Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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J'étais aussi semblable à celui-là qui a ramassé sur son chemin une jeune fille poignardée. Il la porte dans ses bras noueux, toute défaite et abandonnée comme une charge de rosés, doucement endormie par un éclair d'acier, et presque souriante d'appuyer son front blanc sur l'épaule ailée de la mort, mais qui la conduit vers la plaine où sont les seuls qui la guériront.

«Merveilleuse endormie que je remplirai de ma vie, car je ne m'intéresse plus ni aux vanités, ni aux colères, ni aux prétentions des hommes, ni aux biens qui me peuvent échoir, ni aux maux qui me peuvent frapper, mais à cela seul en quoi je m'échange, et voici que portant ma charge vers les guérisseurs de la plaine je deviendrai lumière des yeux, mèche de cheveux sur un front pur, et si, l'ayant guérie, je lui enseigne la prière, l'âme parfaite la fera tenir toute droite comme une tige de fleur bien soutenue par ses racines…»

Je ne suis point enfermé dans mon corps qui craque comme une vieille écorce. Au cours de ma lente descente sur le versant de ma montagne, il me semble traîner, comme un vaste manteau toutes les pentes et toutes les plaines et, ça et là piquées, les lumières de mes demeures à la façon d'étoiles d'or. Je plie, lourd de mes dons, comme un arbre.

Mon peuple endormi: je vous bénis, dormez encore.

Que le soleil tarde de vous tirer hors de la nuit tendre! Que ma cité ait le droit de reposer encore avant d'essayer dans le petit jour ses élytres pour le travail. Que ceux que le mal a frappés hier, et qui usent du sursis de Dieu, attendent encore avant de reprendre en charge le deuil ou la misère ou la condamnation ou la lèpre qui vient d'éclore. Qu'ils demeurent encore dans le sein de Dieu, tous pardonnes, tous accueillis.

C'est moi qui vous prendrai en charge.

Je vous veille, mon peuple: dormez encore.

XLVI

Pesa sur mon cœur le poids du monde comme si j'en avais la charge. Dans la solitude, m'appuyant contre un arbre et croisant les bras sur ma poitrine dans le vent du soir, je reçus en otage ceux qui avaient besoin de trouver en moi leur signification, l'ayant perdue. Ainsi a perdu sa signification la simple mère dont l'enfant meurt. Elle se tient là devant le trou comme un passé désormais inutile. Elle était devenue forêt de lianes autour d'un arbre florissant qui soudain n'est plus qu'arbre mort. «Et que ferai-je, se dit-elle, de mes lianes? Et que ferai-je de mon lait quand il monte?»

Et celui-là que touche la lèpre comme un feu lent et qui se trouve tranché d'avec la communauté des hommes et qui ne sait quoi faire des élans de son cœur, lesquels furent en lui lentement exercés. Ou bien tel que tu connais et qui habite son propre cancer et qui avait commencé mille travaux qui exigeaient de lui qu'il vécût longtemps, semblable à un arbre qui eût patiemment installé tout le réseau de ses racines et se découvre soudain le centre de prolongements inutiles, comme en porte à faux sur le monde. Ou celui-là dont la grange a brûlé, ou le ciseleur qui perd sa main droite. Ou tout homme dont s'éteignent les yeux.

Pesa sur mon cœur le poids de tous ceux qui ne savent point trouver d'épaule. Refusés par les leurs ou tranchés d'avec eux. Et celui-là qui sur son grabat, nœud de souffrances, tourne et retourne un corps plus inutile désormais qu'un chariot brisé, et appelant la mort peut-être, mais refusé par la mort. Et criant: «A quoi bon, Seigneur! A quoi bon!»

Et ce sont là soldats d'une armée défaite. Mais moi je les rassemblerai et les mènerai vers leur victoire. Car il est pour toutes les armées des victoires, bien que différentes. Car voici qu'ils ne sont, parmi d'autres, qu'une démarche de la vie. La fleur qui se fane lâche sa graine, la graine qui pourrit fonde sa tige, et de toute chrysalide qui se brise sortent des ailes.

Ah! vous êtes terreau et nourriture et véhicule pour la superbe ascension de Dieu!

XLVII

«N'avez-vous point honte, leur ai-je donc dit, de vos haines, de vos divisions, de vos colères? Ne tendez pas le poing à cause du sang versé hier, car si vous sortez renouvelés de l'aventure, comme l'enfant du sein déchiré ou l'animal ailé et embelli des déchirements de sa chrysalide, qu'allez-vous saisir à cause d'hier au nom de vérités qui se sont vidées de leur substance? Car ceux qui en viennent aux mains et se déchirent, je les ai toujours comparés, instruit par l'expérience, à l'épreuve sanglante de l'amour. Et le fruit qui naîtra n'est ni de l'un ni de l'autre mais des deux. Et il domine ces deux-là. Et ils se réconcilieront en lui, jusqu'au jour où eux-mêmes, à la génération nouvelle subiront l'épreuve sanglante de l'amour.

