Noah Gordon - Le Médecin d'Ispahan

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Rob ignorait que Mirdin fût marié et père de famille ; réservé et toujours sûr de lui à l'école comme au maristan, il remuait maintenant ses lèvres pâlies en une prière muette.

« Une chose encore, dit Ibn Sina avec un regard paternel. Prenez soigneusement des notes, à l'intention de ceux qui auront à combattre la prochaine épidémie, et laissez-les à un endroit où ils puissent les retrouver, au cas où il vous arriverait quelque chose. »

Le lendemain matin, le soleil rougissait le faîte des arbres quand ils franchirent le pont du Fleuve de la Vie, chacun sur un bon cheval et menant un âne ou une mule de bât. Rob suggéra à Fadil d'envoyer un homme en éclaireur et un autre pour surveiller leurs arrières. Le jeune hakim fît mine de réfléchir, puis donna ses ordres avec autorité. Le soir, il accepta encore l'idée des gardes alternées telles qu'on les pratiquait dans la caravane de Kerl Fritta. Assis autour d'un feu de broussailles, ils furent tantôt facétieux, tantôt lugubres.

« Je trouve, dit Suleiman, que Galien avait raison de conseiller au médecin de fuir la peste pour pouvoir continuer à prodiguer ses soins. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait.

– Rhazes, le grand praticien, le disait en trois mots, répondit Karim : partir vite , aller loin , et revenir le plus tard possible. »

Ils rirent, un peu trop fort sans doute. Suleiman prit la première garde et le matin, en s'éveillant, on s'aperçut sans grande surprise qu'il était parti avec ses bêtes. On en fut choqué et un peu déprimé. Le soir, Fadil choisit Mirdin Askari, qui fut une bonne sentinelle. Mais, la troisième nuit, Omar Nivahend suivit l'exemple de Suleiman et s'enfuit aussi avec ses montures, Le jeune chef réunit aussitôt son équipe.

« Ce n'est pas un péché d'avoir peur de la peste noire, dit-il. Sinon, nous serions tous damnés. Et ce n'en est pas un non plus de fuir, selon Galien et Rhazes – bien que je pense, comme Ibn Sina, qu'un médecin doit combattre la peste et non lui tourner le dos. Mais ce qui est un péché, c'est d'abandonner ses compagnons sans garde et, pire encore, de voler un animal chargé de tout ce qui est indispensable aux malades et aux mourants. Donc, continua-t-il avec fermeté, si quelqu'un veut nous quitter, qu'il parte tout de suite. Et je promets sur l'honneur qu'il pourra le faire sans honte ni crainte. »

Personne ne broncha, mais chacun entendait le souffle des autres.

« Oui, dit Rob, n'importe qui peut partir. Mais s'il nous laisse sans protection ou s'il emporte ce qui est nécessaire aux patients qui nous attendent, je dis que c'est un déserteur : il faut le poursuivre et le tuer. »

Il y eut un nouveau silence, puis Mirdin se décida le premier.

« Je suis d'accord », dit-il, et tous le répétèrent l'un après l'autre, sachant que ce n'était pas de vaines paroles, mais un vœu solennel.

Deux nuits plus tard, Rob était de garde. Ils campaient dans un défilé où les rochers indistincts semblaient des monstres sous la lune. Ce fut une longue nuit solitaire où revinrent les tristes pensées qu'il repoussait d'habitude : ses frères, sa sœur, et ceux qui étaient morts. La femme, surtout, qu'il avait laissée filer entre ses doigts.

Au petit jour, il s'aperçut que quelqu'un se levait et se préparait à partir. Karim Harun se glissait hors du campement ; arrivé au chemin, il se mit à courir et disparut. Il n'avait rien emporté et n'était pas de garde ; Rob ne fit donc rien pour l'arrêter, mais sa déception fut amère car il s'était mis à aimer ce beau garçon sardonique, qui étudiait depuis tant d'années. Une heure plus tard, il tira son épée, alerté par un bruit de pas. C'était Karim, haletant et trempé de sueur, qui resta bouche bée devant sa lame nue.

