Patrick Suskind - Le parfum
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Il était debout à la fenêtre, le vieux Baldini, et jetait un regard haineux vers le soleil qui éclairait le fleuve à l’oblique. Des péniches surgissaient sous ses pieds et glissaient lentement vers l’ouest en direction du Pont-Neuf et du port qui était au pied des galeries du Louvre. Aucune ne remontait ici le courant, elles empruntaient l’autre bras du fleuve, de l’autre côté de l’île. Ici, tout se contentait de descendre le courant, les péniches vides ou pleines, les petites embarcations à rames et les barques plates des pêcheurs, l’eau teintée de crasse et l’eau frisée d’or, tout ici ne faisait que s’écouler, descendre et disparaître, lentement, largement, irrésistiblement. Et quand Baldini regardait tout droit à ses pieds, le long de sa maison, il avait l’impression que les eaux aspiraient et entraînaient au loin les piles du pont, et il avait le vertige.
Ç’avait été une erreur d’acheter cette maison sur le pont et une double erreur de la prendre sur le côté ouest. Du coup, il avait sans cesse sous les yeux le courant qui s’éloignait et il avait l’impression de s’en aller lui-même, lui et sa maison et sa fortune acquise en des dizaines d’années : lui et elles partaient au fil de l’eau, et il était trop vieux et trop faible pour s’arc-bouter encore contre ce puissant courant. Parfois, lorsqu’il avait à faire sur la rive gauche, dans le quartier de la Sorbonne ou de Saint-Sulpice, il ne prenait pas par l’île et le pont Saint-Michel, mais faisait le tour par le Pont-Neuf, car sur ce pont il n’y avait pas de constructions. Alors il s’accotait au parapet du côté de l’est et regardait vers l’amont, afin de voir pour une fois le courant venir vers lui et tout lui apporter ; et pendant quelques instants il se plaisait à imaginer que la tendance de sa vie s’était inversée, que les affaires étaient florissantes, que la famille était prospère, que les femmes se jetaient à son cou et que son existence, au lieu de s’étioler, s’amplifiait à n’en plus finir.
Mais ensuite, quand il levait un tout petit peu les yeux, il voyait à quelques centaines de mètres sa propre maison, fragile, étroite et haute, sur le Pont-au-Change, et il voyait la fenêtre de son laboratoire au premier étage, et il se voyait lui-même à cette fenêtre, se voyait regarder en direction du fleuve et observer le courant qui s’éloignait, comme à présent. Et du coup le beau rêve s’envolait et Baldini, debout sur le Pont-Neuf, se détournait, plus abattu qu’avant, abattu comme à présent, tandis qu’il se détournait de la fenêtre, allait à son bureau et s’y asseyait.
12
Devant lui était posé le flacon contenant le parfum de Pélissier. Le liquide avait au soleil un éclat d’un brun doré, limpide, sans rien de trouble. Il avait l’air parfaitement innocent, comme du thé clair – et pourtant, outre quatre cinquièmes d’alcool, il contenait un cinquième de ce mystérieux mélange qui était capable de mettre en émoi une ville entière. Et ce mélange à son tour pouvait être constitué de trois ou de trente éléments différents, dans des proportions tout à fait précises qu’il fallait trouver parmi une infinité d’autres. C’était l’âme de ce parfum (pour autant qu’on pût parler d’âme, s’agissant d’un parfum de ce commerçant au cœur froid qu’était Pélissier) et c’est son agencement qu’il fallait maintenant découvrir.
Baldini se moucha soigneusement et baissa un peu la jalousie de la fenêtre, car la lumière directe du soleil était dommageable à tout élément odoriférant et à toute concentration olfactive un peu raffinée. Du tiroir de son bureau, il tira un mouchoir frais, en dentelle blanche, et le déploya. Puis il retira le bouchon du flacon, en le tournant légèrement. Ce faisant, il rejeta la tête en arrière et pinça les narines, car pour rien au monde il ne voulait se faire une impression prématurée en sentant directement le flacon. Le parfum se sentait à l’état épanoui, aérien, jamais à l’état concentré. Il en fit tomber quelques gouttes sur le mouchoir, qu’il agita en l’air pour faire partir l’alcool et qu’il porta ensuite à son nez. En trois coups très brefs, il aspira le parfum comme une poudre, l’expira aussitôt et, de la main, s’envoya de l’air frais au visage, puis renifla encore sur le même rythme ternaire et, pour finir, aspira une longue bouffée, qu’il relâcha lentement, en s’arrêtant plusieurs fois, comme s’il la laissait glisser sur un long escalier en pente douce. Il jeta le mouchoir sur la table et se laissa retomber contre le dossier de son fauteuil.
