Baricco, Alessandro - Novecento

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Cet enfant-là, il a commencé par lui donner le sien, de nom : Danny Boodmann. La seule vanité qu’il se soit jamais accordée. Puis il a ajouté T.D. Lemon, exactement comme c’était marqué sur la boîte en carton, parce qu’il disait que ça faisait bien d’avoir des lettres au milieu de son nom : «Tous les avocats, ils en ont », confirma Burty Bum, un machiniste qui avait fait de la prison grâce à un avocat qui s’appelait John P.T.K. Wonder. «S’il fait avocat, je le tue », déclara le vieux Boodmann, mais il lui laissa les deux initiales à l’intérieur de son nom, ce qui donna Danny Boodmann T.D. Lemon. C’était un beau nom. Ils se l’étudièrent un peu, en se le répétant à voix basse, le vieux Danny et les autres, en bas, dans la salle des machines, mais les machines éteintes, tout ça trempant dans l’eau du port de Boston. « Un beau nom, finit par dire le vieux Boodmann, mais il lui manque quelque chose. Il lui manque un grand final. » C’était vrai. Il lui manquait un grand final. « On a qu’à ajouter mardi, dit Sam Stull, qui était serveur. Tu l’as trouvé un mardi, t’as qu’à l’appeler Mardi. » Danny y réfléchit un peu. Puis il sourit. « C’est une bonne idée, Sam. Je l’ai trouvé la première année de ce foutu nouveau siècle, non ? : on va l’appeler Novecento, Mille-neuf-cents.

Novecento ?

— Novecento. Mille-neuf-cents.

— Mais c’est un chiffre !

C’était un chiffre : à partir de maintenant, c’est un nom. » Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. C’est parfait. C’est magnifique. Un sacré grand nom, Christ, vraiment, un grand nom. Il ira loin, avec un nom comme ça. Ils se penchèrent sur la boîte en carton. Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento les regarda et sourit : ils en restèrent babas : ils n’auraient jamais cru qu’un môme aussi petit puisse faire autant de merde.

Danny Boodmann resta encore marin pendant huit ans, deux mois et onze jours. Puis, pendant une tempête, au beau milieu de l’Océan, il se prit en plein dos une poulie devenue folle. Il mit trois jours à mourir. Il était tout cassé à l’intérieur, impossible de le réparer. Novecento était un gamin, à l’époque. Il s’assit à côté du lit de Danny, et il n’en bougea plus. Il avait une pile de vieux journaux, et il passa ces trois jours, en se donnant un mal de chien, à lire au vieux Danny, qui était en train de casser sa pipe, tous les résultats des courses qu’il trouvait. Il mettait les lettres ensemble, comme Danny lui avait appris, le doigt posé sur le papier du journal, les yeux qui ne s’en détachaient pas un instant. Il ne lisait pas vite, mais il lisait. C’est ainsi que le vieux Danny mourut sur la septième course de Chicago, remportée de deux longueurs par Eau Potable sur Minestrone , et de cinq sur Fond de Teint Bleu. Il faut dire qu’en entendant ces noms-là, il n’avait pas pu s’empêcher de rire et, en riant, il passa l’arme à gauche. On l’enveloppa dans une grande toile, et on le rendit à l’Océan. Sur la toile, à la peinture rouge, le capitaine écrivit : Thanks Danny.

Et c’est ainsi que, brusquement, Novecento devint orphelin pour la seconde fois. Il avait huit ans, et derrière lui déjà une cinquantaine d’allers-retours Europe-Amérique. Sa maison, c’était l’Océan. Quant à la terre, eh bien, il n’y avait jamais posé le pied. Il l’avait aperçue, bien sûr, depuis les ports. Mais y descendre, jamais. Il faut dire que Danny avait peur qu’on le lui prenne, avec les histoires de papiers et de visas, ce genre de choses. Si bien qu’à chaque fois, Novecento, lui, il restait à bord et puis, au bout d’un certain temps, on repartait. À dire précisément, Novecento, pour le monde, il n’existait même pas : pas une ville, pas une paroisse, pas un hôpital, pas une prison, pas une équipe de base-bail où son nom soit marqué quelque part. Il n’avait pas de patrie, il n’avait pas de date de naissance, il n’avait pas de famille. Il avait huit ans : mais officiellement il n’était pas né.