« J'ai cru que tu partais. Je t'ai vu courir.

– C'est vrai... Je partais en courant et je reviens en courant. Parce que je suis un coureur ! » dit-il en souriant tandis que Rob rengainait son épée.

Karim courait en effet tous les matins et revenait en sueur. Abbas Sefi racontait des histoires drôles, chantait des chansons gaillardes et c'était un imitateur impitoyable. Hakim Fadil battait tout le monde à la lutte, sauf Rob et Karim. Mirdin, le meilleur cuisinier du groupe, se chargeait volontiers des repas du soir. Le jeune Ali, qui avait du sang bédouin, était un cavalier éblouissant et un éclaireur enthousiaste ; l'ardeur, dans ses yeux, remplaça bientôt les larmes et le fit aimer de chacun. Cette camaraderie aurait rendu plutôt plaisante la longue chevauchée si Fadil n'avait lu chaque soir à haute voix le livre de la peste qu'Ibn Sina lui avait confié.

On y trouvait des centaines de suggestions de divers praticiens, tous persuadés de leur compétence. L'un prescrivait, au Caire, de faire boire au malade sa propre urine, tout en récitant des prières à Allah. A Bagdad, un autre conseillait de sucer des astringents, grenade ou prune. A Jérusalem, on recommandait les lentilles, les pois indiens, les graines de citrouille, l'argile rouge... Que faire de ce fatras ? On décida de s'en tenir aux conseils que le maître lui-même avait ajoutés en annexe : allumer des feux propres à purifier l'atmosphère, lessiver les murs à la chaux, répandre du vinaigre et faire boire aux contaminés des jus de fruits.

Lors d'une halte le huitième jour, un passage du livre leur apprit qu'au Caire, quatre sur cinq des médecins traitants étaient morts de la peste noire. Etait-ce là ce qui les attendait ? Le lendemain matin, ils arrivèrent à Nardiz, le premier village du district d'Anshan. On les reçut avec respect, comme les envoyés d'Ispahan, chargés par le chah de leur venir en aide.

« Nous n'avons pas d'épidémie, dit le Chef local, mais il paraît que Chiraz est durement touché. »

Poursuivant leur voyage non sans appréhension, ils ne rencontrèrent, village après village, que des gens bien portants. Dans une vallée de montagne balayée par les vents, ils admirèrent les sépultures, creusées dans le roc, de quatre générations de souverains perses : Darius le Grand, Xerxès, Artaxerxès et Darius II reposaient là depuis quinze cents ans, en dépit des guerres, des pestes et des conquêtes qui étaient passées et retournées au néant. Plus loin, un champ de ruines, de colonnes brisées et de pierres éparses : tout ce qui restait de Persépolis, dit Karim, détruite par Alexandre le Grand neuf cents ans avant la naissance du Prophète.

Non loin de là, une ferme apparemment paisible, et le bêlement de quelques moutons, qui paissaient sous la surveillance d'un berger assis au pied d'un arbre. Mais, en s'approchant, ils virent que l'homme était mort. Fadil restant en selle sans un geste, Rob mit pied à terre pour examiner le cadavre : il était bleu, rigide, depuis trop longtemps déjà pour qu'on puisse lui fermer les yeux ; un animal avait attaqué les jambes et dévoré la main droite. Le devant de la tunique était noir de sang. Sous le vêtement, pas de trace de peste mais une large blessure à la place du cœur.

« Allons voir », dit Rob.

La maison était vide ; dans un champ, les restes de plusieurs centaines de moutons avaient été nettoyés par les loups. La terre piétinée disait clairement qu'une armée était passée par là, pour abattre les bêtes et emporter la viande.

Fadil, le regard vide, restait sans réaction. Rob coucha le cadavre du berger ; on le recouvrit de grosses pierres pour le protéger des animaux errants, puis on se remit en marche.

Apercevant enfin une grande propriété, une superbe demeure entourée de cultures, tous descendirent de cheval, bien que l'endroit parût désert. Karim dut frapper fort et longtemps avant de voir un judas s'ouvrir, au centre de la porte, sur un œil méfiant.

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