Baricco, Alessandro - Novecento
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Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de vous expliquer que ce navire est, à bien des égards, un bateau extraordinaire, et tout compte fait unique en son genre. Sous le commandement du capitaine Smith, claustrophobe notoire et homme d’une grande sagesse (vous avez sans doute remarqué qu’il dort dans un canot de sauvetage), travaille pour vous une équipe pratiquement unique de professionnels qui, tous, sortent de l’ordinaire : Paul Siezinsky, notre pilote, ancien prêtre polonais, sensitif, pranothérapeute, hélas aveugle... Bill Joung, notre radio, grand joueur d’échecs, manchot, et affligé de bégaiement... notre médecin du bord, le docteur
Klausermanspitzwegensdorfentag, pas très pratique en cas d’urgence..., mais surtout :
Monsieur Pardin,
notre chef-cuisinier,
arrivé directement de Paris où il est cependant aussitôt reparti, après avoir constaté de visu que ce navire, par une curieuse circonstance, est totalement dépourvu de cuisines, comme l’avait d’ailleurs finement remarqué monsieur Camembert, cabine 12, qui s’est plaint aujourd’hui d’avoir trouvé son lavabo rempli de mayonnaise, ce qui est surprenant car en général dans les lavabos nous rangeons les tranches de fromage, ceci en raison de la non-existence des cuisines, à laquelle il faut d’ailleurs attribuer l’absence sur ce navire de véritable cuisinier, ce qu’était, sans aucun doute possible, monsieur Pardin, aussitôt reparti pour Paris, d’où il arrivait directement, persuadé de trouver ici des cuisines qui, reconnaissons-le, si l’on s’en tient aux faits, n’y sont pas, et cela en raison d’un amusant oubli de l’homme qui a conçu ce navire, l’éminent ingénieur Camilleri, anorexique de réputation mondiale, auquel je vous demanderai de bien vouloir adresser vos applaudissements les plus chaaaaaaaa-leu-reux...
(Orchestre au premier plan)
Croyez-moi, des bateaux comme celui-là, vous n’en trouverez pas d’autres : peut-être, en cherchant pendant des années, pourriez-vous retrouver un capitaine claustrophobe, un pilote aveugle, un radio qui bégaye, un docteur au nom imprononçable, tous réunis sur le même navire, et pas de cuisines. Peut-être. Mais ce qui ne vous arrivera plus jamais, ça vous pouvez en jurer, c’est d’être assis là, le cul posé sur dix centimètres de fauteuil au-dessus de plusieurs centaines de mètres cubes d’eau, en plein milieu de l’Océan, avec ce miracle devant vos yeux, cette merveille dans vos oreilles, ce rythme dans vos pieds et, dans votre cœur, le sound de l’unique, de l’inimitable, de l’immensément grand atlantic jazz band !! !! !
(Orchestre au premier plan. Le comédien présente les instrumentistes l’un après l’autre. A chaque nom succède un bref solo)
À la clarinette, Sam «Sleepy » Washington !
Au banjo, Oscar Delaguerra !
À la trompette, Tim Tooney !
Trombone, Jil Jim « Breath » Gallup !
À la guitare, Samuel Hockins !
Et enfin, au piano... Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento.
Le plus grand.
(La musique s’interrompt brusquement. Le comédien abandonne son ton de présentateur et, tout en continuant de parler, enlève son uniforme de musicien.)
Il l’était vraiment, le plus grand. Nous, on jouait de la musique, lui c’était autre chose. Lui, il jouait... quelque chose qui n’existait pas avant que lui ne se mette à le jouer, okay ? Quelque chose qui n’existait nulle part. Et quand il quittait son piano, ça n’existait plus... ça n’était plus là, définitivement... Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. La dernière fois que je l’ai vu, il était assis sur une bombe. Sans blague. Il était assis sur une charge de dynamite grosse comme ça. Une longue histoire... Il disait : «Tu n’es pas vraiment fichu, tant qu’il te reste une bonne histoire, et quelqu’un à qui la raconter. » Son histoire, à lui... c’était quelque chose. Il était sa bonne histoire à lui tout seul. Une histoire dingue, à vrai dire, mais belle... Et ce jour-là, assis sur toute cette dynamite, il m’en a fait cadeau. Parce que j’étais son meilleur ami... J’en ai fait, des conneries. On me mettrait la tête en bas que rien ne sortirait de mes poches, même ma trompette, je l’ai vendue, j’ai tout vendu, quoi, mais cette histoire-là... non, cette histoire-là je ne l’ai pas perdue, elle est toujours là, limpide et inexplicable, comme seule la musique pouvait l’être quand elle était jouée, au beau milieu de l’Océan, par le piano magique de Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento.
