Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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D'une éminence lointaine qui, sans surplomber les remparts, permettait un regard rasant, nous observâmes une verdure serrée comme du cresson. Or, à l'extérieur des remparts, on n'eût point découvert un seul brin d'herbe. Il n'était plus, à l'infini, que sable et rocaille usés de soleil, tant les sources de l'oasis avaient été patiemment drainées pour le seul usage intérieur. Ces remparts retenaient toute végétation comme le casque une chevelure. Nous déambulions stupides à quelques pas d'un paradis trop dense, d'une éruption d'arbres, d'oiseaux, de fleurs, étranglée par la ceinture des remparts comme pour le basalte d'un cratère.
Quand les hommes eurent bien connu que le mur était sans fissures, une part d'entre eux fut prise de peur. Car cette ville jamais, de mémoire d'homme, n'avait donc ni délégué ni accueilli de caravane. Aucun voyageur n'avait apporté avec son bagage l'infection de coutumes lointaines. Aucun marchand n'y avait introduit l'usage d'un objet ailleurs familier. Aucune fille capturée au loin n'avait versé sa race dans la leur. Il semblait à mes hommes palper l'écorce d'un monstre informulable qui ne possédât rien en commun avec les peuples de la terre. Car les îles les plus perdues, des naufrages de navires les ont une fois abâtardies, et tu trouves toujours quelque chose pour établir ta parenté d'homme et forcer le sourire. Mais ce monstre, s'il se montrait, ne montrerait point de visage.
Il en est d'autres parmi les hommes qui, bien au contraire, furent tourmentés par un amour informulable et singulier. Car tu es ému par celle-là seule qui est permanente et bien fondée, ni métissée de pâte dans sa chair, ni pourrie de langage dans sa religion ou ses coutumes, et qui ne sort point de cette lessive de peuples où tout s'est mélangé et qui est glacier fondu en mare. Qu'elle était belle, cette bien-aimée si jalousement cultivée, dans ses aromates et ses jardins et ses coutumes!
Mais les uns comme les autres et moi-même, une fois le désert franchi, nous butions sur l'impénétrable. Car, qui s'oppose à toi, t'ouvre le chemin de son cœur, comme à ton épée celui de sa chair et tu peux espérer le vaincre, l'aimer ou en mourir, mais que peux-tu contre qui t'ignore? Et c'est quand me vint ce tourment que précisément nous découvrîmes que tout autour du mur sourd et aveugle, le sable montrait une zone plus blanche d'être trop riche en ossements qui sans doute témoignaient du sort des délégations lointaines, semblable qu'elle était à la frange d'écume où se résout, le long d'une falaise, la houle que vague par vague délègue la mer.
Mais comme, le soir venu, je considérais du seuil de ma tente ce monument impénétrable qui durait au milieu de nous, je méditai et il me parut que bien plus que la ville à prendre c'était nous qui subissions un siège. Si tu incrustes une semence dure et fermée dans une terre fertile, ce n'est point ta terre qui, de l'entourer, assiège ta semence. Car ta semence quand elle craquera, sa graine établira son règne sur ta terre. «S'il est, par exemple, derrière les murs, me disais-je, tel ou tel instrument de musique ignoré de nous et s'il en est tiré des mélodies âpres ou mélancoliques, et d'un goût pour nous encore inconnu, l'expérience m'enseigne qu'une fois forcée cette réserve mystérieuse et répandus mes hommes parmi ses biens je les retrouverai plus tard, dans les soirées de mes campements s'exerçant à tirer de ces instruments peu usuels telle mélodie d'un goût neuf pour leurs chœurs. Et leurs cœurs en seront changés.
«Vainqueurs ou vaincus, me disais-je, comment saurai-je distinguer! Tu considères cet homme muet parmi la foule. Elle l'entoure et le presse et le force. S'il est contrée vide elle l'écrase. Mais s'il est d'un homme habité et construit à l'intérieur, comme de la danseuse que je fis danser, et s'il parle, alors ayant parlé il a dans ta foule poussé ses racines, noué ses pièges, établi son pouvoir et voilà ta foule, s'il se met en marche, qui se met en marche derrière lui en multipliant sa puissance.
