Françoise Sagan - Bonjour tristesse
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Si mon père devenait peu à peu obsédé par Elsa, Anne ne semblait pas s'en apercevoir. Il était plus tendre, plus empressé que jamais et cela me faisait peur, car j'imputais son attitude à d'inconscients remords. Le principal était qu'il ne se passât rien pendant encore trois semaines. Nous rentrerions à Paris, Elsa de son côté et, s'ils y étaient encore décidés, mon père et Anne se marieraient. A Paris, il y aurait Cyril et, de même qu'elle n'avait pu m'empêcher de l'aimer ici, Anne ne pourrait m'empêcher de le voir. A Paris, il avait une chambre, loin de sa mère. J'imaginais déjà la fenêtre ouverte sur les ciels bleus et rosés, les ciels extraordinaires de Paris, le roucoulement des pigeons sur la barre d'appui, et Cyril et moi sur le lit étroit...
A quelques jours de là, mon père reçut un mot d'un de nos amis lui fixant rendez-vous à Saint-Raphaël pour prendre l'apéritif. Il nous en fit part aussitôt, enchanté de s'évader un peu de cette solitude volontaire et un peu forcée où nous vivions. Je déclarai donc à Elsa et à Cyril que nous serions au bar du Soleil à sept heures et que, s'ils voulaient venir, ils nous y verraient. Par malchance, Elsa connaissait l'ami en question, ce qui redoubla son désir de venir. J'entrevis des complications et essayai de la dissuader. Peine perdue.
«Charles Webb m'adore, dit-elle avec une simplicité enfantine. S'il me voit, il ne pourra que pousser Raymond à me revenir.»
Cyril se moquait d'aller ou non à Saint-Raphaël. Le principal pour lui était d'être où j'étais. Je le vis à son regard et je ne pus m'empêcher d'en être fière.
L'après-midi donc, vers six heures, nous partîmes en voiture. Anne nous emmena dans la sienne. J'aimais sa voiture: c'était une lourde américaine décapotable qui convenait plus à sa publicité qu'à ses goûts. Elle correspondait aux miens, pleine d'objets brillants, silencieuse et loin du monde, penchant dans les virages. De plus, nous étions tous les trois devant et nulle part comme dans une voiture, je ne me sentais en amitié avec quelqu'un. Tous les trois devant, les coudes un peu serrés, soumis au même plaisir de la vitesse et du vent, peut-être à une même mort. Anne conduisait, comme pour symboliser la famille que nous allions former. Je n'étais pas remontée dans sa voiture depuis la soirée de Cannes, ce qui me fit rêver.
Au bar de Soleil, nous retrouvâmes Charles Webb et sa femme. Il s'occupait de publicité théâtrale, sa femme de dépenser l'argent qu'il gagnait, cela à une vitesse affolante et pour de jeunes hommes. Il était absolument obsédé par la pensée de joindre les deux bouts, il courait sans cesse après l'argent. D'où son côté inquiet, pressé, qui avait quelque chose d'indécent. Il avait été longtemps l'amant d'Elsa, car elle n'était pas, malgré sa beauté, une femme particulièrement avide et sa nonchalance sur ce point lui plaisait.
Sa femme, elle, était méchante. Anne ne la connaissait pas et je vis rapidement son beau visage prendre cet air méprisant et moqueur qui, dans le monde, lui était coutumier. Charles Webb parlait beaucoup, comme d'habitude, tout en jetant à Anne des regards inquisiteurs. Il se demandait visiblement ce qu'elle faisait avec ce coureur de Raymond et sa fille. Je me sentais pleine d'orgueil à l'idée qu'il allait bientôt le savoir. Mon père se pencha un peu vers lui comme il reprenait haleine et déclara abruptement:
«J'ai une nouvelle, mon vieux. Anne et moi, nous nous marions le 5 octobre.»
II les regarda successivement l'un et l'autre, parfaitement hébété. Je me réjouissais. Sa femme était déconcertée: elle avait toujours eu un faible pour mon père.
«Mes compliments, cria Webb enfin, d'une voix de stentor... Mais c'est une idée magnifique! Ma chère madame, vous vous chargez d'un voyou pareil, vous êtes sublime!... Garçon!... Nous devons fêter ça.»
