Françoise Sagan - Bonjour tristesse

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«Savez-vous comment finissent les hommes de la race des Webb?»

Je pensai intérieurement «et de mon père».

«Dans le ruisseau, dis-je gaiement.

– Il arrive un âge où ils ne sont plus séduisants, ni «en forme», comme on dit. Ils ne peuvent plus boire et ils pensent encore aux femmes; seulement ils sont obligés de les payer, d'accepter des quantités de petites compromissions pour échapper à leur solitude. Ils sont bernés, malheureux. C'est ce moment qu'ils choisissent pour devenir sentimentaux et exigeants... J'en ai vu beaucoup devenir ainsi des sortes d'épaves.

– Pauvre Webb!» dis-je.

J'étais désemparée. Telle était la fin qui menaçait mon père, c'était vrai! Du moins, la fin qui l'eût menacé si Anne ne l'avait pris en charge.

«Vous n'y pensiez pas, dit Anne avec un petit sourire de commisération. Vous pensez peu au futur, n'est-ce pas? C'est le privilège de la jeunesse.

– Je vous en prie, dis-je, ne me jetez pas ainsi ma jeunesse à la tête. Je m'en sers aussi peu que possible; je ne crois pas qu'elle me donne droit à tous les privilèges ou à toutes les excuses. Je n'y attache pas d'importance.

– A quoi attachez-vous de l'importance? A votre tranquillité, à votre indépendance?»

Je craignais ces conversations, surtout avec Anne.

«A rien, dis-je. Je ne pense guère, vous savez.

– Vous m'agacez un peu, votre père et vous. «Vous ne pensez jamais à rien... vous n'êtes pas bons à grand-chose... vous ne savez pas..» Vous vous plaisez ainsi?

– Je ne me plais pas. Je ne m'aime pas, je ne cherche pas à m'aimer. Il y a des moments où vous me forcez à me compliquer la vie, je vous en veux presque.»

Elle se mit à chantonner, l'air pensif; je reconnaissais la chanson, mais je ne me rappelais plus ce que c'était.

«Quelle est cette chanson, Anne? Ça m'énerve...

– Je ne sais pas.» Elle souriait à nouveau, l'air un peu découragé. «Restez au lit, reposez-vous, je vais poursuivre ailleurs mon enquête sur l'intellect de la famille.»

«Naturellement, pensais-je, pour père, c'était facile.» Je l'entendais d'ici: «Je ne pense à rien parce que je vous aime, Anne.» Si intelligente qu'elle fût, cette raison devait lui paraître valable. Je m'étirai longuement avec soin et me replongeai dans mon oreiller. Je réfléchissais beaucoup, malgré ce que j'avais dit à Anne. Au fond, elle dramatisait certainement; dans vingt-cinq ans, mon père serait un aimable sexagénaire à cheveux blancs, un peu porté sur le whisky et les souvenirs colorés. Nous sortirions ensemble. C'est moi qui lui raconterais mes frasques et lui me donnerait des conseils. Je me rendis compte que j'excluais Anne de ce futur; je ne pouvais, je ne parvenais pas à l'y mettre. Dans cet appartement en pagaïe, tantôt désolé, tantôt envahi de fleurs, retentissant de scènes et d'accents étrangers, régulièrement encombré de bagages, je ne pouvais envisager l'ordre, le silence, l'harmonie qu'apportait Anne partout comme le plus précieux des biens. J'avais très peur de m'ennuyer à mourir; sans doute craignais-je moins son influence depuis que j'aimais réellement et physiquement Cyril. Cela m'avait libérée de beaucoup de peurs. Mais je craignais l'ennui, la tranquillité plus que tout. Pour être intérieurement tranquilles, il nous fallait à mon père et à moi l'agitation extérieure. Et cela, Anne ne saurait l'admettre.