Le parfum était ignoblement bon. Ce misérable Pélissier était malheureusement un artiste. Un maître, Dieu nous pardonne, et quand bien même il n’avait pas suivi d’apprentissage ! Baldini eût souhaité que cet « Amor et Psyché » fût de lui. Cela n’avait pas trace de vulgarité. C’était absolument classique, rond et harmonieux. Et pourtant d’une nouveauté fascinante. C’était frais, mais pas racoleur. C’était fleuri sans être pâteux. Cela vous avait de la profondeur, une magnifique profondeur, tenace, flamboyante et d’un brun foncé – mais pas surchargée ni grandiloquente pour un sou.
Baldini se leva presque avec déférence et porta de nouveau le mouchoir à son nez.
— Merveilleux, merveilleux, marmonna-t-il en reniflant avidement. C’est d’un caractère gai, c’est affable, c’est comme une mélodie, ça vous met carrément de belle humeur... Sottises ! De belle humeur !
Et il rejeta rageusement le carré de dentelle sur la table, se détourna et alla dans le coin le plus reculé de la pièce, comme s’il avait honte de son enthousiasme.
Ridicule ! De se laisser aller à de pareils dithyrambes. Comme une mélodie. Gai. Merveilleux. Belle humeur.
— Stupidités ! Stupidités puériles. Impression momentanée. Vieille erreur de ma part. Question de tempérament. Hérédité italienne, vraisemblablement. Ne juge pas, tant que tu sens ! C’est la première règle, Baldini, vieille bête ! Sens, quand tu sens, et juge quand tu as senti ! « Amor et Psyché » est un parfum qui n’est pas indifférent. C’est un produit tout à fait réussi. Une combinaison habile. Pour ne pas dire de la frime. D’ailleurs, qu’attendre d’autre que de la frime, de la part d’un homme comme Pélissier ? Naturellement qu’un type comme Pélissier ne fabrique pas du parfum de bas étage. Cette fripouille sait parfaitement vous en mettre plein la vue, il sait troubler votre odorat avec une harmonie parfaite, il sait se déguiser en parfumeur classique comme le loup qui s’affublait d’une peau de mouton ; en un mot, c’est un scélérat de talent. Et c’est bien pire qu’un maladroit orthodoxe.
Mais toi, Baldini, tu ne vas pas te laisser endormir. Tu as juste été un instant surpris par la première impression que t’a produite ce trucage. Mais est-ce qu’on sait quelle odeur il aura dans une heure, quand ses substances les plus volatiles se seront évaporées et que son corps apparaîtra ? Ou quelle odeur il aura ce soir, lorsqu’on ne percevra plus que ces composants lourds et obscurs qui restent pour le moment dans la pénombre olfactive, dissimulés qu’ils sont par d’agréables rideaux de fleurs ? Attends un peu, Baldini !
La deuxième règle dit : le parfum vit dans le temps ; il a sa jeunesse, sa maturité et sa vieillesse. Et ce n’est que s’il sent également bon à ces trois âges qu’on peut dire qu’il est réussi. N’avons-nous pas souvent déjà vu les cas d’un mélange de notre cru qui, au premier essai, avait une fraîcheur magnifique, et qui en peu de temps sentait le fruit pourri, et qui finalement avait une affreuse odeur de civette pure, parce que nous en avions forcé la dose ? Toujours être prudent avec la civette ! Une goutte de trop, et c’est la catastrophe. C’est une erreur classique. Qui sait, peut-être que Pélissier en aura trop mis ? Peut-être que d’ici ce soir il ne restera de son prétentieux « Amor et Psyché » qu’une vague odeur de pipi de chat ? Nous allons voir.
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