Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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«Certes, leur avait-il répondu. Mais vous ne risquez point de vous contredire car vous dites qu'une force est grande quand elle fait céder les forts. Or voici un marchand vigoureux, arrogant et avare. Il transporte une fortune de diamants, lesquels sont cousus dans sa ceinture. Et voici un bossu chétif, pauvre et prudent qui n'est point connu du marchand, parle un autre langage que le sien, et souhaite cependant de s'attribuer les pierres. Tu ne vois point où loge la force dont il dispose?

— Nous ne le voyons point, dirent les autres.

— Cependant, poursuivit mon père, le chétif ayant abordé le géant l'invite, comme il fait chaud, à partager son thé. Et tu ne risques rien quand tu portes des pierres cousues dans ta ceinture à partager le thé d'un bossu chétif.

— Certes, rien, dirent les autres.

— Et cependant à l'heure de la séparation, le bossu emporte les pierres, et le marchand crève de rage, muselé jusque dans ses poings par la danse que l'autre lui a dansée.

— Quelle danse? firent les autres.

— Celle de trois dés taillés dans un os», répondit mon père.

Puis il leur expliqua:

«Il y a que le jeu est plus fort que l'objet du jeu. Toi général, tu gouvernes dix mille soldats. Ce sont les soldats qui détiennent les armes. Ils sont tous solidaires les uns des autres. Et cependant tu les envoies se jeter l'un l'autre en prison. Car tu ne vis point des choses mais du sens des choses. Quand le sens des diamants fut d'être caution des dés ils coulèrent dans la poche du bossu.»

Les généraux qui m'entouraient cependant s'enhardirent:

«Mais comment les atteindrais-tu, ceux de la ville, s'ils refusent de t'écouter?

— Voilà bien ton amour des mots qui te fait faire un bruit stérile. S'ils peuvent parfois refuser d'écouter, où vois-tu que les hommes puissent refuser d'entendre?

— Celui-là que je cherche à gagner à ma cause peut se faire sourd à la tentation de mes promesses s'il est assez solide de cœur.

— Certes, puisque tu te montres! Mais s'il est sensible à telle musique et que tu la lui joues, ce n'est point toi qu'il entendra, c'est la musique. Et s'il se penche sur un problème qui le dévore et si tu lui montres la solution, il est bien contraint de la recevoir. Comment veux-tu qu'il feigne vis-à-vis de soi-même, par haine ou mépris contre toi, de continuer de chercher? Si au joueur d'un jeu tu désignes le coup qui le sauve et qu'il a cherché sans le découvrir, tu le gouvernes car il t'obéira, bien qu'il prétende t'ignorer. Ce que tu cherches, si on te le donne, tu te l'attribues. Celle-là cherche sa bague égarée ou le mot d'un rébus. Je lui tends la bague, l'ayant retrouvée. Ou je lui souffle le mot du rébus. Elle peut bien certes refuser l'un ou l'autre de moi par excès de haine. Cependant je l'ai gouvernée car je l'ai expédiée s'asseoir. Il faudrait qu'elle fût bien folle pour continuer de chercher…

«Ceux de la ville, il faut bien qu'ils désirent, cherchent, souhaitent, protègent, cultivent quelque chose. Sinon autour de quoi bâtiraient-ils des remparts? Si tu les bâtis autour d'un puits maigre et si au-dehors je te crée un lac, tes remparts tombent d'eux-mêmes car ils sont ridicules. Si tu les bâtis autour d'un secret et que mes soldats, autour des remparts, te crient ton secret à tue-tête, tes remparts tombent aussi car ils n'ont plus d'objet. Si tu les bâtis autour d'un diamant, et que j'en sème au-dehors comme gravats, tes remparts tombent car ils favorisent ta seule pauvreté. Et si tu les bâtis autour de la perfection d'une danse et que, la même danse, je la danse mieux que toi, tu les démoliras toi-même pour apprendre de moi à danser…

«Ceux de la ville, je veux d'abord simplement qu'ils m'entendent. Ensuite ils m'écouteront. Mais certes si je joue du clairon sous leurs murs ils se reposeront en paix sur leurs remparts et n'entendront point ma vaine soufflerie. Car tu n'entends que ce qui est pour toi. Et t'augmente. Ou te résout dans un de tes litiges.

«J'agirai donc sur eux malgré qu'ils feignent de m'ignorer. Car la grande vérité est que tu n'existes point seul. Tu ne peux demeurer permanent dans un monde qui, autour, change. Je puis sans te toucher agir sur toi car, que tu le veuilles ou non, c'est ton sens même que je change et tu ne peux le supporter. Tu étais détenteur d'un secret, il n'est plus de secret, ton sens a changé. Celui-là qui danse et déclame dans la solitude je te l'entoure en secret d'auditeurs narquois puis j'enlève le rideau: je l'interromps net dans sa danse.

«S'il danse encore c'est qu'il est fou.

«Ton sens est fait du sens des autres, que tu le veuilles ou non. Ton goût est fait du goût des autres, que tu le veuilles ou non. Ton acte est mouvement d'un jeu. Pas d'une danse. Je change le jeu ou la danse et je change ton acte en un autre.

«Tu bâtis tes remparts à cause d'un jeu, tu les détruiras toi-même à cause d'un autre.

