Emile Gary - Gros-Câlin
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- Название:Gros-Câlin
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- Издательство:Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique
- Жанр:
- Год:2013
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— Et alors ? C’est du yoga.
— Yo… ?
— … Ga. Je m’étreins.
— Vous vous… ?
— Je m’étreins, c’est dans le dictionnaire. Ça existe, je ne l’ai pas inventé. C’est la communion avec quelqu’un, quelque chose. Ce sont ce qu’on appelle, en langage courant, des exercices affectueux. On s’étreint.
— On…
— C’est la dernière position qu’on a recours à, dans le yoga, quand on s’est déjà mis dans toutes les positions et qu’il reste plus rien. Vous trouvez tout ça sur les affiches de comment vivre dans le grand Paris – les secouristes, et tout ça. Le bouche-à-bouche.
— C’est bon pour quoi ?
— C’est bon pour la qualité de la vie.
— Ah bon.
— Oui, la vie, ça demande de l’encouragement.
Je suis obligé de la ménager, de ne pas la perturber à cause de Gros-Câlin. Il est très difficile de trouver une personne qui accepte de faire un appartement où il y a un python en liberté. Les pythons sont très mal vus des autres. Les gens n’aiment pas se sentir méprisés ou accusés, alors qu’ils ne sont pas de leur faute.
Avant madame Niatte, j’avais une femme de ménage portugaise, à cause de l’augmentation du niveau de vie en Espagne. La première fois qu’elle devait venir, je suis resté à la maison pour ne pas lui faire peur et l’habituer à Gros-Câlin. Mais quand elle est montée, je ne trouvais Gros-Câlin nulle part. Il aime se couler dans toutes sortes d’endroits inattendus. Je fouillai partout : rien, pas trace. Je commençais déjà à m’affoler, avec angoisse et confusion, c’était la panique, j’étais sûr qu’il m’était arrivé quelque chose. Mais je fus vite rassuré. À côté de ma table de travail, il y a un grand panier pour mes lettres d’amour. Je les jette toujours là, après les avoir écrites. J’étais occupé à chercher sous le lit, lorsque j’entendis la Portugaise pousser un hurlement affreux. Je me précipite : mon python s’était dressé dans la corbeille à papier et oscillait aimablement en regardant la brave femme.
Vous n’avez pas idée de l’effet que ça a fait. Elle s’est mise à trembler et puis elle est tombée raide par terre et quand j’ai mis un peu d’Évian dessus, elle a commencé à se tordre et à hululer, les yeux révulsés, je crus qu’elle allait mourir sans arranger les choses. Quand elle a repris son état, elle a couru tout droit à la police et leur a dit que j’étais un sadique et un exhibitionniste. Je dus passer deux heures au poste. La Portugaise ne parlait presque pas le français, à cause de l’immigration sauvage, elle criait « monsieur sadista, monsieur exhibitionnista », et lorsque je dis aux policiers que tout ce que je lui avais montré c’était mon python et que je l’avais même fait venir exprès pour ça, pour qu’elle puisse s’habituer, ils se sont tordus de rire, je n’arrivais pas à placer un mot, c’étaient des hi ! hi ! hi ! et des ho ! ho ! ho !, à cause de l’esprit gaulois. Le commissaire est sorti, en les entendant rire, croyant que c’étaient des brutalités policières dans les journaux. La main-d’œuvre étrangère continuait à gueuler, « sadista, exhibitionnista » et j’ai tout de suite dit au commissaire que j’avais fait venir la personne pour l’habituer à la vue de mon python, mais que celui-ci s’était dressé avec inattendu, sans préméditation de ma part, et qu’il avait plus de deux mètres de long, d’où la surprise. Et voilà que le commissaire aussi commence à pouffer, en essayant de se retenir « pff, pff, » pendant que les flics donnaient tout à fait libre cours à leur joie.
J’étais furieux.
— Bon, si vous ne me croyez pas, je vais vous montrer ça ici-même, dis-je, et là-dessus, le commissaire cesse de rire et m’informe qu’un geste comme ça peut me mener très loin.
