Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Ainsi donc me vint ce litige dominant d'admirer pour moi l'homme soumis et l'homme irréductible qui montre ce qu'il est. Sachant comprendre le problème, mais non le formuler. Car ceux-là que la discipline la plus dure régit et qui, sur un signe de moi, acceptent la mort, ceux-là mêmes qu'aimante ma foi, mais si bien durcis dans leur discipline que je puis, face à eux, les injurier et les soumettre comme des enfants, et qui, par contre, lâchés à l'aventure et heurtés contre d'autres, montrent la trempe de l'acier et la colère sublime et le courage dans la mort.
J'ai compris qu'il n'était que deux aspects du même
homme. Et que celui-là que nous admirons comme le grain irréductible, ou celle-là impossible à soumettre, et dans mes bras absente comme un navire de haute mer, celui-là que je dis un homme, car il ne transige, ni ne pactise, ni ne compose, ni ne se défait d'une part de soi par habileté ou convoitise ou lassitude, celui-là que je puis écraser sous la meule sans en faire sourdre l'huile du secret, celui qui porte au cœur ce dur noyau d'olive, celui dont je n'admets ni que la foule, ni que le tyran le contraigne, devenu diamant au cœur, toujours je lui ai découvert l'autre face. Et soumis, et discipliné et respectueux et plein de foi et d'abandon, fils sage d'une race spirituelle et dépositaire de ses vertus…
Mais ceux-là que j'appelais libres et ne décidant que de soi-même, et inexorablement seuls, ceux-là ne sont point gouvernés, manque de vent dans leur mâture, et leurs résistances ne sont jamais que caprices incohérents.
Ainsi moi qui hais ce bétail et l'homme vidé de sa substance et sans patrie intérieure, et qui n'aime point, ni comme chef ni comme maître, d'émasculer mon peuple et de le changer en fourmis aveugles et obéissantes, j'ai compris que par ma contrainte je pouvais et devais le vivifier, et non le perdre. Et que sa douceur dans mon église et son obéissance et son assistance à autrui n'étaient point d'un bâtard, car celui-là seul peut me servir aux limites de mon empire de pierre angulaire. Car il n'est rien à espérer de soi mais de la seule merveilleuse collaboration de l'un à travers l'autre…
Ainsi celui-là qu'écrasait le poids des remparts, et sur qui veillaient les sentinelles, et que je pouvais bien crucifier sans qu'il abjurât, celui-là qui ne livrerait que son rire méprisant sous le pressoir de mes bourreaux, je le considérerais avec erreur si j'y lisais un réfrac-taire. Car sa puissance lui vient d'une autre religion, il est une autre face de lui qui est tendre. Une autre image de lui, celle d'un homme qui s'assoit, et qui écoute, les mains sur les genoux avec son sourire candide, et il est des seins qui lui versèrent leur lait. Ainsi de celle-là que j'ai capturée sur ma tour et qui marche de long en large dans la cage de l'horizon, et ne peut être violée ni saisie, et ne livrera pas le mot d'amour qu'on lui demande. Et qui est, simplement, d'une autre contrée, d'un autre incendie, d'une tribu lointaine, et pleine de sa religion. Et, hors la conversion, je ne saurais l'atteindre.
Ceux que je hais, c'est d'abord ceux qui ne sont point. Race de chiens qui se croient libres, parce que libres de changer d'avis, de renier (et comment sauraient-ils qu'ils renient puisqu'ils sont juges d'eux-mêmes?). Parce que libres de tricher et de parjurer et d'abjurer, et que je fais changer d'avis, s'ils ont faim, rien qu'en leur montrant leur auge.
Ainsi fut la nuit des fiançailles et du condamné à mort. Et j'eus ainsi le sentiment de l'existence. Gardez votre forme, soyez permanents comme l'étrave, ce que vous puisez du dehors changez-le en vous-mêmes à la façon du cèdre. Moi je suis le cadre et l'armature et l'acte créateur dont vous naissez, il faut maintenant, comme l'arbre géant qui développe ses branchages, et non les branchages d'un autre, forme ses aiguilles ou ses feuilles, non celles d'un autre, croître et vous établir…
Mais tous ceux-là je les dirai de la racaille, qui vivent des gestes d'autrui et, comme le caméléon, s'en colorent, aiment d'où viennent les présents, et goûtent les acclamations et se jugent dans le miroir des multitudes: car on ne les trouve point, ils ne sont point, comme une citadelle, fermés sur leurs trésors et, de génération en génération ils ne délèguent pas leur mot de passe, mais laissent croître leurs enfants sans les pétrir. Et ils poussent, comme des champignons, sur le monde.