CHAPITRE IX

je parle beaucoup d'Anne et de moi-même et peu de mon père. Non que son rôle n'ait été le plus important dans cette histoire, ni que je ne lui accorde de l'intérêt. Je n'ai jamais aimé personne comme lui et de tous les sentiments qui m'animaient à cette époque, ceux que j'éprouvais pour lui étaient les plus stables, les plus profonds, ceux auxquels je tenais le plus. Je le connais trop pour en parler volontiers et je me sens trop proche. Cependant, c'est lui plus que tout autre que je devrais expliquer pour rendre sa conduite acceptable. Ce n'était ni un homme vain, ni un homme égoïste. Mais il était léger, d'une légèreté sans remède. Je ne puis même pas en parler comme d'un homme incapable de sentiments profonds, comme d'un irresponsable. L'amour qu'il me portait ne pouvait être pris à la légère ni considéré comme une simple habitude de père. Il pouvait souffrir par moi plus que n'importe qui; et moi-même, ce désespoir que j'avais touché un jour, n'était-ce pas uniquement parce qu'il avait eu ce geste d'abandon, ce regard qui se détournait?... Il ne me faisait jamais passer après ses passions. Certains soirs, pour me raccompagner à la maison, il avait dû laisser échapper ce que Webb appelait «de très belles occasions». Mais qu'en dehors de cela, il eût été livré à son bon plaisir, à l'inconstance, a la facilité, je ne puis le nier. Il ne réfléchissait pas. Il tentait de donner à toute chose une explication physiologique qu'il déclarait rationnelle: «Tu te trouves odieuse? Dors plus, bois moins.» II en était de même du désir violent qu'il ressentait parfois pour une femme, il ne songeait ni à le réprimer ni à l'exalter jusqu'à un sentiment plus complexe. Il était matérialiste, mais délicat, compréhensif et enfin très bon.

Ce désir qu'il avait d'Elsa le contrariait, mais non comme on pourrait le croire. Il ne se disait pas: «Je vais tromper Anne. Cela implique que je l'aime moins», mais: «C'est ennuyeux, cette envie que j'ai d'Elsa! Il faudra que ça se fasse vite, ou je vais avoir des complications avec Anne.» De plus, il aimait Anne, il l'admirait, elle le changeait de cette suite de femmes frivoles et un peu sottes qu'il avait fréquentées ces dernières années. Elle satisfaisait à la fois sa vanité, sa sensualité et sa sensibilité, car elle le comprenait, lui offrait son intelligence et son expérience à confronter avec les siennes. Maintenant, qu'il se rendît compte de la gravité du sentiment qu'elle lui portait, j'en suis moins sûre! Elle lui paraissait la maîtresse idéale, la mère idéale pour moi. Pensait-il: «l'épouse idéale», avec tout ce que ça entraîne d'obligations? Je ne le crois pas. Je suis sûre qu'aux yeux de Cyril et d'Anne, il était comme moi anormal, affectivement parlant. Cela ne l'empêchait pas d'avoir une vie passionnante, parce qu'il la considérait comme banale et qu'il y apportait toute sa vitalité.

Je ne pensais pas à lui quand je formais le projet de rejeter Anne de notre vie; je savais qu'il se consolerait comme il se consolait de tout: une rupture lui coûterait moins qu'une vie rangée; il n'était vraiment atteint et miné que par l'habitude et l'attendu, comme je l'étais moi-même. Nous étions de la même race, lui et moi; je me disais tantôt que c'était la belle race pure des nomades, tantôt la race pauvre et desséchée des jouisseurs.

En ce moment il souffrait, du moins il s'exaspérait: Elsa était devenue pour lui le symbole de la vie passée, de la jeunesse, de sa jeunesse surtout. Je sentais qu'il mourait d'envie de dire à Anne: «Ma chérie, excusez-moi une journée; il faut que j'aille me rendre compte auprès de cette fille que je ne suis pas un barbon. Il faut que je réapprenne la lassitude de son corps pour être tranquille.» Mais il ne pouvait le lui dire; non parce qu'Anne était jalouse ou foncièrement vertueuse et intraitable sur ce sujet, mais parce qu'elle avait dû accepter de vivre avec lui sur les bases suivantes: que l'ère de la débauche facile était finie, qu'il n'était plus un collégien, mais un homme à qui elle confiait sa vie, et que par conséquent il avait à se tenir bien et non pas en pauvre homme, esclave de ses caprices. On ne pouvait le reprocher à Anne, c'était parfaitement normal et sain comme calcul, mais cela n'empêchait pas mon père de désirer Elsa. De la désirer peu à peu plus que n'importe quoi, de la désirer du double désir que l'on porte à la chose interdite.

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