C’était un outrage aux mœurs dans l’exercice de leur fonction. Les mœurs aussi ont cessé de rire et me regardaient, il y avait même un Noir parmi eux qui ne riait pas. Ça me fait toujours un peu bizarre de voir un Noir en uniforme francophone, à cause de M lle Dreyfus, de mes rêves, du doux parler des îles et de la joie de vivre. Mais je n’ai pas molli, je pris dans mon portefeuille ce que mes collègues appellent mes « photos de famille ». J’ai choisi au hasard un instantané de Gros-Câlin couché sur mes épaules, la tête appuyée contre ma joue, c’est la photo que je préfère, parce qu’il y a là comme une fin de l’impossible, avec fraternité entre les règnes.
J’ai d’autres photos de Gros-Câlin, au-dessus de mon lit, à côté de mes pantoufles, sur le fauteuil et je les montre volontiers, pas pour me faire remarquer, mais pour intéresser, tout simplement.
— Voilà, leur dis-je. Il y a là, comme vous voyez, un malentendu. Je ne parle pas de moi, je parle du python ici présent. Cette dame a beau être une étrangère, elle doit tout de même savoir distinguer un python d’un homme et de tout ce qui suit. Surtout que Gros-Câlin a deux mètres vingt de longueur.
— Gros-Câlin ? répéta le commissaire.
— C’est le nom de mon python, lui dis-je.
Les flics ont recommencé à se bidonner et je me fâchai sérieusement, ce qui se traduit chez moi par des sueurs d’angoisse.
J’ai une peur bleue de la police, à cause de Jean Moulin et de Pierre Brossolette. Je me demande même par moments si je n’ai pas adopté un python pour que ça se remarque moins. Pour détourner l’attention. Il est bien connu qu’il n’y a qu’un pas de l’aspiration à l’expiration. Si on venait chez moi, parce que quelque chose dans mon comportement aurait paru bizarre, on verrait immédiatement un python, qui se remarque fortement dans un deux-pièces, et on ne chercherait pas plus loin, surtout que de nos jours, Jean Moulin et Pierre Brossolette, ça ne viendrait à l’esprit de personne. Je suis obligé d’en parler, à cause de la clandestinité, qui est un état naturel dans un agglomérat de dix millions de choses.
Je suis également d’accord respectueusement avec l’Ordre des Médecins, il y a bien une vie avant la naissance, et c’est dans ce but que je leur dédie mes efforts dans ce but.
Le commissaire a montré les photos à l’immigration sauvage et celle-ci a été obligée de reconnaître que c’était bien ce Gros-Câlin-là qu’elle avait vu et pas l’autre.
— Vous savez qu’il faut une autorisation pour garder chez vous un python ? me demanda le commissaire paternellement.
Là, j’ai failli me marrer. Vous pensez bien que je suis en règle. Et pas même de faux papiers, comme sous les Allemands. De vrais, comme sous les Français. Il fut satisfait. Il n’y a rien qui fait plus plaisir à un policier que les papiers en règle. Ça prouve que ça marche, quoi.
— Je voudrais vous demander à titre personnel pourquoi vous avez adopté un python et pas un animal plus comment dirais-je ?
— Plus comment dirais-je ?
— Oui. Plus proche de nous, quoi. Un chien, un joli oiseau, un canari ?
— Un canari ? Plus proche de nous ?
— Ce qu’on appelle justement les animaux familiers. Un python, ce n’est tout de même pas quelque chose qui se prête à l’affection des siens.
— Monsieur le commissaire, dans ces affaires-là, on ne choisit pas, vous savez. C’est des sélectivités affectives. Je veux dire, des affinités électives. Je suppose que c’est ce qu’on appelle en physique les atomes crochus.
— Vous voulez dire…
— Oui. On rencontre, on rencontre pas. Je ne suis pas de ceux qui mettent dans le journal une annonce de vingt lignes qui désire rencontrer une jeune femme de bonne famille, 1 m 67, châtain clair, yeux bleus, petit nez retroussé et qui aime la neuvième symphonie de Bach.
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