Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Moi je le prends et je l'enferme et je le supplicie par l'étude, sachant bien que ce qui est facile est stérile pour cette raison même. Et mesurant la portée du travail à la torsion et à la sueur. Et c'est pourquoi j'ai réuni les maîtres de mes écoles et leur ai dit: «Ne vous trompez pas. Je vous ai confié les enfants des hommes non pour peser plus tard la somme de leurs connaissances, mais pour me réjouir de la qualité de leur ascension. Et ne m'intéresse point celui de vos élèves qui aura connu, porté en litière, mille sommets de montagnes et ainsi observé mille paysages, car d'abord il n'en connaîtra pas un seul véritablement, et ensuite parce que mille paysages ne constituent qu'un grain de poussière dans l'immensité du monde. M'intéressera celui-là seul qui aura exercé ses muscles dans l'ascension d'une montagne, fût-elle unique, et ainsi sera disponible pour comprendre tous les paysages à venir, et, mieux que l'autre, votre faux savant, les mille paysages mal enseignés.
«Et celui-là, si je veux le faire naître à l'amour, je fonderai en lui l'amour par l'exercice de la prière.»
Leur erreur vient de ce qu'ils ont vu que celui-là qui est exercé à l'amour découvre le visage qui l'embrase. Et ils croient en la vertu du visage. Et que celui-là qui a dominé le poème est embrasé par le poème, et ils croient en la vertu du poème.
Mais je te le répète encore: lorsque je dis montagne, je signifie montagne pour toi qui t'es déchiré à ses ronces, qui a déboulé dans ses précipices, qui as sué contre ses pierres, cueilli ses fleurs puis respiré en plein vent sur ses crêtes. Je signifie mais ne saisis rien. Et, quand je dis montagne à un boutiquier gras, je ne transporte rien dans son cœur.
Et ce n'est point parce que meurt l'efficacité du poème qu'il n'est plus de poème. L'efficacité du visage qu'il n'est plus d'amour. Et l'efficacité de Dieu qu'il n'est plus dans le cœur de l'homme l'étendue des terres arables, prises dans leur nuit, dont la charrue ferait lever des cèdres et des fleurs.
Car j'ai vraiment écouté avec attention les relations entre les hommes et j'ai bien découvert les périls de l'intelligence: celle qui croit que le langage saisit. Et les réponses dans les disputes. Car ce n'est point par la voie du langage que je transmettrai ce qui est en moi. Ce qui est en moi, il n'est point de mot pour le dire. Je ne puis que le signifier dans la mesure où tu l'entends déjà par d'autres chemins que la parole. Par le miracle de l'amour ou, parce que, né du même dieu, tu me ressembles. Autrement je le tire par les cheveux, ce monde qui, en moi, est englouti. Et, au hasard de ma maladresse, j'en montre cet aspect seul ou cet autre, comme de cette montagne dont j'exprime bien, en la signifiant, qu'elle est haute. Alors qu'elle est bien autre chose, et que je parlais, moi, de la majesté de la nuit quand on a froid dans les étoiles.
XXXVI
Quand tu écris à l'homme tu charges un navire. Mais bien peu de navires parviennent. Ils sombrent en mer. Il est peu de phrases qui continuent leur retentissement à travers l'histoire. Car j'ai beaucoup signifié peut-être, mais peu saisi.
Et ici encore ce problème: il importe d'enseigner à saisir, bien plus qu'à signifier. Il importe d'enseigner à dresser les opérations de capture. Celui que tu me montres, que m'importe donc ce qu'il sait? Autant le dictionnaire. Mais ce qu'il est. Et celui-là a écrit son poème et l'a rempli de sa ferveur, mais il a manqué sa pêche au large. Il n'a rien ramené des profondeurs. Il m'a signifié le printemps mais ne l'a point créé en moi dans la mesure où il eût pu en nourrir mon cœur.
Et je les écoutais, les logiciens, les historiens et les critiques s'apercevoir de ce que l'œuvre quand elle est forte, cette force s'exprime par le plan, car devient plan ce qui est fort. Et si un plan m'apparaît d'abord dans la ville, c'est que ma ville s'est exprimée et
qu'elle est faite. Mais ce n'est point lui qui fonda la ville.
