Emile Gary - Gros-Câlin
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- Название:Gros-Câlin
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- Издательство:Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique
- Жанр:
- Год:2013
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Elle ajoute souvent :
— Enfin, tu as un regard. Au moins, avec toi, on se fait regarder. C’est pas seulement l’endroit. Allez, viens que je te lave le cul.
Il se pose ici un problème extrêmement délicat et gênant, que je suis bien obligé de soulever dans le cadre de cette étude. On me dit que ce n’était pas comme ça autrefois. La patronne du tabac rue Vialle, à qui je m’en suis ouvert, offrit une explication :
— C’est à cause des roses. Leurs feuilles sont roses comme les pétales du même nom, d’où image poétique, feuille de rose. C’était moins demandé de mon temps, mais le niveau de vie a augmenté, à cause de l’expansion et du crédit. Les richesses sont mieux réparties et plus accessibles. Oui, c’est le niveau de vie qui fait ça. Tout augmente et l’hygiène aussi. Les gâteries réservées aux privilégiés sont mieux réparties, on accède plus facilement. Et puis, il y a la prise de conscience, la banalisation, la rapidité, aussi, pour aller droit au but sans complications. De mon temps, par exemple, une jeune femme vous demandait avec tact pour suggérer : « Je te lave, mon chéri, ou tu le fais toi-même ? » et ça se passait debout, au-dessus du lavabo, elle vous savonnait la verge et vous l’amusait en même temps, pour l’accélérer. C’était très rare qu’elle vous lave le cul d’autorité, c’était pour les privilégiés. Maintenant, c’est l’hygiène avant tout, parce que ça fait assistante sociale et prise de conscience. Elle vous fait asseoir sur le bidet et vous lave le cul d’office, parce que le niveau de vie est monté et c’est accessible à tous. Vous pouvez vous informer : c’est venu seulement il y a quinze, vingt ans, avec l’accessibilité générale de tous aux fruits du travail et de l’expansion. Avant, jamais une pute ne vous savonnait l’anus. C’était exceptionnel, pour les connaisseurs. Maintenant, tout le monde est connaisseur, on sait tout, à cause de la publicité, on sait ce qui est bon. La publicité met la marchandise en valeur. Le luxe, la feuille de rose, c’est devenu de première nécessité. Les filles savent que le client exige la feuille de rose, qu’il est au courant de la marchandise, de ses droits.
C’est possible, mais je n’y arrive pas à m’habituer à cause de mes problèmes de personnalité. Je ne demande pas à être traité comme un être différent, au contraire, mais j’éprouve de la dépréciation, de la déperdition, je me sens terriblement banalisé lorsque Claire, Iphigénie ou Loretta me fait asseoir sur le bidet et commence à me savonner le cul, alors que je viens là pour avoir de la compagnie féminine. Je suis donc de plus en plus tenté de me débarrasser de mon python qui écarte de moi les valeurs féminines authentiques et permanentes, en vue de vie à deux. Mais cette décision à prendre devient chaque jour plus difficile, car plus je suis anxieux et malheureux, et plus je sens qu’il a besoin de moi. Il le comprend et s’enroule autour de moi de toute sa longueur et de son mieux, mais parfois il me semble qu’il n’y en a pas assez et je voudrais encore des mètres et des mètres. C’est la tendresse qui fait ça, elle creuse, elle se fait de la place à l’intérieur mais elle n’est pas là, alors ça pose des problèmes d’interrogation et de pourquoi.
