Ferdinand Fabre - Barnabé
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– Oui, Barnabé.
– Et du papier aussi?
– Certainement.
– Nous aurons besoin de tout cela, fit-il, se passant la main droite sur le front et m’entraînant à l’ombre des arbres.
– Asseyons-nous! reprit-il.
Nous nous assîmes.
– Voyons, fillot, serais-tu assez savant pour écrire du patois sur une de tes feuilles blanches?
– J’ai copié, l’autre jour, pour mon oncle, un noël en patois, et peut-être, en m’appliquant bien…
– Oh! si tu as copié un noël, tu copieras bien ma chanson…
Je l’examinai avec surprise.
– Comment, Barnabé, lui dis-je, vous avez fait une chanson?
– Elle sera très jolie; elle aura cinq couplets… Braguibus va mettre son fifre en train…
– Et la défense de mon oncle?
– Je porte tous les respects à M. le curé des Aires, qui doit à mes soins le peu de souffle qui lui reste; mais faut-il, pour lui plaire, refuser de gagner cinq francs, peut-être dix? Ton oncle croit-il, par hasard, que les alouettes tombent rôties à l’ermitage de Saint-Michel? La famine m’aurait mis au trou depuis longues années, si j’avais dû me passer de mes industries. Le bon Dieu m’aurait-il donné des talents, ne devant pas m’en servir? Je ne gagne pas vingt sous chaque jour, moi, à dire une messe basse, et je ne connais pas la couleur des écus du gouvernement. Ton oncle parle toujours comme le riche, qui, ayant le ventre plein, dit aux personnes affamées: « Ne mangez point ceci, ne mangez point cela. » D’ailleurs, les autres ermites de la vallée se gênent-ils pour besogner chacun à sa façon? Je ne parle aucunement de ton ami Venceslas Labinowski, lequel faisait un métier de déshonneur. Mais, sauf Adon Laborie, ermite de Notre-Dame de Nize, qui pratique la règle par le menu, les Frères libres de nos Cévennes marchent-ils tous en droiture dans le chemin de saint François? Est-ce que, par exemple, Gratien Pastourel, ermite de Saint-Sauveur, ne s’amuse pas un brin à l’usure, du côté de Camplong et de Graissessac? Il prête un pois, le malin, mais il faut lui rendre une fève. Et Agricol Lambertier, ermite de Saint-Pantaléon, qui aime la terre plus que le paradis, ne va-t-il pas à la journée afin d’avoir le plaisir de gagner une pièce de dix sous et de trousser par-ci par-là les jupons aux filles de Boubals? Je passe Barthélemy Pigassou, de Saint-Raphaël. Pour celui-là, il sent la vieille futaille d’une lieue, et l’on n’a pas besoin de lui tirer les vers du nez pour savoir qu’il passe moins de temps à nettoyer sa chapelle qu’à siffler la linotte dans son cellier. Moi, dès le premier âge, de tant loin qu’il me souvienne, j’aimai toujours inventer des chansons, et j’en invente encore quand on me paie.
– Cependant, après sa maladie, vous promîtes à mon oncle…
– Je lui promis tout ce qu’il voulut. Autant lui promettre le merle blanc, pardi! Fallait-il m’exposer à perdre la soutane et Saint-Michel avec? Fallait-il ruiner Félibien et son magasin? Tu ne sais donc pas, innocent, que, si M. le curé des Aires m’a mis son habit sur les épaules et le bourdon à la main, il a le pouvoir de me déplumer de tout cela, moyennant quelques lignes qu’il écrirait à Monseigneur? Ce n’est pas très solide, notre Ordre. Me vois-tu, dépouillé de mon costume d’ermite, obligé, pour gagner pain, de redevenir ce que je fus au temps jadis, un misérable ouvrier en vannerie?.. Si quelque malheur me forçait jamais à retourner tordre les osiers, là-bas, au bord de l’Orb, j’en mourrais de honte. Songez donc, avoir été Frère de Saint-Michel; avoir dominé dans ce pays; avoir tiré un pied de nez à tous mes confrères, jaloux de mes richesses; avoir cheminé une fois jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans l’Espagne, deux fois jusqu’à Rome; avoir vu le saint-père, qui m’a parlé; et puis retomber aux corbeilles, aux paniers, à tous ces ouvrages grossiers des pauvres diables de la rivière!.. Cela n’est pas possible et cela ne sera pas.