(Le comédien se dirige vers les coulisses. On entend l’orchestre qui recommence à jouer, pour le final. Quand le dernier accord s’éteint, le comédien revient sur scène.)
C’est un marin appelé Danny Boodmann qui l’avait trouvé. Il le trouva un matin, alors que tout le monde était déjà descendu, à Boston, il le trouva dans une boîte en carton. Il devait avoir dans les dix jours, guère plus. Il ne pleurait même pas, il restait là sans faire de bruit, les yeux ouverts, dans sa grande boîte. Quelqu’un l’avait laissé dans la salle de bal des premières classes. Sur le piano. Mais il n’avait pas l’air d’un nouveau-né de première classe. C’est les émigrants qui font ça, en général. Ils accouchent à la sauvette, quelque part sur le pont, et ils laissent le gosse là. Pas qu’ils soient méchants, non. Mais c’est la misère, la misère noire. Un peu comme pour leurs habits... ils montaient à bord avec des pantalons tout rapiécés au cul, chacun avec ses habits qui craquaient de partout, les seuls qu’ils possédaient. Mais à la fin, parce que l’Amérique restera toujours l’Amérique, tu les voyais descendre tous, bien habillés, avec même une cravate, les hommes, et les enfants des genres de chemise blanche... ça, ils savaient y faire. Pendant ces vingt jours de traversée ça coupait, ça cousait, à la fin sur le bateau tu ne retrouvais même plus un rideau, plus un drap, rien : ils s’étaient fait le beau costume, pour l’Amérique. Et à toute la famille. Tu pouvais rien leur dire...
Bref, de temps en temps, il leur arrivait aussi par là-dessus un mouflet, autrement dit une bouche de plus à nourrir, pour un émigrant, et un sacré paquet d’ennuis à l’office de l’immigration. Alors ils le laissaient sur le bateau. En échange des rideaux et des draps, quoi. C’est ce qui avait dû arriver, pour ce mouflet-là. Ils s’étaient fait le raisonnement : si on le laisse sur le piano à queue, dans la salle de bal des premières, peut-être qu’un rupin va le prendre, et qu’il sera heureux toute sa vie. C’était un bon plan. Qui marcha à moitié. Rupin, il ne le fut pas. Mais pianiste, oui. Et le plus grand, je le jure, le plus grand.
Bon, bref. Le vieux Boodmann le trouva là, et chercha quelque chose disant qui il était, mais il ne trouva qu’une inscription, sur le carton de la boîte, imprimée à l’encre bleue : T.D. Limoni. Il y avait même une espèce de dessin, avec un citron. Bleu lui aussi. Danny, c’était un nègre de Philadelphie, un géant d’homme, magnifique à voir. Il prit le bébé dans ses bras et lui dit « Hello Lemon ! ». Et quelque chose à l’intérieur de lui se déclencha, quelque chose comme la sensation qu’il était devenu père. Pendant tout le reste de sa vie, il continua à prétendre que T.D., ça voulait dire évidemment Thanks Danny. Merci Danny. C’était absurde mais il y croyait. Ce môme, on l’avait laissé là pour lui. Il en était sûr... T.D., Thanks Danny. Un jour, quelqu’un lui apporta un journal où il y avait une réclame, et un type avec une tête d’imbécile et des moustaches fines-fines, genre latin lover, et un citron gros comme ça dessiné, et ce qu’il y avait d’écrit à côté, c’était : «Tano Damato le roi des citrons, Tano Damato, le citron des rois », avec je ne sais quel certificat ou premier prix ou quoi... Tano Damato... Le vieux Boodmann, il a pas fait un pli. « C’est qui ce pédé ?» il a dit. Et il s’est fait donner le journal parce que, à côté de la réclame, il y avait les résultats des courses. Il n’y jouait pas, aux courses : c’étaient les noms des chevaux qui lui plaisaient, seulement ça, c’était une vraie passion, il te disait toujours «écoute celui-là, écoute, il a couru hier, à Cleveland, écoute, ils l’ont appelé Cherchembrouille, non mais tu te rends compte ? c’est pas Dieu possible ! et celui-là ? regarde, Peut Mieux Faire, c’est pas à crever de rire ?», il aimait ça, les noms des chevaux, c’était sa passion, quoi. Lequel avait gagné, il s’en tamponnait complètement. Ce qui lui plaisait, c’était les noms.
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