Patrick Suskind - Le parfum

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Il retira sa main. La table de travail avait une allure émouvante : comme tout y était prêt ! Le bassin de verre pour le bain de parfum, la plaque de verre pour le séchage, les creusets pour additionner les essences, le pilon et la spatule, le pinceau, la paumelle et les ciseaux. C’était comme si ces choses n’avaient fait que dormir parce qu’il faisait nuit et allaient reprendre vie demain. Peut-être devrait-il emporter cette table à Messine ? Et une partie de ses instruments, en se limitant aux plus importants ?... On était bien assis et l’on travaillait très bien, à cette table. Le plateau était en planches de chêne, et le piétement aussi, l’ensemble était entretoisé, si bien que rien ne tremblait ni ne branlait dans cette table, qui de surcroît ne craignait ni acide, ni huile, ni coup de couteau... et qui coûterait une fortune à emporter à Messine ! Même par bateau ! Et c’est pourquoi elle serait vendue, cette table, elle serait vendue demain, comme d’ailleurs tout ce qu’il y avait dessus, dessous et à côté ! Car lui, Baldini, avait le cœur tendre, certes, mais il avait aussi du caractère, et c’est pourquoi, même s’il lui en coûtait, il mettrait sa décision à exécution ; il abandonnerait tout cela les larmes aux yeux, mais il le ferait tout de même, car il savait que c’était la bonne décision, il avait reçu un signe.

Il se retourna pour sortir. Et voilà que ce petit être mal bâti lui bouchait la porte, il l’avait déjà presque oublié.

— C’est bien, dit Baldini. Tu diras à ton maître que le cuir est bien. Je passerai l’un de ces prochains jours pour le régler.

— Très bien, dit Grenouille sans bouger, barrant ainsi la route à Baldini, qui s’apprêtait à quitter l’atelier.

Baldini tiqua un peu mais, ne soupçonnant rien, il prit l’attitude du garçon pour de la timidité et non pour de l’astuce.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il. Tu as encore une commission à me faire ? Eh bien, dis-la.

Grenouille était toujours tassé sur lui-même et levait vers Baldini ce regard qui paraissait traduire l’anxiété, mais provenait en fait d’une tension de bête aux aguets.

— Je veux travailler chez vous, Maître Baldini. Chez vous, je veux travailler dans votre affaire.

Cela n’était pas dit sur le ton de la prière, mais de la revendication, et d’ailleurs ce n’était pas vraiment dit, c’était sorti comme sous pression, dans un sifflement de reptile. Et de nouveau Baldini se méprit sur l’énorme assurance de Grenouille, il y vit la maladresse d’un petit garçon. Il le regarda avec un sourire aimable et lui dit.

— Tu es apprenti tanneur, mon fils ; je n’ai pas l’emploi d’un apprenti tanneur. J’ai moi-même un compagnon, et je n’ai pas besoin d’un apprenti.

— Vous voulez parfumer ces peaux de chevreau, Maître Baldini ? Ces peaux que je vous ai apportées, vous voulez qu’elles sentent, n’est-ce pas ? siffla Grenouille comme s’il n’avait pas prêté attention à la réponse de Baldini.

— Effectivement, dit Baldini.

— Qu’elles sentent « Amor et Psyché » de Pélissier ? demanda Grenouille en se tassant encore davantage sur lui-même.

Là, Baldini fut parcouru d’un léger frisson de frayeur. Non qu’il se demandât comment ce petit gars était si bien au courant, mais simplement à entendre le nom de ce parfum détesté, dont sa tentative de déchiffrage s’était aujourd’hui soldée par un échec.

— Où vas-tu prendre cette idée absurde que j’utiliserais le parfum d’un autre, pour...

— Vous sentez ce parfum ! siffla Grenouille. Vous en avez sur le front, et dans la poche droite de votre habit, vous avez un mouchoir qui en est imprégné. Il n’est pas bon, cet « Amor et Psyché », il est mauvais, il y a dedans trop de bergamote et trop de romarin, et pas assez d’huile de rose.

