Françoise Sagan - Bonjour tristesse
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L'exclamation de mon père me fit sursauter. Pourtant, depuis deux minutes déjà, je l'attendais:
«Mais... mais c'est Elsa! Qu'est-ce qu'elle fait là?»
II se tourna vers Anne:
«Cette fille est extraordinaire! Elle a dû mettre le grappin sur ce pauvre garçon et se faire adopter par la vieille dame.»
Mais Anne ne l'écoutait pas. Elle me regardait. Je croisai son regard et je reposai mon visage dans le sable, inondée de honte. Elle avança la main, la posa sur mon cou:
«Regardez-moi. M'en voulez-vous?»
J'ouvris les yeux: elle penchait sur moi un regard inquiet, presque suppliant. Pour la première fois, elle me regardait comme on regarde un être sensible et pensant, et cela le jour où... Je poussai un gémissement, je détournai violemment la tête vers mon père pour me libérer de cette main. Il regardait le bateau.
«Ma pauvre petite fille, reprit la voix d'Anne, une voix basse. Ma pauvre petite Cécile, c'est un peu ma faute, je n'aurais peut-être pas dû être si intransigeante... Je n'aurais pas voulu vous faire de peine, le croyez-vous?»
Elle me caressait les cheveux, la nuque, tendrement. Je ne bougeais pas. J'avais la même impression que lorsque le sable s'enfuyait sous moi, au départ d'une vague: un désir clé défaite, de douceur m'avait envahie et aucun sentiment, ni la colère, ni le désir, ne m'avait entraînée comme celui-là. Abandonner la comédie, confier ma vie, me mettre entre ses mains jusqu'à la fin de mes jours. Je n'avais jamais ressenti une faiblesse aussi envahissante, aussi violente. Je fermai les yeux. Il me semblait que mon cœur cessait de battre.
mon père n'avait pas témoigné d'autre sentiment que l'étonnement. La femme de chambre lui expliqua qu'Elsa était venue prendre sa valise et était repartie aussitôt. Je ne sais pas pourquoi elle ne lui parla pas de notre entrevue. C'était une femme du pays, très romanesque, elle devait se faire une idée assez savoureuse de notre situation. Surtout avec les changements de chambres qu'elle avait opérés.
Mon père et Anne donc, en proie à leurs remords, me témoignèrent des attentions, une bonté qui, insupportable au début, me fut vite agréable. En somme, même si c'était ma faute, il ne m'était guère agréable de croiser sans cesse Cyril et Elsa, au bras l'un de l'autre, donnant tous les signes d'une entente parfaite. Je ne pouvais plus faire de bateau, mais je pouvais voir passer Elsa, décoiffée par le vent comme je l'avais été moi-même. Je n'avais aucun mal à prendre l'air fermé et faussement détaché quand nous les rencontrions. Car nous les rencontrions partout: dans le bois de pins, dans le village, sur la route. Anne me jetait un coup d'œil, me parlait d'autre chose, posait sa main sur mon épaule pour me réconforter. Ai-je dit qu'elle était bonne? Je ne sais pas si sa bonté était une forme affinée de son intelligence ou plus simplement de son indifférence, mais elle avait toujours le mot, le geste justes, et si j'avais eu à souffrir vraiment, je n'aurais pu avoir de meilleur soutien.
Je me laissais donc aller sans trop d'inquiétude car, je l'ai dit, mon père ne donnait aucun signe de jalousie. Cela me prouvait son attachement pour Anne et me vexait quelque peu en démontrant aussi l'inanité de mes plans. Un jour, nous rentrions à la poste, lui et moi, lorsque Elsa nous croisa; elle ne sembla pas nous voir et mon père se retourna sur elle comme sur une inconnue, avec un petit sifflement:
«Dis-moi, elle a terriblement embelli, Elsa.
– L'amour lui réussit», dis-je. Il me jeta un regard étonné:
«Tu semblés prendre ça mieux...
– Que veux-tu, dis-je. Ils ont le même âge, c'était un peu fatal.
– S'il n'y avait pas eu Anne, ce n'aurait pas été fatal du tout...»
II était furieux.
«Tu ne t'imagines pas qu'un galopin me prendrait une femme si je n'y consentais pas...
