Ferdinand Fabre - Barnabé

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– Elles ne m’ont pas guéri, vos tisanes!

– Mais elles vous guériront… Je suis bien sûre que si, au lieu d’un morceau de sucre, j’en mettais deux dans votre tasse…

– Non, non, il faut partir, articula mon oncle d’un ton stoïque.

La vieille gouvernante considéra son maître avec une sorte de stupeur.

– Eh bien! partez, puisque ma tête ne sait rien trouver qui vous retienne, dit-elle d’une voix qu’elle essayait de rendre ferme, mais au fond de laquelle on devinait des larmes contenues. Apprenez pourtant que, vous voyant aller en voyage, moi aussi je vas m’encourir à travers routes, comme vous. Vienne Notre-Dame d’août, il y aura vingt-cinq ans que je n’ai bouté pieds hors des Aires, toujours à votre service et à votre soumission. Peut-être serait-il séant, à la fin des fins, d’aller voir un peu si mon pays natal n’a pas changé de place. J’ai enterré presque tous les miens, c’est vérité, et là-haut des tombes tant seulement m’attendent. Néanmoins cela, il me reste un frère encore du côté d’Eric-sous-Caroux…

– Mais, Marianne, si vous partez pour Eric, que deviendra notre enfant, tout seul, à la cure?

Et mon oncle arrêta sur moi des yeux attendris.

– Notre enfant?.. notre enfant?..

– Songez que je ne resterai pas moins de vingt jours absent.

– Vingt jours, ciel du bon Dieu, vingt jours! Ah ça! et si vous avez besoin de quelque chose dans ce pays des grandes montagnes? demanda-t-elle avec une vive inquiétude.

– Je n’aurai besoin de rien.

– Hélas! moi, je suis sur l’âge, j’ai soixante-deux ans bien comptés, mais le jarret est bon, et si la maladie vous tourmentait plus fort, vous me le feriez dire au moins par le facteur de la poste… Il y a un facteur, je pense, dans ce pays comme chez nous… Surtout ne vous tracassez pas les idées pour le chemin. Elles sont bien loin, ces sources de la médecine, puisque M. Anselme Benoît avoue que, de là, on touche l’Espagne de la main. Malgré tout, avec mon bâton et l’aide du bon Dieu, je finirai bien par arriver…

Sa voix était devenue chevrotante.

– L’Espagne!.. Aller à la porte de l’Espagne! marmotta-t-elle en se laissant tomber sur le perron du foyer.

Mon oncle, en proie d’ailleurs à un accablement profond, sentit toute résolution l’abandonner. N’osant regarder sa gouvernante, en train de s’essuyer les yeux, il se tourna de mon côté.

– Mon enfant, me dit-il, si Marianne part pour Eric, tu iras demeurer jusqu’à son retour chez notre voisin, M. Anselme Benoît. M. Benoît t’aime, il te gâte même; tu te trouveras on ne peut mieux dans sa maison. Du reste, il va venir, et je le préviendrai.

J’étais consterné. Ce grand M. Anselme Benoît, sévère et dur, avec sa redingote longue, son large chapeau, sa barbe qui lui avait dévoré le visage jusqu’aux yeux, ses lunettes vertes et rondes comme des pièces de deux sous, en dépit de quelques caresses distribuées par-ci par-là en courant, m’avait toujours un peu effrayé. Je regardai piteusement Marianne. Mon regard était un appel, il criait: «Sauvez-moi! Sauvez-moi!»

– Mais, monsieur le curé, intervint la bonne gouvernante, flairant mes secrètes angoisses, notre pétiot va bien s’ennuyer avec un médecin qui, les trois quarts du temps, court dans la montagne après ses malades, et, durant l’autre quart, a le nez fourré dans les livres de son métier. Encore si M. Anselme Benoît était marié, s’il y avait une femme chez lui; mais on raconte…

– Marianne!

– Oui, on raconte qu’il court après cinquante jupons à la fois, quand il serait si honnête d’en tenir un tant seulement à la maison. Au fait, interrogez Barnabé.

– Marianne! s’écria mon oncle avec un effort pour grossir sa voix.

– Enfin, je tais ma langue. Mais mon avis est que nous ne pouvons abandonner notre enfant en de pareilles mains.

