Françoise Sagan - Bonjour tristesse

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Et sans doute, à ce moment-là, pouvais-je tout arranger. Il me suffisait de dire à Elsa de lui céder, et, sous un prétexte quelconque, d'emmener Anne avec moi à Nice ou ailleurs passer l'après-midi. Au retour, nous aurions trouvé mon père détendu et plein d'une nouvelle tendresse pour les amours légales ou qui, du moins, devaient le devenir dès la rentrée. Il y avait aussi ce point, que ne supporterait point Anne: avoir été une maîtresse comme les autres: provisoire. Que sa dignité, l'estime qu'elle avait d'elle-même nous rendaient la vie difficile!...

Mais je ne disais pas à Elsa de lui céder ni à Anne de m'accompagner à Nice. Je voulais que ce désir au cœur de mon père s'infestât et lui fît commettre une erreur. Je ne pouvais supporter le mépris dont Anne entourait notre vie passée, ce dédain facile pour ce qui avait été pour mon père, pour moi, le bonheur. Je voulais non pas l'humilier, mais lui faire accepter notre conception de la vie. Il fallait qu'elle sût que mon père l'avait trompée et qu'elle prît cela dans sa valeur objective, comme une passade toute physique, non comme une atteinte à sa valeur personnelle, à sa dignité. Si elle voulait à tout prix avoir raison, il fallait qu'elle nous laissât avoir tort.

Je faisais même semblant d'ignorer les tourments de mon père. Il ne fallait surtout pas qu'il se confiât à moi, qu'il me forçât à devenir sa complice, à parler à Elsa et écarter Anne.

Je devais faire semblant de considérer son amour pour Anne comme sacré et la personne d'Anne elle-même. Et je dois dire que je n'y avais aucun mal. L'idée qu'il pût tromper Anne et l'affronter me remplissait de terreur et d'une vague admiration.

En attendant nous coulions des jours heureux: je multipliais les occasions d'exciter mon père sur Elsa. Le visage d'Anne ne me remplissait plus de remords. J'imaginais parfois qu'elle accepterait le fait et que nous aurions avec elle une vie aussi conforme à nos goûts qu'aux siens. D'autre part, je voyais souvent Cyril et nous nous aimions en cachette. L'odeur des pins, le bruit de la mer, le contact de son corps... Il commençait à se torturer de remords, le rôle que je lui faisais jouer lui déplaisait au possible, il ne l'acceptait que parce que je le lui faisais croire nécessaire à notre amour. Tout cela représentait beaucoup de duplicité, de silences intérieurs, mais si peu d'efforts, de mensonges! (Et seuls, je l'ai dit, mes actes me contraignaient à me juger moi-même.)

Je passe vite sur cette période, car je crains, à force de chercher, de retomber dans des souvenirs qui m'accablent moi-même. Déjà, il me suffit de penser au rire heureux d'Anne, à sa gentillesse avec moi et quelque chose me frappe, d'un mauvais coup bas, me fait mal, je m'essouffle contre moi-même. Je me sens si près de ce qu'on appelle la mauvaise conscience que je suis obligée de recourir à des gestes: allumer une cigarette, mettre un disque, téléphoner à un ami. Peu à peu, je pense à autre chose. Mais je n'aime pas cela, de devoir recourir aux déficiences de ma mémoire, à la légèreté de mon esprit, au lieu de les combattre. Je n'aime pas les reconnaître, même pour m'en féliciter.

CHAPITRE X

c'est drôle comme la fatalité se plaît à choisir pour la représenter des visages indignes ou médiocres. Cet été-là, elle avait pris celui d'Elsa. Un très beau visage, si l'on veut, attirant plutôt. Elle avait aussi un rire extraordinaire, communicatif et complet, comme seuls en ont les gens un peu bêtes.

