Ursula Le Guin - Le Dit d'Aka

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Sutty, l’Indienne, a été envoyée par l’Ekumen, cette confédération galactique de peuples organisée par les Hainiens, sur une planète récemment contactée, l’Aka.
Aka connaît un équilibre fragile. L’arrivée des envoyés de l’Ekumen, la découverte du vol interstellaire et de l’existence d’une civilisation galactique ont tiré ce monde d’une culture statique depuis des millénaires. Une société furieusement scientiste a entrepris de rattraper ce qu’elle tient pour son retard et banni les usages du passé, allant jusqu’à détruire les anciens contes et livres.
Des livres et des contes qui contenaient dans ses infinies variations Le Dit d’Aka, le trésor des récits, des poèmes et des savoirs, qui constituait toute la sagesse ancienne.
Sutty vient de la Terre, un monde qui lui-même a connu une violente réaction fondamentaliste et antiscientifique dont il s’extrait à peine. Peut-être est-elle la mieux placée pour retrouver et sauver ce qui peut l’être de la vieille culture d’Aka…

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Les premiers jours que Sutty y passa avaient tout d’un rêve obscur et bizarre. Les grottes mêmes la désorientaient : une infinité de bulles de pierre interconnectées, entrelacées, des murs, des sols et des plafonds noirs qui se fondaient les uns dans les autres… L’effet était si déroutant qu’elle avait parfois l’impression de flotter en apesanteur. Tous les bruits se répercutaient, si bien qu’on n’arrivait pas à en déterminer la source. Il n’y avait jamais assez de lumière.

Les pèlerins dressèrent leurs tentes dans une vaste salle voûtée et dormirent dedans, agglutinés en quête de chaleur, comme au cours de leur trajet. D’autres salles accueillaient des constellations de tentes similaires. Un couple de maz s’était fait un nid d’une cavité de trois mètres de diamètre presque parfaitement sphérique. Les tables et les réchauds se trouvaient dans une grande grotte au sol plat éclairée par la lumière du jour grâce à deux conduits d’aération ; on s’y retrouvait pour les repas. Les cuisiniers veillaient à partager la nourriture équitablement : portions congrues, régime invariable – du thé clairet, des fèves bouillies, du fromage, des feuilles de yota séchées à l’aspect d’épinards, quelques légumes conservés dans la saumure. De la nourriture d’hiver en été. De l’énergie pour les racines, l’endurance.

Maz, étudiants et guides présents cet été-là venaient du nord et de l’est – des collines et des plaines du centre du continent, d’Amaréza, du Doy, du Kangnégné. Ces maz, des citadins, étaient bien plus érudits et sophistiqués que ceux de la petite ville de montagne que Sutty connaissait. Formés à une discipline intellectuelle, corporelle et spirituelle ardue et encore intacte, héritiers d’une tradition plus vaste, même dans sa ruine et sa clandestinité forcée, qu’elle aurait osé la concevoir, ils paraissaient réservés, et dotés d’une autorité personnelle palpable. Ils ne jouaient pas aux pontes (pour reprendre l’expression d’oncle Hurree), mais même les plus aimables d’entre eux étaient entourés d’une sorte d’aura – Sutty détestait ce genre de mots, mais devait se résoudre à l’employer – qui interdisait les relations informelles. Doux, distants, ils se consacraient exclusivement au Dit, aux livres, aux trésors cachés dans ces grottes.

Le matin qui suivit leur arrivée, les maz Ignéba et Ikak les emmenèrent visiter ce qu’ils appelaient la Bibliothèque. Des nombres tracés à la peinture luminescence au-dessus des ouvertures correspondaient à un plan des grottes que les maz leur montrèrent ; en choisissant toujours le nombre inférieur, une personne égarée dans le labyrinthe – et il était très facile de s’y perdre – retournerait aux grottes ouvrant sur l’extérieur. L’homme, Ignéba Ikak, portait une torche électrique, mais, comme la plupart des objets manufacturés akiens, elle était de mauvaise qualité, ou défectueuse, et ne cessait de s’éteindre. Ikak Ignéba tenait, elle, une lanterne à huile. À deux ou trois reprises, elle alluma des lampes accrochées aux murs afin d’éclairer les cavernes de l’existence, les pièces sphériques pleines de mots, où le Dit reposait, caché, dans le silence. Sous la roche, sous la neige.

