Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Car je ne crois point en l'arithmétique. Ni la détresse ni la joie se multiplient. Et si un seul souffre dans mon peuple, sa souffrance est grande comme celle d'un peuple. Et en même temps, il est mauvais que celui-là ne se sacrifie point pour servir le peuple.
Ainsi de la joie. Et la fille de la reine, quand elle se marie, voilà tout le peuple qui danse. C'est l'arbre qui forme sa fleur. Et je juge l'arbre sur sa pointe.
XXVIII
Vaste me parut ma solitude. C'est le silence et la lenteur que je réclamais pour mon peuple. Et cette réserve au fond de l'âme, et cet ennui sur la montagne, je les buvais jusqu'à l'amertume. J'apercevais donc en dessous de moi les lumières du soir de ma ville. Cet immense appel que forme la ville jusqu'à ce que tous se soient réunis, tous enfermés, tous atteints l'un par l'autre. Ainsi je les voyais l'un après l'autre s'enfermer à chaque fenêtre qui s'éteignait, sachant leur amour. Puis leur ennui. A moins que l'amour ne s'échange contre plus vaste que l'amour.
Et les dernières fenêtres éclairées montraient les malades. Il était deux ou trois cancers comme des cierges allumés. Puis cette étoile là-bas de celui-là peut-être qui reste aux prises avec l'œuvre car il ne peut dormir s'il n'a fourni sa gerbe. Puis quelques fenêtres encore d'attente démesurée et sans espoir. Car Dieu a fait sa récolte du jour et il en est qui ne rentreront plus jamais.
Donc il en était quelques-uns semblables à des sentinelles, face à la nuit comme face à la mer. «Les voilà, me disais-je, témoins de la vie face à l'impénétrable mer. En avant-garde. Nous sommes quelques-uns à veiller sur les hommes, auxquels les étoiles doivent leur réponse. Nous sommes quelques-uns debout avec notre option sur Dieu. Portant la charge de la ville, nous sommes quelques-uns parmi les sédentaires, que durement flagelle le vent glacé qui tombe comme un manteau froid des étoiles.
«Capitaines, mes compagnons, voilà qu'elle est dure la nuit à venir. Car les autres qui dorment ne savent point que la vie n'est que changements et craquements intérieurs du cèdre et mue douloureuse. Nous sommes quelques-uns à porter pour eux ce fardeau, nous sommes quelques-uns aux frontières, ceux que brûle le mal et qui rament lentement vers le jour, ceux qui attendent, comme au mât de vigie, la réponse à leurs questions, ceux qui espèrent encore le retour de l'épouse…»
Mais c'est alors que m'apparut la même frontière qui sépare l'angoisse de la ferveur. Car angoisse et ferveur échoient aux mêmes. Toutes deux sont sentiment de l'espace et de l'étendue.
«Seuls veillent donc avec moi, me disais-je, les angoissés et les fervents. Qu'ils reposent donc, les autres. Ceux qui ont créé dans le jour et qui n'ont point la vocation de demeurer à l'avant-garde…»
La ville cependant, cette nuit-là, était suspendue hors du sommeil à cause d'un homme qui devait à l'aube expier un crime. Car on le disait innocent. Et des patrouilles circulaient qui avaient pour mission d'empêcher que la foule ne s'assemblât, car quelque chose tirait les hommes hors des demeures et les faisait se réunir.
Et moi je me disais: «C'est la souffrance d'un seul qui allume cet incendie. Celui-là dans sa geôle est brandi sur tous comme un tison.»
Me vint le besoin de le connaître. Et je m'en fus vers la prison. Je l'aperçus, carrée et noire, qui se découpait sur les étoiles. Les hommes d'armes m'ouvrirent les portes qui tournaient lentement sur leurs gonds. Les murs me parurent d'une épaisseur inusitée et des barreaux protégeaient les lucarnes. Et là aussi des patrouilles noires qui circulaient le long des vestibules et dans les cours, ou qui se levaient à mon passage comme des animaux nocturnes… Et partout cette odeur de chambrée et ces échos profonds de crypte quand on laissait choir une clef ou quand on marchait sur les dalles. Et je songeais: «Faut-il que l'homme soit dangereux pour qu'il soit nécessaire, lui si faible, de chair si chétive, qu'un clou peut vider de sa vie, de l'écraser ainsi sous une montagne!»