Ce rire, j'en avais vite reconnu les effets sur mon père. Je le faisais utiliser au maximum par Elsa, quand nous devions la «surprendre» avec Cyril. Je lui disais: «Quand vous m'entendez arriver avec mon père, ne dites rien, mais riez.» Et alors, à entendre ce rire comblé, je découvrais sur le visage de mon père le passage de la fureur. Ce rôle de metteur en scène ne laissait pas de me passionner. Je ne manquais jamais mon coup; car quand nous voyions Cyril et Elsa ensemble, témoignant ouvertement de liens imaginaires, mais si parfaitement imaginables, mon père et moi pâlissions ensemble, le sang se retirait de mon visage comme du sien, attiré très loin par ce désir de possession pire que la douleur. Cyril, Cyril penché sur Elsa... Cette image me dévastait le cœur et je la mettais au point avec lui et Elsa sans en comprendre la force. Les mots sont faciles, liants; et quand je voyais le contour du visage de Cyril, sa nuque brune et douce inclinée sur le visage offert d'Elsa, j'aurais donné n'importe quoi pour que cela ne fût pas. J'oubliais que c'était moi-même qui l'avais voulu.

En dehors de ces accidents, et comblant la vie quotidienne, il y avait la confiance, la douceur – j'ai du mal à employer ce terme —, le bonheur d'Anne. Plus près du bonheur, en effet, que je ne l'avais jamais vue, livrée à nous, les égoïstes, très loin de nos désirs violents et de mes basses petites manœuvres. J'avais bien compté sur cela: son indifférence, son orgueil l'écartaient instinctivement de toute tactique pour s'attacher plus étroitement mon père et, en fait, de toute coquetterie autre que celle d'être belle, intelligente et tendre. Je m'attendris peu à peu sur son compte; l'attendrissement est un sentiment agréable et entraînant comme la musique militaire. On ne saurait me le reprocher.

Un beau matin, la femme de chambre, très excitée, m'apporta un mot d'Elsa, ainsi conçu: «Tout s'arrange, venez!» Cela me donna une impression de catastrophe: je déteste les dénouements. Enfin, je retrouvai Elsa sur la plage, le visage triomphant:

«Je viens de voir votre père, enfin, il y a une heure.

– Que vous a-t-il dit?

– Il m'a dit qu'il regrettait infiniment ce qui s'était passé; qu'il s'était conduit comme un goujat. C'est bien vrai... non?»

Je crus devoir acquiescer.

« Puis il m'a fait des compliments comme lui seul sait en faire... Vous savez, ce ton un peu détaché, et d'une voix très basse, comme s'il souffrait de les faire... ce ton...»

Je l'arrachai aux délices de l'idylle:

«Pour en venir à quoi?

– Eh bien, rien!... Enfin si, il m'a invitée à prendre le thé avec lui au village, pour lui montrer que je n'étais pas rancunière, et que j'étais large d'idées, évoluée, quoi!»

Les idées de mon père sur l'évolution des jeunes femmes rousses faisaient ma joie.

«Pourquoi riez-vous? Est-ce que je dois y aller?»

Je faillis lui répondre que cela ne me regardait pas. Puis je me rendis compte qu'elle me tenait pour responsable du succès de ses manœuvres. A tort ou à raison, cela m'irrita.

Je me sentais traquée:

«Je ne sais pas, Elsa, cela dépend de vous; ne me demandez pas toujours ce qu'il faut que vous fassiez, on croirait que c'est moi qui vous pousse à...

– Mais c'est vous, dit-elle, c'est grâce à vous, voyons...»

Son intonation admirative me faisait brusquement peur.

«Allez-y si vous voulez, mais ne me parlez plus de tout ça, par pitié!

– Mais... mais il faut bien le débarrasser de cette femme... Cécile!»

Je m'enfuis. Que mon père fasse ce qu'il veut, qu'Anne se débrouille. J'avais d'ailleurs rendez-vous avec Cyril. Il me semblait que seul, l'amour me débarrasserait de cette peur anémiante que je ressentais.

Cyril me prit dans ses bras, sans un mot, m'emmena. Près de lui tout devenait facile, chargé de violence, de plaisir. Quelque temps après, étendue contre lui, sur ce torse doré, inondé de sueur, moi-même épuisée, perdue comme une naufragée, je lui dis que je me détestais. Je le lui dis en souriant, car je le pensais, mais sans douleur, avec une sorte de résignation agréable. Il ne me prit pas au sérieux.

«Peu importe. Je t'aime assez pour t'obliger à être de mon avis. Je t'aime, je t'aime tant...»

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