— Ah ! tiens, dit Baldini qui était complètement surpris par le tour technique que prenait la conversation. Quoi d’autre ?

— Fleur d’oranger, limette, œillet, musc, jasmin, de l’eau-de-vie et quelque chose dont je ne connais pas le nom, tenez, c’est là ! Dans cette bouteille !

Et il tendit le doigt vers un endroit qui était dans le noir. Baldini brandit son chandelier dans la direction indiquée, son regard suivi l’index du garçon et tomba sur une bouteille du rayon ; elle était pleine d’un baume gris-jaune.

— Du storax ? demanda-t-il.

Grenouille acquiesça de la tête.

— Oui. C’est ce qui est là. Du storax.

Puis il se plia, comme tordu par une convulsion et murmura le mot pour lui seul au moins une douzaine de fois :

— Storaxstoraxstoraxstorax...

Baldini tendit sa bougie vers cet avorton qui coassait « storax » dans son coin et pensa : ou bien il est possédé, ou bien c’est un escroc, ou bien il est exceptionnellement doué. Car, judicieusement dosés, il était fort possible que les éléments indiqués pussent donner « Amor et Psyché » ; c’était même vraisemblable. Huile de rose, œillet et storax : c’étaient ces trois composants qu’il avait si désespérément cherchés cet après-midi ; avec eux, les autres éléments de la composition (qu’il croyait avoir reconnus lui aussi) collaient comme des sections pour former un joli gâteau rond. La question n’était plus que de savoir dans quelles proportions exactes il fallait les assembler. Et pour le découvrir, il faudrait à Baldini des jours entiers d’expériences, un travail épouvantable, presque pire encore que la simple identification des éléments, car il s’agirait alors de mesurer, de peser et de noter, et en même temps de faire terriblement attention, car la moindre inadvertance – la pipette qui tremble, une erreur en comptant les gouttes – pouvait tout gâcher. Et chaque essai loupé était affreusement cher. Chaque mélange gâché coûtait une petite fortune... Il allait mettre ce petit bonhomme à l’épreuve, il allait lui demander la formule exacte d’« Amor et Psyché ». S’il la savait, au gramme et à la goutte près, alors c’était à l’évidence un escroc, qui avait extorqué d’une manière ou d’une autre la recette de Pélissier pour trouver accès et embauche chez Baldini. Mais s’il la devinait approximativement, alors c’était un génie olfactif, et comme tel il piquait l’intérêt professionnel de Baldini. Non que celui-ci revînt sur la décision qu’il avait prise de lâcher son affaire ! Ce n’est pas le parfum de Pélissier en lui-même qui lui importait. Même si ce gars lui en procurait des litres, Baldini ne songeait pas un instant à en parfumer le maroquin du comte de Verhamont, mais... Mais on n’avait tout de même pas été parfumeur sa vie entière, on ne s’était pas occupé sa vie entière de la composition des parfums, pour perdre d’une heure à l’autre toute sa passion professionnelle ! Cela l’intéressait à présent de trouver la formule de ce maudit parfum, et plus encore d’explorer le talent de cet inquiétant garçon, qui avait été capable de lire un parfum sur son front. Il voulait savoir ce que cela cachait. Il était tout simplement curieux.

— Tu as, semble-t-il, le nez fin, jeune homme, dit-il quand Grenouille eut fini de coasser.

Il revint sur ses pas dans l’atelier, pour poser soigneusement le chandelier sur la table de travail.

— Le nez fin, il n’y a pas de doute, reprit-il, mais...

— J’ai le meilleur nez de Paris, Maître Baldini, interrompit Grenouille de sa voix grinçante. Je connais toutes les odeurs du monde, toutes celles qui se trouvent à Paris, toutes, seulement il y en a dont je ne connais pas le nom, mais je peux aussi apprendre les noms, toutes les odeurs qui ont des noms, ça ne fait pas beaucoup, ça ne fait que quelques milliers. Je les apprendrai tous, je n’oublierai jamais le nom de ce baume, storax, ce baume s’appelle storax, ce baume s’appelle storax, il s’appelle storax.

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