Frédéric Dard - Les soupers du prince

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Les soupers du prince: краткое содержание, описание и аннотация

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Quand Edouard, dit Doudou, devient Edouard I Sire, de grâce, écoutez-moi,
Je reviens des galères.
Je suis voleur, vous êtes roi,
C'est à peu près la même affaire. (Pétition d'un voleur de Sa Majesté, attribuée à Lacenaire.)
Il est des gens à qui la vie réserve bien des surprises. Tenez, Édouard Blanvin, dit Doudou… Trente-deux ans, beau gosse ; passionné par les bagnoles. Et pas n'importe lesquelles s'iouplaît ! Des tractions avant qu'il bichonne amoureusement comme les petites nénettes qui « raffolent de sa gueule d'amour de gentil voyou ». Uniour, sa chère môman lui révèle qu'il est le fils du défunt prince de Montégrin. Doudou serait donc Edouard I
. De la banlieue grise au château d'opérette, il n'y a qu'un pas. Doudou le franchit allégrement. La grande vie commence. Les surprises et les ennuis !

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Il aimait son antre dont les bonnes senteurs mécaniques couvraient les miasmes extérieurs. Édouard s’y sentait protégé. Le moindre outil le rassurait, et rien ne l’enchantait davantage qu’un capot béant offrant à son appétit les entrailles d’un moteur.

Banane, son apprenti, travaillait encore sur un carter de 11 BL lorsqu’il rentra. Tout à sa tâche, il ne l’avait pas entendu arriver et Édouard s’arrêta un instant, attendri par la silhouette du jeune beur, en salopette bleue. Banane (dont le sobriquet était dû au fait qu’il vendait des fruits sur les marchés avant de rencontrer Édouard), venait d’avoir dix-huit ans mais gardait un visage d’adolescent. Il s’obstinait à conserver sa coiffure afro, malgré les objections de son patron, et il avait eu le nez brisé au cours d’une bagarre de bal-parquet, ce qui lui donnait un petit air tête brûlée.

Édouard l’avait pris en amitié, à cause de la passion du jeune Maghrébin pour la mécanique ; il appréciait sa bonne volonté et sa gentillesse inaltérable.

— Tu fais du rab ! murmura-t-il.

Banane se retourna.

— T’es déjà de retour, grand ?

— Elles me font chier, déclara Édouard ; elles passent leur existence à s’insulter.

Il se pencha sur le travail de son employé et étudia le moteur.

— Il n’a pas l’air aussi malade que je pensais, dit-il.

— Non. Moi aussi, je croyais le carter fendu, heureusement ce sont seulement les joints qui sont nazes. Ces cons veulent posséder des tires de collection, mais ils ne les font rouler qu’une fois l’an, quand il y a un rallye de vieilles bagnoles. Et pourtant, ils sont pressés de les récupérer. Le blanchisseur a encore téléphoné pour demander quand elle serait prête.

— Prends ton temps, fils, il attendra !

Édouard posa son blouson, l’accrocha à un clou, puis endossa une blouse bleue portant l’écusson Citroën sur la poche poitrine. Lui-même assumait la remise en forme d’une 11 B Perfo familiale noire à roues rouges, équipée de strapontins. Le carburateur inversé était à changer, mais Édouard avait pu le conserver grâce à ses compétences et à son ingéniosité. Il se sentait aussi gonflé d’orgueil par cet exploit qu’un chirurgien ayant réussi à sauver un membre broyé dans un accident.

Ils travaillèrent un bon moment sans parler, accaparés par leurs tâches respectives. Édouard appréciait que son apprenti ne se souciât jamais de l’heure. Il devait fréquemment se gendarmer pour dire à Banane (dont le véritable nom était Selim) de rentrer chez lui.

Tout en œuvrant, il repensait à ses « bonnes femmes du chantier », comme il les appelait ; les imaginait à la maigre loupiote du wagon, au bord de l’excavation mystérieuse, et une angoisse le poignait. Sa mère était restée célibataire et il portait bien entendu son nom : Blanvin. Rosine, depuis toujours, le traitait davantage en copain qu’en fils ; le fait qu’il soit un enfant naturel semblait atténuer le sentiment de maternité chez cette femme. Elle ne lui parlait jamais de son père, feignait même, depuis qu’il était adulte, d’être incapable de savoir qui, parmi ses nombreux amants, avait été son géniteur. Édouard en avait pris son parti. Fils de personne ? Soit ! Il deviendrait fils de lui-même ! Il s’était constitué un cocon d’égoïsme, douillet. Une sagesse instinctive l’incitait à vivre « en chien de fusil ».