– Alors, renoncez aux chansons!
– Tu m’ennuies, toi, à la fin des fins, pétiot, et si tu es venu ici pour me prêcher, à l’exemple de ton oncle, tu agiras sagement en reprenant le chemin de la cure. A-t-on jamais vu un blanc-bec comme cela, qui ose tourmenter un homme de mon âge, un homme qui connaît tous les pays et tous les mondes de la terre, puisqu’il a pu arriver jusqu’en Italie à travers mille villes et mille villages, à un homme…
– Ne vous fâchez pas, Barnabé. Soyez tranquille, mon oncle ne saura rien de cette chanson. Voulez-vous me la dicter? Je suis prêt à l’écrire, et vous serez content de moi.
Je possédais une plume métallique superbe dans un petit étui en argent. Je la retirai délicatement du fourreau. Barnabé sourit. Il prit lui-même l’encrier abandonné sur le gazon et en releva le couvercle.
– Ah! si je savais écrire! murmura-t-il avec un soupir douloureux… Et dire que le maître d’école des Aires me fait payer dix sous chaque fois qu’il me copie une chanson! Le voleur!
Je détachai une feuille de papier réglé de mon cahier de versions, et, ramenant mes genoux pour m’arranger une façon de pupitre, j’attendis.
IX
Au moment où je trempais le fin bout de ma plume dans l’encrier, le Frère me retint le bras.
– Voici la chose tout uniment, mon garçonnet, me dit-il. C’est le fils Garidel qui voudrait se marier à la fille de M. Combal, le maire. Cet enfant a vingt-deux ans, il est donc en force de jeunesse; mais s’il ne porte pas deux tondus et un pelé dans sa besace, il ne s’en faut guère, tandis que la fillette possède du bien au soleil, elle. Oh! ces Combal, c’est riche comme la mer. Simon Garidel fut, lui aussi, notre maire dans les temps de Charles X; malheureusement, il eut des pertes, entreprenant de grosses affaires sur les osiers, et il dut laisser l’écharpe à un autre. Pour un brave homme, c’est un brave homme, franc comme l’or et honnête comme le bon Dieu… Quel dommage que tout le saint-frusquin des Garidel ne vaille pas vingt mille francs, quand les Combal ne savent pas ce qu’ils ont!.. Tu comprends, de cette différence dans leur fortune naissent journellement des discussions entre les deux pères. Moi, je crois que si l’affaire dépendait tant seulement de M. Combal, elle serait bientôt bâclée, car il n’est pas porté sur les écus, notre maire; puis il aime Simonnet, lequel est un garçon robuste et plein de vaillance. Mais la Combale est là, et, quand il s’agit de ne point laisser s’éparpiller les sous, elle a des griffes partout, cette vieille: aux pieds, aux mains et à la langue principalement. L’autre jour, en ma présence, comme son mari revenait encore aux Garidel, ne lui a-t-elle pas jeté mille paroles insolentes au visage, l’accusant de lui manger son bien, et, pour marier Liette , de vouloir la réduire à la besace et au bâton! Ah! si ma défunte, à l’époque déjà ancienne où je vivais en ménage, se fût avisée de m’envoyer pareils lardons à la face, quelle danse, avec accompagnement d’amarines en guise de tambourin!..
– Et Juliette Combal, que dit-elle de cela?
– Liette! elle pleure et ne souffle mot.
– A sa place, je ne pleurerais point, et j’épouserais Simonnet.
– A la bonne heure! s’écria Barnabé content. Tu seras un homme, toi, fillot, je vois ça. Tu as raison: en ce monde, on doit en faire à sa tête, surtout quand l’amitié se met de la partie et vous fait cabrioler le sang dans l’estomac.
Après une interruption de quelques minutes, il ajouta:
– Simonnet est venu me trouver hier au soir; il était pâle comme l’écorce du bouleau et des larmes noyaient ses prunelles. J’ai pensé que Dieu l’aiderait en besogne amoureuse si je lui donnais une de mes chansons pour la chanter, la nuit, selon l’usage de chez nous, sous la fenêtre de sa belle, en compagnie de Braguibus. Mes chansons ayant porté bonheur à d’autres, pourquoi n’en irait-il pas de même pour le jeune Garidel? Il me comptera cinq francs, vingt sous par couplet. C’est convenu entre nous.
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