– L'âge joue quand même», dis-je gravement.
Il haussa les épaules. Au retour, je le vis préoccupé: il pensait peut-être qu'effectivement Elsa était jeune et Cyril aussi; et qu'en épousant une femme de son âge, il échappait à cette catégorie des hommes sans date de naissance dont il faisait partie. J'eus un involontaire sentiment de triomphe. Quand je vis chez Anne les petites rides au coin des yeux, le léger pli de la bouche, je m'en voulus. Mais il était tellement facile de suivre mes impulsions et de me repentir ensuite...
Une semaine passa. Cyril et Elsa, ignorants de la marche de leurs affaires, devaient m'attendre chaque jour. Je n'osais pas y aller, ils m'auraient encore extorqué des idées et je n'y tenais pas. D'ailleurs, l'après-midi je montais dans ma chambre, soi-disant pour y travailler. En fait, je n'y faisais rien: j'avais trouvé un livre Yoga et m'y attelais avec grande conviction, prenant parfois toute seule des fous rires terribles et silencieux car je craignais qu'Anne ne m'entende. Je lui disais, en effet, que je travaillais d'arrache-pied; je jouais un peu avec elle à l'amoureuse déçue qui puise sa consolation dans l'espoir d'être un jour une licenciée accomplie. J'avais l'impression qu'elle m'en estimait et il m'arrivait dé citer Kant à table, ce qui désespérait visiblement mon père.
Un après-midi, je m'étais enveloppée de serviettes de bain pour avoir l'air plus hindou, j'avais posé mon pied droit sur ma cuisse gauche et je me regardais fixement dans la glace, non avec complaisance mais dans l'espoir d'atteindre l'état supérieur du Yogi, lorsqu'on frappa. Je supposai que c'était la femme de chambre et comme elle ne s'inquiétait 'de rien, je lui criai d'entrer.
C'était Anne. Elle resta une seconde figée sur le pas de la porte et sourit: «A quoi jouez-vous?
– Au Yoga, dis-je. Mais cen'est pas un jeu, c'est une philosophie hindoue.»
Elle s'approcha de la table et prit mon livre. Je commençai à m'inquiéter. Il était ouvert à la page cent et les autres pages étaient couvertes d'inscriptions de ma main telles que «impraticable»ou «épuisant». «Vous êtes bien consciencieuse, dit-elle. Et cette fameuse dissertation sur Pascal dont vous nous avez tant parlé, qu'est-elle devenue?»
II était vrai qu'à table, je m'étais plu à disserter sur une phrase de Pascal en faisant semblant d'y avoir réfléchi et travaillé. Je n'en avais jamais écrit un mot, naturellement. Je restai immobile. Anne me regarda fixement et comprit:
«Que vous ne travailliez pas et fassiez le pantin devant la glace, c'est votre affaire! dit-elle. Mais que vous vous complaisiez à nous mentir ensuite à votre père et moi-même, c'est plus fâcheux. D'ailleurs, vos subites activités intellectuelles m'étonnaient...»
Elle sortit et je restai pétrifiée dans mes serviettes de bain; je ne comprenais pas qu'elle appelât ça «mensonges». J'avais parlé de dissertations pour lui faire plaisir et, brusquement, elle m'accablait de son mépris. Je m'étais habituée à sa nouvelle attitude envers moi et la forme calme, humiliante de son dédain me transportait de colère. Je quittai mon déguisement, passai un pantalon, un vieux chemisier et sortis en courant. La chaleur était torride mais je me mis à courir, poussée par une sorte de rage, d'autant plus violente que je n'étais pas sûre de ne pas avoir honte. Je courus jusque chez Cyril, m'arrêtai sur le seuil de la villa, haletante. Dans la chaleur de l'après-midi, les maisons semblaient étrangement profondes, silencieuses et repliées sur leurs secrets. Je montai jusqu'à la chambre de Cyril; il me l'avait montrée le jour que nous étions allés voir sa mère. J'ouvris la porte: il dormait, étendu en travers de son lit, la joue sur son bras. Je le regardai, une minute: pour la première fois, il m'apparaissait désarmé et attendrissant; je l'appelai à voix basse; il ouvrit les yeux et se redressa aussitôt en me voyant:
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