Et tous les pas que j'entendais lui marchaient sur le ventre. Et tous ces murs, toutes ces poternes, tous ces contreforts pesaient sur lui. «Il est l'âme de la prison, me disais-je, songeant à lui. Il est le sens et le centre et la vérité de la prison. Et cependant que montre-t-il de lui, sinon un simple tas de hardes, couché en travers des barreaux et peut-être même endormi et respirant mal. Tel qu'il est, pourtant, levain d'une ville. Et causant, en se retournant d'un mur vers l'autre, ce tremblement de terre.»
On m'ouvrit le judas et je le regardai. Sachant bien
qu'il était ici quelque chose à comprendre. Et je le vis.
Et je songeais: «Il n'a rien peut-être à se reprocher sinon l'amour des hommes. Mais celui qui bâtit une demeure donne une forme à sa demeure. Et certes toute forme peut être souhaitable. Mais non toutes ensemble. Sinon il n'est plus de demeure.
«Un visage tiré de la pierre est fait de tous les visages refusés. Tous peuvent être beaux. Mais non tous ensemble. Sans doute son rêve est-il beau.
«Nous sommes lui et moi sur la crête de la montagne. Lui et moi, seuls. Nous sommes cette nuit sur la crête du monde. Nous nous retrouvons et nous nous joignons. Car rien à cette altitude ne nous divise. Il désire comme moi la justice. Et cependant il mourra…»
Je souffrais dans mon cœur.
Cependant pour que le désir se change en acte, pour que la force de l'arbre se fasse branche, pour que la femme devienne mère, il faut un choix. C'est de l'injustice du choix que naît la vie. Car celle-là aussi, qui était belle, mille l'aimaient. Et, pour être, elle les a réduits au désespoir. Est toujours injuste ce qui est.
Je comprenais que toute création d'abord est cruelle.
Je refermai la porte et m'en fus le long des corridors. Plein d'estime et d'amour: «Qu'est-ce de lui laisser la vie dans l'esclavage, quand sa grandeur c'est son orgueil?» Et je croisai les patrouilles, les geôliers, les balayeurs du petit jour. Et tout ce peuple servait son prisonnier. Et ces murs lourds gardaient leur prisonnier, comme ces ruines déchiquetées qui tirent leur sens du trésor enfoui. Et je me retournai une fois encore vers la prison. Avec sa tour en forme de couronne rejetée vers les astres, navire en marche avec sa cargaison, tout entière servante, et je me disais: «Qui l'emporte?» Puis quand j'en fus loin, lassé dans la nuit, cette gueule de poudrière…
Je songeais à ceux de la ville. «Certes, ils le pleureront, songeais-je. Mais il est bon aussi qu'ils pleurent.»
Car je méditais les chants, les rumeurs et les méditations de mon peuple. «Ils l'enterreront. Mais on n'enterre point, songeais-je. Ce que l'on enterre est semence. Je n'ai point de pouvoir contre la vie et il aura raison un jour. Je le pends au bout d'une corde. Mais j'entendrai chanter sa mort. Et cet appel retentira sur qui veut concilier ce qui se divise. Mais que concilierai-je?
«Il me faut absorber dans une hiérarchie et non, dans le même instant, dans une autre. Je ne dois point confondre la béatitude et la mort. Je marche vers la béatitude mais ne dois point refuser les contradictions. Je dois les recevoir. Ceci est bien, ceci est mal, j'ai horreur du mélange qui n'est que sirop pour les faibles et qui les émascule, mais je dois me grandir de ce que j'accepte mon ennemi.»
XXIX
Je méditai devant ce masque de la danseuse. Et son air buté, obstiné et las. Et je me dis: «Voilà qu'au temps de la grandeur de l'empire c'était un masque. Ce n'est plus aujourd'hui que le couvercle d'une boîte vide. Il n'est plus de pathétique dans l'homme. Il n'est plus d'injustice. Nul ne souffre plus pour sa cause. Et qu'est-ce qu'une cause qui ne fait point souffrir?
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