Emile Gary - Gros-Câlin
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- Название:Gros-Câlin
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- Издательство:Mercure de France & Atelier Panik éd. numérique
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- Год:2013
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J’ai fait voir au vétérinaire du Muséum une tache noire gris-noir, une erreur de la nature, dont Gros-Câlin a bénéficié sous le ventre, côté gauche, et le vétérinaire m’a dit avec humour que cela lui aurait donné une grande valeur s’il était un timbre-poste. Il paraît que c’est très rare, et la rareté confère. Les fautes d’impression donnent une grande valeur, en raison du calcul des probabilités, qui rend son intrusion très problématique et à peu près impossible, tout ayant été conçu afin d’éviter, justement, l’intrusion de l’erreur humaine. C’est dans ce sens que j’utilise prudemment et pour éviter d’éveiller cruellement les espoirs déçus et douloureux par nature, les expressions comme « erreur humaine » et « fin de l’impossible ». Il ne convient pas de m’accuser aussitôt d’élitisme, car je sollicite l’apparition de l’erreur humaine à son échelon le plus humblement démographique, – je le suis comme je le pense – dans un simple but de naissance, de métamorphose.
Il ne convient d’ailleurs pas de se faire des illusions en raison d’une simple apparition d’une tache gris-noir sous le ventre, côté gauche. L’attente d’une faute d’impression qui conférerait une rareté inouïe et une valeur soudain nouvelle à une émission de sperme, est une simple rêverie de philatéliste, comme les extraterrestres et les soucoupes volantes. Il y a plutôt dépréciation vertigineuse par suite d’inflation et de droit sacré à la vie par voie urinaire.
J’ai également trouvé une fois ou deux Gros-Câlin dressé ainsi en spirale sous le mur vers les portraits de Jean Moulin et de Pierre Brossolette, dans un but aspiratoire ou désespéré, ou simplement par habitude de regarder vers le haut.
Je dois cependant avouer que malgré ma prudence cette affaire de tache éveilla en moi des émotions prémonitoires. Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais justement, il y eut aussitôt apparition d’une autre. Un de mes collègues de bureau, Braverman, un collègue très correctement habillé, vint me voir avec un journal à la main. Je ne lis pas l’anglais, étant francophone de culture et d’origine, et fier de l’être, compte tenu de l’apport de la France au passé, dont elle continue à s’acquitter. Il montra cependant l’endroit sur la page et me traduisit une dépêche selon laquelle une grande tache – c’est moi qui souligne – une grande tache vivante organique et en voie de développement – je répète que c’est moi qui souligne en vue d’éviter l’illusion d’une manifestation transcendantale et extra-terrestre, avec apparition d’espoir – une tache, donc, organique, en voie de développement – qui ne cessait de grandir et de s’étendre, était apparue au sol, donc, sur terre – c’est important pour les raisons qu’on imagine – dans le jardin d’une ménagère au Texas. Elle était d’aspect marron – celle de Gros-Câlin était d’un gris-noir, mais il fallait attendre et voir, car la nature fait son chemin lentement, selon les lois qui lui sont propres –, était composée à l’intérieur d’une substance rougeâtre et grossissait à vue d’œil. Elle demeurait rebelle à toutes les tentatives de suppression et de retour à l’ordre des choses. Le journal – je le dis afin de ne pas être accusé de faux prophète – était le Herald Tribune que l’on trouve à Paris pour raisons internationales, en date du 31 mai 1973, l’agence de presse était l’Associated Press, et le nom de la ménagère était madame Marie Harris. Je n’ai pas noté le nom de la petite localité du Texas où eut lieu l’apparition, afin de ne pas avoir l’air de vouloir limiter les choses. J’ajoute également aussi sec et sur le même ton que je ne suis pas idiot, je sais parfaitement que Jésus-Christ n’est pas apparu d’abord comme une tache ni au jardin ni au-dessous du ventre à gauche et je sais que la confusion avec manifestation d’espoir est caractéristique des états latents et prénataux. Je suis mué ici uniquement par un souci scientifique de rendre compte de la vie d’un python à Paris dans son cadre démographique et avec ses besoins. C’est un problème qui dépasse celui de l’immigration sauvage.
