Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Enfant chétif? Où vois-tu qu'il le soit? Chétif comme le général qui mène une armée…

Et moi j'ai bien compris, le regardant, et regardant les vieilles et les vieux et les plus jeunes, tout l'essaim d'abeilles autour de la reine, tous les mineurs autour du sillon d'or, tous les soldats autour du capitaine, que s'ils ne formaient qu'un ainsi, d'un tel pouvoir, c'est que les avait drainés, comme la graine une matière disparate pour en faire arbres, tours et remparts, un sourire silencieux, penché et furtif qui les avait convoqués tous pour le combat. Il n'était point de fragilité dans cette chair d'enfant si vulnérable puisqu'elle s'augmentait de cette colonie, tout naturellement, sans même le connaître, par le seul effet de cet appel qui t'ordonne autour de toi toutes les réserves extérieures. Et une ville entière se fait serviteur de l'enfant. Ainsi des sels minéraux appelés par la graine, ordonnés par la graine et qui deviennent, dans la dure écorce, remparts du cèdre. Qu'est-ce que la fragilité du germe s'il détient le pouvoir d'assembler ses amis et de soumettre ses ennemis? Crois-tu aux apparences, aux poings de ce géant et à la clameur qu'il peut produire? Cela est vrai dans l'instant même. Mais tu oublies le temps. Le temps te construit des racines. Et le géant, tu ne vois point qu'il est déjà comme garrotté par une invisible structure. Et l'enfant faible, tu ne vois point qu'il marche à la tête d'une armée. Dans l'instant même le géant te l'écraserait. Mais il ne l'écrasera point. Car l'enfant n'est point une menace. Mais tu verras l'enfant poser son pied sur la tête du géant et d'un coup de talon te le détruire.

CLIX

Toujours tu as vu ce qui est fort écrasé par ce qui est faible. Sans doute est-ce faux dans l'instant même, d'où les illusions de ton langage. Car tu oublies le temps. Et certes l'enfant chétif, s'il suscite la colère du géant, le géant le piétinera. Mais ce n'est point du jeu ni du sens de l'enfant chétif de tirer cette colère du géant. Mais de n'en point être remarqué. Ou d'en être aimé. Et dans l'adolescence peut-être de l'aider afin que le géant ait besoin de lui. Puis vient l'âge des inventions et l'enfant grandi forge une arme. Ou bien tout simplement il dépasse l'autre en taille et en poids. Ou bien plus simplement encore l'enfant parle et il en draine mille autour de soi qu'il conduira sur le géant et qui lui feront à lui comme une armure. Va-t'en le toucher à travers!

Et le champ de blé, si j'y découvre une seule graine d'ivraie, je le connais déjà comme vaincu. Et le tyran et ses soldats et ses gendarmes, s'il est quelque part dans son peuple un enfant comme celui d'Ibrahim qui commence de se développer et de mûrir l'image nouvelle qui ordonnera le monde comme un corset de fer (car je découvre prêtes les lignes de force), je le vois déjà démantelé et jeté à bas comme ces temples dont une seule graine est venue à bout, car elle était d'un arbre géant qui a déroulé ses racines avec la patience d'un qui se réveille et s'étire et lentement gonfle les muscles de son bras. Mais cette racine a fait basculer un contrefort, l'autre a jeté bas un maître couple. Le tronc a crevé la coupole en sa clef de voûte, et la clef de voûte s'est éboulée. Et l'arbre règne désormais sur des matériaux en vrac devenus poussière, dont il tire son suc pour se nourrir.

Mais cet arbre géant à son tour je saurai l'abattre. Car le temple est devenu arbre. Mais l'arbre deviendra peuple de lianes. Il me suffit d'une graine ailée au gré des vents.

Que montres-tu si le temps te déroule? Certes est invisible en apparence cette cité dans son armure. Mais je sais lire. Et, de s'être enfermée dans ses provisions, c'est qu'elle a accepté la mort. J'ai peur de ceux-là qui vont nus, remontant vers le nord de leur désert sans forteresse. Déambulant presque sans armes. Mais graine non encore germée et qui ne connaît point son propre pouvoir. Mon armée est issue de l'eau profonde du puits d'El Ksour. Nous sommes semences sauvées par Dieu. Qui s'opposera à nos démarches? Me suffit de trouver la faille dans l'armure, pour faire craquer ce temple par le seul réveil de l'arbre enfermé dans sa graine. Me suffit de connaître la danse à danser pour que tu te fasses femelle du mâle, ville désormais domestique comme de la femme quand elle reste à la maison. Te voilà mienne comme un gâteau de miel, cité trop sûre de toi. Doivent dormir tes sentinelles. Car tu es délabrée de cœur.

