Ferdinand Fabre - Barnabé
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Certes, à douze ans, les mots me manquaient pour traduire les sensations que me faisait éprouver ce grandiose paysage. Mais je n’ai pas oublié avec quelle sorte de saisissement profond je le contemplais. Dès le berceau, par une pente mystérieuse de mon âme que personne n’expliquera, j’avais été conquis à la nature, à nos montagnes surtout, à nos superbes montagnes cévenoles, d’un profil si sévère, si noble, si hardi, où se découvrent toutes les richesses: des eaux qui défient l’éclat et la pureté du cristal, des bêtes fidèles et aux pieds sûrs, des hommes honnêtes, énergiques et courageux. Alma tellus!..
Ce matin-là, escaladant cette montée tortueuse et presque à pic, je me retournais à chaque pas vers la vallée: non que j’eusse grande envie de m’abandonner aux songeries muettes, absorbantes, hiératiques, où je m’étais complu tant de fois; mais il me semblait toujours que, dominant toutes les routes du point élevé où je me trouvais, j’allais apercevoir Marianne au crochet de quelque chemin. Hélas! la pauvre vieille était déjà bien loin sans doute, car mon œil eut beau fouiller les sentiers, qui m’apparaissaient, ici comme de petits rubans bleus, plus loin comme de longues entailles pratiquées à la serpe dans le feuillage tassé des arbres, il ne découvrit rien.
Encore une fois le sentiment de ma solitude m’écrasa et je dus m’asseoir sur une pierre. Toutes sortes d’idées bizarres me traversèrent l’esprit: – Si je courais après Marianne, peut-être parviendrais-je à la rattraper?.. Oh! pourquoi ne m’avait-elle pas amené à Eric-sous-Caroux? – Je songeai même, en ma subite détresse, bien que mes parents demeurassent loin, à aller les rejoindre à pied, du côté de Lunel. Peut-être rencontrerais-je, sur la grande route, quelque roulier complaisant qui me permettrait de monter sur sa charrette quand je serais fatigué?
Moi, d’abord si joyeux d’aller passer dix jours de franche et bonne liberté à l’ermitage de Saint-Michel, je ne pensais plus à Barnabé. Dans les suprêmes angoisses, le cœur va droit à ceux qui lui sont familiers, à ceux qu’il aime, et les étrangers demeurent les étrangers.
Maintenant, je ne me révoltais plus contre les exigences, parfois tyranniques, de mon oncle; maintenant, je ne trouvais plus les réprimandes de Marianne trop sévères. J’eusse voulu que ces deux êtres, lesquels laissaient mon âme vide comme un flacon dont la liqueur s’est répandue, fussent près de moi, me morigénant, me menaçant, me punissant. Que n’aurais-je pas donné, en ce moment, pour être châtié de leur main, de leur propre main!..
«O mon oncle! balbutiai-je d’une voix étranglée et pressant contre ma poitrine, par un mouvement convulsif, mes livres et mes cahiers, je travaillerai bien, vous serez content de moi.»
Un coup de vent écarta les branchages des châtaigniers. J’aperçus les hautes murailles blanches de Saint-Michel.
Je gravis au galop l’extrémité du sentier.
VIII
L’ermitage de Saint-Michel, juché à la cime d’un mamelon boisé mesurant une hauteur de six cents mètres environ, est un reste de monument féodal. Cette forteresse, destinée à commander un point important de la haute vallée d’Orb, donnait la main à vingt autres, échelonnées sur le flanc des montagnes, de l’un et de l’autre côté de la rivière. A l’époque des guerres de religion, toutes ces murailles à meurtrières et à mâchicoulis, dont la ceinture formidable devait protéger les Albigeois, succombèrent. Saint-Michel ne put tenir plus de trois jours devant les hordes fanatiques, sauvages, que Simon de Montfort avait répandues comme une mer dans le Midi.
