Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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CXLV
Car je suis fatigué des mots qui se tirent la langue et il ne me paraît point absurde de chercher dans la qualité de mes contraintes la qualité de ma liberté.
Comme dans la qualité du courage de l'homme en guerre, la qualité de son amour.
Comme dans la qualité de ses privations, la qualité de son luxe.
Comme dans la qualité de son acceptation de la mort, la qualité de ses joies dans la vie.
Comme dans la qualité de sa hiérarchie, la qualité de son égalité que je dirai alliance.
Comme dans la qualité de son refus des biens, la qualité de son usage des mêmes biens.
Comme dans la qualité de sa soumission totale à l'empire, la qualité de sa dignité individuelle.
Car dis-moi, si tu le prétends favoriser, ce qu'est un homme seul? Je l'ai bien vu de mes lépreux.
Et dis-moi, si tu la prétends favoriser, ce qu'est une communauté opulente et libre? Je l'ai bien vu de mes Berbères.
CXLVI
Car à ceux-là qui ne comprenaient pas mes contraintes je répondis:
«Vous êtes semblables à l'enfant qui, de n'avoir connu au monde qu'une forme de jarre, la considère comme absolue et ne comprend point plus tard, s'il change de demeure, pourquoi l'on a déformé et dévié la jarre essentielle de sa maison. Et ainsi quand tu vois forger dans l'empire voisin un homme autre que toi, et éprouvant et pensant et aimant et plaignant et haïssant différemment, tu te demandes pourquoi ceux-là déforment l'homme. D'où ta faiblesse, car tu ne sauveras point l'architecture de ton temple si tu ignores qu'elle est d'un dessin fragile et victoire de l'homme sur la nature. Et qu'il est quelque part des maîtres couples, des piliers, des cintres et des contreforts pour la soutenir.
«Et tu ne conçois point la menace qui pèse sur toi car tu ne vois dans l'œuvre de l'autre que l'effet d'un égarement passager et tu ne comprends pas que menace, pour l'éternité, de s'engloutir un homme qui jamais plus ne renaîtra.
«Et tu te croyais libre et t'indignais quand je te parlais de mes contraintes. Lesquelles en effet n'étaient point d'un gendarme visible mais plus impérieuses de ne se point remarquer comme de la porte à travers ton mur, laquelle ne te semble point, bien qu'il te faille faire un détour pour sortir, une insulte à ta liberté.
«Mais si tu veux voir apparaître le champ de force qui te fonde et te fait ainsi te mouvoir et éprouvant et pensant et aimant et plaignant et haïssant de cette façon-ci et non d'une autre, considère son corset chez ton voisin, là où il commence d'agir, car alors il te deviendra sensible.
«Sinon toujours tu le méconnaîtras. Car la pierre qui tombe ne subit pas la force qui la tire vers le bas. Une pierre ne pèse qu'immobile.
«C'est lorsque tu résistes que tu connais ce qui te meut. Et pour la feuille livrée au vent il n'est plus de vent, de même que pour la pierre délivrée il n'est plus de pesanteur.
«Et c'est pourquoi tu ne vois point la contrainte formidable qui pèse sur toi et ne se montrerait, tel le mur, que s'il te pouvait venir à l'idée d'incendier par exemple la ville.
«De même que ne t'apparaît point la contrainte plus simple de ton langage.
«Tout code est contrainte, mais invisible.»
CXLVII
J'étudiai donc les livres des princes, les ordonnances édictées aux empires, les rites des religions diverses, les cérémonials des funérailles, des mariages et des naissances, ceux de mon peuple et ceux des autres peuples, ceux du présent et ceux du passé, cherchant à lire des rapports simples entre les hommes dans la qualité de leur âme et les lois qui furent édictées pour les fonder, régir et perpétuer, et je ne sus point les découvrir.
Et, cependant, quand j'avais affaire a ceux-là qui me venaient de l'empire voisin où règne tel cérémonial des sacrifices, je le découvrais avec son bouquet, son arôme et sa façon à lui d'aimer ou de haïr, car il n'est ni amours ni haines qui se ressemblent. Et j'avais le droit de m'interroger sur cette genèse et de me dire: «Comment se fait-il que tel rite qui me semble sans rapport ni efficacité ni action, car il traite d'un domaine étranger à l'amour, fonde cet amour-ci et non un autre? Où donc se loge le lien entre l'acte, et les murailles qui gouvernent l'acte, et telle qualité du sourire qui est de celui-là et non du voisin?»
