Olga Forche - Vêtus De Pierre

Здесь есть возможность читать онлайн «Olga Forche - Vêtus De Pierre» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Историческая проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Vêtus De Pierre: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Vêtus De Pierre»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

1923, Nous sommes en Russie, un vieillard nous conte son histoire: Il va nous faire vivre le long et odieux chemin de sa trahison…Il nous emporte dans les salons frivoles qui faisaient rage dans les années 1860, ces salons plein d’esprit et de légèreté.Vêtus de pierre: l’incarcération de Mikhaïl, et d’une manière différente c’est aussi celle de Véra et de Serguéi, le narrateur. Serguéi, un vieillard enfermé dans ses remords et libéré par sa folie…Vêtus de pierre, c’est également une ode à tous ces jeunes révolutionnaires russes sacrifiés sur l’autel de leurs idéaux.J’ai adoré ce petit roman qui par son écriture ressemble à un petit bijou; et surtout j’ai été intriguée par son auteur Olga Forche

Vêtus De Pierre — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Vêtus De Pierre», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

J’étais égaré. Pour l’amour de Véra, je frayais avec des gens qui m’étaient antipathiques, sans pouvoir, à l’instar de la vieille mère de Mikhaïl, associer inconsciemment des choses incompatibles. Mes nerfs se détraquaient de jour en jour, je craignais qu’une révolte subite de mon être ne me dévoile aux yeux de Véra et ne m’oblige à la quitter. Mais autant valait mourir; je continuais donc à traîner mon masque de garçon soumis.

Quant au vieux Iakov Stépanovitch, profitant de ce que Linoutchenko était en conversation avec un autre peintre et que je lui proposais de prendre du repos, il s’avança vers moi à pas menus et dit, les yeux clignés dans un sourire:

– Ne te désole pas, tiens le coup, puisqu’il le faut! À sa naissance, l’homme n’a pas de nom, il ignore s’il a une âme: il essaye de la dépasser d’une manière ou d’une autre, et c’est alors qu’il se heurte à ses frontières. Mais après avoir subi plusieurs fois la mort spirituelle et en avoir triomphé, il prend un nom et s’initie à ses risques et périls au grand labeur, aux peines terrestres. C’est au feu qu’on cuit les briques.

– Et si les briques éclatent? demandai-je en souriant.

– Si tu cèdes à l’esprit de corruption pour te désister de toi-même et te laisser conduire par d’autres, à seule fin d’avoir la paix, tu trahiras ta vie, mon ami. Tu auras l’air d’un homme comme tout le monde, mais au fond tu mèneras une existence inutile, tu seras pareil à une cosse vide. Il est bien dit qu’on ne doit pas enterrer son talent, n’est-ce pas?

– Je suis loin de songer à cela, dis-je en riant.

– Bon, fais-le fier tant que tu en es capable, répliqua le vieillard, le sourire aux lèvres. Voilà mon adresse, à tout hasard: n° 3, Dix-septième avenue…

Il répéta le numéro à deux reprises, de sorte que je le retins malgré moi. Mon heure venue, j’allai le trouver. Mais cela n’arriva que beaucoup plus tard; la fois dont je parle, je me détournai de lui pour regarder les peintres.

Ils étaient cinq ou six jeunes gens et deux jeunes filles, tous élèves des Beaux-Arts, amis de Linoutchenko.

– Alors, on ne dessine pas? demanda l’un d’eux, long et maigre.

– Nous attendons trois camarades, répondit Linoutchenko. Ils sont allés voir un Giorgione chez le professeur.

La séance de dessin n’eut pas lieu ce jour-là. À peine les artistes furent-ils installés, qu’on frappa à la porte. Bikariouk le Chevelu, un camarade de Linoutchenko, entra, affublé d’un pardessus trop court. Il était suivi de sa femme Macha et d’un peintre d’assez petite taille. Macha avait les yeux rougis par les larmes.

– Alors, vous revenez bredouilles? s’enquit Linoutchenko. C’était donc une blague, ce tableau?

– C’est bien un Giorgione, répondit Bikariouk, maussade. Le professeur l’a eu au marché aux puces. Les veinards trouvent des perles jusque dans le fumier. Mais il ne s’agit pas de ça… Il est arrivé malheur à Krivtsov.

– À Krivtsov? Linoutchenko, devenu pâle, s’approcha de Iakov Stépanovitch: On ne dessinera plus aujourd’hui, dit-il.

– Krivtsov s’est pendu, lança Bikariouk d’une voix entrecoupée.

Un grand silence se fit. Véra semblait implorer des yeux un démenti. Macha et les jeunes filles pleuraient.

