Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Car né de lui ne signifie point qu'il lui ressemble.
Ou plutôt je dis «ressemblance» quelque chose qui n'est ni pour tes yeux ni pour ton intelligence, mais pour ton seul esprit. Et c'est ce que je signifie lorsque j'exprime que la création ressemble à Dieu, le fruit au soleil, le poème à l'objet du poème et l'homme que j'ai tiré de toi au cérémonial de l'empire.
Et ceci est très important car faute de reconnaître par les yeux une filiation qui n'a de sens que pour l'esprit, tu refuses les conditions de ta grandeur. Tu es semblable à l'arbre qui, de ne point retrouver les signes du soleil dans le fruit, refuserait le soleil. Ou plutôt comme le professeur qui, de ne point retrouver dans l'œuvre le mouvement informulable dont elle est issue, l'étudié, découvre son plan, dégage s'il ne peut y trouver des lois internes, et te fabrique ensuite une œuvre qui les applique, et te fait fuir pour ne la point entendre.
C'est ici que la bergère ou le menuisier ou le mendiant a plus de génie que tous les logiciens, historiens et critiques de mon empire. Car il leur déplaît que leur chemin creux perde ses contours. Pourquoi? leur demandes-tu. Parce qu'ils l'aiment. Et cet amour est la voie mystérieuse par où ils en sont allaités. Il faut bien, puisqu'ils l'aiment, qu'ils en reçoivent quelque chose. Peu importe si tu le sais formuler. Il n'est que des logiciens, des historiens et des critiques de n'accepter du monde que ce dont ils savent faire des phrases. Car je pense, moi, que toi, petit d'homme, tu commences seulement d'apprendre un langage et tâtonnes et t'y exerces et ne saisis encore qu'une mince pellicule du monde. Car il est lourd à transporter.
Mais ceux-là ne savent croire qu'en le maigre contenu de leur petit bazar d'idées.
Si tu refuses mon temple, mon cérémonial et mon humble chemin de campagne à cause que tu ne sais m'énoncer l'objet ni le sens du charroi, je t'enfoncerai le nez dans ta propre crasse. Car là où il n'est point de mots dont tu me puisses étonner par leur bruit, ou d'images proposées que tu me puisses agiter comme des preuves palpables, tu acceptes pourtant de recevoir une visite dont tu ne sais dire le nom. As-tu jamais écouté la musique? Pourquoi l'écoutes-tu?
Tu acceptes communément comme belle la cérémonie du coucher du soleil sur la mer. Veux-tu me dire pourquoi?
Et moi je dis que si tu as chevauché ton âne le long du chemin de campagne dont je t'ai parlé, te voilà changé. Et peu m'importe que tu ne saches encore me dire pourquoi.
Et c'est pourquoi tous les rites, tous les sacrifices, tous les cérémonials, tous les chemins ne sont pas également bons. Il en est de mauvais comme de musiques vulgaires. Mais je ne sais les départager par la raison. Je n'en veux qu'un signe qui est toi.
Si je veux juger le chemin, le cérémonial ou le poème, je regarde l'homme qui en vient. Ou bien j'écoute battre son cœur.
CLI
C'est comme si les forgeurs de clous et scieurs de planches, prétextant que le navire est assemblage de planches à l'aide de clous, me prétendaient présider à sa construction et à son gouvernement sur la mer.
L'erreur étant toujours la même et consistant en erreur dans la démarche. Ce n'est point le navire qui naît de la forge des clous et du sciage des planches. C'est la forge des clous et le sciage des planches qui naissent de la pente vers la mer et croissance du navire. Le navire devient à travers eux et les draine comme le cèdre draine la rocaille.
Les scieurs de planches et forgeurs de clous doivent regarder vers les planches et les clous. Ils doivent connaître les planches et les clous. L'amour du navire dans leur langage doit devenir amour des planches et des clous. Et je n'irai point les interroger sur le navire.
Ainsi de ceux-là que j'ai chargés de me percevoir les impôts. Je n'irai point les interroger sur les démarches d'une civilisation. Qu'ils m'obéissent sagement.
Car si j'invente un voilier plus rapide et change la forme des planches et la longueur des clous, voilà mes techniciens qui murmurent et se révoltent. Je détruis selon eux l'essence du navire, lequel avant tout reposait sur leurs planches et sur leurs clous.
Mais il reposait sur mon désir.