XXXI
Ceux-là vinrent me parler de la commodité et je me souvins de mon armée. Sachant combien d'efforts on se donne pour l'équilibre de la vie, malgré que la vie soit absente quand l'équilibre est fait.
Et c'est pourquoi j'aimais la guerre qui tend vers la paix. Avec son sable tiède et pacifique, et son sable vierge chargé de vipères, et ses lieux inviolés et ses abris. Et j'ai beaucoup songé sur les enfants qui jouent et transfigurent les cailloux blancs: «Voici, disent-ils, une armée en marche, là des troupeaux», mais le passant qui n'y voit que des pierres ne connaît pas la richesse de leur cœur. Ainsi celui qui vit de l'aube, et dans la glace du soleil plonge dans les ablutions d'eau froide, puis se chauffe dans la lumière des premières heures du jour. Ou simplement celui qui va au puits, quand il a soif, et tire lui-même la chaîne grinçante, et soulève le seau lourd sur la margelle et connaît ainsi le chant de l'eau et toutes ses musiques criardes. Sa soif a donc rempli de signification sa marche et ses bras et ses yeux, et il en est de cette promenade de l'homme qui a soif vers son puits comme d'un poème, mais les autres font signe à l'esclave, et l'esclave porte l'eau vers leurs lèvres et ils n'en connaissent point le chant. Leur commodité n'est qu'absence: ils n'ont point cru dans la souffrance et la joie n'a point voulu d'eux.
Ainsi ai-je remarqué de celui-là qui écoute la musique et n'a pas besoin de la pénétrer. Qui se fait comme sur une litière emporter dans la musique et ne veut point marcher vers elle, qui renonce au fruit dont l'écorce est amère. Mais moi je le dis: il n'est point de fruit s'il n'est point d'écorce. Et vous confondez le bonheur avec votre propre absence. Car celui qui est riche n'est plus là pour profiter de ses richesses, de telles richesses sont vaines. Et il n'est point de paysage découvert du haut des montagnes si nul n'en a gravi la pente, car ce paysage n'est point spectacle mais domination. Et si l'on t'a porté là-haut dans la litière tu ne vois qu'ordonnance de choses plus ou moins fades, mais comment les épaissirais-tu de ta substance? Car le paysage, pour celui-là qui croise les bras sur sa poitrine avec satisfaction, est mélange de souffle et de repos des muscles après l'effort, et du bleuissement du soir, il est aussi contentement de l'ordre fait, car chacun de ses pas a un peu ordonné ces fleuves, rangé ces sommets, reculé ce gravier du village. Ce paysage est né de lui, et la joie que je lui découvre est la joie même de l'enfant qui, ayant rangé des cailloux, a bâti sa ville et s'en émerveille, la remplit de lui. Mais quel enfant serait heureux de regarder un tas de pierres qui n'est que spectacle sans effort?
Je les ai vus, ceux qui ont souffert de la soif, la soif, la jalousie de l'eau, plus dure que la maladie, car le corps connaît son remède et l'exige comme il exigerait la femme, et voit en songe les autres boire. Car on voit la femme qui sourit aux autres. Rien n'a de sens si je n'y ai mêlé mon corps et mon esprit. Il n'est point d'aventure si je ne m'y engage. Mes astrologues, s'ils considèrent la Voie Lactée, à cause des nuits de leurs études, ils y découvrent le grand livre dont les pages craquent superbement quand on les tourne, et ils adorent Dieu d'avoir rempli le monde d'une moelle si poignante pour le cœur.
Je vous le dis: vous n'avez le droit d'éviter un effort qu'au nom d'un autre effort, car vous devez grandir.
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