Жорж Санд - Consuelo
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places qu'on appelle _corti_ à Venise, bien que ce ne soient pas des
cours, et que cet assemblage de maisons, s'ouvrant sur un espace commun,
corresponde plutôt à ce que nous appelons aujourd'hui à Paris _cité_.
Mais il s'en faut de beaucoup que la disposition de ces prétendues cours
soit régulière, élégante et soignée comme nos _squares_ modernes. Ce
sont plutôt de petites places obscures, quelquefois formant impasse,
d'autres fois servant de passage d'un quartier à l'autre; mais peu
fréquentées, habitées à l'entour par des gens de mince fortune et de
mince condition, le plus, souvent par des gens du peuple, des ouvriers
ou des blanchisseuses qui étendent leur linge sur des cordes tendues en
travers du chemin, inconvénient que le passant supporte avec beaucoup de
tolérance, car son droit de passage est parfois toléré aussi plutôt que
fondé. Malheur à l'artiste pauvre, réduit à ouvrir les fenêtres de son
cabinet sur ces recoins tranquilles, où la vie prolétaire, avec ses
habitudes rustiques, bruyantes et un peu malpropres, reparaît tout à
coup au sein de Venise, à deux pas des larges canaux et des somptueux
édifices. Malheur à lui, si le silence est nécessaire à ses méditations;
car de l'aube à la nuit un bruit d'enfants, de poules et de chiens,
jouant et criant ensemble dans cette enceinte resserrée, les
interminables babillages des femmes rassemblées sur le seuil des portes,
et les chansons des travailleurs dans leurs ateliers, ne lui laisseront
pas un instant de repos. Heureux encore quand l'_improvisatore_ ne vient
pas hurler ses sonnets et ses dithyrambes jusqu'à ce qu'il ait recueilli
un sou de chaque fenêtre, ou quand Brighella n'établit pas sa baraque au
milieu de la cour, patient à recommencer son dialogue avec l'_avocato,
il tedesco e il diavolo_, jusqu'à ce qu'il ait épuisé en vain sa faconde
gratis devant les enfants déguenillés, heureux spectateurs qui ne se
font scrupule d'écouter et de regarder sans avoir un liard dans leur
poche!
Mais, la nuit, quand tout est rentré dans le silence, et que la lune
paisible éclaire et blanchit les dalles, cet assemblage de maisons de
toutes les époques, accolées les unes aux autres sans symétrie et sans
prétention, coupées par de fortes ombres, pleines de mystères dans leurs
enfoncements, et de grâce instinctive dans leurs bizarreries, offre un
désordre infiniment pittoresque. Tout devient beau sous les regards de
la lune; le moindre effet d'architecture s'agrandit et prend du
caractère; le moindre balcon festonné de vigne se donne des airs de
roman espagnol, et vous remplit l'imagination de ces belles aventures
dites de _cape et d'épée_. Le ciel limpide où se baignent, au-dessus de
ce cadre sombre et anguleux, les pâles coupoles des édifices lointains,
verse sur les moindres détails du tableau une couleur vague et
harmonieuse qui porte à des rêveries sans fin.
C'est dans la _corte Minelli_, près l'église San-Fantin, qu'Anzoleto se
trouva au moment où les horloges se renvoyaient l'une à l'autre le coup
de deux heures après minuit. Un instinct secret avait conduit ses pas
vers la demeure d'une personne dont le nom et l'image ne s'étaient pas
présentés à lui depuis le coucher du soleil. A peine était-il rentré
dans cette cour, qu'il entendit une voix douce l'appeler bien bas par
les dernières syllabes de son nom; et, levant le tête, il vit une légère
silhouette se dessiner sur une des plus misérables terrasses de
l'enceinte. Un instant après, la porte de cette masure s'ouvrit, et
Consuelo en jupe d'indienne, et le corsage enveloppé d'une vieille mante
de soie noire qui avait servi jadis de parure à sa mère, vint lui tendre
une main, tandis qu'elle posait de l'autre un doigt sur ses lèvres pour
lui recommander le silence. Ils montèrent sur la pointe du pied et à
tâtons l'escalier de bois tournant et délabré qui conduisait jusque sur
le toit; et quand ils furent assis sur la terrasse, ils commencèrent un
de ces longs chuchotements entrecoupés de baisers, que chaque nuit on
entend murmurer sur les toits, comme des brises mystérieuses, ou comme
un babillage d'esprits aériens voltigeant par couples dans la brume
autour des cheminées bizarres qui coiffent de leurs nombreux turbans
rouges toutes les maisons de Venise.