CLX

«Ainsi donc, me disais-je, il n'est point de remparts. Ceux-là que je viens de bâtir, s'ils servent mon pouvoir c'est qu'ils sont effets de mon pouvoir. S'ils servent ma permanence c'est qu'ils sont effets de ma permanence. Mais tu ne dénommes point rempart la gaine du caïman s'il est mort.

«Et si tu entends une religion se plaindre des hommes qui ne se laissent point conquérir, tu n'as qu'à rire. La religion doit absorber les hommes, non les hommes s'y soumettre. Tu ne reproches point à la terre de ne point former un cèdre.

«Tu crois que ceux-là qui vont prêchant une religion nouvelle, s'ils la distribuent dans le monde et y rangent les hommes c'est à cause du bruit qu'ils font, de l'habileté de leurs boniments ou du luxe de leur tapage? Mais j'ai trop écouté les hommes pour ne point comprendre le sens du langage. Et qu'il est de charrier de l'autre en toi quelque chose de fort qui est point de vue neuf et qui cherche de soi-même à s'alimenter. Il est des mots que tu jettes comme des graines, lesquelles ont pouvoir de drainer la terre et de l'organiser en cèdre. Et certes tu eusses pu semer l'olivier et l'organiser en olivier. Et l'un ou l'autre prospérera, se multipliant de par soi-même. Et certes dans le cèdre grandissant tu entendras chanter le vent de plus en plus fort. Et si la race des hyènes se multiplie tu entendras le cri des hyènes de plus en plus remplir la nuit. M'iras-tu cependant dire que c'est le bruit du vent dans les feuilles du cèdre qui y appelle les sucs de la terre, ou la magie du cri des hyènes qui change en hyène la chair des gazelles sauvages? La chair des hyènes se recrute dans la chair des gazelles, la chair du cèdre se recrute dans les sucs de la rocaille. Les fidèles de ta religion nouvelle se recrutent chez les infidèles. Mais nul jamais n'est déterminé par le langage si le langage n'a point le pouvoir d'absorber.

«Et tu absorbes quand tu exprimes. Et si je t'exprime tu es à moi. Tu deviens en moi nécessairement. Car ton langage désormais c'est moi. Et c'est pourquoi je dis du cèdre qu'il est langage de la rocaille car elle se fait, à travers lui, murmure des vents.

«Mais qui, sinon moi, te propose un arbre où devenir?»

Donc, chaque fois que j'assistais à l'action d'un homme je ne cherchais point à l'expliquer par le tintamarre de sa fanfare — car tu peux aussi bien la haïr et la rejeter — ni par l'action de ses gendarmes, car ils peuvent faire se survivre un peuple qui meurt mais non bâtir. Et je te l'ai dit des empires forts qui décapitent les sentinelles endormies, de quoi tu déduis faussement que leur force est venue de leur rigueur. Car l'empire faible, s'il décapite, là où toutes dorment, il n'est qu'un bouffon sanguinaire, mais l'empire fort emplit ses membres de sa force et ne tolère point le sommeil. L'action de l'homme, je ne cherchais même point à l'expliquer par les mots énoncés ou les mobiles ou les arguments d'intelligence, mais par le pouvoir informulable de structures nouvelles et fertiles comme il en est de ce visage de pierre que tu as regardé et qui te change.

CLXI

La nuit vint et je gravis la plus haute courbe de la contrée pour regarder dormir la ville et s'éteindre autour, dans l'obscurité universelle, les taches noires de mes campements dans le désert. Et ceci afin de sonder les choses, connaissant à la fois que mon armée était pouvoir en marche, la ville pouvoir fermé comme d'une poudrière, et qu'au travers de cette image d'une armée serrée autour de son pôle, une autre image était en marche, et en construction ses racines, dont je ne pouvais rien connaître encore, liant différemment les mêmes matériaux, et je cherchais à lire dans la nuit les signes de cette gestation mystérieuse, non dans le but de la prévoir, mais afin de la gouverner, car tous, moins les sentinelles, ils sont allés dormir. Et reposent les armes. Mais voici que tu es navire dans le fleuve du temps. Et a passé sur toi cet éclairage du matin, de midi et du soir comme l'heure de la couvée, faisant quelque peu progresser les choses. Puis l'élan silencieux de la nuit après le coup de pouce du soleil. Nuit bien huilée et livrée aux songes car seuls se perpétuent les travaux qui se font tout seuls, comme d'une chair qui se répare, des sucs qui s'élaborent, du pas de routine des sentinelles, nuit livrée aux servantes car le maître est allé dormir. Nuit pour la réparation des fautes, car leur effet en est reporté au jour. Et moi, la nuit, lorsque je suis vainqueur, je remets à demain ma victoire.

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