Жорж Санд - Consuelo
Здесь есть возможность читать онлайн «Жорж Санд - Consuelo» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Классическая проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.
- Название:Consuelo
- Автор:
- Жанр:
- Год:неизвестен
- ISBN:нет данных
- Рейтинг книги:3 / 5. Голосов: 1
-
Избранное:Добавить в избранное
- Отзывы:
-
Ваша оценка:
- 60
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
Consuelo: краткое содержание, описание и аннотация
Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Consuelo»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.
Consuelo — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком
Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Consuelo», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.
Интервал:
Закладка:
il lui dit en se penchant vers elle avec un mélange de soumission et
d'audace: «Et vous, reine du chant, reine de la beauté, n'avez-vous pas
un regard d'encouragement pour le pauvre malheureux qui vous craint et
qui vous adore?»
La prima-donna, surprise de tant de hardiesse, regarda de près ce beau
visage qu'elle avait à peine daigné apercevoir; car quelle femme vaine
et triomphante daignerait faire attention à un enfant obscur et pauvre?
Elle le remarqua enfin; elle fut frappée de sa beauté: son regard plein
de feu pénétra en elle, et, vaincue, fascinée à son tour, elle laissa
tomber sur lui une longue et profonde oeillade qui fut comme le scel
apposé sur son brevet de célébrité. Dans cette mémorable soirée,
Anzoleto avait dominé son public et désarmé son plus redoutable ennemi;
car la belle cantatrice n'était pas seulement reine sur les planches,
mais encore à l'administration et dans le cabinet du comte Zustiniani.
IV.
Au milieu des applaudissements unanimes, et même un peu insensés, que la
voix et la manière du débutant avaient provoqués, un seul auditeur,
assis sur le bord de sa chaise, les jambes serrées et les mains
immobiles sur ses genoux, à la manière des dieux égyptiens, restait muet
comme un sphinx et mystérieux comme un hiéroglyphe: c'était le savant
professeur et compositeur célèbre, Porpora. Tandis que son galant
collègue, le professeur Mellifiore, s'attribuant tout l'honneur du
succès d'Anzoleto, se pavanait auprès des femmes, et saluait tous les
hommes avec souplesse pour remercier jusqu'à leurs regards, le maître du
chant sacré se tenait là les yeux à terre, les sourcils froncés, la
bouche close, et comme perdu dans ses réflexions. Lorsque toute la
société, qui était priée ce soir-la à un grand bal chez la dogaresse, se
fut écoulée peu à peu, et que les dilettanti les plus chauds restèrent
seulement avec quelques dames et les principaux artistes autour du
clavecin, Zustiniani s'approcha du sévère maestro.
--C'est trop bouder contre les modernes, mon cher professeur, lui
dit-il, et votre silence ne m'en impose point. Vous voulez jusqu'au bout
fermer vos sens à cette musique profane et à cette manière nouvelle qui
nous charment. Votre coeur s'est ouvert malgré vous, et vos oreilles ont
reçu le venin de la séduction.
--Voyons, _sior profesor_, dit en dialecte la charmante Corilla,
reprenant avec son ancien maître les manières enfantines de la _scuola_,
il faut que vous m'accordiez une grâce....
--Loin de moi, malheureuse fille! s'écria le maître, riant à demi, et
résistant avec un reste d'humeur aux caresses de son inconstante élève.
Qu'y a-t-il désormais de commun entre nous? Je ne te connais plus. Porte
ailleurs tes beaux sourires et tes gazouillements perfides.
--Le voilà qui s'adoucit, dit la Corilla en prenant d'une main le bras
du débutant, sans cesser de chiffonner de l'autre l'ample cravate
blanche du professeur. Viens ici, Zoto[1], et plie le genou devant le
plus savant maître de chant de toute l'Italie. Humilie-toi, mon enfant,
et désarme sa rigueur. Un mot de lui, si tu peux l'obtenir, doit avoir
plus de prix pour toi que toutes les trompettes de la renommée.
[1 Contraction d'_Anzoleto_, qui est le diminutif d'_Angelo, Anzolo_ en
dialecte.]
--Vous avez été bien sévère pour moi, monsieur le professeur, dit
Anzoleto en s'inclinant devant lui avec une modestie un peu railleuse;
cependant mon unique pensée, depuis quatre ans, a été de vous faire
révoquer un arrêt bien cruel; et si je n'y suis pas parvenu ce soir,
j'ignore si j'aurai le courage de reparaître devant le public, chargé
comme me voilà de votre anathème.
