Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Car de chaque conquête l'homme découvre qu'elle l'a trompé quand il use de l'objet conquis, ayant confondu la chaleur de la création avec le goût de l'usage de l'objet qui ne lui apporte plus rien. Et pourtant il est nécessaire de se soumettre un jour à cet usage, mais alors m'intéresse seul l'usage qui sert à la conquête si la conquête sert à l'usage. Chacun renforçant l'autre. Ainsi de la danse même ou du chant ou de l'exercice de la prière qui crée la ferveur, laquelle alimente ensuite la prière, ou de l'amour. Car si je change d'état, si je ne suis plus mouvement et action vers, alors me voilà comme mort. Et du sommet de ta montagne tu ne jouiras plus du paysage quand il ne sera plus victoire de tes muscles et satisfaction de ta chair.

XLII

Je leur ai dit: «N'ayez point honte de vos haines.» Car ils en avaient condamné cent mille à mort. Et ceux-là erraient dans les prisons avec leur plaque sur la poitrine qui les distinguait d'avec les autres comme un bétail. Je suis venu, me suis emparé des prisons, et cette foule je l'ai fait comparaître. Et elle ne m'a point paru différente des autres. J'ai écouté, j'ai entendu et j'ai regardé. Je les ai vus se partager leur pain comme les autres, et se presser, comme les autres, autour des enfants malades. Et les bercer et les veiller. Et je les ai vus, comme les autres, souffrir de la misère d'être seuls quand ils étaient seuls. Et, comme les autres, pleurer quand celle-là entre les murs épais commençait d'éprouver envers un autre prisonnier cette pente du cœur.

Car je me souviens de ce que mes geôliers me racontèrent. Et je priai que l'on m'amenât celui qui s'était servi de son couteau la veille, tout sanglant de son crime. Et je l'interrogeai moi-même. Et je me penchai non sur lui, déjà pris par la mort, mais sur l'impénétrable de l'homme.

Car la vie prend où elle peut prendre. Au creux humide du rocher se forme la mousse. Condamnée d'avance, certes, par le premier vent sec du désert. Mais elle cache ses graines qui ne mourront point, et qui prétendrait inutile cette apparition de verdure?

Donc j'appris de mon prisonnier que l'on s'était moqué de lui. Et il en avait souffert dans sa vanité et dans son orgueil. Sa vanité et son orgueil de condamné à mort…

Et je les ai vus dans le froid qui se pressaient les uns contre les autres. Et ils ressemblaient à toutes les brebis de la terre.

Et je fis comparaître les juges et je leur demandai: «Pourquoi sont-ils coupés d'avec le peuple, pourquoi portent-ils sur la poitrine une plaque de condamnés à mort? — C'est justice», me répondirent-ils.

Et je songeai:

«Certes, c'est justice. Car la justice selon eux c'est de détruire l'insolite. Et l'existence des nègres leur est injustice. Et l'existence de princesses s'ils sont manœuvres. Et l'existence de peintres s'ils ne comprennent point la peinture.»

Et je leur répondis:

«Je désire qu'il soit juste de les délivrer. Travaillez à comprendre. Car autrement, s'ils forment les prisons et régnent, il leur sera nécessaire à leur tour de vous enfermer et de vous détruire, et je ne crois point que l'empire y gagne.»

C'est alors que m'apparut dans son évidence la folie sanguinaire des idées, et j'adressai à Dieu cette prière:

«As-tu donc été fou de les faire croire en leur pauvre balbutiement? Qui leur enseignera non un langage, mais comment se servir d'un langage! Car de cette affreuse promiscuité des mots, dans un vent de paroles, ils ont tiré l'urgence des tortures. De mots maladroits, incohérents ou inefficaces, des engins de torture efficaces sont nés.»

Mais, dans le même temps, cela me paraissait naïf et plein du désir de naître.

XLIII

Tous ces événements qui ne sont plus vécus dans leur substance sont faux. Leur gloire est fausse. Comme est faux notre enthousiasme pour ce vainqueur.

Ces nouvelles sont fausses car rien n'en subsiste.