«Il suffit que ce territoire abrite quelque part un seul sage bien protégé par son silence, et devenu au cœur de ses méditations, pour qu'il équilibre le poids de tes armes car il est semblable à une graine. Et comment le distinguerais-tu pour le décapiter? Il ne se montre que par son pouvoir et dans la seule mesure où son œuvre est faite. Car il en est ainsi de la vie qui est toujours en équilibre avec le monde. Et tu ne peux lutter que contre le fou qui te propose des utopies mais non contre celui qui pense et construit le présent puisque le présent est tel qu'il le montre. Il en est ainsi de toute création, car le créateur n'y apparaît point. Si de la montagne où je t'ai conduit tu vois ainsi résolus tes problèmes, et non autrement, comment te défendrais-tu contre moi? Il faut bien que tu sois quelque part.
«Ainsi de ce barbare qui ayant crevé des remparts et forcé le palais royal fit irruption face à la reine. Or la reine ne disposait d'aucun pouvoir, tous ses hommes d'armes étant morts.
«Quand tu fais une erreur dans le jeu que tu jouais par simple goût du jeu, te voilà rouge, humilié et désireux de réparer ta faute. Cependant il n'est point de juge pour te flétrir sinon ce personnage que tel jeu déliait en toi et qui proteste. Et tu te gardes des faux pas dans la danse bien que ni l'autre danseur ni personne n'ait qualité pour te les reprocher. Ainsi pour te faire mon prisonnier je n'irai point te montrer ma puissance mais je te donnerai le goût de ma danse. Et tu viendras où je voudrai.
«C'est pourquoi la reine, se tournant vers le roi barbare quand il creva la porte et surgit en soudard la hache au poing et tout fumant de sa puissance, et plein d'un énorme désir d'étonner, car il était vaniteux et vantard, eut un sourire triste, comme de déception secrète, et d'indulgence un peu usée. Car rien ne l'étonnait sinon la perfection du silence. Et tout ce bruit, elle ne daignait point l'entendre, de même que tu ignores les travaux grossiers des égoutiers, bien que tu les acceptes comme nécessaires.
«Dresser un animal, c'est l'enseigner à agir dans la seule direction pour lui efficace. Quand tu veux sortir de chez toi tu fais le tour, sans y réfléchir, par la porte. Quand ton chien veut gagner son os, il te fera les actes sollicités de lui car il a observé peu à peu qu'ils étaient chemin le plus court vers sa récompense. Bien qu'en apparence ils n'aient point de rapport avec l'os. Cela se fonde sur l'instinct même et non sur le raisonnement. Ainsi le danseur conduit la danseuse par des règles du jeu qu'ils ignorent eux-mêmes. Qui sont langage caché comme de toi à ton cheval. Et tu ne saurais me dire exactement les mouvements qui te font obéir de ton cheval.
«Or la faiblesse du barbare étant qu'il voulait d'abord étonner la reine, son instinct lui enseigna vite qu'il n'était qu'un chemin, tous les autres chemins la rendant plus lointaine, plus indulgente et plus déçue, et il commença de jouer du silence. Ainsi commençait-elle elle-même de le changer à sa façon, préférant au bruit de la hache les révérences silencieuses.»
Ainsi me semblait-il qu'à entourer ce pôle qui nous forçait de regarder vers lui, bien qu'il fermât les yeux délibérément, nous lui faisions jouer un rôle dangereux car il recevait de notre audience le pouvoir de rayonnement d'un monastère.
C'est pourquoi, ayant réuni mes généraux, je leur dis:
«Je prendrai la ville par l'étonnement. Il importe que ceux de la ville nous interrogent sur quelque chose.»
Mes généraux assagis par l'expérience et quoique n'ayant rien compris de mes paroles, firent divers bruits d'assentiment.
Je me souvenais également d'une réplique qu'opposa mon père à certains, qui lui objectaient que les hommes, dans les grandes choses, ne cédaient qu'à de grandes forces:
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