Muriel Barbery - L'élégance du hérisson

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L'élégance du hérisson: краткое содержание, описание и аннотация

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« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

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J’en sanglote de plus belle.

Paloma m’a trahie.

Alors, charriés par ces sanglots, défilant dans mon sein, toute cette vie passée dans la clandestinité d’un esprit solitaire, toutes ces longues lectures recluses, tous ces hivers de maladie, toute cette pluie de novembre sur le beau visage de Lisette, tous ces camélias revenus de l’enfer et échoués sur la mousse du temple, toutes ces tasses de thé dans la chaleur de l’amitié, tous ces mots merveilleux dans la bouche de Mademoiselle, ces natures mortes si wabi , ces essences éternelles illuminant leurs reflets singuliers, et aussi ces pluies d’été survenant dans la surprise du plaisir, flocons dansant la mélopée du cœur, et, dans l’écrin de l’ancien Japon, le visage pur de Paloma. Et je pleure, je pleure irrépressiblement, à chaudes et grosses et belles larmes de bonheur, tandis qu’autour de nous, le monde s’engloutit et ne laisse plus de sensation que celle du regard de cet homme en la compagnie duquel je me sens quelqu’un et qui, me prenant gentiment la main, me sourit avec toute la chaleur du monde.

— Merci, parviens-je à murmurer dans un souffle.

— Nous pouvons être amis, dit-il. Et même tout ce que nous voulons.

Remember me, remember me,

And ah ! envy my fate

22

L’herbe des prés

Ce qu’il faut vivre avant de mourir, je le sais à présent Voilà : je peux vous le dire. Ce qu’il faut vivre avant de mourir, c’est une pluie battante qui se transforme en lumière.

Je n’ai pas dormi de la nuit. Après et malgré mes épanchements pleins de grâce, le dîner a été merveilleux : soyeux, complice, avec de longs et délicieux silences. Lorsque Kakuro m’a raccompagnée à ma porte, il m’a longuement baisé la main et nous nous sommes quittés ainsi, sans un mot, sur un simple et électrique sourire.

Je n’ai pas dormi de la nuit.

Et savez-vous pourquoi ?

Bien entendu, vous le savez.

Bien entendu, tout le monde se doute que, en sus de tout le reste c’est-à-dire d’une secousse tellurique bouleversant de fond en comble une existence subitement décongelée, quelque chose trotte dans ma petite tête de midinette quinquagénaire. Et que ce quelque chose se prononce : « Et même tout ce que nous voulons. »

À sept heures, je me lève, comme mue par un ressort, catapultant mon chat indigné à l’autre bout du lit. J’ai faim. J’ai faim au sens propre (une colossale tranche de pain croulant sous le beurre et la confiture de mirabelles ne parvient qu’à aiguiser mon dantesque appétit) et j’ai faim au sens figuré : je suis frénétiquement impatiente de connaître la suite. Je tourne comme un fauve en cage dans ma cuisine, houspille un chat qui ne me prête aucune attention, enfourne une deuxième session pain-beurre-confiture, marche de long en large en rangeant des choses qui ne doivent nullement l’être et m’apprête à une troisième édition boulangère.

Et puis, tout d’un coup, à huit heures, je me calme.

Sans crier gare, de surprenante manière, un grand sentiment de sérénité me dégouline dessus. Que s’est-il passé ? Une mutation. Je ne vois guère d’autre explication ; à certains, il pousse des branchies, à moi il arrive la sagesse.

Je me laisse tomber sur une chaise et la vie reprend son cours.

Un cours au demeurant peu exaltant : je me remémore que je suis toujours concierge et qu’à neuf heures, je dois être rue du Bac pour y acheter du détergent pour cuivres. « À neuf heures » est une précision fantasque : disons dans la matinée. Mais planifiant hier mon labeur du lendemain, je m’étais dit : « J’irai vers neuf heures. » Je prends donc mon cabas et mon sac et m’en vais dans le grand monde quérir de la substance qui fait briller les ornements des maisons des riches. Dehors, il fait une magnifique journée de printemps. De loin, j’aperçois Gégène qui s’extirpe de ses cartons ; je suis heureuse pour lui des beaux jours qui s’annoncent. Je songe brièvement à l’attachement du clochard pour le grand pape arrogant de la gastronomie et cela me fait sourire ; à qui est heureux, la lutte des classes semble subitement secondaire, me dis-je à moi-même, surprise du fléchissement de ma conscience révoltée.