Je ne poursuivais point une démarche vaine puisque j'ai bien connu, tout au long de ma vie, que les hommes les uns des autres différaient, bien que les différences te soient invisibles d'abord et non exprimables en conservant, puisque tu te sers d'un interprète et qu'il a pour mission de te traduire les mots de l'autre, c'est-à-dire de chercher pour toi dans ton langage ce qui ressemblera le mieux à ce qui fut émis dans un autre langage. Et ainsi amour, justice ou jalousie se trouvant être traduits pour toi par jalousie, justice et amour, tu t'extasieras sur vos ressemblances, bien que le contenu des mots ne soit point le même. Et si tu poursuis l'analyse du mot, de traduction en traduction, tu ne chercheras et ne trouveras que les ressemblances, et te fuira comme toujours dans l'analyse ce que tu prétendais saisir.
Car si tu désires comprendre les hommes il ne faut point les écouter parler.
Et cependant sont absolues les différences. Car ni l'amour, ni la justice, ni la jalousie, ni la mort, ni le cantique, ni l'échange avec les enfants, ni l'échange avec le prince, ni l'échange avec la bien-aimée, ni l'échange dans la création, ni le visage du bonheur, ni la forme de l'intérêt ne se ressemblent de l'un à l'autre, et j'ai connu ceux-là qui s'estimaient comblés et, serrant les lèvres ou plissant les yeux, faisaient les modestes s'il leur poussait des ongles assez longs, et d'autres qui te jouaient le même jeu, s'ils te montraient des cals dans leurs paumes. Et j'ai connu ceux-là qui se jugeaient selon leur poids d'or dans leurs caves, ce qui te semble avarice sordide, tant que tu n'as point découvert des autres qu'ils éprouvent les mêmes sentiments d'orgueil et se jugent avec une complaisance satisfaite s'ils ont roulé des pierres inutiles sur la montagne.
Mais il m'est apparu avec évidence que je me trompais dans ma tentative car il n'est point de déduction pour passer d'un étage à l'autre et ma démarche était aussi absurde que celle du bavard qui, d'admirer avec toi la statue, te prétend expliquer par la ligne du nez ou la dimension de l'oreille, l'objet de ce charroi qui par exemple était mélancolie d'un soir de fête, et ne réside ici que comme capture, laquelle n'est jamais de l'essence des matériaux.
Il m'est également apparu que mon erreur résidait en ce que je cherchais à expliquer l'arbre par les sucs minéraux, le silence par les pierres, la mélancolie par les lignes et la qualité d'âme par le cérémonial, renversant ainsi l'ordre naturel de la création, alors qu'il m'eût fallu chercher à éclairer l'ascension des minéraux par la genèse de l'arbre, l'ordonnance des pierres par le goût du silence, la structure des lignes par le règne sur elles de la mélancolie, et le cérémonial par la qualité d'âme qui est une et ne saurait se définir avec des mots, puisque précisément pour la saisir, la régir et la perpétuer tu en es venu à m'offrir ce piège, lequel est tel cérémonial et non un autre.
Et certes j'ai chassé le jaguar dans ma jeunesse. Et j'ai usé de fosses à jaguar, meublées d'un agneau, hérissées de pieux et couvertes d'herbe. Et quand à l'aube je m'en venais les visiter j'y trouvais le corps du jaguar. Et si tu connais les mœurs du jaguar tu inventeras la fosse à jaguar avec ses pieux, son agneau et son herbe. Mais si je te prie d'étudier la fosse à jaguar, et que tu ne saches rien du jaguar, tu ne sauras point me l'inventer.
C'est pourquoi je t'ai dit du géomètre véritable mon ami, qu'il est celui-là qui sent le jaguar et invente la fosse. Malgré qu'il ne l'ait jamais vu. Et les commentateurs du géomètre ont bien compris, puisque le jaguar a été montré, ayant été pris, mais eux te considèrent le monde avec ces pieux, ces agneaux, ces herbes et autres éléments de sa construction, et ils espèrent par leur logique en dégager des vérités. Mais elles ne leur viennent point. Et ils demeurent stériles jusqu'au jour où se présente celui-là qui sent le jaguar sans l'avoir pu connaître encore, et de le sentir le capture, et te le montre, ayant ainsi mystérieusement emprunté, afin de te conduire à lui, un chemin qui fut semblable à un retour.
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