Le bruit rageur d’un Solex troubla le silence. Bientôt une fille parut.

— Voilà ta frangine, annonça Édouard.

— Je lui ai dit de passer me prendre, ma moto est en rideau et j’ai pas eu le temps de la réparer.

— C’est un comble ! fit Blanvin. Et vous allez monter à deux sur cette pétoire ?

— On voit que t’as jamais été en Afrique du Nord ! repartit Banane. Là-bas ils circulent à trois, parfois à quatre sur une mobe.

L’arrivante laissa le Solex dehors, sur sa béquille, et vint rejoindre les garçons. C’était une fille superbe, d’une vingtaine d’années, au teint pâle et aux yeux brillants. Elle fréquentait la fac de droit et ne doutait pas de son avenir. Une mouche naturelle ornait sa pommette droite. Édouard la convoitait, mais il savait que rien ne serait possible avec Najiba car elle était profondément marquée par sa culture et sa religion. Elle réussissait à être à la fois « dans le coup » et farouche. Un jour, il le prévoyait, elle jouerait un rôle social dans son Algérie d’origine.

— Assez pour aujourd’hui, décréta-t-il, je vous offre à boire. Qu’est-ce que ce sera, Naji ? Thé froid ou limonade ?

Il se nettoyait les mains au robinet servant au lavage des véhicules, usant d’un détergent pour se défaire du cambouis maculant ses doigts, mais cette saleté se faufilait sous les ongles qui restaient bordés de noir la plupart du temps. Il s’essuya à un torchon ignoble et acheva de sécher ses mains en les frottant contre son jean.

— Vous venez, les mômes ?

— Montez les premiers, je vous rejoins, fit Banane ; je dois ranger mon matériel.

Édouard et Najiba s’engagèrent dans le roide escalier de bois cru conduisant à la soupente. Blanvin prévoyait que s’il restait longtemps encore dans ce logement bas de plafond, il contracterait une cyphose à force d’y vivre courbé. Il l’avait divisé en deux à l’aide de frisettes, se ménageant un coin « chambre » et un coin « séjour ». Le tout était modestement aménagé avec des meubles de grandes surfaces, mais présentait un bon aspect propre et net qui surprenait de la part d’un mécano célibataire.

— J’aime bien, chez vous ! fit la jeune Maghrébine qui devait se contenter du taudis de sa famille.

— Et moi, je t’aimerais bien chez moi, repartit Édouard.

Elle ne marqua aucune réaction.

— Avant de m’endormir, reprit-il, un soir sur trois au moins je rêve que je te fais l’amour.

— Et les deux autres soirs ? riposta la jeune fille à brûle-pourpoint.

Il sourit de cette ingénieuse échappatoire.

— Quelle religion à la con que la vôtre ! soupira-t-il. Je sais que nous ferions l’amour comme des tigres, seulement mademoiselle est musulmane et c’est un melon à la con qui va la tirer !

— Une religion comme la mienne, assura Najiba, il faut la vivre de l’intérieur pour la comprendre.

— Tu ne me convaincras jamais qu’une barrière est une bonne chose. J’ai envie de toi et ce serait vachement somptueux de t’aimer. Je suis une bonne affaire, tu sais ?

— Je m’en doute, sourit-elle, mais gardez vos attestations et autres certificats d’aptitudes pour des femmes plus libres que moi.

Elle s’approcha d’une bibliothèque qu’Édouard avait réalisée lui-même avec ce qui lui était resté de frisette. Il y avait là toute une bibliographie sur les tractions avant Citroën, plus des ouvrages techniques concernant la mécanique automobile ; mais elle découvrit également des livres de collections dites « omnibus » dans lesquels sont regroupés tous les titres d’un même auteur. Elle fut surprise de trouver l’œuvre de Stendhal, celle de Flaubert, une partie de celle d’Alexandre Dumas, plus des livres reliés de Conrad, de Tolstoï, de Proust, ainsi qu’une quantité de « poches » assez éclectiques où Oscar Wilde côtoyait Simenon et Zola, Alphonse Boudard.

— Vous les avez tous lus ? demanda-t-elle.

Yes, miss : j’ai des insomnies. Quand je me réveille à deux heures du mat’, je chope un book et me le respire avant l’aube. Ce qui est idiot, c’est que, dans la journée, j’oublie de m’en acheter.

— Je vous en prêterai, promit-elle.

— Le Dalloz ou le Coran ? plaisanta Édouard.

« Tu ne m’as pas répondu tout à l’heure : thé froid ou limonade ? »

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