Noah Gordon - Le Médecin d'Ispahan

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Il retourna aussitôt à la prison pour examiner un par un les patients. Le message qui passait de leurs mains dans les siennes était presque toujours tragique : leur vie ne tenait qu'à un fil. Les mourants furent transportés à la citadelle, et les autres, beaucoup moins nombreux, purent être soignés dans de meilleures conditions.

C'était l'hiver persan, avec ses nuits froides et ses chauds après-midi ; le sommet des montagnes était couvert de neige, et les étudiants, le matin, supportaient bien leurs peaux de mouton. Les vautours noirs tournaient, de plus en plus nombreux, au-dessus de la gorge du Dieu-Très-Haut.

« Vos hommes jettent les corps dans le défilé au lieu de les brûler, fit remarquer Rob au kelonter.

– Je l'ai interdit, mais je crois que vous avez raison. Le bois se fait rare.

– Tout cadavre doit être brûlé. Sans exception. Il faut faire le nécessaire pour en être absolument sûr. »

L'après-midi, trois hommes, convaincus d'avoir ainsi désobéi, furent décapités. Ce n'était pas ce qu'avait voulu Rob mais Hafiz s'en irrita.

« Où pourrait-on trouver du bois ? Nous n'avons plus d'arbres.

– Envoyez les soldats en couper dans les montagnes.

– Ils ne reviendront pas. »

Alors le jeune Ali fut chargé de visiter les maisons abandonnées ; beaucoup étaient en pierre, mais il en fît enlever les portes, les volets, les poutres de bois, et les bûchers ronflèrent hors des murs de la ville. Pour respecter une autre des prescriptions d'Ibn Sina, ils essayèrent de respirer à travers une éponge imbibée de vinaigre, mais ils y renoncèrent pour garder dans le travail leur liberté de mouvement. En revanche, à l'exemple du vieux médecin de Chiraz, ils mangeaient du pain grillé au vinaigre et buvaient assez de vin pour être, certains soirs, aussi soûls que lui.

Alors, Mirdin parlait de sa femme Fara et de ses deux petits garçons, de la maison de son père au bord de la mer d'Arabie...

« Je t'aime bien, disait-il à Rob. Mais comment peux-tu être l'ami de mon salaud de cousin ?

– Moi ! L'ami d'Aryeh ? Jamais ! C'est une vraie merde !

– Exactement, exactement ! » hurlait Mirdin, et ils éclataient de rire, comprenant enfin la froideur de leur première rencontre.

Le beau Karim racontait ses conquêtes et promettait à Ali, dès leur retour à Ispahan, la plus belle paire de seins du califat. Chaque jour il s'entraînait à la course et se moquait des autres pour les forcer à le suivre à travers les rues désertes, entre les maisons abandonnées et celles des survivants enfermés, dans l'angoisse, les cadavres des leurs attendant devant la porte d'être ramassés par la charrette des morts.

Ils couraient pour échapper à la terrible réalité. Cernés par l'horreur, ils étaient jeunes, pleins de vie, et tentaient d'oublier la peur en se prétendant immortels et invulnérables.

Rapport de l'équipe médicale d'Ispahan

Fait le 28e jour du mois de Rabi I, 413e année de l'Hégire.

Les saignées, les ventouses et les purges semblent avoir peu d'effet. Le lien entre les bubons et la mort est ici significatif car il se vérifie qu'en cas d'évacuation du pus vert et fétide, le patient a de bonnes chances de survie. Il se peut que beaucoup succombent à la fièvre qui consume leur corps, mais elle tombe rapidement dès que les bubons crèvent et c'est le début de la guérison.

A la suite de ces observations, nous avons tenté de faire mûrir les bubons en appliquant des cataplasmes de moutarde et de bulbe de lis, de figues et d'oignons bouillis piles avec du beurre et divers autres emplâtres décongestionnants. Nous en avons incisé quelques-uns en les traitant comme des ulcères, mais avec peu de succès. Souvent, la tumeur, soit du fait de la maladie, soit de la brutalité du traitement, devenait si dure qu'aucun instrument ne pouvait l'entamer ; on a même en vain essayé de la brûler avec des caustiques. Beaucoup sont morts fous de douleur, certains en pleine opération, si bien qu'on pourrait nous reprocher d'avoir torturé jusqu'au bout ces pauvres créatures. Pourtant, il en est qui sont sauvés. Ils auraient peut-être vécu sans nous, mais c'est notre réconfort de penser que nous en avons soulagé quelques-uns.