Ce qui fait que ça s’enroule et ça s’enroule et il y a des jours que Gros-Câlin fait tant de nœuds qu’il n’arrive plus à se libérer de lui-même et ça donne des idées de suicide, à cause de l’œuf de Colomb et du nœud gordien. Pour illustrer l’exemple, même une bonne paire de chaussures sous tous rapports a ce problème, lorsqu’on tire sur un bout du lacet et ça fait seulement un nœud de plus. La vie est pleine d’exemples, on est servi. Par exemple, justement, une délicatesse élémentaire m’empêche de m’approcher de M lleDreyfus en roulant un peu les épaules et enfonçant ma chemise sous la ceinture du pantalon avec naturel et lui proposer de sortir, comme ça, droit dans les yeux, un vrai mec qui prend des risques et tire sur le bout du lacet sans savoir ce que ça donnera et si ça fera peut-être seulement un nœud de plus. Je pose donc qu’une délicatesse élémentaire m’empêche de faire des avances directes sans détour à M lle Dreyfus, car elle serait blessée dans son sentiment d’égalité, elle croirait que je suis raciste et que je me permets de lui proposer un bout de chemin parce qu’elle est une Noire et que donc « on peut y aller, on est entre égaux » et que j’exploite ainsi notre infériorité et nos origines communes.
On me dira qu’en tirant parfois sur le bout du lacet tous les nœuds se défont comme ça d’un seul coup crrac ! comme en mai 68, mais en mai 68 j’ai eu tellement peur que je ne suis même pas sorti de chez moi pour aller au bureau, j’avais peur d’être sectionné, coupé en deux ou trois ou quatre comme au music-hall dans le numéro d’illusionnisme où ça fait une forte impression mais où le lacet est enfin montré exactement comme il était auparavant.
Je ferai également remarquer pour la dernière fois sans me fâcher sérieusement, au cas où ce serait là un test psychologique en vue de mon plein emploi et de promotion sociale, que je ne dévie nullement de ma direction de marche, dans le présent ouvrage sur les pythons, car j’avais commencé à parler avec le père Joseph du problème de nourritures terrestres pour Gros-Câlin, ce que je continue à faire.
Il n’y a en effet rien de plus apaisant et délicieux qu’un besoin naturel satisfait. L’autre jour, j’en ai fait l’expérience. Je me suis pris moi-même dans mes bras et j’ai serré. J’ai refermé mes bras autour de moi-même et j’ai serré très fort, pour voir l’effet affectueux que ça fait. Je me suis serré dans mes bras avec toute la force dont je suis capable, en fermant les yeux. C’est très encourageant, un avant-goût, mais ça ne vaut pas Gros-Câlin. Lorsqu’on a besoin d’étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Gros-Câlin est capable de m’étreindre ainsi pendant des heures et des heures, et parfois il lève seulement la tête du creux de mon épaule, l’écarte un peu, se tourne vers mon visage et me regarde dans les yeux fixement, en ouvrant largement sa gueule. C’est sa nature qui fait ça. Cette question de nourritures terrestres devrait figurer au premier plan de nos satisfactions. C’est précisément dans le but de ces quelques conseils utiles que je rédige le présent traité zoologique.
Une fois, alors que Gros-Câlin avait encore plus que d’habitude besoin de donner sa tendresse et son amitié à quelqu’un, je m’étais mis ainsi debout sur la moquette, les bras étroitement enlacés autour de moi-même, comme pour aider mes deux mains à se joindre et à se serrer, lorsque j’entendis un bruit derrière moi. C’était madame Niatte avec sa clé, son seau d’eau et son balai. Madame Niatte, ou Gnatte, comme ça se prononce, est ma concierge, qui fait aussi le ménage. Elle me regardait avec une stupéfaction non dissimulée. Je me dénouai aussitôt par considération pour son incompréhension et ses habitudes.
— Eh ben, ça alors…
C’est une Française.
— Eh ben, vraiment…
— Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
— Ça fait combien de temps que vous êtes comme ça, debout en pyjama, à vous tenir dans vos bras au milieu de la pièce ?
Je haussai les épaules. Je ne pouvais pas lui expliquer que je faisais des exercices affectueux pour me préparer à une longue journée dans l’environnement. Il y a des personnes qui en sont si loin qu’elles ne le sentent même pas.
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