Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Tous songeaient aux grandes corbeilles pleines d'écorce de bois mort.
Nous ralliâmes cependant le puits d'El Bahr le lendemain soir.
Je convoquai les guides, la nuit venue:
«Vous nous avez trompés sur l'état des puits. El Bahr est vide. Que ferai-je de vous?»
Luisaient d'admirables étoiles au fond d'une nuit amère à la fois et splendide. Nous disposions de diamants pour notre nourriture.
«Que ferai-je de vous?» disais-je aux guides.
Mais vaine est la justice des hommes. N'étions-nous pas tous changés en ronces?
Le soleil émergea, découpé par la brume de sable en forme de triangle. Ce fut comme un poinçon pour notre chair. Des hommes churent, frappés au crâne. Des fous se déclarèrent en grand nombre. Mais il n'était plus de mirages qui les sollicitassent de leurs cités limpides. Il n'était plus ni mirage ni horizon pur, ni lignes stables. Le sable nous enveloppait d'une lumière tumultueuse de four à briques.
Comme je levais la tête j'aperçus à travers les volutes le tison pâle qui entretenait l'incendie. «Le fer de Dieu, songeais-je, qui nous marque comme des bêtes.»
«Qu'as-tu? dis-je à un homme qui titubait.
— Je suis aveugle.»
Je fis éventrer deux chameaux sur trois et nous bûmes l'eau des viscères. Les survivants nous les chargeâmes de la totalité des outres vides et, gouvernant cette caravane, j'expédiai des hommes vers le puits d'El Ksour que l'on disait douteux.
«Si El Ksour est tari, leur dis-je, vous mourrez là-bas aussi bien qu'ici.»
Mais ils revinrent après deux journées sans événements qui me coûtèrent le tiers de mes hommes.
«Le puits d'El Ksour, témoignèrent-ils est une fenêtre sur la vie.»
Nous bûmes et ralliâmes El Ksour pour boire encore et refaire les provisions d'eau.
Le vent de sable s'apaisa et nous parvînmes à El Ksour dans la nuit. Il était là, autour du puits, quelques épineux. Mais au lieu de squelettes sans feuilles nous aperçûmes d'abord des sphères d'encre emmanchées sur des bâtons maigres. Nous ne comprîmes point d'abord la vision, mais quand nous fûmes à proximité de ces arbres ils firent, l'un après l'autre, comme explosion avec un grand bruit de colère. La migration de corbeaux qui les avaient choisis comme perchoirs les ayant dépouillés d'un seul coup, comme une chair qui eût éclaté autour de l'os. Leur vol était si dense que malgré l'éclatante pleine lune il nous tenait dans l'ombre. Car les corbeaux, loin de s'éloigner, agitèrent longtemps sur nos fronts leur tourbillon de cendre noire.
Nous en tuâmes trois mille car nous manquions de nourriture.
Ce fut une fête extraordinaire. Les hommes bâtirent des fours de sable qu'ils emplirent de bouse sèche, laquelle brillait clair comme du foin. Et la graisse des corbeaux parfuma l'air. L'équipe de garde autour du puits manœuvrait sans repos une corde de cent vingt mètres qui accouchait la terre de toutes nos vies. Une autre équipe distribuait l'eau à travers le camp comme elle l'eût fait pour des orangers dans la sécheresse.
J'allais ainsi, de mes pas lents, regardant revivre les hommes. Puis je m'éloignais d'eux, et, une fois rentré dans ma solitude, j'adressai à Dieu cette prière:
«J'ai vu, Seigneur, au cours d'une même journée, la chair de mon armée s'assécher puis revivre. Elle était déjà semblable à une écorce de bois mort, or la voici dispose et efficace. Nos muscles rafraîchis nous porteront où nous voudrons. Et cependant il s'en est fallu d'une heure de soleil et nous étions effacés de la terre, nous et la trace de nos pas.
«J'ai entendu rire et chanter. L'armée que j'emporte avec moi est cargaison de souvenirs. Elle est clef d'existences lointaines. Repose sur elle des espérances, des souffrances, des désespoirs et des joies. Elle n'est point autonome mais mille fois liée. Et cependant il s'en est fallu d'une heure de soleil et nous étions effacés de la terre, nous et la trace de nos pas.