– Il a reçu de son village une lettre annonçant que son père était mort sous le knout. Ses parents sont des serfs de la province de Kazan, lui-même n’est libre que depuis deux ans. On avait condamné le vieux à mille coups de knout, mais comme il avait le cœur faible, il a succombé. On a trouvé dans la poche de Krivtsov la lettre du diacre, parvenue aujourd’hui. Il a agi sous l’impression du moment… Et il a fixé un billet à son dernier tableau: «Maudit soit le despote, maudit soit le pays d’esclaves!» Le voici, je l’ai enlevé, car on aurait pu arrêter sa soeur. Elle ne sait rien encore, nous sommes venus les premiers.

Linoutchenko arpentait la pièce d’un pas lourd. Tous se taisaient, atterrés. Il faisait nuit déjà, mais personne n’allumait. La lune, large et curieusement aplatie, brillait au bas du ciel clair, en face de la fenêtre. Bikariouk, assis sur l’appui, profilait sur le réseau des branches sa silhouette recroquevillée, à barbe hirsute, aux cheveux tombant en longues mèches noires.

Il dit d’une voix étranglée:

– Et si vous voyiez le tableau qu’il a laissé en plan! Le hopak, notre danse nationale ukrainienne. Ce n’est pas la maison de torchis traditionnelle, avec les tournesols et le rustre en goguette, c’est l’Ukraine tout entière qu’il a su évoquer! Ah, quel artiste on a fait périr!

– C’est de notre faute! Vous m’entendez! dit Linoutchenko en s’arrêtant. Tant que nous ne serons pas résolus à consacrer toutes nos forces, toute notre vie à la lutte contre la violence, nous sommes complices des meurtriers!

– Tu voudrais qu’on se batte à coups de pinceau et de palette?

– Il est des cas où un pays n’a besoin que de citoyens et non de peintres. Le citoyen, lui, trouvera toujours des armes. Vous avez tous lu la Cloche du 15 avril; n’êtes-vous pas tous d’accord? Le tsar a trompé le peuple! Le servage n’est pas aboli. Tout honnête homme doit combattre un gouvernement félon qui noie dans le sang les justes revendications des paysans opprimés. Notre camarade, un jeune peintre de génie, n’a pas pu survivre à la mort ignominieuse de son père. Il s’est suicidé en maudissant son pays asservi. Acceptez donc votre part de malédiction, tant que vous êtes vous-mêmes esclaves. Qui est avec moi? cria Linoutchenko. Le groupe d’Ataev nous propose de fusionner. Ensemble, nous doublerons nos forces. Mes amis, que la mort tragique de Krivtsov nous fasse au moins progresser d’un pas!

Bikariouk se leva d’un bond et vint parler à l’oreille de Linoutchenko.

– Je m’en moque! riposta celui-ci. Attends, je vais te livrer à ton tour.

– Messieurs! Il s’approcha de moi et de Iakov Stépa-novitch qui était très pâle, mais calme. Mon camarade me dit qu’il y a des étrangers parmi nous. Mais vous, Iakov Stépanovitch, je vous connais depuis longtemps et vous respecte comme un père. Il s’inclina devant le vieillard. Quant à vous, Sérioja, bien que vous soyez militaire, vous êtes un ami d’enfance de Véra, et…

– Je réponds de Sérioja comme de moi-même, intervint Véra.

La fin affreuse de ce remarquable jeune homme que je connaissais personnellement, m’avait consterné; mais de là à vouloir adhérer à un groupe politique dont je ne partageais point les idées, il y avait loin. Je perdis contenance, à court de pensées et de paroles qui m’eussent désolidarisé à jamais de ces gens-là. Je m’étais avancé au milieu de la pièce pour dire quelque chose, lorsque des coups violents frappés à la porte attirèrent l’attention générale.

Quand le nouveau venu rabattit le col de son pardessus et enleva sa casquette, pareille à celles que portaient les petits fonctionnaires, je fus saisi de stupeur. C’était Piotr, mon ordonnance! Ma surprise s’accrut encore de le voir aborder Linoutchenko d’égal à égal, sans me remarquer dans son émoi. Il lui parla familièrement. Puis il me reconnut, tressaillit, se mit instinctivement au garde-à-vous:

– Votre noblesse…

Le sang à la tête, je fus emporté par ma morgue d’officier:

– Qui t’a permis…

Mais Véra me saisit les mains avec une force inattendue et cria, hors d’elle:

– Plus un mot, ou tout est fini entre nous! Il n’y a ici ni soldats, ni gradés. Piotr est un camarade fidèle, il a souffert de la tyrannie de mon père, et celui qui n’est pas son ami sera mon ennemi.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Vêtus De Pierre»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Vêtus De Pierre» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Vêtus De Pierre»

Обсуждение, отзывы о книге «Vêtus De Pierre» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.