Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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«Vous ne vous appesantirez point sur l'usage. Mais sur la création de l'homme, afin que celui-ci rabote sa planche dans la fidélité et l'honneur, et il la rabotera mieux.
«Vous enseignerez le respect, car l'ironie est du cancre, et oubli des visages.
«Vous lutterez contre les liens de l'homme avec les biens matériels. Et vous fonderez l'homme dans le petit d'homme en lui enseignant d'abord l'échange car, hors l'échange, il n'est que racornissement.
«Vous enseignerez la méditation et la prière car l'âme y devient vaste. Et l'exercice de l'amour. Car qui le remplacerait? Et l'amour de soi-même c'est le contraire de l'amour.
«Vous châtierez d'abord le mensonge, et la délation qui certes peut servir l'homme et en apparence la cité. Mais seule, la fidélité crée les forts. Car il n'est point de fidélité dans un camp et non dans l'autre. Qui est fidèle est toujours fidèle. Et celui-là n'est point fidèle qui peut trahir son camarade de labour. Moi j'ai besoin d'une cité forte, et je n'appuierai pas sa force sur le pourrissement des hommes.
«Vous enseignerez le goût de la perfection car toute œuvre est une marche vers Dieu et ne peut s'achever que dans la mort.
«Vous n'enseignerez point d'abord le pardon ou la charité. Car ils pourraient être mal compris et n'être plus que respect de l'injure ou de l'ulcère. Mais vous enseignerez la merveilleuse collaboration de tous à travers tous et à travers chacun. Alors le chirurgien se hâtera à travers le désert pour réparer le simple genou d'un homme de peine. Car il s'agit là d'un véhicule. Et ils ont tous deux le même conducteur.»
XXVI
Car je me penchais d'abord sur le grand miracle de la mue et du changement de soi-même. Car il était dans la ville un lépreux.
«Voici, me dit mon père, l'abîme.»
Et il me conduisit dans les faubourgs aux lisières d'un champ maigre et sale. Autour du champ une barrière et au centre du champ une maison basse où logeait le lépreux tranché ainsi d'avec les hommes.
«Tu crois, me dit mon père, qu'il va hurler son désespoir? Observe-le quand il sortira pour le voir bâiller.
«Ni plus ni moins que celui-là en qui est mort l'amour. Ni plus ni moins que celui-là qui a été défait par l'exil. Car je te le dis: l'exil ne déchire pas, il use. Tu ne te repais plus que de songes et tu joues avec des dés vides. Peu importe son opulence. Il n'est plus que roi d'un royaume d'ombres.
«La nécessité, me dit mon père, voilà le salut. Tu ne peux jouer avec des dés vides. Tu ne peux pas te satisfaire de tes rêves pour la seule raison que tes rêves ne résistent point. Elles sont décevantes, les armées lancées dans les songes creux de l'adolescence. L'utile c'est ce qui te résiste. Et le malheur de ce lépreux n'est point pour lui qu'il pourrisse, mais bien que rien ne lui résiste. Le voilà enfermé, sédentaire dans ses provisions.»
Ceux de la ville parfois le venaient observer. Ils se réunissaient autour du champ comme ceux-là qui ayant fait l'ascension de la montagne se penchent ensuite sur le cratère du volcan. Car ils pâlissent d'entendre sous leurs pieds le globe préparer ses éructations. Ils s'agglutinaient donc, comme autour d'un mystère, autour du carré de champ du lépreux. Mais il n'était point de mystère.
«Ne te fais point d'illusions, me disait mon père. N'imagine point son désespoir et ses bras tordus dans l'insomnie et sa colère contre Dieu ou contre soi-même ou contre les hommes. Car il n'est rien en lui sinon absence qui grandit. Qu'aurait-il de commun avec les hommes? Ses yeux coulent et ses bras tombent de lui comme des branches. Et il ne reçoit plus de la ville que le bruit d'un lointain charroi. La vie ne l'alimente plus que d'un vague spectacle. Un spectacle n'est rien. Tu ne peux vivre que de ce que tu transformes. Tu ne vis point de ce qui est entreposé en toi comme en un magasin. Et celui-là vivrait s'il pouvait fouetter le cheval et porter des pierres et contribuer à l'édification du temple. Mais tout lui est donné.»