Et ceux-là, si je change quelque chose aux finances et donc à la récolte des impôts, les voilà qui murmurent et se révoltent car je ruine l'empire qui reposait sur leur routine.
Tous, qu'ils se taisent.
Mais en revanche, je les respecterai. Je n'irai point, une fois le dieu descendu jusqu'à eux, les conseiller dans la forge des clous ou le sciage des planches. Je n'en veux rien connaître. Le bâtisseur de cathédrales, d'échelon en échelon, anime le sculpteur de lui verser son enthousiasme. Mais il ne se mêle point de l'aller conseiller sur le mode d'un certain sourire. Car il s'agit là d'utopie et de construction du monde à l'envers. S'occuper des clous, c'est inventer un monde futur. Ce qui est absurde. Ou soumettre à la discipline ce qui n'est point du ressort de la discipline. C'est là que se montre l'ordre du professeur qui n'est point l'ordre de la vie. Viendra à son heure le temps des planches et des clous. Car si je m'en occupe avant leur échelon je me fatigue sur un monde qui ne naîtra point. Car la forme des clous et des planches se dégagera de leur usure contre les réalités de la vie, lesquelles se montreront seules aux forgeurs de clous et scieurs de planches.
Et plus ma contrainte sera puissante, laquelle est pente vers la mer donnée aux hommes, moins ma tyrannie se montrera. Car il n'est point de tyrannie dans l'arbre. La tyrannie se montre si tu veux, à l'aide des sucs, construire l'arbre. Non si l'arbre draine les sucs.
Je te l'ai toujours dit: Fonder l'avenir, c'est d'abord et exclusivement penser le présent. De même que créer le navire c'est exclusivement fonder la pente vers la mer.
Car il n'est point — et jamais — de langage logique pour passer des matériaux à ce qui compte pour toi et domine les matériaux, comme pour expliquer l'empire à partir des arbres, des montagnes, des villes, des fleuves et des hommes, ou la mélancolie de ton visage de marbre à partir des lignes et des volumes respectifs du nez, du menton et des oreilles, ou le recueillement de ta cathédrale à partir des pierres, ou le domaine à partir des éléments du domaine, ou plus simplement l'arbre à partir des sucs minéraux. (Et la tyrannie te vient de ce que prétendant réaliser une opération impossible tu t'irrites contre tes échecs, les reproches aux autres, et te fais cruel.)
Il n'est point de langage logique car il n'est point non plus de filiation logique. Tu ne fais point naître l'arbre à partir des sucs minéraux, mais de la graine.
La seule démarche qui ait un sens, mais qui n'est point exprimable par les mots car elle est de création pure ou de retentissement, est celle qui te fait passer de Dieu aux objets qui ont reçu de Lui un sens, une couleur et un mouvement. Car l'empire te charge d'un pouvoir secret les arbres, montagnes, fleuves, troupeaux et ravins et demeures de l'empire. La ferveur du sculpteur charge d'un pouvoir secret la glaise ou le marbre, la cathédrale donne leur sens aux pierres et en fait réservoirs de silence, et l'arbre draine les sucs minéraux pour les établir dans la lumière.
Et je connais deux sortes d'hommes qui me parlent d'un empire neuf à fonder. Celui-là qui est logicien et construit par l'intelligence. Et je dis son acte utopie. Et il ne naîtra rien car il n'est rien en lui. Ainsi de ce visage pétri par le professeur de sculpture. Car si le créateur peut être intelligent, la création n'est point faite de l'intelligence. Et cet homme-là nécessairement se changera en tyran stérile.
Et l'autre qu'animé une évidence forte à laquelle il ne saurait donner un nom. Et celui-là peut être comme le berger ou le charpentier sans intelligence, car la création n'est point faite de l'intelligence. Et il te malaxe sa glaise sans bien connaître ce qu'il en tirera. Il n'est point satisfait: il donne un coup de pouce à gauche. Puis un coup de pouce vers le bas. Et son visage de plus en plus satisfait quelque chose qui n'a point de nom mais pèse en lui. Son visage de plus en plus ressemble à quelque chose qui n'est point un visage. Et je ne sais même pas ce que signifie ici ressembler. Et voici que ce visage pétri qui a reçu une ressemblance informulable est doué du pouvoir de charrier en toi ce qui animait le sculpteur. Et tu es noué comme il le fut.
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