Ursula Le Guin - Le Dit d'Aka

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Sutty, l’Indienne, a été envoyée par l’Ekumen, cette confédération galactique de peuples organisée par les Hainiens, sur une planète récemment contactée, l’Aka.
Aka connaît un équilibre fragile. L’arrivée des envoyés de l’Ekumen, la découverte du vol interstellaire et de l’existence d’une civilisation galactique ont tiré ce monde d’une culture statique depuis des millénaires. Une société furieusement scientiste a entrepris de rattraper ce qu’elle tient pour son retard et banni les usages du passé, allant jusqu’à détruire les anciens contes et livres.
Des livres et des contes qui contenaient dans ses infinies variations Le Dit d’Aka, le trésor des récits, des poèmes et des savoirs, qui constituait toute la sagesse ancienne.
Sutty vient de la Terre, un monde qui lui-même a connu une violente réaction fondamentaliste et antiscientifique dont il s’extrait à peine. Peut-être est-elle la mieux placée pour retrouver et sauver ce qui peut l’être de la vieille culture d’Aka…

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Soulagée après cette alerte, elle prit conscience de sa gêne et de son inconfort de devoir partager un espace aussi réduit avec cet homme dans une intimité forcée. Elle n’avait qu’une envie, prendre ses distances. La seule manière d’y parvenir, c’était par les mots.

— Qu’est-ce que vous essayiez de faire ?

— De vous suivre.

— Votre gouvernement vous l’avait interdit.

Il laissa passer un moment.

— Je ne pouvais pas l’accepter, dit-il enfin.

— Oh, la dent est plus sage que le rouage ?

Il ne dit rien. Il n’avait pas esquissé le moindre geste depuis qu’il avait ouvert le rabat. La rigidité de sa posture trahissait sans doute une vive souffrance. Peu lui importait.

— Si vous ne vous étiez pas écrasés, qu’est-ce que vous auriez fait ? Vous seriez retourné au Dovza pour signaler… quoi donc ? Quelques entrées de cavernes ?

Il ne dit rien.

— Que savez-vous de cet endroit ?

Tout en posant la question, elle s’avisa qu’il n’en avait rien vu, hormis cette grotte, quelques gardiens de troupeau et quelques maz. Ils pouvaient lui bander les yeux… mais ce ne serait sans doute même pas nécessaire ; dès qu’il serait transportable, il suffirait de l’emmener. Il n’avait vu qu’un gîte d’étape. Il n’avait rien à signaler.

— C’est le Giron de Silong. La dernière Bibliothèque.

— Qu’est-ce qui vous fait croire une chose pareille ? rétorqua-t-elle, furieuse d’être déçue.

— C’est là que vous alliez. L’Office de la pureté éthique cherche depuis longtemps l’endroit où ils cachent les livres. Nous y sommes.

— « Ils », Moniteur ? De qui parlez-vous ?

— Les ennemis de l’État.

— Ô, Ram !

Elle s’adossa à la paroi de la tente et replia ses jambes, afin de s’éloigner de lui le plus possible.

— Vous avez adopté tous nos défauts, et négligé toutes nos qualités. J’aimerais que nous ne soyons jamais venus sur Aka. Mais puisque nous avons jugé bon de venir, avec notre arrogance habituelle, nous aurions dû vous refuser les informations que vous réclamiez, vous enseigner l’histoire de la Terre. Mais, bien sûr, vous n’auriez pas écouté. Vous ne croyez pas à l’histoire. Vous vous êtes débarrassés de la vôtre comme d’un tas d’ordures.

— C’était un tas d’ordures.

Sa peau brune avait viré au gris. Il parlait d’une voix rauque, épaisse. Il est blessé, réduit à l’impuissance, se dit-elle sans la moindre sympathie, sans la moindre honte.

— Je vous connais, dit-elle. Vous êtes mon ennemi. Le fidèle. Le juste dévoué à sa juste mission. Celui qui jette les gens en prison parce qu’ils lisent et qui brûle les livres. Qui persécute ceux qui font les mauvais exercices. Qui répand l’herbier par terre et pisse dessus. Qui pousse le bouton qui envoie les missiles. Et qui se cache derrière un bunker, sans prendre aucun risque. Abrité par Dieu. Ou par l’État. Ou par le premier mensonge susceptible de justifier son envie, son égoïsme, sa lâcheté et sa soif de pouvoir. Il m’a fallu du temps pour vous comprendre. Alors que vous, vous m’avez devinée dès le premier regard. Vous saviez que j’étais votre ennemie. Que je pensais de la mauvaise façon. Comment l’avez-vous su ?

— On vous a envoyée dans les montagnes.

Jusque-là, il regardait droit devant lui, mais il tourna la tête pour croiser son regard.

— En un endroit où vous rencontreriez des maz. Je ne tenais pas à ce qu’il vous arrive malheur, yoz.

— Yoz ?! releva-t-elle au bout d’un moment.