Car l'enseignement doit l'être d'un cadre, d'une armature. Non d'un contenu toujours faux.

Je te montrerai comme un grand paysage, lequel peu à peu sortira de la brume dans son ensemble et non de proche en proche. Car ainsi la vérité du sculpteur. Où as-tu vu le nez se dégager, puis le menton, puis l'oreille? La création est toujours image fournie d'emblée et non déduction de proche en proche. Cela est travail de la multitude qui grouille sur l'image créatrice et commente et agit et bâtit autour.

XLIV

Me vint le soir que je redescendais de ma montagne sur le versant des générations nouvelles dont je ne connaissais plus un visage, las d'avance des paroles des hommes et ne trouvant plus dans le bruit de leur charroi ni de leurs enclumes le chant de leurs cœurs — et vidé d'eux comme si je ne connaissais plus leur langue, et indifférent à un avenir qui désormais ne me concernait plus — porté en terre, me semblait-il. Comme je désespérais de moi, muré derrière ce pesant rempart d'égoïsme (Seigneur, disais-je à Dieu, Tu t'es retiré de moi, c'est pourquoi j'abandonne les hommes) et je me demandais ce qui m'avait déçu dans leur comportement.

Non point sollicité de briguer d'eux quoi que ce soit. Pourquoi charger de troupeaux nouveaux mes palmeraies? Pourquoi augmenter mon palais de tours nouvelles quand déjà je traînais ma robe de salle en salle comme un navire dans l'épaisseur des mers? Pourquoi nourrir d'autres esclaves quand déjà, sept ou huit contre chaque porte, ils se tenaient comme les piliers de ma demeure et que je les croisais le long des corridors, effacés contre les murs par mon passage et le seul bruissement de ma robe? Pourquoi capturer d'autres femmes quand déjà je les enfermais dans mon silence ayant appris à ne plus écouter afin d'entendre? Car j'avais assisté à leur sommeil, une fois baissées les paupières et leurs yeux pris dans ce velours… Je les quittais alors plein du désir de monter sur la tour la plus haute trempée dans les étoiles et recevoir de Dieu le sens de leur sommeil, car alors dorment les criailleries, les pensées médiocres, les habiletés dégradantes, et les vanités qui leur rentrent au cœur avec le jour, quand il s'agit pour elles exclusivement de l'emporter sur leur compagne et de la détrôner dans mon cœur. (Mais si j'oubliais leurs paroles, il ne restait qu'un jeu d'oiseau et la douceur des larmes…)

XLV

Le soir que je redescendais de ma montagne sur le versant où je ne connaissais plus personne, comme un homme déjà porté en terre par des anges muets, il me vint la consolation de vieillir. Et d'être un arbre lourd de ses branches, tout durci déjà de cornes et de rides, et déjà comme embaumé par le temps dans le parchemin de mes doigts, et si difficile à blesser, comme déjà devenu moi-même. Et je me disais: «Celui-là qui est ainsi vieilli, comment le tyran le pourrait-il épouvanter par l'odeur des supplices, qui est odeur de lait aigre, et, changer en lui quoi que ce soit, puisque sa vie, il la tient toute derrière lui comme le manteau défait qui ne tient plus que par un cordon? Ainsi suis-je déjà rangé dans la mémoire des hommes. Et nul reniement de ma part n'aurait plus de sens.»

Me vint aussi la consolation d'être délié de mes entraves, comme si toute cette chair racornie je l'avais échangée dans l'invisible ainsi que des ailes. Comme si je me promenais, enfin né de moi-même, en compagnie de cet archange que j'avais tellement cherché. Comme si, d'abandonner ma vieille enveloppe, je me découvrais extraordinairement jeune. Et cette jeunesse n'était point faite d'enthousiasme, ni de désir, mais d'une extraordinaire sérénité. Cette jeunesse était de celles qui abordent l'éternité, non de celles qui abordent à l'aube les tumultes de la vie. Elle était d'espace et de temps. Il me semblait devenir éternel d'avoir achevé de devenir.

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