« Ça ne pourra pas continuer longtemps cette histoire », disaient quelquefois les autres à Danny. « Et en plus, c’est contre la loi. » Mais Danny avait une réponse qui faisait pas un pli : « Au cul la loi », il disait. On ne peut plus réellement discuter, à partir de là.

À l’arrivée à Southampton, à la fin de la traversée pendant laquelle Danny était mort, le capitaine décida qu’il était temps de mettre fin à cette plaisanterie. Il convoqua les autorités portuaires et demanda à son second d’aller chercher Novecento. Eh bien, jamais le second ne put le trouver. Ils le cherchèrent dans tout le bateau, pendant deux jours. Rien. Il avait disparu. Cette histoire, personne ne la digérait vraiment, parce qu’ils s’y étaient habitués, à ce gamin, finalement, sur le Virginian, et personne n’osait en parler mais... c’est vite fait, de se jeter du haut de la rambarde et... la mer, elle fait ce qu’elle veut, et... Si bien qu’ils avaient tous la mort dans l’âme quand le bateau est reparti vingt-deux jours plus tard pour Rio de Janeiro sans que Novecento soit réapparu, et sans aucune nouvelle de lui... Comme chaque fois, au moment du départ, les serpentins, les sirènes, les feux d’artifice, mais cette fois-là c’était différent, ils perdaient Novecento, et c’était pour toujours, quelque chose leur grignotait le sourire, à eux tous, ça les mordait à l’intérieur.

La seconde nuit de la traversée, alors qu’on ne voyait même plus les lumières de la côte irlandaise, Barry, le maître d’équipage, entra comme un fou dans la cabine du commandant et le réveilla, en disant qu’il fallait absolument qu’il vienne voir. Le commandant jura, mais alla voir.

Salle de bal des premières.

Lumières éteintes.

Silhouettes en pyjama, debout, à l’entrée. Passagers tirés de leurs cabines.

Et aussi des marins, et trois gars tout noirs montés de la salle des machines, et même Truman, le radio.

Silencieux, tous, à regarder.

Novecento.

Il était assis sur le tabouret du piano, les jambes pendantes, elles ne touchaient même pas le sol. Et, aussi vrai que Dieu est vrai, il était en train de jouer.

(Commence une musique enregistrée pour piano, plutôt simple, lente, séduisante.)

Il jouait je ne sais quelle diable de musique, petite, mais... belle. Pas de trucage, c’était vraiment lui qui jouait, c’étaient ses mains à lui, sur ce clavier, Dieu sait comment. Et il fallait entendre ce qui en sortait. Il y avait une dame, en robe de chambre, rose, avec des espèces de pinces dans les cheveux... le genre bourrée de fric, si vous voyez ce que je veux dire, une Américaine mariée avec un assureur... eh bien, elle avait de grosses larmes, ça coulait sur sa crème de nuit, elle regardait et elle pleurait, elle ne pouvait plus s’arrêter. Quand elle vit le commandant à côté d’elle, bouillant de surprise, mais bouillant, littéralement, quand elle le vit à côté d’elle, avec un reniflement, la grosse dame riche, je veux dire, elle montra le piano et en reniflant, elle demanda :

« S’appelle comment ?

— Novecento.

— Pas la chanson, le petit garçon.

— Novecento.

— Comme la chanson ? »

C’était le genre de conversation qu’un commandant de marine peut difficilement poursuivre au-delà des quatre ou cinq premières répliques. Surtout quand il vient de découvrir qu’un gosse qu’on croyait mort non seulement était vivant mais avait entre-temps appris à jouer du piano. Il planta là la grosse dame riche avec ses larmes et tutti quanti, et traversa toute la salle d’un pas décidé : en pantalon de pyjama et veste d’uniforme déboutonnée. Il ne s’arrêta qu’arrivé près du piano. Il y en avait beaucoup, des choses qu’il aurait voulu dire à cet instant-là, entre autres : «Où t’as appris, bordel ?», et aussi « Où diable est-ce que t’étais fourré ? ». Mais, comme beaucoup d’hommes habitués à vivre en uniforme, il avait fini par penser également en uniforme. C’est pourquoi il dit :

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