Il s’était encore détourné. Elle observa son visage tuméfié, indéchiffrable. Il tendit sa main valide et entreprit d’abaisser et de relever la poignée de sa lampe. La petite ampoule carrée se raviva aussitôt. Dans un des recoins de son esprit, Sutty se demandait pour la centième fois pourquoi on fabriquait des ampoules carrées, sur Aka. Les autres recoins étaient pleins d’ombres, de colère, de haine.

— Si vos collègues m’ont laissée aller à Okzat-Ozkat, c’est parce que je servais d’appât ? D’outil idéologique ? Ils espéraient que je les conduirais ici ?

— C’est ce que j’ai pensé, dit-il au bout d’un moment.

— Mais vous m’avez dit de rester à l’écart des maz !

— Je les croyais dangereux.

— Pour qui ?

— Pour… l’Ékumen… Pour mon gouvernement.

Il avait utilisé le vieux terme. Il se reprit :

— Pour la Corporation.

— Vous êtes illogique, Moniteur.

Cessant de recharger la lampe, il regarda de nouveau droit devant lui.

— Le pilote a dit : « Les voilà », et on a longé le sentier. Puis il a poussé un cri et j’ai vu votre groupe. Et de la fumée derrière vous, de la fumée sortant des rochers. Mais on a été projetés sur le côté, contre la montagne. Contre les rochers. L’hélicoptère a été dévié. Poussé.

Il tenait sa main gauche blessée dans sa main droite, de toutes ses forces, pour combattre ses tremblements.

— Des vents descendants, yoz, dit-elle tout bas après un temps. Et une altitude très élevée pour ce genre d’appareil.

Il hocha la tête. Sans doute s’était-il fait les mêmes réflexions. Maintes fois, peut-être.

— Ils tiennent cet endroit pour sacré, dit-elle.

D’où venait ce mot ? Elle ne l’utilisait pas, d’ordinaire. Pourquoi le torturait-elle ? Erreur, erreur.

— Écoutez, Yara… c’est votre nom ?… ne laissez pas le cadavre pourrissant de la superstition vous apeurer. Je doute que Mère Silong nous prête une quelconque attention.

Il secoua la tête sans piper mot. Peut-être s’était-il fait cette réflexion-là, aussi.

Elle ne savait plus quoi dire. Le silence s’éternisait.

— Je mérite le châtiment, déclara-t-il enfin.

Elle tressaillit.

— Vous l’avez, dit-elle enfin, et ce n’est peut-être que le début. Que va-t-on faire de vous ? Cela reste à définir. L’été s’achève. Ils songent à repartir dans quelques semaines. En attendant, ménagez-vous. Entraînez-vous à marcher. Où que vous alliez, ce ne sera pas en chevauchant le vent du sud…

Il la regarda de nouveau. Quelque chose l’effrayait. Ses propos ? Le sentiment de culpabilité qui l’avait, lui, poussé à dire : « Je mérite le châtiment » ? Ou le simple fait de se retrouver impuissant aux mains de l’ennemi ?

Il lui adressa son hochement de tête sec et douloureux.

— Mon genou sera bientôt guéri.

Tandis qu’elle revenait en cheminant parmi les grottes, elle se dit qu’aussi grotesque que cela puisse paraître, il y avait quelque chose d’enfantin chez cet homme, quelque chose de simple, de pur. De simple ? De simpliste, plutôt, se morigéna-t-elle. Et qu’est-ce que ça veut dire, « pur » ? Saint, sacré, toutes ces idioties ? ( Ne me joue pas ta Mère Térésa, fillette , entendit-elle l’oncle Hurree marmonner.) Il était idiot, avec son jargon sur les « ennemis de l’État ». Et stupide. Un fanatique, comme disait Odiédine. Un terroriste, en réalité. Purement et simplement.

Discuter avec lui l’avait aigrie. Elle aurait préféré s’en être abstenue, ne pas l’avoir vu. À force d’angoisses et de frustrations, elle trouvait même ses amis agaçants.

Si Kiéri, dont elle continuait de partager la tente, mais plus le lit, était gaie, aimable, son assurance était lassante. Kiéri savait tout ce qu’elle voulait savoir. Du Dit, elle aimait les histoires, les superstitions. Elle n’avait rien à apprendre des maz d’ici, elle n’allait jamais dans les grottes aux livres. Ce qui l’avait attirée, c’était le frisson de l’aventure.

Akidan, pour sa part, souffrait d’un accès de culte du héros mêlé de désir sexuel. Shui avait regagné son village peu après leur arrivée, le laissant seul dans sa tente. Il s’était aussitôt épris de Maz Unroy Kigno. Il la suivait partout, comme une petite minule fait avec sa mère, la contemplait d’un regard adorateur, apprenait ses mots par cœur. Hélas, selon l’ancien système, les maz étaient les seuls individus dont la vie sexuelle obéissait à une discipline très stricte qui tenait en une seule règle : la monogamie à vie, quelles que soient les circonstances. Les maz que Sutty connaissait la respectaient sans faillir, à ce qu’elle avait constaté. Le jeune homme, un modèle de gentillesse, n’avait aucune intention de la combattre ou de la remettre en question. Il était sous le charme, follement amoureux, victime de ses hormones.

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