Et puis ça arrive : brusquement, Gégène titube. Je ne suis plus qu’à quinze pas et je fronce les sourcils, inquiète. Il titube fortement, comme sur un bateau en proie au tangage, et je peux voir son visage et son air égaré. Que se passe-t-il ? je demande tout haut en pressant le pas vers le miséreux. D’ordinaire, à cette heure-ci, Gégène n’est pas soûl et, de surcroît, il tient aussi bien l’alcool qu’une vache l’herbe des prés. Comble de malheur, la rue est pratiquement déserte ; je suis la seule à avoir remarqué le malheureux qui vacille. Il fait quelques pas maladroits en direction de la rue, s’arrête, puis, alors que je ne suis plus qu’à deux mètres, pique soudain un sprint comme si mille démons le poursuivaient.

Et voilà la suite.

Cette suite, dont, comme chacun, j’aurais voulu qu’elle n’advînt jamais.

23

Mes camélias

Je meurs.

Je sais avec une certitude proche de la divination que je suis en train de mourir, que je vais m’éteindre rue du Bac, par un beau matin de printemps, parce qu’un clochard nommé Gégène, pris de la danse de Saint-Guy, a divagué sur la chaussée déserte sans se préoccuper ni des hommes ni de Dieu.

Au vrai, pas si déserte, la chaussée.

J’ai couru après Gégène en abandonnant sac et cabas.

Et puis j’ai été heurtée.

Ce n’est qu’en tombant, après un instant de stupeur et de totale incompréhension et avant que la douleur ne me broie, que j’ai vu ce qui m’avait heurtée. Je repose à présent sur le dos, avec une vue imprenable sur le flanc d’une camionnette de pressing. Elle a tenté de m’éviter et s’est déportée vers la gauche mais trop tard : j’ai pris de plein fouet son aile avant droite. « Pressing Malavoin » indique le logo bleu sur le petit utilitaire blanc. Si je le pouvais, je rirais. Les voies de Dieu sont si explicites pour qui se pique de les déchiffrer... Je pense à Manuela, qui s’en voudra jusqu’à la fin de ses jours de cette mort par le pressing qui ne peut être que le châtiment du double vol dont, par sa très grande faute, je me suis rendue coupable... Et la douleur me submerge ; la douleur du corps, irradiante, déferlante, réussissant le tour de force de n’être nulle part en particulier et de s’infiltrer partout où je peux ressentir quelque chose ; et puis la douleur de l’âme, ensuite, parce que j’ai pensé à Manuela, que je vais laisser seule, que je ne reverrai plus, et parce que cela me fait au cœur une blessure lancinante.

On dit qu’au moment de mourir, on revoit toute sa vie. Mais devant mes yeux grands ouverts qui ne discernent plus ni la camionnette ni sa conductrice, la jeune préposée au pressing qui m’avait tendu la robe en lin prune et à présent pleure et crie au mépris du bon goût, ni les passants qui ont accouru après le choc et me parlent beaucoup sans que cela n’ait de sens — devant mes yeux grands ouverts qui ne voient plus rien de ce monde défilent des visages aimés et, pour chacun d’eux, j’ai une pensée déchirante.

En fait de visage, d’abord, il y a un museau. Oui, ma première pensée va vers mon chat, non d’être le plus important de tous mais parce que, avant les vrais tourments et les vrais adieux, j’ai besoin d’être rassurée sur le sort de mon compagnon à pattes. Je souris en moi-même en pensant à la grosse outre obèse qui m’a servi de partenaire pendant ces dix dernières années de veuvage et de solitude, je souris un peu tristement et avec tendresse parce que, vue de la mort, la proximité avec nos animaux de compagnie ne paraît plus cette évidence mineure que le quotidien rend banale ; dix ans de vie se sont cristallisés en Léon et je mesure combien ces chats ridicules et superfétatoires qui traversent nos existences avec la placidité et l’indifférence des imbéciles sont les dépositaires de leurs bons et joyeux moments et de leur trame heureuse, même sous le dais du malheur. Adieu Léon, me dis-je à moi-même en disant adieu à une vie à laquelle je n’aurais pas cru tenir à ce point.

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