«Je les mène vers l'oasis à conquérir. Ils seront semence pour la terre barbare. Ils apporteront nos coutumes à des peuples qui les ignorent. Ces hommes qui mangent et boivent et ne vivent ce soir que d'une vie élémentaire, à peine se seront-ils montrés dans les plaines fertiles, que tout y changera non seulement des coutumes et du langage, mais de l'architecture des remparts et du style des temples. Ils sont lourds d'un pouvoir qui agira le long des siècles. Et cependant il s'en est fallu d'une heure de soleil et nous étions effacés de la terre, nous et la trace de nos pas.
«Ils ne le savent point. Ils avaient soif, ils sont satisfaits pour leur ventre. Cependant l'eau du puits d'El Ksour sauve des poèmes et des villes et de grands jardins suspendus — car il était de ma décision d'en faire bâtir. L'eau du puits d'El Ksour change le monde. Et cependant une heure de soleil l'eût pu tarir et nous eût effacés de la terre, nous et la trace de nos pas.
«Ceux qui en revinrent les premiers nous dirent: «Le puits d'El Ksour est une fenêtre sur la vie.» Tes anges étaient prêts de te récolter mon armée dans leurs grandes corbeilles et de te la verser dans ton éternité comme une écorce de bois mort. Nous les avons fuis par ce trou d'aiguille. Je ne sais plus m'y reconnaître. Désormais si je considère un simple champ d'orge sous le soleil, en équilibre entre la boue et la lumière et capable de nourrir un homme, j'y verrai véhicule ou passage secret, quoique ignorant ce dont il est le charroi ou le chemin. J'ai vu sortir des villes, des temples, des remparts et de grands jardins suspendus du puits d'El Ksour.
«Mes hommes boivent et songent à leur ventre. Il n'est rien en eux que plaisir du ventre. Ils sont massés autour du trou d'aiguille. Et il n'est rien au fond du trou d'aiguille que clapotis d'une eau noire quand un récipient la tourmente. Mais d'être versée sur la graine sèche et qui ne connaît rien de soi sinon son plaisir de l'eau, elle réveille un pouvoir ignoré qui est de villes, de temples, de remparts et de grands jardins suspendus.
«Je ne sais plus m'y reconnaître si Tu n'es clef de voûte et commune mesure et signification des uns et des autres. Le champ d'orge et le puits d'El Ksour et mon armée, je n'y découvre que matériaux en vrac, s'il n'est point Ta présence au travers qui me permette d'y déchiffrer quelque ville crénelée qui se bâtit sous les étoiles.»
CLVII
Nous fûmes bientôt en vue de la ville. Mais nous n'en découvrîmes rien, sinon des remparts rouges d'une hauteur inusitée et qui tournaient vers le désert une sorte d'envers dédaigneux, dépouillés qu'ils étaient d'ornements, de saillies, de créneaux, et conçus de toute évidence pour n'être point observés du dehors.
Quand tu regardes une ville elle te regarde. Elle dresse contre toi ses tours. Elle t'observe de derrière ses créneaux. Elle te ferme ou t'ouvre ses portes. Ou bien elle désire être aimée ou te sourire et tourne en ta direction les parures de son visage. Toujours quand nous prenions les villes il nous semblait, tant elles avaient bien été bâties en vue du visiteur, qu'elles se donnaient à nous. Portes monumentales et avenues royales, que tu sois chemineau ou conquérant, tu es toujours reçu en prince.
Mais le malaise s'empara de mes hommes quand les remparts, peu à peu grandis par l'approche, nous parurent si visiblement nous tourner le dos dans un calme de falaise, comme s'il n'était rien hors de la ville.
Nous usâmes la première journée à en faire le tour, lentement, cherchant quelque brèche, quelque défaut, ou à tout le moins quelque issue murée. Il n'en était point. Nous cheminions à portée de fusil mais aucune riposte ne rompait jamais le silence bien qu'il arrivât que quelques-uns de mes hommes dont le malaise allait s'aggravant tirassent eux-mêmes des salves de défi. Mais il en était de cette cité derrière ses remparts comme du caïman sous sa carapace qui ne daigne même pas pour toi sortir d'un songe.
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