Anne souriait, dégagée et tranquille. Je vis alors le visage de Webb s'épanouir et je ne me retournai pas:
«Elsa! Mon Dieu, c'est Elsa Mackenbourg, elle ne m'a pas vu. Raymond, tu as vu comme cette fille est devenue belle?...
– N'est-ce pas», dit mon père comme un heureux propriétaire.
Puis il se souvint et son visage changea.
Anne ne pouvait pas ne pas remarquer l'intonation de mon père. Elle détourna son visage d'un mouvement rapide, de lui vers moi. Comme elle ouvrait la bouche pour dire n'importe quoi, je me penchai vers elle:
«Anne, votre élégance fait des ravages; il y a un homme là-bas qui ne vous quitte pas des yeux.»
Je l'avais dit sur un ton confidentiel, c'est-à-dire assez haut pour que mon père l'entendît. Il se retourna aussitôt vivement et aperçut l'homme en question.
«Je n'aime pas ça, dit-il, et il prit la main d'Anne.
– Qu'ils sont gentils! s'émut ironiquement Mme Webb. Charles, vous n'auriez pas dû les déranger, ces amoureux, il aurait suffi d'inviter la petite Cécile.
– La petite Cécile ne serait pas venue, répondis-je sans ménagements.
– Et pourquoi donc? Vous avez des amoureux parmi les pêcheurs?»
Elle m'avait vue une fois en conversation avec un receveur d'autobus sur un banc et me traitait depuis comme une déclassée, comme ce qu'elle appelait «une déclassée».
«Eh oui, dis-je avec effort pour paraître gaie.
– Et vous péchez beaucoup?»
Le comble était qu'elle se croyait drôle. Peu à peu, la colère me gagnait.
«Je ne suis pas spécialisée dans le maquereau, dis-je, mais je pêche.»
II y eut un silence. La voix d'Anne s'éleva, toujours aussi posée:
«Raymond, voulez-vous demander une paille au garçon? C'est indispensable avec les oranges pressées.»
Charles Webb enchaîna rapidement sur les boissons rafraîchissantes. Mon père avait le fou rire, je le vis à sa manière de s'absorber dans son verre. Anne me lança un regard suppliant. On décida aussitôt de dîner ensemble comme les gens qui ont failli se brouiller.
Je bus beaucoup pendant le dîner. Il me fallait oublier d'Anne son expression inquiète quand elle fixait mon père ou vaguement reconnaissante quand ses yeux s'attardaient sur moi. Je regardais la femme de Webb avec un sourire épanoui dès qu'elle me lançait une pointe. Cette tactique la déconcertait. Elle devint rapidement agressive. Anne me faisait signe de ne pas broncher. Elle avait horreur des scènes publiques et sentait Mme Webb prête à en faire une. Pour ma part, j'y étais habituée, c'était chose courante dans notre milieu. Aussi n'étais-je nullement tendue en l'écoutant parler.
Après avoir dîné, nous allâmes dans une boîte de Saint-Raphaël. Peu de temps après notre arrivée, Elsa et Cyril arrivèrent. Elsa s'arrêta sur le seuil de la porte, parla très fort à la dame du vestiaire et, suivie du pauvre Cyril, s'engagea dans la salle. Je pensai qu'elle se conduisait plus comme une grue que comme une amoureuse, mais elle était assez belle pour se le permettre.
«Qui est ce godelureau? demanda Charles Webb. Il est bien jeune.
– C'est l'amour, susurra sa femme. L'amour lui réussit...
– Pensez-vous! dit mon père avec violence. C'est une toquade, oui.»
Je regardai Anne. Elle considérait Elsa avec calme, détachement, comme elle regardait les mannequins qui présentaient ses collections ou les femmes très jeunes. Sans aucune acrimonie. Je l'admirai un instant passionnément pour cette absence de mesquinerie, de jalousie. Je ne comprenais pas d'ailleurs qu'elle eût à être jalouse d'Elsa. Elle était cent lois plus belle, plus fine qu'Elsa. Comme j'étais ivre, je le lui dis. Elle me regarda curieusement.
«Que je suis plus belle qu'Elsa? Vous trouvez?
– Sans aucun doute!
– C'est toujours agréable. Mais vous buvez trop, une fois de plus. Donnez-moi votre verre. Vous n'êtes pas trop triste de voir votre Cyril là-bas? D'ailleurs, il s'ennuie.
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