Des livres, par milliers, à la reliure de cuir, de tissu, de bois ou de papier, liasses dans des coffrets peints, sculptés, marquetés, fragments anciens enluminés, parchemins dans des tubes, des boîtes, ou attachés par des rubans, livres sur vélin, sur parchemin, sur papier chiffon, sur mauvais papier, manuscrits, imprimés, livres par terre, dans des boîtes, dans des caisses, sur des rayonnages bancals en bois récupéré sur les caisses. Dans une salle, ils s’alignaient sur deux étagères creusées dans la paroi sur toute sa circonférence, à hauteur de taille et d’yeux. Un labeur de longue haleine, dit Ikak, accompli par les maz qui vivaient ici quand il s’agissait d’un petit umyazu dont la bibliothèque entière tenait dans cette pièce. Ils avaient le temps et les moyens de travailler ainsi. À présent, on se contentait de poser des bâches en plastique pour protéger les livres de la saleté et de la roche nue, de les empiler ou de les ranger le mieux possible, de les trier tant bien que mal et, surtout, de les tenir cachés, en sûreté. De les protéger, de les conserver et, quand on en avait le temps, de les consulter.

Mais une vie n’aurait pas suffi à lire ne serait-ce qu’un fragment de ce qu’il y avait ici, ce labyrinthe de mots, cette histoire immense, éclatée, interrompue, d’un peuple et d’un monde à travers siècles et millénaires.

Odiédine s’assit dans une de ces grottes silencieuses, mal éclairées, où des rangées de livres partaient de l’entrée, tels de sombres sillons d’herbe coupée, et disparaissaient dans l’obscurité. Il s’assit à même le sol entre deux de ces rangées, prit un petit livre à la couverture en tissu usée, et le posa sur ses genoux. Des larmes roulaient sur ses joues.

Ils avaient le droit de visiter les grottes à livres autant qu’ils le souhaitaient. Durant les jours qui suivirent, Sutty ne cessa d’y retourner ; elle errait, avec pour seul guide le mince rayon lumineux de sa lampe à huile, elle s’installait ici ou là, et elle lisait. Elle avait son noteur, de sorte qu’elle scannait ce qu’elle lisait et ce qu’elle n’avait pas le temps de lire – bénédictions, protocoles de cérémonies, prescriptions pour soigner les engelures et atteindre un âge avancé, vies de maz célèbres et de marchands oubliés, recettes, histoires, annales, légendes, témoignages remontant à des millénaires ou quelques années, récits de voyage, traités de philosophie et de mathématiques, réflexions mystiques, bestiaires, précis anatomiques, herbiers, manuels de géométrie métaphysique, voire physique, cartes d’Aka, cartes de mondes imaginaires, histoires de pays antiques, poèmes (il y avait ici les poèmes du monde entier), elle emmagasinait tout ce qu’elle pouvait.

Elle s’agenouilla devant une caisse remplie de papiers et de vieux livres faits main, rescapés d’un village, ou d’un petit umyazu, sauvés du bulldozer et du bûcher, et apportés ici, par les sentiers longs et difficiles de la Montagne, afin d’être lus, conservés, dits. À la lueur de la lampe posée sur le sol en pierre, elle ouvrit un livre d’enfant. Il contenait des idéogrammes écrits gros, et simplifiés : pas de qualificatifs d’aspect, d’humeur, de nombre, d’Élément. Elle y trouva, au détour d’une page, une gravure sur bois grossière montrant un homme qui pêchait du haut d’un pont en dos d’âne. La Montagne est la Mère du Fleuve , disait la légende du dessin.

Elle lisait jusqu’à ce que la bizarrerie ambiante – les mots des morts, le silence absolu, le globe de ténèbres qui l’entourait et le froid – lui porte sur les nerfs ; elle retournait alors vers la lumière du jour et les voix des vivants.

Elle savait qu’elle ne connaîtrait qu’un infime fragment du Dit, qu’elle n’en aurait jamais qu’un vague aperçu, et elle s’y résignait. C’était ainsi. Au moins, il survivait.

Deux maz établissaient un catalogue à l’aide de leur version akienne du noteur de Sutty. Ils venaient ici depuis vingt ans pour y travailler. Ils en discutèrent volontiers avec elle, et elle promit d’essayer de relier son appareil au leur pour dupliquer et partager les informations.

Les maz ne manquaient pas de la traiter avec respect et courtoisie, pourtant les échanges restaient très formels, et souvent difficiles. Chacun devait user d’une langue qui lui était étrangère. Même si les Akiens parlaient tous dovzien en public dans leur vie quotidienne « en bas », ce n’était pas la langue dans laquelle ils pensaient, ce n’était pas la langue du Dit, mais bien la langue de l’ennemi. Une barrière. Sutty comprit alors à quel point elle s’était rapprochée des gens d’Okzat-Ozkat en apprenant le rangma. Plusieurs maz de la Bibliothèque parlaient hainien, car on l’enseignait dans les universités corporatistes où il servait à distinguer les élèves les plus doués. Cependant, il ne lui servit guère, ici, à part, peut-être, lors d’une conversation qu’elle eut avec la jeune maz Unroy Kigno.

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