De ce château à triple enceinte, sur lequel le vicomte de Béziers avait compté pour défendre le défilé de Pétafy, il ne reste aujourd’hui que la chapelle, dédiée à saint Michel, sauvée, rapporte la légende, par l’archange lui-même, « qui, dans la mêlée, batailla d’estoc et de taille ,» et deux ou trois salles basses recouvertes à grand’peine de tuiles rouges, où l’ermite industrieux s’arrangea vaille que vaille un logement.
Du reste, partout sur le plateau, un gigantesque bloc granitique, ramification robuste de l’ossature des Cévennes, se découvrent des ruines, d’énormes entassements de pierres, dont les siècles n’ont pas encore détaché les ciments primitifs. Des herbes folles poussent sur ces amoncellements, y répandant la gaieté, la grâce, la poésie.
Quelques arbres fruitiers, que les vents sans doute semèrent en des jours de tempête, entés depuis, jaillissent çà et là du rocher cyclopéen et lui donnent en certains coins l’aspect débonnaire d’un verger. Une fontaine d’eau vive sourd d’une crevasse derrière la chapelle, et, se répandant par mille rigoles, a créé le long des pentes du monticule une prairie artificielle, dont le vert tendre contraste agréablement aux yeux avec la verdure plus sombre des châtaigniers.
Je courus à la porte d’ordinaire ouverte de Barnabé. Elle était fermée. Je frappai. Pas de réponse. Qu’était devenu l’ermite? La claie à montants solides qui barrait l’écurie de Baptiste avait été ramenée dans sa rainure de pierre et y tenait fortement.
Glissant un regard à travers les intervalles de l’osier, je ne vis pas l’âne devant la crèche. Quoi, personne! Je retournai vers la chapelle: le grand portail à double battant en était clos aussi. J’étais bien seul, abandonné sur ce plateau désert.
Je frissonnai.
– Barnabé! m’écriai-je, la voix altérée par l’angoisse, Barnabé!
Rien, rien…
Je m’avançai jusqu’aux bords extrêmes de la roche de granit, explorant le pays à la ronde. Pas âme qui vive. Là-bas seulement, tout au fond, le long du ruisseau de Lavernière, à peu près à l’endroit où je m’étais trouvé mal, un troupeau de chèvres fauves et blanches buvaient au fil de l’eau. Sans doute les chèvres de M. Combal. Je distinguai le berger batifolant avec son bouc.
Le vent continuait à souffler très vif. Sur les hauteurs, il cassait les pousses menues des châtaigniers, trop tendres pour lui résister. Songez donc, nous n’étions qu’aux premiers jours d’avril!
Sentant mes genoux flageoler sous mes pensées de peur, je craignis d’être emporté par quelque rafale, et je reculai jusqu’au mur de la chapelle. Je me promenai quelques minutes, essayant de me donner le courage d’attendre, car Barnabé ne pouvait tarder à rentrer…
Ah! ce vent, il avait, à travers les ruines, des hurlements, des miaulements, des cris qui tantôt me remplissaient d’épouvante et tantôt m’eussent fait pleurer.
Pour échapper à ces bruits sinistres, je me réfugiai sous le porche de la chapelle, un porche à tympan, s’il vous plaît, représentant Jésus au milieu des Évangélistes, et à trumeau portant une statue de saint Michel qui piétine le Démon.
Que faire cependant?.. J’ouvris mon Phèdre . Si je parvenais à travailler, le temps passerait plus vite…
Hélas! ce fut en vain qu’avec une sorte de joie nerveuse je disposai toutes choses autour de moi: la grammaire latine, l’écritoire, les cahiers; mon pauvre cerveau, que la tendresse excessive de mon cœur avait poussé à l’effarement, ne voulut rien entendre à la besogne que je lui imposais, et, après quelques barbouillages ineptes, je dus refermer mes livres, reboucher mon encrier – il était en verre bleu avec fermoir en cuivre – et reparaître, éperdu, au milieu du plateau. Pour le coup, s’il n’arrivait pas quelqu’un pour mettre fin à mon martyre, je ne tarderais pas à succomber. Je regardai la statue de saint Michel, je lui tendis des bras suppliants. Mais la pierre demeura immobile sur son piédestal…
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