--Enfant, dit le professeur en se levant avec une vivacité et en parlant
avec une conviction qui le rendirent noble et grand, de crochu et
maussade qu'il semblait à l'ordinaire, laisse aux femmes les mielleuses
et perfides paroles. Ne t'abaisse jamais au langage de la flatterie,
même devant ton supérieur, à plus forte raison devant celui dont tu
dédaignes intérieurement le suffrage. Il y a une heure tu étais là-bas
dans ce coin, pauvre, ignoré, craintif; tout ton avenir tenait à un
cheveu, à un son de ton gosier, à un instant de défaillance dans tes
moyens, à un caprice de ton auditoire. Un hasard, un effort, un instant,
t'ont fait riche, célèbre, insolent. La carrière est ouverte, tu n'as
plus qu'à y courir tant que tes forces t'y soutiendront. Écoute donc;
car pour la première fois, pour la dernière peut-être, tu vas entendre
la vérité. Tu es dans une mauvaise voie, tu chantes mal, et tu aimes la
mauvaise musique. Tu ne sais rien, tu n'as rien étudié à fond. Tu n'as
que de l'exercice et de la facilité. Tu te passionnes à froid; tu sais
roucouler, gazouiller comme ces demoiselles gentilles et coquettes
auxquelles on pardonne de minauder ce qu'elles ne savent pas chanter.
Mais tu ne sais point phraser, tu prononces mal, tu as un accent
vulgaire, un style faux et commun. Ne te décourage pas pourtant; tu as
tous les défauts, mais tu as de quoi les vaincre; car tu as les qualités
que ne peuvent donner ni l'enseignement ni le travail; tu as ce que ne
peuvent faire perdre ni les mauvais conseils ni les mauvais exemples, tu
as le feu sacré ... tu as le génie!... Hélas! un feu qui n'éclairera
rien de grand, un génie qui demeurera stérile ... car, je le vois dans
tes yeux, comme je l'ai senti dans ta poitrine, tu n'as pas le culte de
l'art, tu n'as pas de foi pour les grands maîtres, ni de respect pour
les grandes créations; tu aimes la gloire, rien que la gloire, et pour
toi seul ... Tu aurais pu ... tu pourrais ... Mais non, il est trop tard,
ta destinée sera la course d'un météore, comme celle de....»
Et le professeur enfonçant brusquement son chapeau sur sa tête, tourna
le dos, et s'en alla sans saluer personne, absorbé qu'il était dans le
développement intérieur de son énigmatique sentence.
Quoique tout le monde s'efforçât de rire des bizarreries du professeur,
elles laissèrent une impression pénible et comme un sentiment de doute
et de tristesse durant quelques instants. Anzoleto fut le premier qui
parut n'y plus songer, bien qu'elles lui eussent causé une émotion
profonde de joie, d'orgueil, de colère et d'émulation dont toute sa vie
devait être désormais la conséquence. Il parut uniquement occupé de
plaire à la Corilla; et il sut si bien le lui persuader, qu'elle s'éprit
de lui très sérieusement à cette première rencontre. Le comte Zustiniani
n'était pas fort jaloux d'elle, et peut-être avait-il ses raisons pour
ne pas la gêner beaucoup. De plus, il s'intéressait à la gloire et à
l'éclat de son théâtre plus qu'à toute chose au monde; non qu'il fût
_vilain_ à l'endroit des richesses, mais parce qu'il était vraiment;
fanatique de ce qu'on appelle les _beaux-arts_. C'est, selon moi, une
expression qui convient à un certain sentiment vulgaire; tout italien et
par conséquent passionné sans beaucoup de discernement. Le _culte de
l'art_, expression plus moderne, et dont tout le monde ne se servait pas
il y a cent ans, a un sens tout autre que le _goût des beaux-arts_. Le
comte était en effet _homme de goût_ comme on l'entendait alors,
amateur, et rien de plus. Mais la satisfaction de ce goût était la plus
grande affaire de sa vie. Il aimait à s'occuper du public et à l'occuper
Читать дальшеИнтервал:
Закладка:
Похожие книги на «Consuelo»
Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Consuelo» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.
Обсуждение, отзывы о книге «Consuelo» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.