(signé)

Jesse ben Benjamin

étudiant.

« Scélérats ! » cria l'homme que ses domestiques lâchaient sans cérémonie sur le sol de l'hôpital des pestiférés. Pour aller voler ses affaires, probablement – fait banal dans ce fléau qui corrompait les âmes aussi vite que les corps. Les enfants porteurs de bubons étaient abandonnés sans hésitation par leurs parents fous de terreur. Le matin même, trois hommes et une femme avaient été décapités pour pillage et un soldat écorché pour avoir violé une mourante. Karim, qui avait mené des hommes armés lessiver à la chaux des maisons contaminées, disait que tous les vices s'affichaient ; une telle luxure prouvait avec quel acharnement les gens s'accrochaient à la vie dans les égarements de la chair.

Juste avant midi, le kelonter, qui ne mettait jamais les pieds à l'hôpital, envoya un soldat pâle et tremblant chercher Rob et Mirdin. Ils trouvèrent Hafiz dans la rue, respirant une pomme cloutée de girofle pour prévenir la maladie.

« Le nombre des morts est tombé hier à trente-sept », annonça-t-il triomphalement.

L'amélioration était spectaculaire car, au pire moment de l'épidémie, la troisième semaine, on avait compté jusqu'à 268 décès. Hafiz estimait, d'après ses calculs, que Chiraz avait perdu 801 hommes, 502 femmes, 3193 enfants, 566 esclaves mâles et 1417 femelles, 2 chrétiens syriens et 32 Juifs.

Rob et Mirdin échangèrent un regard, car l'ordre dans lequel le kelonter avait énuméré les victimes ne leur avait pas échappé.

Le jeune Ali arriva, descendant la rue à pied, et il serait passé sans s'arrêter si Rob ne l'avait appelé par son nom. En s'approchant, il fut frappé de l'étrangeté du regard et ressentit en lui touchant le front le choc terrible et familier qui lui saisit le cœur. Seigneur !

« Ali, dit-il doucement, il faut rentrer avec moi. »

Avec Karim et Mirdin, il avait déjà vu mourir beaucoup de gens, mais l'évidence et le caractère foudroyant de la maladie qui frappait Ali Rashid étaient tels qu'ils se sentaient atteints à travers lui. De temps en temps, Ali sursautait, en proie à un spasme comme sous une morsure à l'estomac. La douleur le secouait de convulsions et tordait son corps en crispations étranges. Ils le lavèrent avec du vinaigre et, au début de l'après-midi, reprirent espoir car, au toucher, sa peau semblait presque fraîche. Mais ce fut comme si la fièvre s'était ramassée et, quand elle reprit, il était plus brûlant que jamais, ses lèvres se fendirent et ses yeux roulèrent, exorbités. Ces cris et ces gémissements qui se perdaient au milieu des autres, les trois étudiants les reconnaissaient entre tous car les circonstances avaient fait d'eux sa famille désormais.

La nuit, ils veillèrent tour à tour près de son lit. Il semblait en proie à la torture sur sa paillasse dévastée quand Rob, à l'aube, vint relayer Mirdin. Ses yeux étaient ternes et sans regard, la fièvre avait ravagé son corps et creusé son visage rond d'adolescent, où maintenant les pommettes saillantes et le nez en bec de faucon suggéraient le Bédouin qu'il aurait pu devenir.

Rob lui prit les mains et le sentit s'affaiblir. Par moments, pour échapper à cette impression d'impuissance, il cherchait le pouls d'Ali à ses poignets, et ses battements incertains et sans force lui rappelaient les coups d'ailes d'un oiselet qui se débat. Quand Karim arriva pour prendre sa place, Ali était mort. Fini les illusions d'immortalité : l'un d'eux le suivrait peut-être, et ils commencèrent à comprendre vraiment ce que signifiait la peur.

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