Françoise Sagan - Bonjour tristesse

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– Ma petite Cécile, dit Anne, faites un effort. Travaillez un peu et mangez beaucoup. Cet examen est important...

– Je me fous de mon examen, criai-je, vous comprenez, je m'en fous!»

Je la regardai désespérément, bien en face, pour qu'elle comprît que c'était plus grave qu'un examen. Il fallait qu'elle me dise: «Alors, qu'est-ce que c'est?», qu'elle me harcèle de questions, qu'elle me force à tout lui raconter. Et là, elle me convaincrait, elle déciderait ce qu'elle voudrait, mais ainsi je ne serais plus infestée de ces sentiments acides et déprimants. Elle me regardait attentivement, je voyais le bleu de Prusse de ses yeux assombris par l'attention, le reproche. Et je compris que jamais elle ne penserait à me questionner, à me délivrer parce que l'idée ne l'effleurerait pas et qu'elle estimait que cela ne se faisait pas. Et qu'elle ne me prêtait pas une de ces.pensées qui me ravageaient ou que si elle le faisait, c'était avec mépris et indifférence. Tout ce qu'elles méritaient, d'ailleurs! Anne accordait toujours aux choses leur importance exacte. C'est pourquoi jamais, jamais, je ne pourrais traiter avec elle.

Je me rejetai sur le sable avec violence, j'appuyai ma joue sur la douceur chaude de la plage, je soupirai, je tremblai un peu. La main d'Anne, tranquille et sûre, se posa sur ma nuque, me maintint immobile un instant, le temps que mon tremblement nerveux s'arrête.

«Ne vous compliquez pas la vie, dit-elle. Vous qui étiez si contente et si agitée, vous qui n'avez pas de tête, vous devenez cérébrale et triste. Ce n'est pas un personnage pour vous.

– Je sais, dis-je. Moi, je suis le jeune être inconscient et sain, plein de gaieté et de stupidité.

– Venez déjeuner», dit-elle.

Mon père s'était éloigné, il détestait ce genre de discussions; dans le chemin, il me prit la main et la garda. C'était une main dure et réconfortante: elle m'avait mouchée à mon premier chagrin d'amour, elle avait tenu la mienne dans les moments de tranquillité et de bonheur parfait, elle l'avait serrée furtivement dans les moments de complicité et de fou rire. Cette main sur le volant, ou sur les clefs, le soir, cherchant vainement la serrure, cette main sur l'épaule d'une femme ou sur des cigarettes, cette main ne pouvait plus rien pour moi. Je la serrai très fort. Se tournant vers moi, il me sourit.

CHAPITRE II

Deux jours passèrent: je tournais en rond, je m'épuisais. Je ne pouvais me libérer de cette hantise: Anne allait saccager notre existence. Je ne cherchais pas à revoir Cyril, il m'eût rassurée, apporté quelque bonheur et je n'en avais pas envie. Je mettais même une certaine complaisance à me poser des questions insolubles, à me rappeler les jours passés, à craindre ceux qui suivraient. Il faisait très chaud; ma chambre était dans la pénombre, les volets clos, mais cela ne suffisait pas à écarter une pesanteur, une moiteur de l'air insupportables. Je restais sur mon lit, la tête renversée, les yeux au plafond, bougeant à peine pour retrouver un morceau de drap frais. Je ne dormais pas mais je mettais sur le pick-up au pied de mon lit des disques lents, sans mélodie, juste cadencés. Je fumais beaucoup, je me trouvais décadente et cela me plaisait. Mais ce jeu ne suffisait pas à m'abuser: j'étais triste, désorientée.

Un après-midi, la femme de chambre frappa à ma porte et m'avertit d'un air mystérieux qu' «il y avait quelqu'un en bas». Je pensai aussitôt à Cyril. Je descendis, mais ce n'était pas lui. C'était Elsa. Elle me serra les mains avec effusion. Je la regardai et je m'étonnai de sa nouvelle beauté. Elle était enfin hâlée, d'un haie clair et régulier, très soignée, éclatante de jeunesse.

«Je suis venue prendre mes valises, dit-elle. Juan m'a acheté quelques robes ces jours-ci, mais ce n'était pas suffisant.»