«Car tu vis non des choses mais du sens des choses.

«Ceux de la ville je les punirai dans leur prétention car ils comptent sur leurs remparts.

«Alors que ton unique rempart, c'est la puissance de la structure qui te pétrit et que tu sers. Car le rempart du cèdre c'est le pouvoir même de sa graine, laquelle lui permettra de s'établir contre la tempête, la sécheresse et la rocaille. Et ensuite tu pourras bien l'expliquer par l'écorce mais l'écorce d'abord était fruit de la graine. Racines, écorce et feuillage sont graine qui s'est exprimée. Mais le germe de l'orge n'est que d'un faible pouvoir et l'orge oppose un rempart faible aux entreprises du temps.

«Et celui-là qui est permanent et bien fondé est près de s'épanouir dans un champ de force selon ses lignes de force d'abord invisibles. Celui-là je le dis rempart admirable, car le temps ne l'usera point mais le bâtira. Le temps est fait pour le servir. Et peu importe s'il semble nu.

«Le cuir du caïman ne protège rien si la bête est morte.»

Ainsi considérant la ville ennemie, encastrée dans son armature de ciment, je méditais sur sa faiblesse ou sur sa force. «Est-ce elle ou moi qui menons la danse?» Il est dangereux, dans un champ de blé, de jeter un seul grain d'ivraie, car l'être de l'ivraie domine l'être du blé, et peu importe l'apparence et le nombre. Ton nombre est porté dans la graine. Il te faut dérouler le temps pour le compter.

CLVIII

Ainsi ai-je médité longtemps sur le rempart. Le rempart véritable est en toi. Et le savent bien les soldats qui te font tournoyer leurs sabres. Et tu ne passes plus. Le lion est sans carapace mais son coup de patte va comme l'éclair. Et s'il saute sur ton bœuf, il te l'ouvre en deux comme un placard.

Certes, me diras-tu, est fragile le petit enfant, et tel qui plus tard changera le monde eût aisément été soufflé dans ces premiers jours comme une chandelle. Mais j'ai vu mourir l'enfant d'Ibrahim. Dont le sourire était au temps de sa santé comme un cadeau. «Viens», disait-on à l'enfant d'Ibrahim. Et il venait vers le vieillard. Et il lui souriait. Et le vieillard en était éclairé. Il tapotait la joue de l'enfant et ne savait trop quoi lui dire, car l'enfant était un miroir qui donnait un peu de vertige. Ou une fenêtre. Car toujours l'enfant t'intimide comme s'il détenait des connaissances. Et tu ne t'y trompes guère, car son esprit est fort avant que tu l'aies rabougri. Et de ses trois cailloux il te fait une flotte de guerre. Et certes le vieillard ne reconnaît point dans l'enfant le capitaine d'une flotte de guerre, mais il reconnaît ce pouvoir. Or, l'enfant d'Ibrahim était comme l'abeille qui puise tout autour pour faire son miel. Tout lui devenait miel. Et il te souriait de ses dents blanches. Et toi tu restais là en sachant quoi saisir à travers ce sourire. Car il n'est point de mots pour le dire. Simplement, merveilleusement disponibles ces trésors ignorés, comme ces coups de printemps sur la mer avec une grande déchirure de soleil. Et le marin se sent brusquement changé en prière. Le navire pour cinq minutes va dans la gloire. Tu croises tes mains sur ta poitrine et tu reçois. Ainsi de l'enfant d'Ibrahim dont le sourire passait comme une occasion merveilleuse que tu n'eusses su en quoi, comment saisir. Comme un règne trop court sur des territoires ensoleillés et des richesses que tu n'as même pas eu le temps de recenser. Dont tu ne pourrais rien dire. Alors c'est celui-là qui ouvrait et fermait ses paupières comme des fenêtres sur autre chose. Et, bien que peu bavard, t'enseignait. Car le véritable enseignement n'est point de te parler mais de te conduire. Et toi, vieux bétail, il te conduisait comme un jeune berger dans les invisibles prairies dont tu n'eusses rien su dire sinon que pour une minute tu te sentais comme allaité et rassasié et abreuvé. Or, c'est celui-là qui était pour toi signe d'un soleil inconnu, dont tu apprenais qu'il allait mourir. Et toute la ville se changeait en veilleuse et en couveuse. Toutes les vieilles venaient essayer leurs tisanes et leurs chansons. Les hommes se tenaient devant la porte pour empêcher qu'il y eût du bruit dans la rue. Et l'on te l'enveloppait et te le berçait et te l'éventait. Et c'est ainsi que se bâtissait entre la mort et lui un rempart qui eût pu paraître imprenable car une ville entière l'entourait de soldats pour soutenir ce siège contre la mort. Ne va pas me dire qu'une maladie d'enfant n'est qu'une lutte de faible chair dans sa faible gaine. S'il existe un remède au loin on a dépêché des cavaliers. Et voilà que ta maladie se joue aussi sur le galop de tes cavaliers dans le désert. Et sur les haltes pour les relais. Et les grandes auges où l'on fait boire. Et sur les coups de talon au ventre, car il faut gagner la mort à la course. Et certes, tu ne vois qu'un visage fermé et lisse de sueur. Et cependant ce qui se combat, se combat aussi à coups d'éperon dans le ventre.

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