XXXVII
Cependant, je considérais mes danseuses, mes chanteuses et les courtisanes de ma ville. Elles se faisaient construire des litières d'argent et, quand elles se hasardaient à quelque promenade, elles étaient précédées d'émissaires qui se chargeaient d'annoncer leur passage afin que la foule se rassemblât. Alors elles écartaient le voile de soie de leur visage, quand les applaudissements les avaient suffisamment excédées et tirées d'un sommeil fragile, et elles daignaient céder au désir de la foule en inclinant leur blanc visage vers son amour. Elles souriaient modestement, tandis que les crieurs faisaient leur office avec zèle, car ils étaient fouettés le soir si la foule n'avait point forcé par la tyrannie de son amour la modestie de la danseuse.
Elles se baignaient dans des baignoires d'or massif et la foule était invitée à voir préparer le lait pour le bain. Cent ânesses se laissaient traire. Et l'on ajoutait des aromates et du lait de fleurs, lequel était d'un grand prix, mais si discret qu'il ne donnait plus de parfum.
Et je ne me scandalisais point car en fin de compte l'activité de mon territoire était peu absorbée par l'extraction de ce lait de fleurs, et le prix qu'il coûtait était illusoire. D'ailleurs, il était souhaitable que quelque part on célébrât l'objet précieux. Car ce n'est point l'usage qui compte, mais la ferveur. Et peu importait puisqu'il existait, qu'il embaumât ou non mes courtisanes.
Car j'ai toujours eu pour discipline, quand mes logiciens me disputaient, de considérer mon territoire dans sa ferveur, prêt à réagir si seulement il s'occupait trop de dorures et alors négligeait le pain, mais ne sévissant point contre une dorure mesurée qui seule faisait la noblesse de son travail, et me préoccupant peu du destin de cette dorure qui ne servait point dans l'usuel, pensant que son meilleur destin était encore d'orner une chevelure de femme plutôt qu'un monument stupide. Car, certes, tu peux dire du monument qu'il est propriété de la foule, mais une femme, si elle est belle, peut aussi être regardée et la misère du monument, à moins d'être un temple pour Dieu, est que, chargé seulement de verser dans les yeux des hommes ses dorures, il n'a rien à recevoir des hommes. Mais la femme, si elle est belle, appelle les dons et les sacrifices et elle t'enivre de ce que tu lui donnes. Non de ce qu'elle te donne.
Donc elles prenaient leurs bains dans ce lait de fleurs. Et, au moins, devenaient images de la beauté. Puis se nourrissaient de mets rares et ennuyeux, et une arête les faisait mourir. Et elles possédaient des perles qu'elles perdaient. Et ne me choquait point la perte des perles, car il est bon que les perles soient éphémères. Puis elles écoutaient les conteurs et se pâmaient, et, se pâmant, n'oubliaient point de choisir pour leur chute un coussin qui s'ajustât gracieusement aux coloris de leurs écharpes.
De temps à autre aussi, elles s'offraient le luxe de l'amour. Et elles vendaient leurs perles pour quelque jeune soldat qu'elles promenaient par la ville et qu'elles désiraient le plus beau de tous, le plus éclatant, le plus gracieux, le plus viril…
Et le soldat naïf, le plus souvent, était ivre de reconnaissance, croyant recevoir quelque chose alors qu'en vérité il servait d'abord leur vanité et favorisait leur tapage.
XXXVIII
Vint celle-là qui se plaignait avec violence:
«C'est un brigand, criait-elle, un homme taré, pourri, couvert de honte. C'est la gale du globe.
Ignominieux et menteur de parole… — Va te laver, lui répondis-je. Tu t'es salie.»
Cette autre vint, criant à l'injustice et à la calomnie. Ne cherche point à ce que l'on comprenne tes actes. On ne les comprendra jamais et il n'est point ici d'injustice. Car la justice poursuit une chimère qui contient le contraire d'elle-même. Mes capitaines, dans le désert, tu les as vus comme ils sont nobles, nobles et pauvres et tannés par la soif. Ils dorment, roulés sur le sable dans la grande nuit de l'empire. Alertes et disponibles et près de s'armer au moindre bruit. Ceux-là ont répondu au souhait de mon père: «Qu'ils se lèvent, ceux-là qui sont prêts pour la mort, ayant noué toute leur fortune dans un baluchon sur l'épaule. Et qui sont disponibles. Et ainsi loyaux dans le combat et généreux de soi. Levez-vous, je vous remettrai les clefs de l'empire. Et ils se tiennent devant l'empire, vigilants comme des archanges. Autrement nobles que les valets de mes ministres ou que mes ministres eux-mêmes. Mais les voilà, s'ils sont rappelés dans la capitale, qui passent en second dans les banquets et piétinent dans les antichambres et se plaignent, eux qui véritablement sont grands, d'être réduits ainsi en servitude et humiliés. «Amère destinée, disent-ils, de celui qui n'est pas jugé…»
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