Je me demandai un instant qui était Juan et passai outre. J'avais plaisir à retrouver Elsa: elle transportait avec elle une ambiance de femme entretenue, de bars, de soirées faciles qui me rappelaient des jours heureux. Je lui dis que j'étais contente de la revoir et elle m'assura que nous nous étions toujours bien entendues car nous avions des points communs. Je dissimulai un léger frisson et lui proposai de monter dans ma chambre, ce qui lui éviterait de rencontrer mon père et Anne. Quand je lui parlai de mon père, elle ne put réprimer un petit mouvement de la tête et je pensai qu'elle l'aimait peut-être encore... malgré Juan et ses robes. Je pensai aussi que, trois semaines plus tôt, je n'aurais pas remarqué ce mouvement.

Dans ma chambre, je l'écoutai parler avec force éclats de la vie mondaine et grisante qu'elle avait menée sur la côte. Je sentais confusément se lever en moi des idées curieuses qu'inspirait en partie son nouvel aspect. Enfin elle s'arrêta d'elle-même, peut-être à cause de mon silence, fit quelques pas dans la chambre et, sans se retourner, me demanda d'une voix détachée si «Raymond était heureux». J'eus l'impression de marquer un point, et je compris aussitôt pourquoi. Alors, des foules de projets se mélangèrent dans ma tête, des plans se dressèrent, je me sentis succomber sous le poids de mes arguments. Aussi rapidement, je sus ce qu'il fallait lui dire:

– «Heureux», c'est beaucoup dire! Anne ne lui laisse pas croire autre chose. Elle est très habile.

– Très! soupira Elsa.

– Vous ne devinerez jamais ce qu'elle l'a décidé à faire... Elle va l'épouser...»

Elsa tourna vers moi un visage horrifié: «L'épouser? Raymond veut se marier, lui?

– Oui, dis-je, Raymond va se marier.» Une brusque envie de rire me prenait à la gorge. Mes mains tremblaient. Elsa semblait désemparée, comme si je lui avais porté un coup. Il ne fallait pas la laisser réfléchir et déduire qu'après tout, c'était de son âge et qu'il ne pouvait passer sa vie avec des demi-mondaines. Je me penchai en avant et baissai soudain la voix pour l'impressionner :

«II ne faut pas que cela se fasse, Elsa. Il souffre déjà. Ce n'est pas une chose possible, vous le comprenez bien.

– Oui», dit-elle.

Elle paraissait fascinée, cela me donnait envie de rire et mon tremblement augmentait.

«Je vous attendais, repris-je. Il n'y a que vous qui soyez de taille à lutter contre Anne. Vous seule avez la classe suffisante.»

Manifestement, elle ne demandait qu'à me croire.

«Mais s'il l'épouse, c'est qu'il l'aime, objectait-elle.

– Allons, dis-je doucement, c'est vous qu'il aime, Elsa! N'essayez pas de me faire croire que vous l'ignorez.»

Je la vis battre des paupières, se détourner pour cacher le plaisir, l'espoir que je lui donnais. J'agissais dans une sorte de vertige, je sentais exactement ce qu'il fallait lui dire.

«Vous comprenez, dis-je, elle lui a fait le coup de l'équilibre conjugal du foyer, de la morale, et elle l'a eu.»

Mes paroles m'accablaient... Car, en somme, c'étaient bien mes propres sentiments que j'exprimais ainsi, sous une forme élémentaire et grossière sans doute, mais ils correspondaient à mes pensées.

«Si le mariage se fait, notre vie à tous trois est détruite, Elsa. Il faut défendre mon père, c'est un grand enfant... Un grand enfant...»

Je répétais «grand enfant» avec énergie. Cela me paraissait un peu trop poussé au mélodrame mais déjà le bel œil vert d'Elsa s'embuait de pitié. J'achevai comme dans un cantique:

«Aidez-moi, Elsa. Je vous le dis pour vous, pour mon père et pour votre amour à tous deux.»

J'achevai in petto :«... et pour les petits Chinois.»

«Mais que puis-je faire? demandait Elsa. Cela me paraît impossible.

– Si vous le croyez impossible, alors renoncez, dis-je avec ce que l'on appelle une voix brisée.

– Quelle garce! murmura Elsa.

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