«Comment, ma pauvre amie, dit Anzoleto, tu m'as attendu jusqu'à présent?
--Ne m'avais-tu pas dit que tu viendrais me rendre compte de ta soirée?
Eh bien, dis-moi donc si tu as bien chanté, si tu as fait plaisir, si on
t'a applaudi, si on t'a signifié ton engagement?
--Et toi, ma bonne Consuelo, dit Anzoleto, pénétré tout à coup de
remords en voyant la confiance et la douceur de cette pauvre fille,
dis-moi donc si tu t'es impatientée de ma longue absence, si tu n'es pas
bien fatiguée de m'attendre ainsi, si tu n'as pas eu bien froid sur
cette terrasse, si tu as songé à souper, si tu ne m'en veux pas de venir
si tard, si tu as été inquiète, si tu m'accusais?
--Rien de tout cela, répondit-elle en lui jetant ses bras au cou avec
candeur. Si je me suis impatientée, ce n'est pas contre toi; si je suis
fatiguée, si j'ai eu froid, je ne m'en ressens plus depuis que tu es là;
si j'ai soupé je ne m'en souviens pas; si je t'ai accusé ... de quoi
t'aurais-je accusé? si j'ai été inquiète ... pourquoi l'aurais-je été?
si je t'en veux? jamais.
--Tu es un ange, toi! dit Anzoleto en l'embrassant. Ah! ma consolation!
que les autres coeurs sont perfides et durs!
--Hélas! qu'est-il donc arrivé? quel mal a-t-on fait là-bas au _fils de
mon âme?_ dit Consuelo, mêlant au gentil dialecte vénitien les
métaphores hardies et passionnées de sa langue natale.
Anzoleto raconta tout ce qui lui était arrivé, même ses galanteries
auprès de la Corilla, et surtout les agaceries qu'il en avait reçues.
Seulement, il raconta les choses d'une certaine façon, disant tout ce
qui ne pouvait affliger Consuelo, puisque, de fait et d'intention, il
lui avait été fidèle, et c'était _presque_ toute la vérité. Mais il y a
centième partie de vérité que nulle enquête judiciaire n'a jamais
éclairée, que nul client n'a jamais confessée à son avocat, et que nul
arrêt n'a jamais atteinte qu'au hasard, parce que dans ce peu de faits
ou d'intentions qui reste mystérieux, est la cause tout entière, le
motif, le but, le mot enfin de ces grands procès toujours si mal plaidés
et toujours si mal jugés, quelles que soient la passion des orateurs et
la froideur des magistrats.
Pour en revenir à Anzoleto, il n'est pas besoin de dire quelles
peccadilles il passa sous silence, quelles émotions ardentes devant le
public il traduisit à sa manière, et quelles palpitations étouffées dans
la gondole il oublia de mentionner. Je crois même qu'il ne parla point
du tout de la gondole, et qu'il rapporta ses flatteries à la cantatrice
comme les adroites moqueries au moyen desquelles il avait échappé sans
l'irriter aux périlleuses avances dont elle l'avait accablé. Pourquoi,
ne voulant pas et ne pouvant pas dire le fond des choses, c'est-à-dire
la puissance des tentations qu'il avait surmontées par prudence et par
esprit de conduite, pourquoi, dites-vous, chère lectrice, ce jeune
fourbe allait-il risquer d'éveiller la jalousie de Consuelo? Vous me le
demandez, Madame? Dites-moi donc si vous n'avez pas pour habitude de
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