Cependant il s'établit une coutume. Les habitants venaient chaque jour, émus par sa misère, jeter leurs offrandes au-delà des pieux qui hérissaient cette frontière. Et voilà qu'il était servi, paré et vêtu comme une idole. Nourri des meilleurs mets. Et même, les jours de fête, honoré de musique. Et cependant, s'il avait besoin de tous, nul n'avait besoin de lui. Il disposait de tous les biens, mais il n'avait point de biens à offrir.
«Ainsi des idoles de bois, me dit mon père, que tu surcharges de présents. Et brûlent en face d'elles les lampions des fidèles. Et fume l'arôme des sacrifices. Et s'orne leur chevelure de pierreries. Mais je te le dis, la foule qui jette à ses idoles ses bracelets d'or et ses pierreries, celle-là s'augmente, mais l'idole de bois demeure de bois. Car elle ne transforme rien. Or vivre, pour l'arbre, c'est prendre de la terre et en pétrir des fleurs.»
Et je vis le lépreux sortir de sa tanière et promener sur nous son regard mort. Plus inaccessible à ce bruit qui cependant cherchait à le flatter qu'aux vagues de la mer. Défait d'avec nous-mêmes et désormais inaccessible. Et si l'un de la foule exprimait sa pitié, il le regardait avec un mépris vague… Non solidaire. Écœuré d'un jeu sans caution. Car qu'est-ce qu'une pitié qui ne prend point dans les bras pour bercer? Et en retour, si quelque chose d'animal encore sollicitait de lui sa colère d'être devenu ainsi spectacle et curiosité de foire, colère peu profonde en vérité, car nous n'étions plus de son univers, comme les enfants autour du bassin où tourne l'unique carpe lente, que nous importait sa colère, car qu'est-ce qu'une colère qui ne peut frapper et ne fait que lâcher des mots vides dans le vent qui les emporte? Ainsi m'apparut-il dépouillé par son opulence. Et je me souvenais de ceux-là qui, lépreux dans le Sud, à cause de lois concernant la lèpre, rançonnaient les oasis du haut de leur cheval dont ils n'avaient point le droit de descendre. Tendant leur sébile au bout d'un bâton. Et regardant durement et sans voir, car les visages heureux, pour eux, n'étaient que territoire de chasse. Et pourquoi même eussent-ils été irrités par un bonheur aussi étranger à leur univers que les jeux silencieux des petits animaux dans la clairière. Regardant donc froidement sans voir.
Puis passant à pas lents devant les échoppes et descendant, du haut de leur cheval, un panier à l'extrémité d'une corde. Et attendant avec patience que le marchand l'eût empli. Patience morne et qui faisait peur. Car immobiles, ils n'étaient plus pour nous que végétation lente de la maladie. Et four, creuset et alambic de pourriture. Ils n'étaient plus pour nous que lieux de passage et champs clos et demeures pour le mal. Mais qu'attendaient-ils? Rien. Car on n'attend point en soi-même; mais on attend d'un autre que soi-même. Et plus ton langage est rudimentaire, plus sont grossiers tes liens avec les hommes, moins tu peux connaître l'attente et l'ennui.
Mais qu'eussent-ils pu attendre de nous, ces hommes qui étaient si absolument tranchés d'avec nous? Ils n'attendaient rien.
«Vois, dit mon père. Il ne peut même plus bâiller. Il a renoncé jusqu'à l'ennui qui est attente des hommes.»
XXVII
Ainsi m'apparut-il d'abord qu'ils étaient malheureux. La nuit se fit comme un navire où Dieu renferme ses passagers sans capitaine. Et me vint l'idée de départager les hommes. Ayant désir de comprendre d'abord le bonheur.
Je fis sonner les cloches. «Venez ici, vous que le bonheur comble.» Car le bonheur se sent en soi ainsi qu'un fruit qui est plein de sa saveur. Et celle-là je l'ai vue se presser des deux mains la poitrine, penchée en avant, comme remplie. Et ils vinrent donc à ma droite. «Venez ici, dis-je, les malheureux.» Et je fis sonner les cloches pour ceux-là. «Venez à ma gauche», leur dis-je. Et quand je les eus bien séparés, je cherchais à comprendre. Et je me demandais: «D'où vient le mal?»
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