«Ils souffrent certes des horreurs de l'enfantement. Mais l'horreur passée, vient l'heure de la fête. Et l'on se retrouve dans le nouveau-né. Et voyez-vous, lorsque la nuit vous prend et vous endort, vous êtes tous semblables les uns aux autres. Et je l'ai dit de ceux-là mêmes dans les prisons qui portent leur collier de condamnés à mort: ils ne diffèrent point des autres. Il importe simplement qu'ils se retrouvent dans leur amour. Je pardonnerai à tous d'avoir tué car je refuse de distinguer selon les artifices de langage. Celui-ci a tué par amour des siens, car on ne joue sa vie que pour l'amour. Et l'autre aussi avait tué par amour des siens. Sachez le reconnaître et renoncez à dénommer erreur le contraire de vos vérités, et vérité le contraire de l'erreur. Car l'évidence qui saisit et vous contraint de gravir votre montagne, sachez qu'elle aussi a saisi l'autre qui gravit également sa montagne. Et qu'il est gouverné par la même évidence que celle qui vous a fait lever dans la nuit. Non la même peut-être, mais aussi forte.

«Mais vous ne savez voir de cet homme que ce qui nie l'homme que vous êtes. Et lui, de même, ne sait lire en vous que ce qui le nie. Et chacun sait bien qu'il est autre chose en soi-même que négation glaciale, ou haineuse, mais découverte d'un visage si évident, simple et pur, qu'il vous fait, pour lui accepter la mort. Ainsi vous haïssez-vous l'un et l'autre d'inventer un adversaire menteur et vide. Mais moi qui vous domine, je vous dis que vous aimez le même visage quoique mal reconnu et mal découvert.

«Lavez-vous donc de votre sang: on ne bâtit rien sur l'esclavage sinon les révoltes d'esclaves. On ne tire rien de la rigueur s'il n'est point de pentes vers la conversion. Si la foi offerte ne vaut rien, et s'il est pente vers la conversion, alors à quoi bon la rigueur?

«Pourquoi, le jour venu, userez-vous donc de vos armes? Que gagnerez-vous à ces égorgements où vous ignorez qui vous tuez? Je méprise la foi rudimentaire qui ne concilie que les geôliers.»

Je te déconseille donc la polémique. Car elle ne mène à rien. Et ceux qui se trompent en refusant tes vérités au nom de leur propre évidence, dis-toi qu'ainsi, au nom de ta propre évidence, si tu polémiques contre eux, tu refuses leur vérité.

Acceptes-les. Prends-les par la main et guide-les. Disleur: «Vous avez raison, gravissons cependant la montagne» et tu établis l'ordre dans le monde et ils respirent sur l'étendue qu'ils ont conquise.

Car il ne s'agit point de dire: «Cette ville est de trente mille habitants» à quoi l'autre te répondrait: «Elle n'est que de vingt-cinq mille», car en effet tous s'accordaient sur un nombre. Et il en est donc un qui se tromperait. Mais: «Cette ville est opération d'architecte et stable. Navire qui emporte les hommes.» Et l'autre: «Cette ville est cantique des hommes dans le même travail…»

Car il s'agit de dire: «Est fertile la liberté qui permet la naissance de l'homme et les contradictions nourrissantes.» Ou: «Pourrissante est la liberté mais fertile la contrainte qui est nécessité intérieure et principe du cèdre.» Et les voilà qui versent leur sang l'un contre l'autre. Ne le regrette point car voici douleur de l'accouchement et torsion contre soi-même et appel à Dieu. Dis-leur donc à chacun: «Tu as raison.» Car ils ont raison. Mais mène-les plus haut sur leur montagne, car l'effort de gravir, qu'ils refuseraient par eux-mêmes tant il exige de la part des muscles et du cœur, voilà que leur souffrance les y oblige et leur en donne le courage. Car tu fuis en hauteur si les éperviers te menacent. Car tu cherches en hauteur le soleil si tu es arbre. Et tes ennemis collaborent avec toi car il n'est point d'ennemi dans le monde. L'ennemi te limite donc, te donne ta forme et te fonde. Et tu leur dis: «Liberté et contrainte sont deux aspects de la même nécessité qui est d'être celui-là et non un autre.» Libre d'être celui-là, non libre d'être un autre. Libre dans un langage. Mais non libre d'y mélanger un autre. Libre dans les règles de tel jeu de dés. Mais non libre de les pourrir en en rompant les règles par celles d'un autre jeu. Libre de bâtir mais non de piller et de détruire par leur usage mal dirigé la réserve même de tes biens, comme celui-là qui écrit mal et tire ses effets de ses licences, détruisant ainsi son propre pouvoir d'expression, car nul ne ressentira plus rien à le lire quand il aura détruit le sens du style chez les hommes. Ainsi de l'âne que je compare au roi et qui fait rire tant que le roi est respectable et respecté. Puis vient le jour où il s'identifie à l'âne. Et je ne prononce plus qu'une évidence.

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