– Où voulez-vous alors, si vous persistez à aller voir votre frère, que je laisse mon neveu? Vous savez bien que ses parents habitent, en ce moment, à plus de vingt lieues des Aires, et que le temps me manque pour entreprendre un voyage à Lunel.

Il se tourna vers moi.

– Veux-tu aller demeurer chez M. Combal? me demanda-t-il.

– Chez M. le maire? répondis-je, implorant plus que jamais la vieille gouvernante de mes deux yeux suppliants.

– Préfères-tu attendre notre retour chez les Garidel? insista mon oncle. Simonnet Garidel est un ami pour toi…

– Oh! il a vingt-deux ans, et je n’en ai que douze, murmurai-je.

– Et pour quelle raison, monsieur le curé, courir chercher si loin ce que vous avez sous la main? s’écria tout à coup Marianne. Que le bon Dieu vous bénisse! Qui vous empêche de confier l’enfant à Barnabé? Tous les jeudis, après ses devoirs, ne va-t-il pas à l’ermitage de Saint-Michel, pour y faire les cent coups? Puis Baptiste a de l’esprit, sans comparaison, comme vous et moi, et cette bête distraira notre pétiot.

– Comment, il te plairait de passer plusieurs jours à l’ermitage?

– Barnabé est si complaisant pour moi! répondis-je. La semaine passée, Baptiste, que j’avais monté avec la permission du Frère, a galopé jusque par delà le hameau de Margal. Quelle partie! – «Baptiste, ici!» Il venait. – «Baptiste, halte!» Il s’arrêtait.

– Et travailleras-tu un peu à Saint-Michel?

– Je travaillerai, mon oncle, je vous le promets.

– N’oublie pas qu’à mon retour je te ferai réciter la grammaire latine jusqu’au « Que retranché

– Je la réciterai sans une faute!

Mon oncle m’embrassa. Des pleurs brillaient au coin de ses paupières. Etait-ce regret de me quitter, ou bien mes brusques transports lui avaient-ils fait faire un retour pénible sur lui-même? Qui sait? peut-être avais-je été bien cruel sans le savoir. Je restai tout interdit, n’osant lever mes yeux, qui, sans bien démêler pourquoi, venaient subitement de se remplir de larmes. Marianne, troublée, pour dissimuler un chagrin accablant, quitta sa place sur le granit du foyer, et vint considérer la malle, dont elle ferma à double tour la serrure et le cadenas.

Cependant mon oncle demeurait immobile, pétrifié, promenant des regards vagues à travers les diverses pièces du presbytère, bouleversé de fond en comble. Tout à coup son visage pâle se colora d’une rougeur suspecte. Il toussa. Ce fut une quinte terrible, une quinte qui, ébranlant toute la machine de la tête aux pieds, ne lui permit pas de rester debout. Suant, soufflant, rendu, il s’assit.

A ce moment si triste, parut M. Anselme Benoît.

– Vous voyez, mon ami, lui dit-il, qu’il n’y a plus à hésiter. Plût au ciel que vous eussiez suivi plus tôt mes conseils et ceux du docteur Barascut! Je ne prétends pas que les eaux des Pyrénées vous guérissent radicalement; mais, je vous le garantis, elles produiront de l’amélioration. Un peu de courage, que diable! A cinquante ans, un homme est dans toute la vigueur de l’âge, et vous avez encore de longs jours devant vous.

– Que la volonté de Dieu soit faite en toutes choses! gémit mon oncle.

– Allons, reprit l’officier de santé, la carriole des Garidel est attelée, êtes-vous prêt?

– Je suis prêt.

– La diligence part de Bédarieux pour Béziers à sept heures, et il est cinq heures et demie à présent. Nous n’avons pas de temps à perdre. Êtes-vous heureux! vous allez voir des villes superbes: Béziers, Narbonne, Perpignan…

M. Anselme Benoît se courba et passa sa main droite à l’une des poignées de la malle.

– Marianne, fit-il, désignant l’autre poignée à la gouvernante.

La malle fut enlevée.

Une minute après, la carriole, dirigée par Simonnet Garidel, disparaissait derrière le four communal des Aires, et descendait vers la grande route, dans le fond de la vallée d’Orb.

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