Le journal disait en anglais que la tache mystérieuse, spongieuse, poreuse, résistait à tous les efforts de madame Marie Harris pour s’effacer et être tranquille et que personne ne savait quelle était l’origine de ce nouvel organisme vivant.
Je suppose que Braverman, qui ne peut pas me souffrir, bien qu’il le cache sous une attitude d’habileté parfaitement indifférente, me traduisit cet article dans un but péjoratif et parfaitement insultant à mon égard, pour m’informer de la venue au monde d’un autre organisme spongieux, poreux et rougeâtre à l’intérieur, dont la présence et le besoin échappaient à l’entendement. S’il voulait m’humilier, il s’est trompé complètement dans son ironisme. Cet organisme inconnu, soudain et sans précédent, était sans aucun doute une erreur qui se glissait dans le système en vigueur, une tentative d’acte contre nature, et dès que cela m’apparut sous ce jour je fus pris d’espoir et d’encouragement à aspirer. Il ne s’agissait pas de toute évidence d’une simple verrue, ainsi que Braverman le suggéra avec mépris, bien qu’il ne faille pas cracher sur les verrues non plus.
On ne pouvait pas dire ce que c’était : les savants du Texas étaient formels dans leur ignorance. Or, s’il est une chose, justement, qui ouvre des horizons, c’est Y ignorance. Lorsque je regarde Gros-Câlin, je le vois lourd de possibilités à cause de mon ignorance, de l’incompréhension qui me saisit à l’idée qu’une telle chose est possible. C’est ça, justement, l’espoir, c’est l’angoisse incompréhensible, avec pressentiments, possibilités d’autre chose, de quelqu’un d’autre, avec sueurs froides.
On ne peut évidemment pas crever de peur sans avoir des raisons d’espérer. Ça ne va pas sans l’autre.
J’attendis que Braverman soit parti pour courir aux toilettes afin de m’examiner des pieds à la tête. La plupart des gens à la suite de cette tache avaient peur, parce que tout le monde a peur du changement, pour cause d’habitude et d’inconnu. On aura cependant compris que je ne pouvais pas avoir plus peur qu’auparavant, ce n’était pas possible. Je ne reviendrai pas là-dessus, mais élever chez soi dans Paris un python de deux mètres vingt, tout en offrant refuge dans la clandestinité à Jean Moulin et Pierre Brossolette, est une chose difficile, comme tout le monde.
Le journal annonça du reste le lendemain que le phénomène du Texas n’était pas nouveau et qu’il s’agissait d’un début en vue d’un champignon.
Je note cet épisode pour bien marquer que je suis porté à l’optimisme et que je ne me considère pas comme définitif mais en position d’attente et d’apparition éventuelle.
Pour éviter toute confusion et reprendre notre cours régulier après ce nœud, j’ajoute que les chutes de Victoria Nyanza se trouvent aujourd’hui en Tanzanie.
Continuant à décrire mes habitudes et mon mode de vie chez moi, après ce problème de nourriture qui a été résolu avec le secours de la religion, comme on verra dans un instant, je remarque que je me rends parfois chez les bonnes putes, et j’emploie ce mot dans son sens le plus noble, avec toute mon estime et ma gratitude, lorsqu’on prend soin de moi. Je me sens soudain au complet quand j’ai deux bras de plus. Il y en a une, Marlyse, qui me regarde dans les yeux, lorsqu’elle s’enroule autour de moi, et qui me dit :
— Mon pauvre chéri.
J’aime. J’aime qu’on me dise mon pauvre souris… chéri, je veux dire. Je sens que je fais acte de présence.
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