café de campagne. Il frappa du poing sur une table. Une jeune femme avec un fichu autour du cou et une robe à rayures rouges et blanches, des cheveux très noirs et la bouche rouge, parut par un passage voûté à l’intérieur.

«Bonjour, citoyenne», dit Peyrol.

Elle parut si étonnée de l’aspect inaccoutumé de l’inconnu qu’elle murmura pour toute réponse: «Bonjour»; mais un moment après, elle s’avança et prit un air d’attente. L’ovale parfait de son visage, le teint de ses joues lisses, et la blancheur de sa gorge, arrachèrent au citoyen Peyrol un léger sifflement entre ses dents serrées.

«J’ai soif, cela va sans dire, lui dit Peyrol, mais ce que je voudrais surtout savoir, c’est si je pourrais séjourner ici.»

Le bruit des sabots de la mule au-dehors fit sursauter Peyrol; mais la femme le retint.

«Elle s’en va simplement dans l’appentis. Elle connaît le chemin. Quant à ce que vous demandez, le maître sera ici dans un instant. Personne ne vient jamais ici. Combien de temps voudriez-vous séjourner?»

Le vieux flibustier la regarda attentivement.

«Pour vous dire la vérité, citoyenne, ça pourrait bien être en quelque sorte définitivement.»

Elle eut un sourire qui fit étinceler ses dents, sans que la moindre gaieté ni même un changement d’expression parût dans ses yeux agités qui ne cessaient d’aller et de venir dans la pièce vide comme si Peyrol fût entré suivi d’une foule de fantômes.

«C’est comme moi, dit-elle. J’ai vécu ici quand j’étais enfant.

– Vous êtes encore presque une enfant», dit Peyrol en l’examinant avec un sentiment qui n’était plus de la surprise ou de la curiosité mais qui semblait s’être logé au fin fond de sa poitrine.

«Êtes-vous un patriote?» demanda-t-elle, en continuant à observer dans la pièce l’invisible compagnie.

Peyrol, qui pensait «en avoir fini avec toutes ces fichues bêtises», eut un mouvement de colère et ne sut que répondre.

«Je suis français», dit-il brusquement.

On entendit une voix de femme âgée qui, par la porte intérieure ouverte, appela: «Arlette!

– Que veux-tu?» répondit-elle avec empressement.

«Il y a une mule sellée qui est entrée dans la cour.

– C’est bon. L’homme est ici.»

Ses yeux, qui s’étaient arrêtés, recommencèrent à errer tout autour de la pièce et de Peyrol lui-même, immobile. Elle fit un pas pour se rapprocher de lui et, à voix basse, sur un ton confidentiel, demanda: «Avez-vous jamais porté une tête de femme au bout d’une pique?»

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